🔍💡 Maladies chroniques : comment passer d’un système centré sur l’hôpital à des soins de proximité, préventifs et soutenables, sans dépenser plus mais autrement.🌍🩺 Système de santé et climat : 8% des émissions de GES, 59% des dépenses liées aux maladies chroniques… ce rapport trace une feuille de route pour agir en amont, sur les territoires.
📌 Ce rapport fournit une grille complète pour réorienter les organisations de soins, les ARS, les collectivités, les CPTS et les associations vers la prévention et le repérage précoce des maladies chroniques, avec des recommandations très concrètes par domaine (population, gouvernance, soins, financement, RH, technologies, environnement).
Un directeur de centre de santé, un coordinateur de CPTS ou un chargé de prévention en collectivité peut y trouver des leviers spécifiques (gouvernance locale, indicateurs, financements, ressources humaines, outils numériques, environnement) pour adapter ses plans d’action.
Les bénévoles associatifs y trouvent des arguments chiffrés sur les inégalités sociales de santé, la place des patients et la soutenabilité environnementale, utiles pour le plaidoyer et la co‑construction de projets.
L’idée force : la prévention ne doit plus être un programme « à côté », mais une fonction de base intégrée à chaque contact, dans chaque lieu de vie et en priorité dans les territoires et publics les plus vulnérables.
Autrement dit : pour les acteurs de terrain, l’enjeu n’est pas de « faire plus de prévention » mais de transformer la manière de faire soin, d’organiser les services et de décider localement, en mettant systématiquement la réduction des inégalités et la prévention des maladies chroniques au centre de l’action, pas en périphérie
Source : 📒 Feuille de route stratégique pour un système de santé soutenable et résilient : agir en amont face aux maladies chroniques
✍️ Zeynep Or et Alexander Parry, Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), collection « Les rapports de l’Irdes », n°603, avril 2026.📜🔗LIEN
Nombre de pages : 138
1. Résumé analytique
Contexte et enjeux : un système performant mais peu préventif
La France combine espérance de vie élevée et faible mortalité évitable, tout en concentrant 59% des remboursements de l’Assurance maladie sur les maladies chroniques (cancers, maladies cardiovasculaires, rénales et métaboliques, maladies respiratoires). Le rapport montre que les dépenses de prévention ne représentent que 2,3% des dépenses de santé, avec des taux de dépistage inférieurs aux pays nordiques ou aux Pays‑Bas, et des inégalités socio‑économiques et territoriales marquées : les 10% les plus pauvres ont 1,4 fois plus de risque de maladie chronique et vivent jusqu’à 13 ans de moins pour certains groupes. Les déterminants hors soins (tabac, alcool, alimentation, sédentarité, pesticides, pollution de l’air) sont insuffisamment intégrés aux politiques publiques, malgré un corpus riche de données (SNDS, enquêtes, registres partiels). Le système reste structuré autour de l’hôpital, du paiement à l’acte et d’une gouvernance centrale, avec une prévention éclatée entre État, Assurance maladie et collectivités et une culture professionnelle encore majoritairement curative. Enfin, le rapport situe ces enjeux dans le cadre international PHSSR, en mettant l’accent sur la soutenabilité financière et environnementale, le besoin de données, de gouvernance locale et de nouveaux modèles de soins.
Apports opérationnels : une feuille de route en 7 domaines
Le document propose une feuille de route structurée en sept domaines : santé de la population, gouvernance, organisation des soins, financement, ressources humaines, médicaments et technologies, soutenabilité environnementale, chacun avec un diagnostic, des recommandations et des indicateurs existants ou nouveaux. Il avance des mesures concrètes : renforcement des campagnes ciblées dans les territoires défavorisés, développement de la prévention intégrée aux soins primaires, objectifs SMART pour les maladies chroniques, gouvernance de données, réforme des modes de rémunération (forfaits, incitations à la valeur), plan national RH et diversification des compétences (paramédicaux, pairs‑aidants, numérique). Le rapport insiste sur la décentralisation maîtrisée (ARS, CPTS, collectivités) pour la prévention, la transparence sur les délais de diagnostic et les résultats de santé, et l’usage des données en vie réelle pour évaluer les innovations. Sur l’environnement, il relie explicitement prévention, réduction de la morbidité chronique et empreinte carbone, et propose d’intégrer la soutenabilité dans la formation, la tarification et la planification. L’ensemble constitue un socle stratégique et méthodologique directement mobilisable pour des plans locaux, des projets de CPTS ou des démarches de contractualisation avec l’Assurance maladie.
