Se rendre au contenu

Lignes directrices relatives à l'élaboration d'une stratégie nationale de vaccination

✍️ Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans le cadre du Programme pour la vaccination à l'horizon 2030 (IA2030 / Immunization Agenda 2030).- 22 juillet 2026
15 août 2026 par
Lignes directrices relatives à l'élaboration d'une stratégie nationale de vaccination
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
| Aucun commentaire pour l'instant



🚨Construire une stratégie vaccinale en 7 étapes : la méthode de l'OMS
🔍💡 Planifier une action de vaccination : la méthode OMS en 7 étapes, de l'analyse des obstacles au financement pérenne. Une trame de conduite de projet réutilisable à l'échelle d'un territoire.



📌 Ce guide fournit une méthode de planification complète et séquencée — de l'analyse de situation au dialogue budgétaire — transposable à tout projet collectif de vaccination : campagne de rattrapage ROR, vaccination HPV au collège, action « aller vers » des publics précaires. Sa vraie valeur pour le terrain n'est pas le contenu clinique (absent) mais la structure : qui associer, dans quel ordre, avec quels résultats attendus à chaque étape, et comment sécuriser un financement. La grille des sept composantes du système et la check-list des obstacles à l'équité sont directement réutilisables comme trame d'auto-diagnostic local. À lire pour outiller la conduite de projet, pas pour se documenter sur les vaccins.



Source :     
📒 Lignes directrices relatives à l'élaboration d'une stratégie nationale de vaccination
✍️ Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans le cadre du Programme pour la vaccination à l'horizon 2030 (IA2030 / Immunization Agenda 2030).- 22 juillet 2026
📜🔗LIEN vers la source


1️⃣ RÉSUMÉ ANALYTIQUE

Un cadre de planification stratégique, pas un contenu vaccinal.

Le document répond à une question de méthode : comment un pays élabore-t-il, en six mois maximum, une stratégie nationale de vaccination cohérente et finançable ? Il s'adresse aux décideurs, gestionnaires de programmes, partenaires (OMS, UNICEF, Gavi), instances consultatives (NITAG) et organes de coordination. La stratégie y est définie comme un document rationalisé sur cinq ans, adossé à une vision à dix ans, et décliné en interventions chiffrées et priorisées (p. 5). Le fil rouge est l'équité : identifier et lever les obstacles subis par les populations éloignées de la vaccination (genre, précarité, zones isolées, réfugiés). Le contexte de référence est celui des systèmes de santé à ressources contraintes.

Une boîte à outils procédurale par étapes.

L'apport concret tient dans les sept fiches-étapes (p. 7) : chacune précise la procédure, les rôles, la durée, le résultat attendu et des conseils tirés du terrain. Le document fournit des grilles d'analyse mobilisables telles quelles : les sept composantes du système de vaccination (p. 22), la check-list des obstacles à l'équité (p. 13), la cartographie des parties prenantes (p. 16), et un outil de chiffrage (NIS.COST) couplé à une hiérarchisation des interventions en priorité faible/moyenne/élevée (p. 28-30). Il insiste sur l'itération entre stratégie, suivi-évaluation et budget, et sur la défense d'un financement minimal garanti pour la vaccination systématique.

En France

En France, cette méthodologie globale de l'OMS trouve un écho direct dans l'élaboration de la Stratégie Nationale de Vaccination et du Calendrier vaccinal, pilotés par le Ministère de la Santé avec l'appui de la Haute Autorité de santé (HAS). Si le modèle s'adapte à un système de santé aux ressources consolidées, les enjeux d'équité et d'aller-vers y sont prioritaires pour résorber les inégalités territoriales et sociales de couverture (ex. campagnes HPV dans les collèges ou actions auprès des publics précarisés). La concertation pluridisciplinaire et la co-construction avec les professionnels de santé de premier recours (médecins, pharmaciens, infirmiers) traduisent localement cette logique d'alignement des acteurs et de financement pérenne prônée par l'OMS.

Politique vaccinale et la Stratégie « Vaccination et Immunisation 2025-2030 » : https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/vaccination/

Calendrier des vaccinations : https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/vaccination/calendrier-vaccinal 

2. POINTS CLÉS DU DOCUMENT

1️⃣ Un processus en 7 étapes, tenant en 6 mois maximum. Préparation → analyse de situation → élaboration de la stratégie → cadre de suivi-évaluation → estimation des ressources → dialogue budgétaire → approbation (Tableau 1, p. 7). Les étapes 3 à 6 sont itératives et parallèles (pas strictement séquentielles), et le calendrier théorique tient sur six mois (figure 1, p. 11).

