Se rendre au contenu

La moitié des personnes ayant habité en quartier prioritaire entre 2011 et 2020 y restent tout au long de la période

✍️ Kilian Bloch, Mathilde Gerardin (Insee) institut national de la statistique et des études économiques (Insee) — Mai 2024
26 avril 2026 par
La moitié des personnes ayant habité en quartier prioritaire entre 2011 et 2020 y restent tout au long de la période
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
| Aucun commentaire pour l'instant

 📌 Ce document apporte une analyse quantitative essentielle aux acteurs de la politique de la ville, du logement social et de l'action sociale. Il permet aux professionnels de terrain (chefs de projet politique de la ville, travailleurs sociaux, bailleurs sociaux, élus locaux) de comprendre les dynamiques résidentielles réelles des habitants des QPV et d'adapter leurs stratégies d'accompagnement. L'étude démontre que les QPV fonctionnent simultanément comme "sas" pour certaines populations et comme "nasse" pour d'autres, offrant ainsi des pistes concrètes pour différencier les interventions selon les profils résidentiels

  
Pertinence pour les acteurs de prévention santé 

L'étude Insee révèle que 53% des habitants de QPV déménagent entre 2011 et 2020, créant des ruptures majeures dans les parcours de prévention et de soins qui nécessitent une coordination territoriale renforcée. La typologie en 5 parcours résidentiels permet d'identifier les populations en "nasse" sanitaire (48% de stables et mobiles, taux de pauvreté >40%) nécessitant un accompagnement à long terme avec approches "d'aller-vers", versus les profils en transition temporaire (sortants, passagers) pour lesquels garantir la continuité du suivi. Les transitions résidentielles constituent des moments charnières exploitables pour proposer bilans de santé et programmes de prévention, en s'appuyant sur les partenariats avec bailleurs sociaux qui gèrent ces mobilités majoritairement de proximité (36% à moins de 2 km). Cette analyse quantitative fournit ainsi aux professionnels un diagnostic précis pour adapter leurs stratégies de prévention selon les profils socio-résidentiels et dépasser les logiques d'intervention strictement territorialisées au profit de parcours de santé sécurisés malgré la mobilité

Source :     📒 La moitié des personnes ayant habité en quartier prioritaire entre 2011 et 2020 y restent tout au long de la période
✍️ Kilian Bloch, Mathilde Gerardin (Insee) institut national de la statistique et des études économiques (Insee) — Mai 2024
 
 📜🔗LIEN vers la source 

Nombre de pages :  4

1. RÉSUMÉ ANALYTIQUE

Contexte et dynamiques de mobilité dans les quartiers prioritaires

En 2018, 5,4 millions d'habitants vivent dans l'un des 1 436 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), soit 8% de la population française, avec un taux de pauvreté de 43% contre 14% dans l'environnement urbain. Entre 2011 et 2020, 53% des habitants des QPV ont déménagé au moins une fois, contre 47% dans l'environnement urbain, mais cette mobilité accrue masque des réalités très contrastées. La présence massive du parc social (69% des habitants en logement social contre 17% dans l'environnement urbain) structure fortement ces trajectoires résidentielles. Les déménagements s'effectuent majoritairement à proximité : 36% des habitants issus d'un QPV déménagent à moins de 2 km, contre 24% dans l'environnement urbain.

Cinq parcours résidentiels distincts révélant des inégalités marquées

L'analyse distingue cinq profils : les "stables" (37%, restés dans le même logement en QPV de 2011 à 2020), les "mobiles" (11%, ayant déménagé au sein des QPV), les "sortants" (27%, partis des QPV), les "entrants" (12%, arrivés en QPV) et les "passagers" (13%, résidents temporaires). Les mobiles et stables, qui représentent près de la moitié des habitants, affichent les niveaux de vie les plus faibles avec un taux de pauvreté supérieur à 40% tout au long de la période, illustrant un effet "nasse". À l'inverse, les sortants et passagers ont des niveaux de vie plus élevés et connaissent une progression de 17% et 12% respectivement entre 2011 et 2020, suggérant une fonction de "sas" pour ces populations. L'entrée en QPV est étroitement liée à l'obtention d'un logement social : après leur emménagement, les entrants sont deux fois plus nombreux à occuper un logement social.