2. Points clés du document
Poids des maladies chroniques et inégalités sociales (p. 15‑41, 29‑38)
Le rapport rappelle que les maladies chroniques représentent 59% des dépenses remboursées et plus de 80% des décès prématurés, avec un gradient socio‑économique très marqué sur la prévalence, l’espérance de vie et les hospitalisations évitables. Il documente précisément les écarts entre quintiles de revenu, départements métropolitains et outre‑mer, et met en avant le rôle des facteurs de risque comportementaux et environnementaux.
Gouvernance centralisée, mise en œuvre fragmentée, objectifs peu SMART (p. 45‑52, 49‑53)
La stratégie nationale de santé et les plans thématiques restent peu opérationnels, avec des objectifs rarement définis selon les critères SMART, une séparation nette entre pilotage des dépenses (Ondam) et santé publique, et une faible articulation entre État, ARS et départements. Le rapport souligne l’insuffisante utilisation des données (SNDS, registres) pour suivre la qualité, l’efficience et l’équité des soins, et l’absence de stratégie intégrée pour les maladies cardiovasculaires, rénales et respiratoires.
Organisation des soins orientée vers le curatif et sous‑exploitation des soins primaires (p. 57‑66, 18‑22)
Les soins primaires sont peu outillés et peu incités pour la prévention et le repérage précoce, avec des recommandations cliniques centrées sur le traitement, un paiement à l’acte prédominant et une prévention institutionnelle organisée hors des soins primaires. Les programmes de dépistage des cancers souffrent de taux de participation faibles et très inégaux entre départements, en l’absence de suivi systématique des délais de diagnostic ou de seuils nationaux.
Financement sans priorité explicite à la prévention, incitations orientées volume (p. 71‑78, 20‑23)
Avec 11,5% du PIB consacrés à la santé, la France dispose d’un financement élevé et d’une bonne protection financière mais n’affecte que 2,3% aux dépenses de prévention, fragmentées entre financeurs. L’Ondam reste annuel et descendant, sans prise en compte des besoins ni de la prévention, tandis que le paiement à l’acte et la fin de la Rosp n’ont pas encore été remplacés par un dispositif robuste de rémunération à la qualité et à la prévention.
Soutenabilité environnementale et maladies chroniques : un angle encore peu exploité (p. 103‑107, 24‑28)
Le rapport rappelle que le système de santé représente environ 8% des émissions nationales de GES et que les maladies chroniques, via les soins intensifs (dialyse, chimiothérapie, hospitalisations répétées), y contribuent fortement. Il met en avant la première feuille de route nationale environnementale (2023) et les travaux de la Cnam et du Shift Project, mais note l’absence de stratégie spécifique pour relier prévention, parcours bas‑carbone et organisation des soins de proximité.
3. Pistes d’action pour les acteurs locaux
Structurer une prévention ciblée dans les territoires défavorisés (p. 17‑19, 30‑41)
Les collectivités, CPTS et associations peuvent utiliser les données disponibles (Insee, ARS, SNDS via observatoires régionaux) pour identifier les communes/quartiers avec forte prévalence de facteurs de risque (tabac, obésité, inactivité) et y déployer des actions ciblées : ateliers de promotion de la santé, interventions en milieu scolaire, campagnes de dépistage mobile, médiation en santé. Le rapport insiste sur l’usage de canaux de communication innovants et de l’« aller‑vers », notamment pour les ménages à faibles revenus, les jeunes et les outre‑mer (pistes A‑C du domaine 1).
