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Pour un changement de regard sur l'enfant et la redéfinition de sa place dans la société française — Acte 1 · Analyse et état des lieux

✍️ Fondation pour l'Enfance (comité de rédaction : Marie Derain de Vaucresson, Catherine Tanneau, Joëlle Sicamois, Angèle Lefranc, Mélie Lages) — janvier 2026
21 août 2026 par
Pour un changement de regard sur l'enfant et la redéfinition de sa place dans la société française — Acte 1 · Analyse et état des lieux
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🚨 No kids, parole ignorée, autonomie confisquée : enquête sur un angle mort
🔍👁️ Regard sur l'enfant : un état des lieux qui documente, chiffres et décisions de justice à l'appui, comment la société française pense l'enfant à travers la famille — et l'entend peu comme sujet de droit. 🧩 De la parole en justice aux espaces « no kids », un cadre pour outiller sensibilisation, formation et plaidoyer.



📌 Ce rapport offre une grille de lecture rare : il ne décrit pas un dispositif, il interroge le regard que la société porte sur l'enfant, et montre comment ce regard structure concrètement l'accueil, l'éducation, la protection et la participation. Pour un intervenant, c'est un outil d'argumentaire : il donne des chiffres, des exemples juridiques récents et des comparaisons internationales pour nommer ce que l'on observe sans toujours pouvoir le formuler — méfiance envers l'enfant, invisibilisation dans l'espace public, parole peu entendue. Utile pour nourrir une sensibilisation, préparer une formation, ou consolider un plaidoyer local. À lire pour prendre du recul sur ses propres pratiques, plus que pour y trouver des procédures.




Source :     
📒 Pour un changement de regard sur l'enfant et la redéfinition de sa place dans la société française — Acte 1 · Analyse et état des lieux
✍️ Fondation pour l'Enfance (comité de rédaction : Marie Derain de Vaucresson, Catherine Tanneau, Joëlle Sicamois, Angèle Lefranc, Mélie Lages) —  janvier 2026
 
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Capsules Audio de Pratiques en Santé 🎙️🎥 https://www.youtube.com/watch?v=RDRUVXYna6k


La place de l'enfant en France : un état des lieux alarmant

1️⃣ RÉSUMÉ ANALYTIQUE

Un regard hérité qui pense l'enfant à travers la famille. Le rapport part d'un constat : malgré cinquante ans de progrès dans la reconnaissance des droits et la lutte contre les violences, le bilan français reste mitigé (p. 5–6). Il retrace l'enfance comme construction sociale mouvante, du « petit adulte » médiéval à l'enfant « précieux » du XXᵉ siècle (p. 7–11), puis analyse cinq points de blocage : la prédominance de la famille sur l'enfant, une parentalité vécue difficilement, l'asymétrie des rapports adultes-enfants, la disparition des enfants des espaces collectifs, et une participation aux politiques publiques quasi ineffective. Le fil conducteur est la notion d'adultisme : une organisation « verticaliste » où l'âge fonde une hiérarchie, et où l'enfant reste largement pensé comme dépendant, donc incapable de parole et d'action (p. 16, 21–23).

Un diagnostic chiffré, orienté vers l'action publique. Le document mobilise des données pour étayer chaque axe : parents se sentant dépassés, persistance des violences éducatives ordinaires malgré leur reconnaissance, recul de l'autonomie de déplacement des enfants, multiplication des espaces « no kids », instabilité de la gouvernance de l'enfance (p. 17–34). Il éclaire le cas français par des comparaisons (Suède, Finlande, Québec, Écosse, États-Unis, Brésil). Sa valeur pour le terrain est analytique et argumentative plutôt qu'instrumentale : il ne fournit pas de méthode ou d'outil clé en main, mais un socle de compréhension et de plaidoyer, en amont d'un « Acte 2 » consacré aux recommandations (p. 37).

2️⃣ POINTS CLÉS DU DOCUMENT

1️⃣ La famille est pensée comme seule responsable de l'enfant, et l'État en retrait. 60 % des parents jugent que la loi de 2019 interdisant les violences physiques et psychologiques est une intrusion de l'État dans la sphère privée ; un tiers estiment que l'éducation doit revenir pleinement aux parents (p. 13, données rapportées par le document d'après IFOP 2024 et OpinionWay 2025).

