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De la souffrance des usagers et des travailleurs : quelles réponses en social-santé ?

7 mars 2026 par
De la souffrance des usagers et des travailleurs : quelles réponses en social-santé ?
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🚨💔 Souffrance sociale et santé mentale : le système craque, les usagers trinquent, les professionnels s'épuisent. Ce dossier 2025 expose la réalité des travailleurs du social-santé et des personnes vulnérables confrontées à un système à bout de souffle. Des prisons surpeuplées aux jeunes en détresse, des migrants stigmatisés aux soignants en burn-out : une analyse sans concession des violences systémiques.

📒 De la souffrance des usagers et des travailleurs : quelles réponses en social-santé ?
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1. RÉSUMÉ ANALYTIQUE

Paragraphe 1 — Précarisation structurelle et élargissement du socle des vulnérabilités

Le dossier dresse un état des lieux des souffrances touchant des publics variés en Belgique francophone en 2025 : personnes précarisées (dont un tiers des Bruxellois·es), migrant·es en situation irrégulière, personnes détenues dans des établissements surpeuplés (13 118 personnes pour 11 040 places fin juin 2025), jeunes en crise de santé mentale, et travailleur·euses en arrêt longue durée (500 000 en Belgique, dont un quart pour burn-out ou dépression). La crise sanitaire Covid-19 a aggravé les inégalités sans les résoudre, la digitalisation des services publics constituant un obstacle supplémentaire non corrigé pour les populations précaires. Les mesures du gouvernement fédéral Arizona annoncées pour 2025-2026 — suppression progressive des allocations de chômage, flexibilisation de l'emploi — risquent d'amplifier ces vulnérabilités.

Paragraphe 2 — Réponses institutionnelles et initiatives de terrain face à l'épuisement systémique

Face à ces constats, le document recense des dispositifs opérationnels : l'équipe mobile Support du Smes qui intervient gratuitement auprès de 40 équipes de première ligne (54 interventions en 2024) ; SOS Burn-out et son projet pilote « Renaissance après un burn-out » (120 patient·es, 6-8 mois, Forem-subventionné, démarré avril 2025) ; la CSD Bruxelles et ses psychologues à domicile dans le cadre de la convention Inami (11€/séance, 4€ BIM) ; l'asbl PSMG (Promo Santé & Médecine Générale) pour soutenir les médecins généralistes épuisés ; et le service Ulysse (SSM spécialisé exil et précarité de séjour à Ixelles). Ces initiatives illustrent un secteur associatif qui résiste, mais dont les ressources s'amenuisent sous l'effet des coupes budgétaires.

2. POINTS CLÉS DU DOCUMENT 

Le tiers des Bruxellois·es vit en situation de précarité et le socle des vulnérabilités s'élargit selon la FdSS, avec des droits de plus en plus difficiles à faire valoir — logement inaccessible, non-recours aux aides lors des changements de statut, digitalisation excluante (p. 13-19). 

Environ la moitié des usager·es du SSM Ulysse (Ixelles) sont en situation irrégulière de séjour, exposé·es à des traumatismes de parcours d'exil cumulés à des conditions d'accueil dégradées depuis la décision de 2022 d'exclure les hommes seuls des centres d'accueil (p. 21-25). 

Fin juin 2025, les prisons belges hébergeaient 13 118 personnes pour une capacité réelle de 11 040 places, et les soins de santé y restent sous la tutelle de la Justice sans connexion à eHealth ni retour d'expérience entre praticien·nes (p. 27-31). 

Fin 2023, 500 000 personnes étaient en arrêt longue durée en Belgique, dont un tiers directement lié à des problèmes de santé mentale incluant le burn-out, phénomène décrit comme multifactoriel par SOS Burn-out à l'intersection de la société du 21e siècle, de l'organisation du travail et de l'individu (p. 33-37). 

L'Equipe Mobile du Smes, sollicitée en 2024 par une quarantaine d'équipes tous secteurs confondus, a répondu à 54 demandes d'intervention — dont près de la moitié portaient sur des inquiétudes d'ordre psychique ou psychiatrique concernant les usager·es —, et propose un catalogue de plus de 80 formations (p. 63-67).

3. PISTES D'ACTION POUR LES ACTEURS LOCAUX 


Solliciter gratuitement l'Equipe Mobile du Smes (support@smes.be / 02/502.69.49) lorsqu'une équipe de première ligne est face à une situation complexe impliquant santé mentale, précarité ou violence, afin de bénéficier d'une supervision en binôme, bas seuil, sans condition administrative imposée à l'usager·e (p. 63-67). 