Ancrer la prévention dans les soins primaires et les CPTS (p. 57‑66, 83‑88)
Les professionnels de ville et les CPTS peuvent organiser des parcours intégrant systématiquement repérage, évaluation des risques et orientation vers « Mon Bilan Prévention », en s’appuyant sur les infirmiers en pratique avancée, les pharmaciens, les assistants médicaux et les acteurs médico‑sociaux. Le rapport recommande de développer des protocoles pluriprofessionnels de prévention, d’utiliser les indicateurs de délai et d’expérience patient pour piloter les parcours, et de promouvoir la formation continue centrée sur la prévention (domaine 3 et 5).
Construire une gouvernance territoriale partagée ARS–collectivités–CPTS–associations (p. 45‑52, 52‑53)
Les ARS, conseils départementaux, villes et intercommunalités peuvent formaliser des instances de pilotage commun pour la prévention des maladies chroniques, intégrant la participation des associations de patients. Le rapport suggère de renforcer le rôle des CPTS dans la conception et la mise en œuvre d’actions adaptées au territoire, de diffuser les bonnes pratiques entre régions et de sortir d’une logique de contrôle-sanction au profit de l’apprentissage et du benchmarking.
Réorienter les financements locaux vers la prévention et les soins communautaires (p. 71‑78, 20‑23)
Les ARS et collectivités peuvent expérimenter des enveloppes pluriannuelles dédiées à la prévention, fléchées vers les acteurs de proximité (CPTS, centres de santé, associations, école, PMI), en conditionnant une partie des financements à des objectifs de qualité (taux de dépistage, délais, réduction des hospitalisations évitables). Le rapport recommande de créer un budget protégé pour la promotion et la prévention de la santé, cofinancé État–Assurance maladie–collectivités, et de transférer des responsabilités et budgets vers les acteurs locaux pour les programmes de santé communautaire.
Intégrer la soutenabilité environnementale dans les projets de territoire (p. 103‑107)
Les établissements, CPTS et collectivités peuvent inclure des objectifs environnementaux dans leurs projets : réduction des déplacements patients via télémédecine, développement des soins ambulatoires, programmes de désescalade thérapeutique, rationalisation des médicaments à faible valeur ajoutée. Le rapport préconise que les fournisseurs de soins mesurent leur empreinte carbone, fixent des objectifs de réduction pour les traitements les plus émetteurs, et développent des formations et supports pédagogiques sur les comportements de santé écoresponsables.
4. Références complémentaires
🔍➕ Pour plus d'informations, voir les articles référencés par "Pratiques en Santé" sur le thème des politiques publiques ➡️🔗https://pratiquesensante.odoo.com/politiques-publiques
Sustainability and Resilience in the French Health System - Zeynep Or and Coralie Gandré ▪ March 2021 - https://www3.weforum.org/docs/WEF_PHSSR_France_Report.pdf
Stratégie nationale de santé – Priorité à la prévention
La SNS fixe un cap national en faisant de la prévention et de la réduction des inégalités une priorité transversale, à décliner dans tous les plans et dans les projets régionaux de santé, ce qui va dans le sens d’une prévention structurante et non additionnelle.
URL : https://sante.gouv.fr/systeme-de-sante/strategie-nationale-de-sante/
Institut Montaigne – « La prévention en santé, les nouveaux impératifs » (2022)
Cette note plaide pour une politique de prévention structurée de manière systémique, via une loi de programmation pluriannuelle et une gouvernance lisible, en soulignant que la prévention doit être intégrée au cœur du système de santé (financements, organisation des soins, pilotage) et pas traitée à côté des soins curatifs.
URL (PDF) : https://www.institutmontaigne.org/ressources/pdfs/publications/note-enjeux-la-prevention-en-sante-les-nouveaux-imperatifs.pdf
5. Analyse transversale – Valeurs de Pratiques en Santé
Littératie : Le rapport n’est pas pensé comme un outil de littératie grand public, mais propose des recommandations sur l’usage de supports pédagogiques numériques et l’adaptation des guides cliniques aux soins primaires, ce qui ouvre des marges pour produire des outils adaptés aux différents niveaux de compréhension.
Empowerment : Les associations de patients ont été associées aux ateliers et entretiens, et le rapport recommande leur co‑implication dans la co‑construction des recommandations cliniques et des parcours, mais il ne décrit pas d’outils concrets d’auto‑gestion pour les patients.