2. POINTS CLÉS DU DOCUMENT

1. Une mobilité résidentielle globalement plus élevée mais contrastée selon les profils

Les habitants des QPV en 2011 ont davantage déménagé (53%) que ceux de l'environnement urbain (47%) entre 2011 et 2020, mais cette mobilité varie fortement selon le statut d'occupation du logement. Chez les locataires du parc social, la mobilité est comparable dans les QPV (52%) et l'environnement urbain (51%), tandis que les propriétaires en QPV déménagent plus (39% contre 33%). Paradoxalement, les jeunes de 18-29 ans en QPV sont moins mobiles (80%) que ceux de l'environnement urbain (86%), la décohabitation familiale étant plus tardive en raison d'une moindre qualification et de fragilités sur le marché du travail (p.1).

2. Cinq parcours résidentiels types révélant des dynamiques socio-économiques différenciées

L'étude identifie cinq trajectoires distinctes : 37% de "stables" (même logement en QPV durant toute la période), 11% de "mobiles" (déménagement au sein des QPV), 27% de "sortants" (départ des QPV), 12% d'"entrants" (arrivée en QPV) et 13% de "passagers" (résidence temporaire, en moyenne 2,5 ans) (p.2). Les stables sont plus âgés (plus d'un quart ont 60 ans ou plus en 2011), vivent plus souvent seuls ou en couple sans enfant, et 62% occupent un logement social (p.2). Les passagers sont les plus jeunes (56% ont entre 18 et 29 ans en 2011) (p.2).

3. Le logement social comme déterminant majeur des trajectoires résidentielles

L'obtention ou la perte d'un logement social structure fortement les parcours résidentiels en QPV. Après leur départ, les sortants sont deux fois moins nombreux à occuper un logement social (28% contre 61% avant), tandis que la part de locataires du privé et de propriétaires augmente (p.3). À l'inverse, les entrants sont plus de deux fois plus nombreux à occuper un logement social après leur emménagement en QPV (54% contre 23% un an auparavant) (p.3). Pour les mobiles restant en QPV, la part de locataires du parc social passe de 61% à 68% après déménagement (p.3).

4. Un effet "nasse" pour les habitants les plus précaires restant en QPV

Les mobiles au sein des QPV ont les niveaux de vie médians les plus faibles tout au long de la période, avec un taux de pauvreté supérieur à 40% de 2011 à 2020, contre moins de 20% pour les sortants en 2020 (p.3). Malgré une amélioration de 11% de leur niveau de vie en euros constants entre 2011 et 2020 (contre 9% pour les stables), les mobiles et stables restent nettement en deçà des autres groupes, illustrant un phénomène de "nasse" où ceux qui restent durablement ont le niveau de vie le moins élevé (p.3).

5. Une fonction de "sas" pour les sortants et passagers aux revenus plus élevés

Les sortants connaissent la plus forte progression de niveau de vie (+17% entre 2011 et 2020), avec une amélioration continue sur toute la période sans pic lors du départ du QPV (p.3-4). Pour les passagers, le niveau de vie augmente de 12% sur la période, avec une baisse de 8% l'année d'emménagement en QPV et une hausse de 7% l'année du départ, suggérant que l'entrée en QPV intervient lors de périodes de précarité temporaire (p.3-4). Les entrants connaissent la progression la plus faible (+1,2%), avec une baisse en début de période avant une remontée progressive (p.3).

3. PISTES D'ACTION POUR LES ACTEURS LOCAUX

1. Adapter l'accompagnement social selon les cinq profils de parcours résidentiels

Les acteurs locaux doivent différencier leurs interventions en fonction des trajectoires identifiées dans l'étude : renforcer l'accompagnement socio-économique à long terme pour les "stables" et "mobiles" (48% des habitants, les plus précaires), faciliter les parcours résidentiels ascendants pour les "sortants" potentiels, et proposer un soutien ponctuel aux "passagers" en situation temporaire de fragilité (p.2-3). Cette typologie, issue de l'analyse de séquences sur la période 2011-2020, permet de mieux cibler les actions selon les besoins spécifiques de chaque groupe (p.4).