S'appuyer sur la convention Inami relative aux soins psychologiques (11€/séance, renouvelée en 2024) pour proposer des suivis psychologiques à domicile ou en structure à des patient·es en situation de vulnérabilité, en s'inspirant du modèle de la CSD Bruxelles qui y a adossé des ateliers de sensibilisation pour les aides familiales sur la gestion du stress, le burn-out et le deuil (p. 69-73).

 Intégrer les outils et formations de l'asbl PSMG (https://promosante.be), notamment la formation « Santé et précarité : quel rôle des MG ? », pour outiller les médecins généralistes face à la médicalisation croissante de la souffrance sociale — rappelant que 80% des déterminants de santé ne sont pas directement médicaux (p. 57-61). 

Mobiliser le dispositif collectif « Ce qui nous arrive » (https://cequinousarrive.be/) initié par la FdSS pour construire des réponses inter-associatives face aux politiques actuelles, en sortant des logiques sectorisées et en activant les partenariats entre secteurs social, santé, culture et éducation permanente — une approche également recommandée par la conclusion (p. 19, 89-97).

4. RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES 

🔍➕ Pour plus d'informations, voir les articles référencés par "Pratiques en Santé" sur le thème de santé et travail   ➡️🔗 https://pratiquesensante.odoo.com/4-3-sante-et-travail

5. ANALYSE TRANSVERSALE — VALEURS DE PRATIQUES EN SANTÉ

Littératie : Le document n'intègre pas d'outils adaptés à des niveaux de littératie variés — il cible des professionnel·les, et les témoignages usagers sont rapportés par des intermédiaires, sans supports accessibles pour les bénéficiaires directs.

Empowerment : Le concept est évoqué en conclusion par Fabrizio Cantelli sous l'angle du « pouvoir d'agir » (p. 91-97), mais les dispositifs présentés restent majoritairement dans une logique de soutien aux professionnel·les plutôt que de capacitation directe des usager·es.

Participation : Le documentaire du CAL (p. 39-41) illustre une co-construction réelle entre jeunes concerné·es, professionnel·les et réalisateur, constituant le seul exemple de participation effective des bénéficiaires à la production du contenu.

Santé communautaire : La dimension collective est présente via les dispositifs de groupe (ateliers CSD, groupes de parole SOS Burn-out, équipes du Smes), mais elle reste ancrée dans la relation soignant-soigné plutôt que dans une approche de santé communautaire populationnelle.

Éthique : Les biais de classe et les discriminations structurelles sont nommés explicitement (racisation des contrôles policiers, invisibilisation des femmes détenues, médicalisation de la souffrance sociale), notamment dans les témoignages de Céline Nieuwenhuys et Marion Guémas.

Droits humains : Le document affirme clairement l'approche par les droits (droit à l'accueil des demandeur·euses de protection, continuité des soins en prison, accès aux soins psychologiques), mais documente surtout leur non-effectivité concrète en 2025.

Intersectorialité : Des partenariats sont décrits entre secteurs social, santé mentale, médecine générale, domicile et pénitentiaire (Smes, I-Care, CSD, PSMG, cercles de généralistes), mais leur formalisation reste insuffisante selon les acteurs eux-mêmes.

Partenariat : L'Equipe Mobile du Smes et la collaboration I-Care/Bru'Zelle (précarité menstruelle en prison) constituent les exemples les plus formalisés de coopération inter-structures documentée.

Lutte contre les discriminations : Les discriminations liées à la nationalité, à la précarité et au statut carcéral sont nommées sans détour ; le non-jugement est valorisé dans les pratiques de soin décrites (Ulysse, I-Care, CSD), même si aucun protocole spécifique anti-discrimination n'est formalisé dans le document.


6. ÉVALUATION DE LA FIABILITÉ DE LA RESSOURCE

Pertinence scientifique : Le document s'appuie sur des données chiffrées récentes (Conseil central de surveillance pénitentiaire, OMS, Baromètre du bien-être 2025, INAMI), sur des références académiques solides (Périlleux, Cantelli/Genard, Ben Mrad, Dejours) et sur des témoignages de terrain issus d'acteur·rices institutionnel·les identifié·es. La méthodologie est qualitative (entretiens, portraits de cas), ce qui limite la représentativité statistique mais ancre solidement les analyses dans le réel. Les données les plus récentes datent de l'été et de l'automne 2025.