2️⃣ Une architecture claire projet / objectifs / stratégies, distincte du plan opérationnel. Le document articule une vision à 10 ans, des objectifs intermédiaires à 5 ans et des stratégies-interventions (figure 3, p. 19). Point structurant : la stratégie fixe le « quoi » et le « pourquoi » ; le détail de mise en œuvre relève d'un plan d'opération annuel distinct (p. 20, p. 35). Cette séparation évite de noyer la stratégie dans l'opérationnel.

3️⃣ Une grille d'analyse en 7 composantes du système de vaccination (figure 5, p. 22), servant à la fois à repérer les obstacles et à chiffrer : gestion de programme/financement, ressources humaines, approvisionnement/logistique vaccins, prestation de services, couverture et suivi des MAPI, surveillance des maladies, et génération de la demande (plaidoyer, communication, participation des communautés).

4️⃣ Une analyse de situation structurée et centrée sur l'équité. Quatre sous-étapes : synthèse des sources → aperçu couverture/équité → identification documentée des obstacles → classement par priorité (p. 15). L'évaluation couverture/équité cible explicitement les obstacles liés au genre, aux zones rurales/nomades, à l'urbain défavorisé, aux ménages pauvres, aux contextes fragiles ou de conflit, aux réfugiés et personnes déplacées (p. 13).

5️⃣ Un chiffrage outillé et une hiérarchisation pour le dialogue budgétaire. L'outil NIS.COST (UNICEF, sur Google Sheets) relie chaque intervention à un coût annuel et permet de la classer en priorité faible/moyenne/élevée (p. 28-30), avec quatre méthodes d'estimation (analogique/historique, paramétrique, jugement expert, méthode des composants, p. 30). Enseignement de la COVID-19 : la stratégie doit défendre un flux de financement minimal pour maintenir la vaccination systématique (p. 32). Le suivi-évaluation repose sur des indicateurs SMART, ventilés par sexe, et sur des cycles surveiller-évaluer-agir à trois niveaux (national, infranational, centre de santé — figure 6, p. 26).

3. PISTES D'ACTION POUR LES ACTEURS LOCAUX

1️⃣ Auto-diagnostiquer un projet local avec la grille des 7 composantes (figure 5, p. 22) : passer une campagne ou un dispositif au crible de chacune des sept dimensions pour repérer le maillon faible (souvent la demande ou la logistique) avant de décider des actions.

2️⃣ Objectiver la situation avant d'agir, en reprenant les 4 sous-étapes de l'analyse (p. 15) : réunir les données de couverture disponibles, cartographier les obstacles, les hiérarchiser. Pour la France, mobiliser les données de couverture de Santé publique France et les remontées PMI/certificats de santé comme base factuelle.

3️⃣ Utiliser la check-list des obstacles à l'équité (p. 13) comme grille de ciblage des publics éloignés (précarité, personnes migrantes, territoires sous-denses) — particulièrement pertinent pour les vaccinations à couverture insuffisante (ROR 2 doses, HPV, méningocoques).

4️⃣ Formaliser un suivi-évaluation léger : quelques indicateurs SMART, ventilés par sexe, avec des points d'examen réguliers et une répartition claire des responsabilités (p. 24, p. 27). Applicable à une campagne collège HPV ou à une action « aller vers ».

5️⃣ Structurer la gouvernance à partir de la cartographie des parties prenantes (figure 2, p. 16) : transposer en un tour de table local (CLS, CPTS, PMI, Éducation nationale, associations de proximité, centres de santé) pour répartir pilotage, appui technique et relais de terrain.

6️⃣ Sécuriser une ligne de financement pérenne en s'inspirant de la logique « défendre un flux minimal + dialogue budgétaire » (p. 31-32) : préparer des arguments taillés par interlocuteur et inscrire un socle de financement dans un contrat local de santé plutôt que de dépendre d'appels à projets ponctuels.

Besoins non couverts / adaptations nécessaires : le guide raisonne à l'échelle d'un système national de pays à ressources limitées — il ne traite ni l'échelon local français, ni la médecine de ville, ni le calendrier vaccinal, ni le contenu clinique. Il n'outille que faiblement l'hésitation vaccinale (la « demande » est nommée mais peu développée) : à compléter par des ressources françaises dédiées (entretien motivationnel, supports FALC multilingues). Enfin, plusieurs outils y sont annoncés « disponibles à l'automne 2021 » (CAPACITI, catalogue OMS d'aide à la décision) : leur statut actuel est à vérifier avant tout renvoi.

4. RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES

🔍➕ Pour plus d'informations, voir les articles référencés par "Pratiques en Santé" dossier Vaccination  ➡️🔗https://www.pratiquesensante.com/vaccinations

1️⃣ Stratégie « Vaccination et immunisation » 2025-2030 — Ministère chargé de la Santé / Direction générale de la Santé (avril 2025). C'est l'équivalent français direct du document analysé : structurée autour de 5 axes déclinés en 32 actions, avec l'ambition de mieux vacciner à tous les âges de la vie. Elle permet de transposer la démarche OMS au cadre national réel (aller vers/ramener vers, formation des professionnels, lutte contre la désinformation).

🔗 https://www.martinique.ars.sante.fr/media/138321/download?inline= Sante

2️⃣ Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2025 — Ministère chargé de la Santé, après avis de la HAS. Le produit normatif concret de la politique vaccinale française (équivalent opérationnel de la « stratégie » du guide), révisé chaque année.

🔗 https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/vaccination/calendrier-vaccinal

3️⃣ Vaccination des enfants, adolescents et jeunes adultes en France. Bilan de la couverture vaccinale en 2025 — Santé publique France (publié le 27 avril 2026). L'outil d'« analyse de situation » et de suivi pour la France : plus de 95 % de couverture à 24 mois pour les vaccinations exigibles, mais un seuil de 95 % non atteint pour la seconde dose ROR dans un contexte de reprise de la rougeole.

🔗 https://www.santepubliquefrance.fr/vaccination/bulletin-national/vaccination-des-enfants-adolescents-et-jeunes-adultes-en-france-bilan-de-la-couverture-vaccinale-en ANFHANFH

5. FOIRE AUX QUESTIONS (FAQ)

1️⃣ Combien d'étapes comporte la démarche, et sur quelle durée ?

Sept étapes, de la préparation à l'approbation, à réaliser en six mois maximum du lancement à l'adoption ; les étapes 3 à 6 se déroulent en parallèle (Tableau 1, p. 7 ; figure 1, p. 11).

2️⃣ Quelle différence entre la « stratégie » et le « plan d'opération annuel » ?

La stratégie fixe la vision, les objectifs et les grandes interventions ; elle ne détaille pas la mise en œuvre. Les activités concrètes relèvent d'un plan d'opération annuel distinct, établi pour chaque année (p. 20, p. 35).

3️⃣ Sur quelles dimensions analyser les forces et obstacles d'un programme ?

Sur les sept composantes du système de vaccination (figure 5, p. 22), en documentant systématiquement les éléments factuels selon les 4 sous-étapes d'analyse (p. 15).

4️⃣ Comment le guide intègre-t-il l'équité et le genre ?

Dès la constitution de l'équipe (un profil maîtrisant les dynamiques de genre, p. 9) ; via une check-list d'obstacles à la couverture équitable (p. 13) ; et par la ventilation des indicateurs par sexe dans le suivi-évaluation (p. 24).

5️⃣ Qui associer et selon quelle gouvernance ?

Un comité directeur, un ou des groupes de travail techniques, un coordonnateur et un producteur de contenu (p. 9-10), plus les instances consultatives (NITAG/RITAG) et la société civile — dont les associations de femmes. La cartographie des parties prenantes aide à ne oublier personne (figure 2, p. 16).

6️⃣ Comment chiffrer et prioriser les interventions ?

Avec l'outil NIS.COST, en classant chaque intervention en priorité faible / moyenne / élevée (p. 28-30) et en s'appuyant sur l'une des quatre méthodes d'estimation des coûts (p. 30). Les priorités élevées sont financées en premier.

7️⃣ Comment suivre la mise en œuvre dans le temps ?

Via un cadre de suivi-évaluation à indicateurs SMART, des examens réguliers (annuels ou plus), un examen technique indépendant (NITAG/RITAG) et des cycles surveiller-évaluer-agir articulés aux trois niveaux national, infranational et centre de santé (p. 24-27 ; figure 6, p. 26).

6. RÉÉCRITURE EN FALC

Ce que dit le document

C'est un guide de l'OMS. Il explique comment un pays prépare un plan de vaccination.

Le plan couvre 5 ans. Il suit une grande vision de 10 ans.

Le guide propose 7 étapes à suivre dans l'ordre :

  • Étape 1 : préparer l'équipe et le calendrier.
  • Étape 2 : regarder la situation actuelle.
  • Étape 3 : choisir les objectifs et les actions.
  • Étape 4 : préparer le suivi des résultats.
  • Étape 5 : calculer l'argent nécessaire.
  • Étape 6 : discuter du budget.
  • Étape 7 : faire approuver le plan.