Participation : Le document détaille les mécanismes de consultation (atelier d’associations, entretiens institutionnels) et préconise des démarches de co‑construction au niveau local (CPTS, ARS), mais sans cadre méthodologique détaillé pour la participation citoyenne.
Santé communautaire : La dimension communautaire est présente via les programmes scolaires, les centres PMI, les actions « aller‑vers » et les soins de proximité, mais ces dispositifs restent décrits comme sous‑dotés et insuffisamment intégrés aux soins primaires.
Éthique : Le rapport pointe explicitement les inégalités sociales, territoriales et d’accès aux innovations, mais ne développe pas d’analyse éthique approfondie ; il renvoie plutôt à la nécessité de données, de transparence et d’objectifs SMART pour limiter les biais.
Droits humains : L’universalité du système et la réduction des inégalités sont posées comme finalités, avec une attention particulière aux populations vulnérables (pauvres, outre‑mer), mais sans mobilisation explicite des cadres « droits humains » ou anti‑discrimination.
Intersectorialité : L’approche « La santé dans toutes les politiques » est fortement mise en avant (éducation, emploi, environnement, urbanisme), en soulignant la nécessité de coordination intersectorielle portée par la stratégie nationale de santé.
Partenariat : Des modèles de partenariat sont décrits entre État, ARS, Assurance maladie, collectivités, CPTS et associations de patients, notamment via le PHSSR et des ateliers nationaux, mais sans protocole opérationnel standardisé.
Lutte contre les discriminations : Le rapport documente des discriminations de fait (gradient social, accès différencié aux innovations, surmortalité par cancer dans les zones défavorisées), insiste sur le non‑jugement et la réduction des écarts, mais ne traite pas explicitement des discriminations liées au genre, à l’origine ou à l’orientation sexuelle.
6. Évaluation de la fiabilité de la ressource
Pertinence scientifique
Méthodologie décrite et datée : revue de littérature grise et scientifique (octobre 2024 – juin 2025), entretiens avec associations de patients et experts institutionnels, atelier multi‑pathologies (mai 2025), puis révisions successives à partir des retours.
Sources nombreuses, récentes, internationales (OCDE, Eurostat, Global Burden of Disease, Insee, Drees, HAS, Cnam, etc.), avec des tableaux et figures comparatives France / pays voisins.
Ancrage dans le programme PHSSR et cohérence avec d’autres analyses sur la soutenabilité (Cnam, Shift Project, HCAAM), ce qui renforce la robustesse des diagnostics.
Pertinence opérationnelle
Recommandations structurées par domaine, avec actions précises (gouvernance, financement, organisation, données, RH, outils numériques, environnement) et indicateurs existants et proposés pour le suivi.
Adaptabilité directe aux niveaux national, régional et local (ARS, CPTS, collectivités, établissements, associations), en particulier pour la prévention, le repérage précoce et la réduction des inégalités.
Limite : le rapport reste un document stratégique macro ; pour l’opérationnalisation locale, il nécessite des traductions complémentaires en guides ou outils pratiques (check‑lists, grilles de diagnostic territorial, modèles de contrats).
7. QCM – 5 questions
Partie 1 — Énoncés (sans réponses)
Question 1 (p. 17‑19, 29‑31)
Quelle part des remboursements de l’Assurance maladie en 2022 est imputable aux maladies chroniques ?
a) 29% b) 42% c) 59% d) 75%
Question 2 (p. 20‑23, 71‑73)
Quelle est la part approximative des dépenses de santé totales consacrée à la prévention institutionnelle en France ?
a) 0,8% b) 2,3% c) 5,0% d) 10,5%
Question 3 (p. 45‑52, 49‑53)
Quel frein structurel majeur à la prévention est mis en avant concernant la gouvernance ?
a) La suppression des ARS
b) Le cloisonnement entre gouvernance de santé publique et pilotage des dépenses (Ondam)
c) L’absence d’associations de patients au niveau national
d) La régionalisation complète de l’Assurance maladie
Question 4 (p. 57‑66, 83‑88)
Parmi les éléments suivants, lequel est présenté comme une évolution positive dans l’organisation des soins ?
a) La réduction du rôle des pharmaciens en prévention
b) La disparition des infirmiers en pratique avancée
c) Le développement du dispositif « Mon Bilan Prévention »
d) La diminution des actions d’« aller‑vers »
Question 5 (p. 103‑107)
Quelle proportion des émissions nationales de gaz à effet de serre est attribuée au système de santé français ?
a) Environ 2% b) Environ 5% c) Environ 8% d) Environ 15%
Ordre des bonnes réponses choisi : c / b / b / c / c.