2. Développer une stratégie de mobilité résidentielle graduée au sein du parc social

Face au constat que 68% des mobiles restent locataires du parc social après leur déménagement au sein des QPV (p.3), les bailleurs sociaux et collectivités doivent créer des parcours résidentiels diversifiés permettant aux ménages d'améliorer leurs conditions de logement sans quitter le parc social. Les données montrent que 60% des mobiles changent de logement au sein du même quartier (p.2), ce qui suggère l'importance de développer une offre variée de logements sociaux à l'échelle micro-locale, avec des loyers et des tailles adaptés aux évolutions familiales et économiques.

3. Prévenir les ruptures de parcours chez les jeunes adultes en QPV

Les jeunes de 18-29 ans en QPV sont moins mobiles (80%) que ceux de l'environnement urbain (86%), avec une décohabitation familiale plus tardive liée à de moindres qualifications et des difficultés sur le marché du travail (p.1). Les acteurs locaux doivent renforcer les dispositifs d'accès au premier logement autonome pour les jeunes en QPV, en articulant offre de logement adapté (petites surfaces à loyers accessibles), accompagnement vers l'emploi/formation et soutien à l'autonomie résidentielle, à l'image des dispositifs existants mais insuffisamment déployés dans ces territoires.

4. Anticiper les transitions résidentielles liées aux changements de statut d'occupation

L'étude révèle que la mobilité résidentielle coïncide massivement avec un changement de statut d'occupation : les sortants passent de 61% à 28% de locataires du parc social, tandis que les entrants passent de 23% à 54% (p.3). Les professionnels du logement et de l'action sociale doivent mieux accompagner ces transitions en proposant des dispositifs d'aide à l'accession sociale à la propriété pour les ménages sortants stabilisés économiquement, et en garantissant un accès prioritaire au logement social pour les ménages entrants en situation de précarité, tout en évitant la concentration excessive dans les QPV.

5. Mettre en place un observatoire local des parcours résidentiels en QPV

En s'appuyant sur la méthodologie de l'échantillon démographique permanent (EDP) utilisée dans l'étude, qui combine données fiscales, de l'état civil et recensements pour suivre 4% de la population française (p.4), les acteurs locaux peuvent développer des outils de suivi longitudinal des parcours résidentiels à l'échelle de leur territoire. Cela permettrait d'identifier précocement les ménages en risque de "nasse" résidentielle, de mesurer l'efficacité des actions mises en œuvre et d'ajuster les politiques locales d'attribution de logements sociaux en fonction des besoins réels et des dynamiques observées.

4. RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES

1. Institut Paris Region (Mars 2026) - "Les quartiers en politique de la ville, reflet des évolutions de la géographie prioritaire"

Publication récente analysant la nouvelle cartographie des QPV entrée en vigueur en janvier 2024 en France métropolitaine (1 362 quartiers) et janvier 2025 dans les outre-mer, avec des données actualisées sur les trajectoires résidentielles et les distances de mobilité dans ces nouveaux périmètres.

URL : https://www.institutparisregion.fr/nos-travaux/publications/les-quartiers-en-politique-de-la-ville-reflet-des-evolutions-de-la-geographie-sociale-francilienne/ 

2. Banque des Territoires & Réseau français des Villes Santé (Janvier 2026) - "Politique de la ville et santé : agir par les contrats de ville" - Webinaire

Présentation de la nouvelle génération des contrats de ville 2024-2030 "Engagement Quartiers 2030", signés fin 2024 en métropole et fin 2025 dans les outre-mer, avec focus sur les actions santé et prévention intégrées dans ces contrats, illustrés par des exemples concrets de villes-santé.