Tout cela doit prendre 6 mois au plus.

Le but principal est simple. Il faut vacciner tout le monde. Il ne faut oublier personne.

Les idées importantes

  1. Le guide donne un ordre clair pour agir. On sait quoi faire à chaque étape.
  2. Il sépare deux choses. Le plan général dit quoi faire. Un autre plan dit comment le faire chaque année.
  3. Il regarde 7 parties du système de vaccination. Par exemple : les vaccins, le personnel, et l'envie des gens de se faire vacciner.
  4. Il aide à trouver qui n'est pas vacciné. Par exemple : les gens pauvres, les gens loin des villes, les personnes migrantes.
  5. Il aide à calculer l'argent. Il classe les actions par ordre d'importance.

Attention : ce guide est fait pour des pays entiers. Il n'est pas fait pour la France directement. Il faut l'adapter.

7. ANALYSE TRANSVERSALE — VALEURS DE PRATIQUES EN SANTÉ

  • Littératie : faible. Le document vise des publics techniques et n'aborde la compréhension des usagers que par la composante « génération de la demande » (figure 5, p. 22) ; il ne propose pas d'outils de littératie grand public.
  • Empowerment : la participation directe des communautés bénéficiaires, des OSC et des associations de femmes est recommandée à l'analyse des obstacles et à l'élaboration des stratégies (p. 9, p. 23), mais elle reste de nature consultative.
  • Participation : des mécanismes concrets sont décrits — cartographie des parties prenantes, ateliers, enquêtes, participation consultative aux cycles de suivi (figure 2, p. 16 ; figure 6, p. 26).
  • Santé communautaire : la dimension collective apparaît via l'implication des communautés et l'intégration au parcours de vie (p. 21), mais l'entrée demeure programmatique et institutionnelle.
  • Éthique : les biais liés au genre et aux dynamiques de pouvoir sont explicitement identifiés comme devant être traités dans les consultations (p. 9) ; il n'existe pas de section éthique dédiée.
  • Droits humains : l'équité et l'accès pour tous (logique « ne laisser personne de côté ») structurent l'analyse couverture/équité et le suivi-évaluation (p. 13, p. 24).
  • Intersectorialité : des partenariats sont recommandés avec les Finances, l'Éducation, le ministère de la Femme/Genre, l'administration territoriale, la société civile et le secteur privé (p. 6, p. 12).
  • Partenariat : des modèles formalisés sont proposés — comité directeur, groupes de travail techniques, NITAG/RITAG, comités de coordination interinstitutions (p. 9-10, figure 6, p. 26).
  • Lutte contre les discriminations : le document cible les obstacles subis par les populations marginalisées (genre, précarité, populations nomades, réfugiés, zones défavorisées) sans employer le registre « discrimination » ; l'approche passe par l'équité (p. 13).

8. ÉVALUATION DE LA FIABILITÉ DE LA RESSOURCE

Pertinence scientifique : éditeur institutionnel de référence (OMS / IA2030), méthode adossée à des cadres reconnus (IA2030, Gavi 5.0, NIS.COST). Trois réserves : (a) il s'agit d'une version préliminaire (août 2021), dont il conviendrait de vérifier s'il existe une version consolidée ultérieure ; (b) c'est un guide de méthode, peu de données chiffrées y figurent (usage attendu : cadrage, non preuve opposable) ; (c) plusieurs outils sont annoncés « disponibles à l'automne 2021 » — statut à vérifier aujourd'hui.

Pertinence opérationnelle : élevée pour son public cible. Le document est très structurant (rôles, durées, résultats attendus, conseils par étape, outils liés). Pour la France, l'utilité est réelle mais indirecte : la transposition est nécessaire (échelle territoriale et de ville, absence de PEV au sens des pays à ressources limitées, logique de financement différente). À utiliser comme trame de conduite de projet, non comme référentiel vaccinal.

9. HASHTAGS STRATÉGIQUES

#Vaccination #StratégieVaccinale #PromotionSanté #ÉquitéEnSanté #PlanificationSanté #IA2030 #SantéPublique #pratiquesensante




Cet article a été élaboré dans le respect de la Charte d’utilisation de l’intelligence artificielle de Pratiques en Santé. Cliquez sur l'image  CHARTE utilisation de IA de Pratiques en Santé


Se connecter pour laisser un commentaire.