Partie 2 — Correction commentée
Question 1 : part des remboursements liés aux maladies chroniques (p. 17‑19)
✅ Réponse correcte : c) 59%
📝 Explication : Le rapport indique que les maladies chroniques représentent 59% des 190 milliards d’euros remboursés par l’Assurance maladie en 2022, ce qui illustre leur poids financier et l’enjeu d’une intervention précoce. Source : p. 17.
Question 2 : part des dépenses de prévention (p. 17‑18, 71‑73)
✅ Réponse correcte : b) 2,3%
📝 Explication : Les dépenses de prévention institutionnelle représentent environ 2,3% des dépenses de santé, un niveau inférieur à plusieurs pays voisins et jugé insuffisant pour soutenir une politique de prévention ambitieuse. Source : p. 17, 71‑73.
Question 3 : frein de gouvernance (p. 45‑52)
✅ Réponse correcte : b) Le cloisonnement entre gouvernance de santé publique et pilotage des dépenses (Ondam)
📝 Explication : Le rapport souligne que la séparation entre la gouvernance des politiques de santé publique (ministère, collectivités) et le pilotage des dépenses via l’Ondam freine les investissements en prévention et l’intégration des politiques. Source : p. 45‑47.
Question 4 : évolution positive en organisation des soins (p. 57‑66)
✅ Réponse correcte : c) Le développement du dispositif « Mon Bilan Prévention »
📝 Explication : Le texte mentionne « Mon Bilan Prévention », lancé en janvier 2024, comme une avancée importante permettant de renforcer l’approche populationnelle et l’évaluation des risques en soins primaires. Source : p. 21.
Question 5 : part des émissions de GES du système de santé (p. 103‑107)
✅ Réponse correcte : c) Environ 8%
📝 Explication : Le domaine 7 précise que le système de santé est responsable d’environ 8% des émissions nationales de gaz à effet de serre, ce qui justifie l’articulation entre prévention des maladies chroniques et soutenabilité environnementale. Source : p. 103‑104.
8. Foire aux questions (FAQ) – 7 Q/R
Pourquoi ce rapport se concentre‑t‑il sur certaines maladies chroniques et pas sur toutes ? (p. 9‑11, 30‑37)
Le rapport cible les maladies cardiovasculaires, rénales et métaboliques, les cancers et les maladies respiratoires chroniques car elles représentent plus de 80% des décès prématurés liés aux maladies non transmissibles et un poids financier majeur. Les principes proposés (prévention, dépistage précoce, soins intégrés) sont toutefois applicables à d’autres pathologies chroniques, comme les troubles psychiques ou musculosquelettiques. Pages : 9‑11, 30‑37.
Quelle est la principale faiblesse du système français en matière de prévention ? (p. 17‑19, 37‑41)
La principale faiblesse est le faible investissement structurel dans la prévention (2,3% des dépenses de santé) et l’absence d’intégration systématique de la prévention dans les soins primaires, combinée à des stratégies encore largement généralistes et peu ciblées sur les populations les plus exposées. Pages : 17‑19, 37‑41.
Comment les professionnels de soins primaires peuvent‑ils utiliser concrètement cette feuille de route ? (p. 57‑66, 83‑88)
Ils peuvent s’appuyer sur les recommandations pour intégrer systématiquement le repérage des facteurs de risque, l’orientation vers le dépistage et le suivi des délais de diagnostic, développer des coopérations pluriprofessionnelles (IPA, pharmaciens, assistants médicaux) et utiliser les indicateurs proposés pour piloter leurs parcours. Pages : 57‑66, 83‑88.
