🔍💊 Nouveau cadre réglementaire du dépistage du cancer colorectal : accès facilité aux kits en pharmacie, chez l'infirmier·ère ou en ligne, suivi renforcé des tests positifs et accréditation obligatoire des laboratoires. Une évolution majeure pour réduire la mortalité par cancer colorectal.
Source : 📒 Arrêté du 10 mars 2026 modifiant l'arrêté du 16 janvier 2024 relatif aux programmes de dépistages organisés des cancers
📜🔗LIEN
1. RÉSUMÉ ANALYTIQUE
Contexte et enjeux du dépistage organisé
Cet arrêté ministériel actualise le cahier des charges du programme national de dépistage organisé du cancer colorectal (PNDOCCR) pour les personnes de 50 à 74 ans à risque moyen. Il encadre l'ensemble du parcours : invitation personnelle par l'Assurance Maladie tous les deux ans, remise des kits de test immunologique par les professionnels de santé (médecins, pharmaciens d'officine, infirmiers diplômés d'État) ou commande en ligne, analyse par des laboratoires accrédités, et suivi des personnes ayant un résultat positif par les Centres Régionaux de Coordination des Dépistages des Cancers (CRCDC). Le document précise les critères d'éligibilité, exclut les personnes à risque aggravé (antécédents personnels ou familiaux) qui relèvent d'une surveillance par coloscopie, et définit les modalités de relances pour améliorer la participation, actuellement de 30,7% en 2024-2025, bien en-deçà du seuil européen de 45%.
Apports opérationnels pour les acteurs de terrain
L'arrêté fournit un cadre réglementaire détaillé pour tous les professionnels impliqués : médecins traitants, pharmaciens, infirmiers, gastroentérologues, biologistes médicaux, et gestionnaires des CRCDC. Il clarifie les rôles de chacun dans l'évaluation de l'éligibilité, l'information sur les avantages et limites du test, la traçabilité des remises de kits, l'analyse des prélèvements selon des normes d'accréditation strictes (ISO 15189), et le suivi actif des personnes positives pour s'assurer de la réalisation d'une coloscopie. L'arrêté impose des délais précis (résultats transmis en 2 jours ouvrés maximum après réception, transfert aux CRCDC sous 48h), des exigences de qualité (sensibilité de 70%, spécificité de 96-98%, seuil paramétrable), et un système d'information sécurisé conforme au RGPD pour le partage des données entre laboratoires, CRCDC, médecins et personnes dépistées.
2. POINTS CLÉS DU DOCUMENT
1. Population cible et critères d'éligibilité rigoureusement définis
Le dépistage organisé s'adresse exclusivement aux hommes et femmes de 50 à 74 ans à risque moyen, c'est-à-dire sans symptômes, sans antécédents personnels d'adénome, de cancer ou de maladie inflammatoire chronique intestinale, et sans antécédents familiaux au premier degré. Les personnes à risque aggravé (antécédents personnels de cancer colorectal, maladies inflammatoires chroniques intestinales, antécédents familiaux de cancer ou d'adénome, polyposes, syndrome de Lynch) sont exclues du programme et orientées vers une surveillance par coloscopie ou consultation d'oncogénétique. Les personnes ayant réalisé une coloscopie totale sont inéligibles pendant 5 ans, celles ayant eu un colo-scanner seul ou une coloscopie incomplète suivie d'un colo-scanner le sont pour 2 ans sous réserve d'avis médical. (p. 1-2, Annexe IV, section I)
2. Modalités d'accès diversifiées aux kits de dépistage
Les personnes éligibles reçoivent une invitation personnelle de leur organisme d'Assurance Maladie tous les deux ans, les incitant à retirer un kit de dépistage chez leur médecin traitant (gynécologue, hépato-gastroentérologue, médecin de centre d'examen de santé), dans une pharmacie d'officine, auprès d'un infirmier diplômé d'État, ou à le commander directement en ligne. La remise par un médecin ne nécessite pas de consultation spécifique mais s'effectue lors de consultations classiques. Un système de relances est prévu : deux relances dans un délai maximal de 12 mois, avec envoi d'un kit de dépistage joint à la seconde relance pour les personnes ayant participé à l'une des trois précédentes campagnes. Un rappel par SMS ou courriel est adressé aux personnes ayant commandé en ligne mais n'ayant pas renvoyé leur kit dans le mois. (p. 2-3, Annexe IV, section III)