URL : https://www.banquedesterritoires.fr/evenements/politique-de-la-ville-et-sante-agir-par-les-contrats-de-ville 


5. ANALYSE TRANSVERSALE — VALEURS DE PRATIQUES EN SANTÉ

Littératie : Le document utilise un langage technique statistique (échantillon démographique permanent, niveau de vie médian, euros constants) qui nécessiterait une adaptation pour être accessible aux habitants concernés, bien que la typologie en 5 parcours (stables, mobiles, sortants, entrants, passagers) offre un cadre de compréhension simplifié (p.2).

Empowerment : L'étude ne mentionne pas de participation des bénéficiaires dans sa conception, restant une analyse statistique descendante sans recueil de la parole des habitants sur leurs stratégies résidentielles et leurs projets de vie (p.4).

Participation : Aucun mécanisme de co-construction n'est décrit, l'approche étant purement quantitative à partir de données administratives (fiscales, état civil, recensements) sans implication des habitants ou de leurs représentants dans l'analyse (p.4).

Santé communautaire : La dimension collective n'est pas intégrée, l'étude se concentrant sur les trajectoires individuelles sans aborder les effets de quartier, les réseaux de solidarité locale ou les ressources communautaires qui pourraient influencer les parcours résidentiels.

Éthique : Les biais culturels et sociaux liés à la stigmatisation des QPV ne sont pas explicitement traités, bien que l'étude évite les jugements de valeur et présente factuellement les différences de mobilité selon les statuts d'occupation et les niveaux de vie.

Droits humains : L'approche respecte les principes d'équité en documentant objectivement les inégalités de parcours résidentiels selon les niveaux de revenus, mais ne questionne pas le droit au logement ni les discriminations potentielles dans l'accès au parc social hors QPV.

Intersectorialité : L'étude mobilise des données croisant logement (statut d'occupation), revenus (fiscalité), démographie (état civil) et territoire (géographie prioritaire), mais ne recommande pas explicitement de partenariats intersectoriels pour agir sur ces enjeux (p.4).

Partenariat : Aucun modèle de collaboration formalisé n'est proposé, bien que les sources de données (Insee, DGFiP, Cnaf, Cnav, CCMSA) témoignent d'une coordination inter-administrative pour la production statistique (p.4).

Lutte contre les discriminations : Le document ne mentionne pas explicitement les discriminations, mais révèle des inégalités structurelles : les jeunes des QPV sont moins mobiles en raison de moindres diplômes et de fragilités sur le marché du travail (p.1), et les habitants les plus précaires restent "piégés" dans les QPV avec des niveaux de vie 40% inférieurs à l'environnement urbain (p.3). Le non-jugement est respecté par l'approche factuelle et la diversité des parcours est reconnue à travers la typologie en 5 groupes.

6. ÉVALUATION DE LA FIABILITÉ DE LA RESSOURCE

Pertinence scientifique : L'étude repose sur l'Échantillon Démographique Permanent (EDP), panel représentatif de 4% de la population française combinant données de l'état civil, sociofiscales et recensements, garantissant robustesse méthodologique et représentativité (p.4). Les méthodes d'analyse de séquences mobilisées pour caractériser les parcours résidentiels constituent une approche méthodologique rigoureuse et innovante en sciences sociales (p.4). Les données couvrent une période longue (2011-2020), permettant d'observer des trajectoires complètes et de distinguer mobilité conjoncturelle et structurelle. Les auteurs, Kilian Bloch et Mathilde Gerardin, sont statisticiens à l'Insee, institution de référence en France pour les statistiques publiques (p.4).

Pertinence opérationnelle : Le document est directement utilisable par les acteurs de terrain grâce à sa typologie claire en 5 parcours résidentiels (stables, mobiles, sortants, entrants, passagers) facilement transposable aux diagnostics locaux (p.2). Les données chiffrées précises (taux de mobilité, niveaux de vie médians, statuts d'occupation) permettent des comparaisons avec les situations locales et l'évaluation des politiques publiques. L'identification des effets "sas" et "nasse" offre un cadre conceptuel opérationnel pour penser les interventions différenciées selon les profils (p.1 et p.3). Cependant, l'absence de recommandations concrètes d'action limite la portée opérationnelle immédiate, nécessitant une appropriation et une traduction par les professionnels.