Quel rôle est attendu des ARS et des CPTS dans la réorientation vers la prévention ? (p. 45‑52, 71‑78)
Les ARS sont appelées à disposer de plus de marges budgétaires et de responsabilité pour orienter les ressources vers la prévention, tandis que les CPTS doivent devenir des acteurs centraux de la conception et de la mise en œuvre d’actions adaptées au territoire, en lien avec les collectivités et les associations. Pages : 45‑52, 71‑78.
Le rapport propose‑t‑il des indicateurs concrets que les acteurs de terrain peuvent suivre ? (p. 41, 52, 66, 78, 87, 98, 106‑107)
Oui, chaque domaine se conclut par une liste d’indicateurs existants et de nouveaux indicateurs proposés, par exemple les variations d’accessibilité aux professionnels, les délais de diagnostic, les taux de dépistage, les rotations de personnel, les volumes de déchets hospitaliers ou l’intégration de critères environnementaux dans les achats. Pages : 41, 52, 66, 78, 87, 98, 106‑107.
Comment le document prend‑il en compte les inégalités sociales et territoriales de santé ? (p. 17‑19, 29‑31, 34‑38)
Le rapport détaille les écarts d’espérance de vie entre territoires et déciles de revenu, analyse les différences de participation au dépistage, et recommande explicitement de cibler les 10% les plus pauvres, les territoires ultramarins et les zones défavorisées en priorisant les investissements de prévention. Pages : 17‑19, 29‑31, 34‑38.
Quelle articulation est proposée entre prévention, soutenabilité financière et environnementale ? (p. 20‑23, 71‑78, 103‑107)
La feuille de route montre que la prévention et l’intervention précoce peuvent réduire à la fois la morbidité, les dépenses à long terme et l’empreinte carbone des soins, notamment en diminuant le recours à des traitements intensifs et hospitaliers. Elle appelle à intégrer ces dimensions dans les budgets, les modèles de rémunération et la planification des services. Pages : 20‑23, 71‑78, 103‑107.
9. Réécriture en FALC
Titre
Feuille de route pour un système de santé plus durable et plus solide.
Résumé FALC
1. Contexte et enjeux
En France, beaucoup de personnes ont une vie longue.
Mais beaucoup de personnes ont des maladies qui durent longtemps.
Ces maladies coûtent très cher au système de santé.
Les personnes pauvres sont plus souvent malades.
Elles meurent plus tôt que les personnes riches.
L’air pollué, le tabac, l’alcool et la mauvaise alimentation augmentent le risque de maladie.
2. Ce que propose le document
Le document explique comment agir plus tôt sur les maladies.
Il demande plus de prévention dans les cabinets médicaux et les centres de santé.
Il propose de mieux utiliser les données et les chiffres pour décider.
Il veut que les hôpitaux, les médecins et les collectivités travaillent ensemble.
Il propose de changer la façon de payer les soins pour valoriser la prévention.
Il demande aussi de penser à l’environnement et au climat dans l’organisation des soins.
Points clés FALC
Point 1 – Maladies chroniques et inégalités
Les maladies chroniques représentent plus de la moitié des dépenses de santé.
Les personnes les plus pauvres ont plus de maladies et meurent plus jeunes.
Certains territoires, surtout les outre‑mer, sont plus touchés.
Point 2 – Gouvernance et objectifs
L’État décide beaucoup, mais les acteurs locaux ont peu de marge.
Les objectifs ne sont pas toujours clairs ni mesurables.
Les données sont nombreuses, mais peu utilisées pour améliorer la prévention.
Point 3 – Organisation des soins
Les soins se concentrent surtout sur l’hôpital et le curatif.
La prévention est souvent séparée des soins de ville.
Des dispositifs récents comme « Mon Bilan Prévention » sont des progrès.
Point 4 – Financement
Le système de santé est bien financé, mais la prévention reçoit peu d’argent.
Le paiement à l’acte pousse à faire plus d’actes au lieu de faire plus de prévention.
Le document propose des budgets de prévention dédiés et plus stables.
Point 5 – Environnement
Le système de santé pollue aussi, surtout à cause des traitements lourds.
Agir plus tôt sur les maladies peut réduire cette pollution.
Les soignants doivent être formés pour prendre en compte l’environnement.