3. Rôle central des professionnels de santé dans l'évaluation et l'information
Le professionnel de santé qui remet le kit doit évaluer le niveau de risque et l'éligibilité en fonction de l'histoire personnelle et familiale de la personne. En cas d'inéligibilité, le médecin propose des modalités alternatives de dépistage ou surveillance adaptées (orientation vers hépato-gastroentérologue ou consultation d'oncogénétique), tandis que le pharmacien ou l'infirmier oriente vers le médecin traitant. Le professionnel informe de l'intérêt et des limites du dépistage, des suites éventuelles et de la conduite à tenir en cas de résultat positif. Il s'assure de la bonne compréhension de l'utilisation du kit et de l'envoi du prélèvement au laboratoire. Il vérifie l'identification correcte sur les étiquettes pré-remplies (civilité, nom, prénom, date de naissance, NIR) et peut aider à renseigner ces informations. Lors d'une consultation ultérieure, il sensibilise à nouveau les personnes n'ayant pas réalisé le test. (p. 3-4, Annexe IV, section III.B)
4. Exigences techniques et qualité pour les laboratoires de biologie médicale
Seuls les laboratoires de biologie médicale accrédités selon la norme ISO 15189 par le COFRAC ou un organisme équivalent reconnu par European Accreditation (EA) et retenus à l'issue d'un marché public national piloté par la CNAM peuvent réaliser les analyses. Ils utilisent un test immunologique quantitatif de recherche de sang occulte dans les selles sur auto-prélèvement unique, avec un seuil paramétrable (actuellement 150 ng HB/ml en France, équivalent à 30 µg Hb/g de selles). Les performances attendues sont une sensibilité de 70%, une spécificité de 96-98%, une valeur prédictive positive d'au moins 8-10% pour les cancers et 40% pour les cancers et adénomes avancés combinés, avec un taux de positivité entre 3 et 6%. Les laboratoires doivent respecter des délais stricts : analyse dans les 7 jours suivant le prélèvement, envoi des résultats dans les 2 jours ouvrés maximum après réception, transfert aux CRCDC sous 48h ouvrées selon un format électronique sécurisé. (p. 2, 5-6, Annexe IV section II et Annexe 1 sections II-VI)
5. Système de suivi renforcé des personnes avec résultat positif par les CRCDC
Les CRCDC assurent le suivi de l'ensemble des personnes dépistées conformément à un référentiel élaboré par l'Institut National du Cancer (INCa). Pour les personnes ayant un résultat positif (3,3% des tests selon les données 2024), les CRCDC s'enquièrent activement de la réalisation d'une coloscopie auprès du médecin destinataire des résultats, des hépato-gastroentérologues ou directement auprès des personnes. Des courriers de relance sont adressés aux personnes positives non explorées dans l'année suivant l'envoi du résultat, après avis du médecin identifié. Le suivi comprend une traçabilité de tous les contacts (courriers, téléphone). En cas de résultat positif non exploré sans donnée de suivi obtenue au bout de deux ans malgré les relances, le suivi cesse mais les personnes reçoivent une nouvelle invitation. Le refus de coloscopie est documenté et enregistré pour éviter les relances inutiles. Les personnes indécises restent mobilisées par leurs médecins jusqu'à un dernier courrier de rappel des CRCDC. (p. 5, Annexe IV, section VI.B)
3. PISTES D'ACTION POUR LES ACTEURS LOCAUX
1. Intégrer l'évaluation systématique de l'éligibilité au dépistage dans les consultations de routine
Les médecins généralistes, gynécologues et autres médecins en contact avec la population cible peuvent systématiquement interroger leurs patients de 50 à 74 ans sur leurs antécédents personnels et familiaux de cancer colorectal, d'adénomes ou de maladies inflammatoires chroniques intestinales pour identifier les personnes à risque moyen éligibles au dépistage organisé et celles à risque aggravé nécessitant une surveillance spécialisée. Utiliser la liste des personnes éligibles de leur patientèle mise à disposition par l'Assurance Maladie pour cibler les échanges lors des consultations (p. 3-4, section III.B). Cette démarche proactive permet d'améliorer le taux de participation, actuellement de 30,7%, bien inférieur au seuil européen de 45%.