7. QCM — 5 QUESTIONS

PARTIE 1 — Présentation du QCM

Question 1 : Quelle proportion de personnes ayant habité au moins un an en quartier prioritaire entre 2011 et 2020 y sont restées tout au long de la période (stables et mobiles) ?

a) Environ 25%

b) Environ 35%

c) Environ 48%

d) Environ 60%

Question 2 : Parmi les habitants âgés de 18-29 ans en 2011, quelle différence de mobilité observe-t-on entre les quartiers prioritaires et l'environnement urbain ?

a) Les jeunes en QPV sont plus mobiles (90% contre 80%)

b) Les jeunes en QPV sont moins mobiles (80% contre 86%)

c) La mobilité est identique dans les deux territoires

d) Les jeunes en QPV sont deux fois plus mobiles

Question 3 : Quel est le niveau de vie médian des personnes ayant un parcours stable en quartier prioritaire en 2011 ?

a) 11 960 euros

b) 14 360 euros

c) 15 240 euros

d) 22 350 euros

Question 4 : Quelle évolution du statut d'occupation caractérise les "sortants" après leur départ du quartier prioritaire ?

a) La part de locataires du parc social augmente de 61% à 68%

b) La part de locataires du parc social diminue de 61% à 28%

c) La part de propriétaires diminue de 26% à 13%

d) Aucun changement significatif n'est observé

Question 5 : Combien de temps en moyenne les "passagers" ont-ils vécu en quartier prioritaire entre 2011 et 2020 ?

a) Un an

b) Deux ans et demi

c) Cinq ans

d) Sept ans

PARTIE 2 — Correction commentée

Question 1 : Quelle proportion de personnes ayant habité au moins un an en quartier prioritaire entre 2011 et 2020 y sont restées tout au long de la période (stables et mobiles) ?

✅ Réponse correcte : c) Environ 48%

📝 Explication : Les stables représentent 37% des habitants (restés dans le même logement en QPV de 2011 à 2020) et les mobiles 11% (ayant déménagé au sein des QPV), soit au total près de la moitié (48%) des personnes ayant habité au moins un an en quartier prioritaire sur la période. Ce chiffre démontre qu'une part importante de la population des QPV y réside durablement, contrairement à l'idée d'une fonction exclusivement transitoire de ces quartiers. — Source : p.2

Question 2 : Parmi les habitants âgés de 18-29 ans en 2011, quelle différence de mobilité observe-t-on entre les quartiers prioritaires et l'environnement urbain ?

✅ Réponse correcte : b) Les jeunes en QPV sont moins mobiles (80% contre 86%)

📝 Explication : Contrairement à la mobilité globale plus élevée dans les QPV, les jeunes de 18-29 ans en quartier prioritaire sont moins mobiles que ceux de l'environnement urbain : 80% ont déménagé au moins une fois entre 2011 et 2020, contre 86% dans l'environnement urbain. Cette moindre mobilité s'explique par une décohabitation familiale plus tardive en QPV, liée aux difficultés des jeunes sur le marché du travail et à des niveaux de diplômes moins élevés. — Source : p.1

Question 3 : Quel est le niveau de vie médian des personnes ayant un parcours stable en quartier prioritaire en 2011 ?

✅ Réponse correcte : b) 14 360 euros

📝 Explication : En 2011, le niveau de vie médian des personnes stables s'établit à 14 360 euros en euros constants 2015, soit un niveau nettement inférieur à celui de l'environnement urbain (22 350 euros) mais supérieur à celui des mobiles (11 960 euros). Ce niveau intermédiaire des stables reflète une population âgée (plus d'un quart ont 60 ans ou plus), majoritairement locataire du parc social (62%), avec des ressources modestes mais relativement stabilisées. — Source : p.3, figure 4

Question 4 : Quelle évolution du statut d'occupation caractérise les "sortants" après leur départ du quartier prioritaire ?