2️⃣ La parole de l'enfant est inégalement entendue en justice. Devant le juge des enfants, l'audition du mineur capable de discernement conditionne la validité des décisions (réaffirmé par un arrêt de la Cour de cassation du 2 juillet 2025) ; devant le juge aux affaires familiales, l'enfant n'est pas partie et doit demander à être entendu (p. 16).

3️⃣ Les enfants disparaissent des espaces collectifs. Selon une étude ADEME 2025 citée, l'âge du premier déplacement autonome est passé à 11,6 ans (contre 10,6 pour la génération des parents) ; en CM2, seuls 9 % des enfants vont seuls à l'école, contre 1 sur 2 à 8 ans à la fin des années 1980 (p. 25–26).

4️⃣ Une culture « anti-enfant » se développe. En mai 2025, 54 % des Français déclaraient soutenir la création d'espaces sans enfants (65 % chez les 25-34 ans) ; le rapport cite des retraits de jeux et des interdictions de cour de récréation ordonnés par la justice pour nuisances sonores (Bruges 2023, Maisons-Laffitte 2025) (p. 27–29).

5️⃣ La gouvernance de l'enfance est instable et fragmentée. Disparition d'un ministère/secrétariat d'État dédié depuis 2024, absence de réunion du Comité interministériel à l'enfance depuis novembre 2023, tentative (non retenue) de suppression d'instances de concertation en mars 2025, et morcellement territorial des compétences (p. 33–35).

3️⃣ PISTES D'ACTION POUR LES ACTEURS LOCAUX

Cadrage (R4/R5). Le document est un état des lieux, non un guide méthodologique : il ne propose pas d'outils opérationnels. Les pistes ci-dessous sont donc des usages du contenu, formulés comme tels, et non des procédures que le rapport fournirait.

1️⃣ S'appuyer sur le diagnostic chiffré pour construire un argumentaire de sensibilisation auprès de parents, d'élus ou de partenaires : les données des pages 13, 17–20 et 25–29 permettent d'objectiver l'écart entre discours et pratiques (ex. connaissance des VEO vs persistance de leur usage, p. 20).

2️⃣ Interroger sa propre posture professionnelle à l'aune de l'« adultisme » décrit p. 21–23 : dans quelle mesure la parole de l'enfant est-elle réellement sollicitée et prise en compte dans les décisions qui le concernent, au-delà d'une écoute de façade.

3️⃣ Mobiliser les comparaisons internationales comme leviers de réflexion collective (Écosse « getting it right for every child » p. 15, Suède p. 19 et 22, Québec p. 15 et 24) pour animer un débat d'équipe sur d'autres modèles de responsabilité partagée.

4️⃣ Repérer et documenter localement les mécanismes d'exclusion des enfants de l'espace public (aménagements pensés pour la voiture, méfiance dans certains quartiers, espaces « no kids ») décrits p. 26–30, pour alimenter un plaidoyer auprès des collectivités.

5️⃣ Soutenir et évaluer honnêtement les dispositifs de participation existants (conseils municipaux d'enfants, p. 36) : le rapport en pointe les limites (représentativité, pouvoir d'action, champ contraint) — une piste consiste à questionner ces limites plutôt qu'à multiplier les instances symboliques.

6️⃣ Contribuer à l'« Acte 2 » : le rapport ouvre explicitement un appel à participation (associations, professionnels, enfants) via participation@fondation-enfance.org (p. 37) — une opportunité pour faire remonter des besoins de terrain non couverts par ce premier volet.

Besoins non couverts identifiés : le document ne propose ni outils de recueil de la parole, ni protocoles d'intervention, ni indicateurs. Pour ces dimensions opérationnelles, il faut se tourner vers des ressources méthodologiques dédiées (voir section 4).