2. Former les pharmaciens et infirmiers à l'information sur le dépistage et à l'orientation adéquate
Organiser des formations spécifiques destinées aux pharmaciens d'officine et infirmiers diplômés d'État sur l'évaluation de l'éligibilité au dépistage organisé du cancer colorectal, l'utilisation du kit, l'information sur les avantages et limites du test, et les circuits d'orientation vers le médecin traitant en cas d'inéligibilité ou de doute. Ces professionnels de proximité, autorisés à remettre des kits depuis 2024, constituent un levier essentiel pour élargir l'accès au dépistage, particulièrement pour les personnes sans médecin traitant ou éloignées du système de soins (p. 3-4, section III.B). Les CRCDC peuvent approvisionner ces professionnels en kits et assurer des sessions de sensibilisation locales (p. 4, section IV).
3. Développer des actions de communication ciblées vers les publics peu participants
Les CRCDC, en lien avec les ARS et l'Assurance Maladie, peuvent concevoir des campagnes de sensibilisation adaptées aux publics présentant des taux de participation faibles : hommes, personnes en situation de précarité, populations des quartiers prioritaires de la politique de la ville, personnes avec un faible niveau de littératie en santé. Utiliser des supports variés (vidéos explicatives sur l'utilisation du kit, témoignages, permanences dans des lieux de proximité, partenariats avec les associations de patients) et privilégier les messages simples sur l'efficacité du test (détection de 70% des cancers, 2,4 fois plus de cancers détectés qu'avec l'ancien test) et la simplicité du geste (un seul prélèvement, envoi postal gratuit). Mentionner systématiquement les nouvelles modalités d'accès (pharmacie, infirmier, commande en ligne) (p. 3, 7, sections III et VII).
4. Renforcer le suivi des personnes avec résultat positif en mobilisant les réseaux de gastroentérologues
Les CRCDC peuvent établir des conventions de partenariat avec les réseaux de gastroentérologues libéraux et hospitaliers pour améliorer la traçabilité des coloscopies réalisées suite à un test positif et réduire les perdus de vue. Mettre en place un circuit de retour d'information standardisé (comptes rendus de coloscopie et d'anatomo-cytopathologie selon le format INCa) permettant aux CRCDC de documenter les suites données aux résultats positifs. Organiser des réunions de coordination entre CRCDC, médecins traitants et gastroentérologues pour identifier les freins à la réalisation de coloscopies (délais d'accès, refus des patients, contre-indications) et proposer des solutions locales (p. 5, section VI.B).
5. Améliorer la traçabilité et l'interopérabilité des systèmes d'information
Les laboratoires de biologie médicale et les CRCDC doivent s'assurer de la conformité de leurs systèmes d'information au référentiel national élaboré par l'INCa pour permettre l'échange automatisé et sécurisé des données (résultats de tests, modalités de remise de kits, suites données aux résultats positifs). Vérifier que les transferts respectent les normes en vigueur (format électronique, codes-barres ou data matrix conformes, respect du RGPD et de la loi Informatique et Libertés). Former les personnels à l'utilisation de ces outils et prévoir des vérifications régulières de l'intégration des données pour éviter les erreurs d'identification ou les doublons. Cette traçabilité est essentielle pour l'évaluation du programme et le pilotage local par les ARS (p. 5-7, sections VI-VII et Annexe 1 section VII).
4. RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES
🔍➕ Pour plus d'informations, voir les articles référencés par "Pratiques en Santé" sur le thème des dépistages ➡️🔗 https://pratiquesensante.odoo.com/7-4-prevention-medicalisee-depistages-vaccinations
1. Institut National du Cancer (INCa). (2022). Dépistage du cancer colorectal : modalités pratiques. https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Depistage-et-detection-precoce/Depistage-du-cancer-colorectal
Guide pratique destiné aux professionnels de santé détaillant les modalités d'organisation du dépistage, les caractéristiques du test immunologique, et les recommandations pour l'information des patients. Complète l'arrêté en fournissant des outils concrets d'aide à la pratique.
2. Santé publique France. (2026). Participation au programme de dépistage organisé du cancer colorectal. Période 2024-2025. https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/cancers/cancer-du-colon-rectum
Bulletin épidémiologique national présentant les taux de participation par sexe, région et département, la proportion de tests positifs, et l'évolution depuis 2010. Données essentielles pour situer les enjeux locaux et identifier les territoires prioritaires pour les actions de terrain.
3. Haute Autorité de Santé (HAS). (2022). Cancer colorectal : modalités de dépistage et de prévention chez les sujets à risque élevé et très élevé. https://www.has-sante.fr/jcms/c_2772744/fr/cancer-colorectal-modalites-de-depistage-et-de-prevention-chez-les-sujets-a-risque-eleve-et-tres-eleve
5. ANALYSE TRANSVERSALE — VALEURS DE PRATIQUES EN SANTÉ
Littératie : L'arrêté prévoit la remise de supports d'information élaborés par l'INCa comportant des informations sur les avantages et inconvénients du dépistage, permettant une décision éclairée. Le mode d'emploi du kit est illustré. Toutefois, le document ne mentionne pas d'adaptation aux différents niveaux de compréhension (versions FALC, multilingues, vidéos).
Empowerment : Les personnes éligibles peuvent choisir leur modalité d'accès au kit (médecin, pharmacie, infirmier, commande en ligne), désigner le ou les professionnels destinataires des résultats, et refuser le dépistage ou la coloscopie. Le refus est documenté et respecté. Cependant, les bénéficiaires ne participent pas à la conception ou l'évaluation du programme.
Participation : Aucun mécanisme de co-construction avec les usagers n'est décrit. Le programme est piloté par les institutions (Ministère, INCa, CNAM, ARS, CRCDC) sans mention d'instances consultatives incluant des représentants des personnes concernées ou d'associations de patients dans la gouvernance.
Santé communautaire : L'organisation du dépistage repose sur une mobilisation coordonnée de multiples acteurs (médecins, pharmaciens, infirmiers, laboratoires, CRCDC) au niveau territorial, mais la dimension collective de la prévention ou l'implication des communautés locales dans les actions de sensibilisation n'est pas explicitement intégrée.
Éthique : Le dispositif respecte la confidentialité (secret médical, RGPD), le consentement (invitation sans obligation, possibilité de refus), et garantit l'égalité d'accès par la gratuité du test et des relances. Les biais culturels ou sociaux ne sont pas explicitement identifiés ni traités dans le texte réglementaire.
Droits humains : Le programme vise l'équité en santé par un accès universel gratuit pour tous les 50-74 ans à risque moyen, sans discrimination. L'Assurance Maladie assure l'identification des personnes éligibles indépendamment de leur situation sociale. Cependant, aucune mesure spécifique n'est mentionnée pour les publics vulnérables (personnes en situation de handicap, personnes détenues, personnes sans domicile fixe).
Intersectorialité : Le programme mobilise plusieurs secteurs (santé, sécurité sociale, biologie médicale) mais les partenariats formalisés avec d'autres domaines (social, médico-social, collectivités territoriales, employeurs) ne sont pas décrits dans l'arrêté.
Partenariat : Des modèles de collaboration sont formalisés entre l'Assurance Maladie (invitations, relances), les CRCDC (suivi, coordination), les laboratoires (analyses), les professionnels de santé (remise de kits, information, suivi des résultats positifs) et les ARS (pilotage régional). Les rôles et responsabilités de chaque acteur sont clairement définis.