✅ Réponse correcte : b) La part de locataires du parc social diminue de 61% à 28%

📝 Explication : L'année suivant leur départ du quartier prioritaire, les sortants sont deux fois moins nombreux à occuper un logement social (28% contre 61% avant leur déménagement), tandis que la part de locataires du secteur privé et de propriétaires augmente. Cette évolution majeure du statut d'occupation accompagne la mobilité résidentielle et témoigne d'une amélioration de la situation socio-économique des sortants, qui peuvent accéder à d'autres segments du marché du logement. — Source : p.3, figure 3

Question 5 : Combien de temps en moyenne les "passagers" ont-ils vécu en quartier prioritaire entre 2011 et 2020 ?

✅ Réponse correcte : b) Deux ans et demi

📝 Explication : Les passagers, qui représentent 13% des personnes ayant résidé en quartier prioritaire entre 2011 et 2020, correspondent aux personnes ayant vécu dans un QPV une ou quelques années sur la période, avec une durée moyenne de résidence de deux ans et demi. Ce groupe, majoritairement jeune (56% ont entre 18 et 29 ans en 2011), présente les niveaux de vie les plus élevés sur toute la période, suggérant une fonction temporaire de "sas" du quartier prioritaire lors de transitions de vie. — Source : p.2

8. FOIRE AUX QUESTIONS (FAQ)

1. Quel est le taux de mobilité résidentielle des habitants des quartiers prioritaires entre 2011 et 2020 ?

53% des habitants de 18 ans ou plus résidant en quartier prioritaire en 2011 ont déménagé au moins une fois entre 2011 et 2020, contre 47% dans l'environnement urbain. Cette mobilité plus élevée s'explique notamment par la composition du parc de logements (forte présence du parc social, sous-représentation des propriétaires qui sont les moins mobiles). — Source : p.1, figure 1

2. Quels sont les cinq parcours résidentiels types identifiés dans l'étude ?

L'étude distingue cinq groupes selon leurs trajectoires entre 2011 et 2020 : les "stables" (37%, même logement en QPV durant toute la période), les "mobiles" (11%, déménagement au sein des QPV), les "sortants" (27%, départ des QPV), les "entrants" (12%, arrivée en QPV), et les "passagers" (13%, résidence temporaire en QPV, en moyenne 2,5 ans). Ces cinq profils présentent des caractéristiques socio-économiques très différentes. — Source : p.2, figure 2

3. Les quartiers prioritaires fonctionnent-ils comme un "sas" ou comme une "nasse" pour leurs habitants ?

Les deux mécanismes coexistent selon les profils. L'effet "nasse" concerne les stables et mobiles (48% des habitants) qui restent durablement avec les niveaux de vie les plus faibles et un taux de pauvreté supérieur à 40%. L'effet "sas" caractérise les sortants et passagers dont le niveau de vie progresse fortement (+17% et +12% respectivement entre 2011 et 2020) et qui utilisent le QPV lors de périodes temporaires de fragilité avant d'améliorer leur situation. — Source : p.1, p.3

4. Quel est le lien entre mobilité résidentielle et statut d'occupation du logement ?

La mobilité résidentielle vers ou depuis un quartier prioritaire coïncide massivement avec un changement de statut d'occupation. Les sortants passent de 61% à 28% de locataires du parc social après leur départ, tandis que les entrants passent de 23% à 54% après leur arrivée. Pour les mobiles restant en QPV, la part de locataires du parc social augmente de 61% à 68%, confirmant le rôle central du logement social dans les dynamiques résidentielles des QPV. — Source : p.3, figure 3

5. Les jeunes des quartiers prioritaires sont-ils plus mobiles que ceux de l'environnement urbain ?

Non, contrairement à la tendance générale, les jeunes de 18-29 ans en quartier prioritaire sont moins mobiles (80% ont déménagé au moins une fois entre 2011 et 2020) que ceux de l'environnement urbain (86%). Cette moindre mobilité s'explique par une décohabitation familiale plus tardive, liée à des difficultés sur le marché du travail et à des niveaux de diplômes moins élevés. — Source : p.1