4️⃣ RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES

Dans Pratiques en Santé - Recueillir et prendre en compte le point de vue des enfants de la naissance à 6 ans

En externe

  1. CNCDH — Avis sur l'exclusion des enfants de l'espace public, ou « no kids » (adopté à l'unanimité le 2 juillet 2026). Prolonge et actualise la section « espaces collectifs » du rapport avec des recommandations institutionnelles. → https://www.cncdh.fr/publications/avis-sur-lexclusion-des-enfants-de-lespace-public-ou-no-kids
  2. Défenseur des droits — Rapport annuel 2025 sur les droits de l'enfant : le droit des enfants à une justice adaptée. Éclaire la question de la parole de l'enfant en justice (point clé n° 2), à partir de la contribution de 1 600 enfants. → https://www.defenseurdesdroits.fr/rapport-annuel-sur-les-droits-de-lenfant-2025-le-droit-des-enfants-une-justice-adaptee-990


5️⃣ FOIRE AUX QUESTIONS (FAQ)

1️⃣ Qu'entend-on par « changement de regard » sur l'enfant ? Un changement de paradigme : cesser de penser l'enfant uniquement comme un être dépendant et à protéger, pour le reconnaître comme sujet social et politique à part entière (p. 6, 11). Le rapport pose ce préalable avant toute réforme.

2️⃣ Que dit le rapport sur la place de l'État vis-à-vis de la famille ? Que la tradition française confie aux parents la responsabilité quasi exclusive de l'éducation et de la protection, l'État n'intervenant qu'en cas de défaillance reconnue. Une part importante des parents perçoit l'intervention publique comme une intrusion (p. 12–14).

3️⃣ Comment la parole de l'enfant est-elle traitée dans les procédures judiciaires ? De façon très inégale selon l'interlocuteur : centrale devant le juge des enfants, non obligatoire devant le juge aux affaires familiales — alors même que ce dernier décide de la résidence de l'enfant (p. 16).

4️⃣ Pourquoi les enfants sont-ils « moins présents » dans l'espace public ? Le rapport avance plusieurs causes : sentiment d'insécurité, aménagements urbains pensés pour la voiture, médiatisation de faits divers, développement des activités d'intérieur et du numérique (p. 25–27).

5️⃣ Rester à l'intérieur protège-t-il les enfants ? Non, selon le document : les espaces numériques comportent leurs propres risques, notamment d'exploitation sexuelle. Il cite une forte hausse des signalements d'extorsion sexuelle de mineurs entre 2022 et 2024 (p. 27). (Voir la mise en garde sur ce chiffre en section 8.)

6️⃣ Quels sont les effets de cette disparition des espaces collectifs ? Deux problèmes majeurs de santé publique et de société : une trop faible activité physique (p. 30–31) et la difficulté à « apprendre à faire société » au contact d'une diversité de personnes (p. 31).

7️⃣ Que propose le rapport pour la suite ? Rien d'opérationnel dans ce premier volet : c'est un état des lieux. Il annonce un « Acte 2 » de recommandations et invite l'écosystème (associations, professionnels, enfants) à contribuer, en vue de 2027 (p. 37).

6️⃣ RÉÉCRITURE EN FALC

Le sujet du document

Ce document parle des enfants en France. Il pose une question simple : quelle place la société donne-t-elle aux enfants ? Il dit que cette place n'est pas assez bonne.

Ce que dit le document

En France, on pense souvent l'enfant à travers sa famille. On oublie que l'enfant est une personne à part entière. On écoute peu ce que l'enfant a à dire.

Beaucoup de parents se sentent fatigués et seuls. Ils manquent d'aide pour élever leurs enfants.

Les enfants sortent moins seuls qu'avant. Avant, beaucoup d'enfants allaient à l'école seuls. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus rare.

Certains lieux interdisent l'entrée aux enfants. On appelle ces lieux les espaces « no kids ». Ces lieux sont de plus en plus nombreux.

L'État ne s'occupe pas assez bien des enfants. Les responsables changent souvent. Le travail entre les services est mal organisé.

Les points importants

  • La famille est vue comme seule responsable de l'enfant.
  • On n'écoute pas assez la parole de l'enfant.
  • Les enfants ont moins de liberté pour sortir.
  • Beaucoup d'adultes ne veulent plus voir d'enfants dans certains lieux.
  • L'État manque d'organisation pour aider les enfants.

Mots expliqués

  • Adultisme : quand les adultes ont tout le pouvoir sur les enfants.
  • CIDE : un texte international qui protège les droits des enfants.
  • Espaces « no kids » : des lieux où les enfants ne sont pas acceptés.