7. QCM — 5 QUESTIONS

PARTIE 1 — Présentation du QCM (sans les réponses)

Question 1 : Selon la FdSS (Fédération des Services Sociaux), quelle proportion des Bruxellois·es se trouve en situation de précarité ? a) Environ 10 % b) Environ 20 % c) Environ 33 % d) Environ 50 %

Question 2 : Quelle était la capacité réelle des établissements pénitentiaires belges fin juin 2025, face aux 13 118 personnes détenues ? a) 9 000 places b) 11 040 places c) 12 500 places d) 13 000 places

Question 3 : Selon SOS Burn-out, à l'intersection de quels trois facteurs le burn-out professionnel se développe-t-il ? a) Le patrimoine génétique, la personnalité et le niveau de revenus b) L'âge, le secteur d'activité et le niveau de qualification c) La société du 21e siècle, l'entreprise ou le job, et l'individu d) Le télétravail, l'isolement social et les conflits familiaux

Question 4 : Quelle est l'une des deux conditions d'accès aux soins du service de santé mentale Ulysse (Ixelles) ? a) Être en possession d'un titre de séjour en cours de validité b) Ne pas encore avoir un statut de séjour définitif en Belgique c) Avoir résidé en Belgique depuis au moins deux ans d) Justifier d'un suivi médical antérieur dans le pays d'origine

Question 5 : Combien de demandes d'intervention l'Equipe Mobile du Smes a-t-elle reçu en 2024 ? a) 32 b) 54 c) 78 d) 100

PARTIE 2 — Correction commentée

Question 1 : Selon la FdSS, quelle proportion des Bruxellois·es se trouve en situation de précarité ? ✅ Réponse correcte : c) Environ 33 % 📝 Explication : Céline Nieuwenhuys, secrétaire générale de la FdSS, précise que les personnes vulnérables ne représentent pas 1% de la population mais qu'un tiers des Bruxellois·es sont en situation de précarité. Ce chiffre souligne l'ampleur systémique du phénomène, souvent minoré dans les discours politiques. — Source : p. 13

Question 2 : Quelle était la capacité réelle des établissements pénitentiaires belges fin juin 2025 ? ✅ Réponse correcte : b) 11 040 places 📝 Explication : Selon le Conseil central de surveillance pénitentiaire, fin juin 2025, les prisons belges hébergeaient 13 118 personnes pour une capacité réelle de 11 040 places, ce qui illustre une surpopulation carcérale structurelle. En-dehors des prisons, plus de 3 500 personnes condamnées à des peines courtes attendaient encore d'effectuer leur peine. — Source : p. 27

Question 3 : Selon SOS Burn-out, à l'intersection de quels trois facteurs se développe le burn-out ? ✅ Réponse correcte : c) La société du 21e siècle, l'entreprise ou le job, et l'individu 📝 Explication : Lisiane Delanaye, directrice de SOS Burn-out, formule explicitement ce triptyque causal, refusant une lecture purement individualiste ou purement organisationnelle. Cette vision multifactorielle est au cœur de la prise en charge proposée par l'association. — Source : p. 35

Question 4 : Quelle est l'une des deux conditions d'accès aux soins du service Ulysse ? ✅ Réponse correcte : b) Ne pas encore avoir un statut de séjour définitif en Belgique 📝 Explication : Les deux conditions d'accès à Ulysse sont de présenter des signes de souffrance psychologique ET de ne pas encore disposer d'un statut de séjour définitif en Belgique. Cette seconde condition repose sur l'idée que les personnes régularisées devraient théoriquement accéder plus facilement aux soins de santé mentale de droit commun. — Source : p. 21

Question 5 : Combien de demandes d'intervention l'Equipe Mobile du Smes a-t-elle reçu en 2024 ? ✅ Réponse correcte : b) 54 📝 Explication : Sollicitée par une quarantaine d'équipes issues de nombreux secteurs, l'Equipe Mobile a répondu à 54 demandes d'intervention en 2024, dont presque la moitié portait sur des inquiétudes relatives à l'état psychique ou psychiatrique des usager·es pris·es en charge. — Source : p. 67

8. FOIRE AUX QUESTIONS (FAQ)

1. À quoi sert concrètement l'Equipe Mobile du Smes, et comment y faire appel ? L'Equipe Mobile du Smes apporte un soutien gratuit aux travailleur·euses de première ligne (tous secteurs confondus) confronté·es à des situations complexes : usager·es en souffrance psychique, situations de violence, perte de sens professionnelle. Elle intervient en binôme, sur le lieu de travail ou de vie de l'usager·e, sans conditions administratives imposées. Contact : support@smes.be ou 02/502.69.49. Elle propose aussi plus de 80 formations. (p. 63-67)

2. Quel est le coût des séances de psychologie dans le cadre de la convention Inami, et qui peut en bénéficier ? Depuis la convention Inami initialement mise en place en 2021 et renouvelée en 2024, une séance de psychologie clinique coûte 11 euros (4 euros pour les patients BIM). Cette convention prévoit également un soutien aux travailleur·euses de première ligne, sous forme d'échanges de connaissances et de conseils. Le réseau Brumenta en assure l'implémentation en Région bruxelloise. (p. 71)