Lutte contre les discriminations : Le document ne mentionne pas explicitement les discriminations ni les inégalités sociales ou territoriales de santé. Le non-jugement et la prise en compte de la diversité (culturelle, linguistique, cognitive) ne sont pas abordés. La question de l'accessibilité pour les personnes en situation de handicap n'est pas traitée.
6. ÉVALUATION DE LA FIABILITÉ DE LA RESSOURCE
Pertinence scientifique : La ressource s'appuie sur des preuves scientifiques solides. Le test immunologique quantitatif de recherche de sang occulte dans les selles a fait la preuve de son efficacité en population générale. Les performances attendues (sensibilité 70%, spécificité 96-98%, détection de 2,4 fois plus de cancers et 3,7 fois plus d'adénomes avancés que l'ancien test Hemoccult) correspondent aux données de la littérature internationale. L'exigence d'accréditation ISO 15189 des laboratoires garantit la fiabilité analytique. Le seuil de positivité (150 ng HB/ml) est paramétrable et peut évoluer selon les résultats, témoignant d'une approche basée sur les données probantes. Les références aux codes de la santé publique et de la sécurité sociale assurent la conformité réglementaire. Les avis de la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole et de la CNAM ont été sollicités, renforçant la légitimité institutionnelle.
Pertinence opérationnelle : L'arrêté constitue un document directement utilisable sur le terrain par tous les acteurs du dépistage. Il précise de manière exhaustive les critères d'éligibilité, les modalités pratiques de remise de kits, les rôles de chaque professionnel, les circuits d'information et de suivi, les délais à respecter, les formats d'échange de données, et les exigences qualité. Les cahiers des charges pour les CRCDC et les laboratoires (Annexe 1) fournissent des référentiels opérationnels détaillés. Les modèles de comptes rendus, courriers de relance et supports d'information sont validés par l'INCa, garantissant l'homogénéité nationale. Le dispositif est directement applicable dès la publication de l'arrêté au Journal Officiel (12 mars 2026). La traçabilité et l'interopérabilité des systèmes d'information permettent le pilotage et l'évaluation locale et nationale.
7. QCM — 5 QUESTIONS
PARTIE 1 — Présentation du QCM
Question 1 : Quelle est la tranche d'âge cible du programme de dépistage organisé du cancer colorectal pour les personnes à risque moyen ?
a) 45 à 69 ans
b) 50 à 74 ans
c) 55 à 75 ans
d) 60 à 80 ans
Question 2 : Quels professionnels de santé sont autorisés à remettre des kits de dépistage du cancer colorectal ?
a) Médecins uniquement
b) Médecins et pharmaciens d'officine uniquement
c) Médecins, pharmaciens d'officine, infirmiers diplômés d'État
d) Tous les professionnels de santé sans restriction
Question 3 : Quel est le délai maximal entre la réception d'un prélèvement par le laboratoire et l'envoi des résultats ?
a) 24 heures
b) 2 jours ouvrés
c) 5 jours ouvrés
d) 7 jours ouvrés
Question 4 : Quel est le pourcentage attendu de résultats positifs au test immunologique de dépistage du cancer colorectal ?
a) Entre 1 et 2%
b) Entre 3 et 6%
c) Entre 8 et 10%
d) Entre 12 et 15%
Question 5 : Pendant combien de temps une personne ayant réalisé une coloscopie totale est-elle inéligible au programme de dépistage organisé ?
a) 1 an
b) 2 ans
c) 5 ans
d) 10 ans
PARTIE 2 — Correction commentée
Question 1 : Quelle est la tranche d'âge cible du programme de dépistage organisé du cancer colorectal pour les personnes à risque moyen ?
✅ Réponse correcte : b) 50 à 74 ans
📝 Explication : Le dépistage organisé du cancer colorectal s'adresse aux hommes et femmes de 50 à 74 ans inclus, à risque moyen de développer un cancer colorectal. Cette population reçoit une invitation tous les deux ans de leur organisme d'Assurance Maladie. — Source : p. 1, Annexe IV, section I.A
Question 2 : Quels professionnels de santé sont autorisés à remettre des kits de dépistage du cancer colorectal ?