7️⃣ ANALYSE TRANSVERSALE — VALEURS DE PRATIQUES EN SANTÉ

  • Littératie : le document ne propose pas d'outils adaptés aux différents niveaux de compréhension ; il n'existe pas de version accessible. Il thématise toutefois la reconnaissance de la parole de l'enfant (article 12 de la CIDE, p. 36).
  • Empowerment : il plaide pour reconnaître l'enfant comme sujet de droit porteur d'une « expertise d'usage » (p. 36), mais les enfants ne sont pas associés à la conception de ce premier volet (participation annoncée pour l'Acte 2).
  • Participation : thème central (section 5, p. 32–36), mais traité de façon descriptive ; le rapport pointe les limites des dispositifs existants (conseils municipaux d'enfants) plus qu'il n'en co-construit.
  • Santé communautaire : dimension collective présente et assumée — inactivité physique comme priorité de santé publique (OMS), enjeu d'« apprendre à faire société » (p. 30–31).
  • Éthique : les biais sont identifiés et nommés (représentations stéréotypées de l'enfant, adultisme, vision sécuritaire), avec mise en perspective des discours savants (psychanalyse, p. 21–23).
  • Droits humains : approche fondée sur la CIDE et l'équité ; l'enfant est posé comme sujet de droit, y compris face aux logiques d'exclusion (p. 11, 32).
  • Intersectorialité : le rapport constate la fragmentation entre éducation, santé, justice et parentalité (p. 34–35) et appelle à la transversalité, sans en formaliser les modalités.
  • Partenariat : des modèles étrangers de responsabilité partagée sont valorisés (Écosse, Québec, p. 15) ; en France, peu de modèles formalisés sont décrits.
  • Lutte contre les discriminations : l'adultisme est présenté comme une discrimination liée à l'âge ; les espaces « no kids » et la méfiance accrue dans les quartiers défavorisés sont analysés comme des formes d'exclusion (p. 28–30). Le non-jugement de la parole enfantine est un fil implicite.

8️⃣ ÉVALUATION DE LA FIABILITÉ DE LA RESSOURCE

Positionnement à foregrounder (transparence). Ce document est un plaidoyer produit par une fondation militante (« reconnue d'utilité publique, indépendante et non-partisane » selon sa présentation, p. 39), explicitement orienté vers un changement de paradigme et l'échéance présidentielle de 2027. Ce n'est pas une étude neutre : la sélection des données et le cadrage servent une thèse. Cela ne le disqualifie pas, mais doit être signalé à tout usage en formation ou plaidoyer.

Pertinence scientifique. Bonne densité de sourçage (38 notes de bas de page), mêlant sources institutionnelles solides (CIIVISE, IGAS, UNICEF, ADEME, HCFEA, Défenseur des droits, Conseil d'État, Cour de cassation) et sources plus légères ou plus anciennes (articles de presse — Le Monde, The Conversation, TF1 Info ; enquête ISSP 2012). Deux réserves de méthode (R1) :

  • Le chiffre « +2 347 % » de signalements d'extorsion sexuelle de mineurs (p. 27) est spectaculaire mais donné sans valeurs absolues : une hausse en pourcentage à partir d'une base très faible peut être massivement amplifiée. À contextualiser avant toute réutilisation publique.
  • Certains constats reposent sur des données déjà datées (IGAS 2019 pour « 1 enfant meurt tous les 5 jours » p. 5 ; ISSP 2012 p. 18) ; l'actualité de ces chiffres n'est pas garantie par le document.

Pertinence opérationnelle. Limitée en usage direct : ni outil, ni protocole, ni indicateur. Forte en usage indirect : socle d'argumentaire, support de sensibilisation et de formation, matière à plaidoyer local. Pour l'opérationnel, il doit être complété par des ressources méthodologiques dédiées (section 4).

Verrou d'analyse (rappel). Document postérieur à l'horizon de connaissances fiables : analysé à partir du seul fichier. L'existence et la date de publication (14 janvier 2026) ainsi que les trois références complémentaires ont été confirmées par recherche ; les données internes au rapport n'ont pas fait l'objet d'une vérification indépendante.

9️⃣ HASHTAGS STRATÉGIQUES

#PratiquesEnSante #DroitsDeLEnfant #ParticipationDesEnfants #Adultisme #NoKids #ProtectionDeLEnfance #SantéCommunautaire #CIDE




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