3. Quelles sont les principales causes identifiées de l'épuisement professionnel dans les métiers du social-santé ? Thomas Périlleux identifie plusieurs causes systémiques : intensification du travail depuis les années 1980, introduction de la Nouvelle Gestion Publique dans le secteur public, injonctions paradoxales du management, perte du temps de recul, standardisation des relations avec les bénéficiaires. À cela s'ajoutent la confrontation à la violence des usager·es et l'obligation d'effectuer un travail jugé de mauvaise qualité, contraire à ses valeurs professionnelles. (p. 49-55)

4. Que vivent concrètement les migrant·es accueilli·es au SSM Ulysse, et quelles réponses thérapeutiques leur sont proposées ? Les patient·es d'Ulysse cumulent traumatismes de parcours d'exil (violences physiques, sexuelles, exploitation économique), conditions d'accueil précaires (vie à la rue faute de places en centre), et attente prolongée d'une décision du CGRA souvent négative. Ulysse propose consultations individuelles, consultations psychiatriques, et consultations périnatales Aïda. Le travail thérapeutique n'est possible que si des conditions de vie minimales dignes sont assurées. (p. 21-25)

5. Pourquoi les personnes détenues souffrent-elles autant, et que fait I-Care pour y remédier ? La souffrance carcérale est multiple : privation de liberté, surpopulation (jusqu'à 4 personnes par cellule), manque de liens familiaux, oisiveté, violences, absence de continuité des soins (pas de connexion à eHealth), et isolement accru dans les prisons modernes. I-Care mène des projets d'accompagnement individuel et communautaire (Care Connection, Drugs Lab), travaille sur la précarité menstruelle avec Bru'Zelle, et réalise un travail de plaidoyer et de recherche. (p. 27-31)

6. Comment les médecins généralistes peuvent-ils prendre soin d'eux-mêmes face à l'épuisement professionnel ? Thibault Moyersoen (PSMG) recommande la supervision clinique, les groupes Balint (travail sur la relation soignant·e-soigné·e), les Glems (groupes locaux d'évaluation médicale), et l'asbl Médecins en difficulté (numéro vert 0800 23 460, auto-questionnaire disponible). Il souligne également l'intérêt des facilitateur·rices en santé pour décharger les MG de la gestion du social et mieux articuler les ressources du territoire. (p. 57-61)

7. Que propose SOS Burn-out pour les personnes en arrêt de travail et souhaitant reprendre ? Le projet pilote « Renaissance après un burn-out », subventionné par le Forem et démarré en avril 2025, accompagne 120 patient·es (non sous contrat de travail) dans un trajet de réinsertion de 6 à 8 mois, basé sur l'entraide, les mises en situation et le retour progressif au travail. Il est accessible aux résidents de Namur, Mont-Saint-Guibert, Charleroi, Tournai et Ath. L'association gère aussi un centre thérapeutique pluridisciplinaire à Gembloux offrant des séances de psychothérapie et kinésithérapie gratuites pour les stades 1 à 3. (p. 37)

9. RÉÉCRITURE EN FALC

Ce document parle de la souffrance des gens et de ceux qui les aident.

Qui souffre ?

  • Un Bruxellois sur trois vit dans la pauvreté.
  • Les personnes sans papiers ont du mal à être soignées.
  • Les prisons belges sont trop pleines.
  • Les jeunes vont de moins en moins bien.
  • Beaucoup de travailleurs sont épuisés.

Pourquoi ces personnes souffrent-elles ?

  • Il n'y a pas assez de logements pas chers.
  • Les services publics sont difficiles à utiliser sur Internet.
  • Le travail est de plus en plus stressant.
  • Les soignants n'ont pas assez de temps pour leurs patients.

Ce qu'il faut retenir :

  • 500 000 personnes sont en arrêt de travail depuis plus d'un an en Belgique.
  • Un tiers de ces arrêts est lié au burn-out ou à la dépression.
  • Les prisons ont 13 118 détenus pour 11 040 places disponibles.
  • 1 jeune sur 7 entre 10 et 19 ans a un trouble mental selon l'OMS.

Des solutions existent.

  • Des équipes spécialisées aident les travailleurs sociaux fatigués.
  • Des psychologues se déplacent à domicile.
  • Des associations proposent des groupes de parole.
  • Il est possible d'être suivi pour un burn-out à petit coût.

Ce que ce document dit pour l'avenir :

Quand les personnes les plus fragiles souffrent, tout le monde finit par souffrir. Il faut agir ensemble. Chacun peut faire quelque chose. C'est possible.

10. HASHTAGS STRATÉGIQUES

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