✅ Réponse correcte : c) Médecins, pharmaciens d'officine, infirmiers diplômés d'État
📝 Explication : L'arrêté prévoit que la remise des kits peut être effectuée par un médecin (traitant, gynécologue, hépato-gastroentérologue, médecin de centre d'examen de santé), par un pharmacien d'officine, ou par un infirmier diplômé d'État. Les personnes peuvent également commander le kit en ligne pour une livraison à domicile. — Source : p. 3, Annexe IV, section III.B.1
Question 3 : Quel est le délai maximal entre la réception d'un prélèvement par le laboratoire et l'envoi des résultats ?
✅ Réponse correcte : b) 2 jours ouvrés
📝 Explication : Les laboratoires de biologie médicale s'engagent à ce que les délais entre la réception des échantillons biologiques et l'envoi des résultats soient au plus égaux à 2 jours ouvrés. Cette exigence garantit la rapidité du circuit de dépistage. — Source : p. 6, Annexe 1, section II
Question 4 : Quel est le pourcentage attendu de résultats positifs au test immunologique de dépistage du cancer colorectal ?
✅ Réponse correcte : b) Entre 3 et 6%
📝 Explication : Le cahier des charges indique que le pourcentage de résultats positifs se situe entre 3 et 6%. Ce taux dépend du seuil de positivité paramétré sur les automates et détermine le nombre de personnes devant effectuer une coloscopie. Les données 2024 mentionnent une proportion de 3,3% de tests positifs. — Source : p. 2, 6, Annexe IV section II et Annexe 1 section I
Question 5 : Pendant combien de temps une personne ayant réalisé une coloscopie totale est-elle inéligible au programme de dépistage organisé ?
✅ Réponse correcte : c) 5 ans
📝 Explication : Les personnes chez lesquelles une coloscopie totale a été réalisée sont inéligibles au programme de dépistage organisé pour cinq ans. En revanche, les personnes ayant eu un colo-scanner seul ou une coloscopie incomplète suivie d'un colo-scanner sont inéligibles pour deux ans, sous réserve d'avis médical. — Source : p. 2, Annexe IV, section I.C
8. FOIRE AUX QUESTIONS (FAQ)
1. Qui est éligible au programme de dépistage organisé du cancer colorectal ?
Les hommes et femmes de 50 à 74 ans à risque moyen, c'est-à-dire sans symptômes digestifs récents, sans antécédents personnels d'adénome, de cancer colorectal ou de maladie inflammatoire chronique intestinale (rectocolite hémorragique, maladie de Crohn), et sans antécédents familiaux au premier degré d'adénome ou de cancer colorectal. Les personnes à risque aggravé relèvent d'une surveillance spécialisée par coloscopie. (p. 1-2, section I.A-B)
2. Comment obtenir un kit de dépistage si je n'ai pas de médecin traitant ?
Vous pouvez retirer gratuitement un kit de dépistage dans une pharmacie d'officine, auprès d'un infirmier diplômé d'État, ou le commander directement en ligne pour une livraison à votre domicile. Le pharmacien ou l'infirmier vérifiera votre éligibilité et vous informera sur l'utilisation du kit. En cas de doute sur votre éligibilité, ils vous orienteront vers un médecin. (p. 3, section III.B.1)
3. Que faire si j'ai des rectorragies (saignements dans les selles) ?
Les personnes présentant des rectorragies ou une symptomatologie évocatrice de cancer colorectal d'apparition récente relèvent d'une démarche à visée diagnostique immédiate et non du dépistage organisé. Le test de dépistage par recherche de sang occulte dans les selles est inadapté en cas de rectorragies. Consultez rapidement votre médecin traitant qui vous orientera vers les examens appropriés (coloscopie diagnostique). (p. 2, section I.C)