6. Comment évolue le niveau de vie des différents groupes entre 2011 et 2020 ?

Les évolutions sont très contrastées : les sortants connaissent la plus forte progression (+17%), suivis des passagers (+12%), des mobiles (+11%), des stables (+9%) et de l'environnement urbain (+8%). Les entrants affichent la progression la plus faible (+1,2%), avec une baisse en début de période. Malgré leur progression, les mobiles et stables maintiennent des niveaux de vie nettement inférieurs (taux de pauvreté >40%) à tous les autres groupes. — Source : p.3, figure 4

7. Quelle est la distance moyenne des déménagements depuis les quartiers prioritaires ?

Les habitants issus d'un quartier prioritaire déménagent plus souvent à proximité que ceux de l'environnement urbain : 36% ont déménagé à moins de 2 km entre 2011 et 2020, contre 24% dans l'environnement urbain. Cette mobilité de courte distance est particulièrement marquée pour les locataires du parc social (nombreux en QPV) qui déménagent vers un autre logement social, avec des distances environ trois fois plus faibles que pour l'ensemble des déménagements. — Source : p.2

9. RÉÉCRITURE EN FALC

Les personnes qui habitent en quartier prioritaire

Qu'est-ce qu'un quartier prioritaire ?

Un quartier prioritaire est un quartier où beaucoup de personnes sont pauvres.

En France, 5,4 millions de personnes vivent dans ces quartiers.

C'est 8 personnes sur 100.

Est-ce que les gens déménagent souvent ?

Entre 2011 et 2020, les personnes des quartiers prioritaires ont un peu plus déménagé.

53 personnes sur 100 ont déménagé au moins une fois.

Dans les autres quartiers, c'est 47 personnes sur 100.

Qui reste et qui part ?

Les chercheurs ont trouvé 5 groupes de personnes :

Groupe 1 : Les stables (37 personnes sur 100)

Ces personnes restent dans le même logement pendant 10 ans.

Elles sont souvent âgées.

Elles habitent souvent dans un logement social.

Groupe 2 : Les mobiles (11 personnes sur 100)

Ces personnes déménagent mais restent en quartier prioritaire.

Elles ont peu d'argent.

Leur situation s'améliore un peu mais reste difficile.

Groupe 3 : Les sortants (27 personnes sur 100)

Ces personnes quittent le quartier prioritaire.

Elles ont plus d'argent que les autres.

Leur situation s'améliore beaucoup.

Groupe 4 : Les entrants (12 personnes sur 100)

Ces personnes arrivent dans le quartier prioritaire.

Elles obtiennent souvent un logement social.

Leur situation est difficile quand elles arrivent.

Groupe 5 : Les passagers (13 personnes sur 100)

Ces personnes restent 2 ou 3 ans dans le quartier.

Elles sont souvent jeunes.

Elles partent quand leur situation s'améliore.

Qui a de l'argent ?

Les personnes qui restent longtemps dans les quartiers prioritaires ont moins d'argent.

4 personnes sur 10 sont pauvres.

Les personnes qui partent ont plus d'argent.

Leur situation s'améliore de 17% en 10 ans.

Le logement social

Beaucoup de personnes en quartier prioritaire habitent dans un logement social.

69 personnes sur 100 habitent dans un logement social.

Dans les autres quartiers, c'est seulement 17 personnes sur 100.

Quand les gens arrivent en quartier prioritaire, ils obtiennent souvent un logement social.

Quand ils partent, ils trouvent un autre type de logement.

Les jeunes

Les jeunes des quartiers prioritaires déménagent moins que les autres jeunes.

Ils quittent plus tard la maison de leurs parents.

Ils ont plus de difficultés pour trouver du travail.

Pourquoi c'est important ?

Ces informations aident les professionnels à mieux comprendre les habitants.

Ils peuvent adapter leur aide selon les situations.

Certaines personnes ont besoin d'aide longtemps.

D'autres ont besoin d'aide pendant une courte période.


#️⃣ #pratiquesensante #PolitiqueDeLaVille #LogementSocial #MobilitéRésidentielle #QPV #CohésionSociale #ParcoursRésidentiels #InégalitésTerritoriales @PratiquesenSanté



Se connecter pour laisser un commentaire.