4. Quel est le délai pour renvoyer le kit après le prélèvement ?
Le prélèvement doit être envoyé au laboratoire dans les 7 jours suivant sa réalisation, en utilisant le support retour pré-affranchi fourni dans le kit. Le laboratoire vérifie la date du prélèvement avant de réaliser l'analyse. Au-delà de ce délai, le prélèvement peut être déclaré non analysable et un nouveau kit vous sera adressé gratuitement dans un délai de 30 jours. (p. 5, 7, sections V et VI.A)
5. Qui reçoit les résultats du test de dépistage ?
Les résultats sont adressés à la personne dépistée et aux professionnels de santé mentionnés sur la fiche d'identification du kit (le plus souvent le médecin traitant, ou un autre médecin désigné par la personne). Les CRCDC reçoivent également les résultats dans les 48 heures pour assurer le suivi du programme et notamment des personnes ayant un résultat positif. Les données sont transmises de manière sécurisée conformément au RGPD. (p. 5, section VI.A)
6. Que se passe-t-il en cas de résultat positif au test ?
Un résultat positif (présence de sang dans les selles) ne signifie pas nécessairement un cancer, mais indique la nécessité de réaliser une coloscopie pour explorer le côlon et le rectum. Votre médecin vous orientera vers un gastroentérologue. Le CRCDC de votre département assure un suivi actif pour s'assurer de la réalisation de cette coloscopie et vous relance si nécessaire. Environ 3 à 6% des tests sont positifs, et parmi eux, 8 à 10% révèlent un cancer, 40% un cancer ou un adénome avancé. (p. 2, 5, sections II et VI.B)
7. Puis-je refuser de faire une coloscopie après un résultat positif ?
Oui, vous avez le droit de refuser la coloscopie. Ce refus doit être documenté et signalé au CRCDC par vous-même ou par votre médecin pour éviter les relances inutiles. Toutefois, en cas de résultat positif, il existe un risque important de lésion colique (polype, adénome, cancer), et la coloscopie est fortement recommandée pour permettre une prise en charge précoce. Votre médecin reste disponible pour discuter de vos hésitations et vous accompagner dans votre décision. (p. 5, section VI.B)
9. RÉÉCRITURE EN FALC
Le dépistage du cancer du côlon et du rectum
Qui est concerné ?
Vous avez entre 50 et 74 ans.
Vous n'avez pas de problème de santé au niveau du ventre.
Vous n'avez jamais eu de cancer du côlon ou du rectum.
Personne dans votre famille proche n'a eu ce cancer.
→ Vous pouvez faire le test de dépistage.
Comment ça marche ?
Tous les 2 ans, vous recevez une lettre chez vous.
La lettre vient de votre Sécurité sociale.
Elle vous invite à faire un test gratuit.
Où trouver le kit de test ?
Vous pouvez aller chercher le kit :
Chez votre médecin
À la pharmacie
Chez votre infirmier ou infirmière
Sur Internet pour recevoir le kit chez vous
Comment faire le test ?
Vous faites le prélèvement chez vous.
Vous prenez un peu de vos selles.
Vous mettez le prélèvement dans le flacon.
Vous collez votre étiquette sur le flacon.
Vous envoyez le flacon par la Poste.
L'enveloppe est déjà prête et gratuite.
Quand envoyer le prélèvement ?
Envoyez le flacon dans les 7 jours après le prélèvement.
Qui reçoit les résultats ?
Vous recevez les résultats chez vous.
Votre médecin reçoit aussi les résultats.
Que faire si le résultat est positif ?
Un résultat positif veut dire : il y a du sang dans vos selles.
Cela ne veut pas dire que vous avez un cancer.
Votre médecin vous envoie faire un autre examen.
Cet examen s'appelle une coloscopie.
La coloscopie permet de voir l'intérieur du côlon et du rectum.
Pourquoi faire ce test ?
Le test permet de trouver le cancer très tôt.
Quand on trouve le cancer tôt, on peut mieux le soigner.
Le test peut aussi trouver des polypes.
Les polypes peuvent devenir des cancers plus tard.
On peut enlever les polypes avant qu'ils deviennent dangereux.
Points importants à retenir
Le test est gratuit
Le test est simple à faire chez vous
Vous faites le test tous les 2 ans
Le test peut vous sauver la vie