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Étude Solitudes 2025 — Les liens de proximité : pivots de la sociabilité

Hadrien Riffaut (direction de la recherche, CERLIS), Séverine Dessajan (CERLIS), en collaboration avec Solen Berhuet et Sandra Hoibian (CRÉDOC) - Fondation de France — 15ᵉ édition de l'étude annuelle sur les solitudes
12 septembre 2026 par
Étude Solitudes 2025 — Les liens de proximité : pivots de la sociabilité
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🚨 Le voisin, le commerçant, l'asso : les 3 piliers oubliés du lien social
🔍💡 Lien social & territoires : quand la famille et les amis manquent, ce sont le voisinage, les commerces et les associations qui retiennent les personnes seules. L'étude Solitudes 2025 cartographie ces « liens de proximité » et pointe des leviers d'action concrets.



📌 Cette étude donne des repères concrets pour agir là où les grands réseaux (famille, amis, travail) se sont délités. Elle montre que le voisinage, les petits commerces et surtout les associations deviennent alors les vrais points d'appui du lien social — et que leur activation dépend fortement du territoire et de la mobilité. Elle outille une lecture fine des publics les plus exposés (précarité, ruralité enclavée, quartiers prioritaires, santé fragilisée) et propose des leviers directement transposables : repérage des fragilités, aller-vers, valorisation des voisins-relais, bascule de l'usager vers le bénévolat.



Source :     
📒  Étude Solitudes 2025 — Les liens de proximité : pivots de la sociabilité
✍️ Hadrien Riffaut (direction de la recherche, CERLIS), Séverine Dessajan (CERLIS), en collaboration avec Solen Berhuet et Sandra Hoibian (CRÉDOC) -   Fondation de France — 15ᵉ édition de l'étude annuelle sur les solitudes
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Capsules Audio/Vidéo de Pratiques en Santé 🎙️🎥 https://www.youtube.com/watch?v=Kg8EFSitvS8


1. Résumé analytique

Une solitude urbaine, un isolement rural : une fracture territoriale qui se creuse

L'étude documente deux phénomènes distincts mais liés. Le communiqué de la Fondation de France retient que près d'un tiers des Français (32 %) sont en situation d'isolement relationnel (aucun ou un seul réseau de sociabilité) et près d'un quart (24 %) se sentent seuls. Derrière la stabilité apparente de l'isolement strict (11 % sans aucun réseau en juillet 2025, contre 12 % en 2024), se dessine une dimension territoriale nouvelle : l'isolement est plus prononcé en milieu rural (14 % contre 9 % dans les grandes agglomérations), tandis que le sentiment de solitude frappe davantage les villes (28 % dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants contre 21 % en zone rurale). Publics les plus exposés : personnes précaires, en mauvaise santé, jeunes (pour le ressenti de solitude), habitants de zones enclavées et de quartiers prioritaires.

Les liens de proximité comme filet de secours — mais un filet inégal

L'apport opérationnel tient dans le renversement de perspective : pour les personnes seules, dont la famille et les amis sont souvent distendus ou rompus, ce sont les liens de proximité (voisinage, petits commerces, associations) qui permettent de rester dans le social. Les associations y jouent un rôle pivot de « tiers relationnels » : elles sécurisent d'abord les besoins matériels, puis recréent une reconnaissance sociale, jusqu'au passage vers le bénévolat. Mais l'accès à ces ressources dépend étroitement de la mobilité, de l'offre locale et de la capacité à franchir le seuil symbolique des lieux — autant de freins concentrés chez les plus fragiles. Quatre études de cas associatives (grande métropole, QPV, périurbain, rural) illustrent des modèles d'intervention adaptés aux territoires.

2. Points clés du document

1️⃣ Une fracture territoriale inédite du lien social

Le sentiment de solitude progresse surtout en ville (28 % dans les grandes agglomérations contre 21 % en rural), alors que l'isolement relationnel touche plus les campagnes (14 % contre 9 %). Cet écart urbain/rural, quasi inexistant auparavant, dessine une nouvelle dimension territoriale (p. 10-15).

2️⃣ Précarité et isolement se renforcent mutuellement

16 % des personnes à faibles ressources sont isolées (contre 5 % des hauts revenus) et 36 % se sentent seules souvent (contre 19 %). Le chômage, la mauvaise santé (30 % des personnes jugeant leur santé « pas du tout satisfaisante » sont isolées) et la mobilité sociale descendante sont des marqueurs forts (p. 14-15).

3️⃣ Chez les personnes seules, famille et amis sont fragilisés

Plus de la moitié des personnes rencontrées en entretien vivent des relations familiales distendues, conflictuelles ou rompues. Les deux « piliers » habituels du lien social font défaut, ce qui reporte tout le poids sur les liens de proximité (p. 16-27).

4️⃣ Le voisinage : présence rassurante, soutien inégal

54 % de la population entretient des relations régulières avec ses voisins, mais l'écart est net selon l'âge (47 % des 70 ans et plus échangent chaque semaine, contre 22 % des moins de 25 ans) et le cadre de vie. La logique du « don / contre-don » freine les plus précaires, qui craignent de ne pas pouvoir rendre la pareille (p. 28-32).

5️⃣ Les associations, « tiers relationnels » et tremplin vers le bénévolat

Espaces de sociabilité stable, les associations permettent une bascule structurante de la position d'usager à celle d'acteur (bénévole). Mais 58 % des ruraux et 76 % des personnes très insatisfaites de leur cadre de vie les fréquentent rarement ou jamais : l'accès reste socialement et géographiquement filtré (p. 32-46, 52).

3. Pistes d'action pour les acteurs locaux

1️⃣ Différencier les stratégies selon le territoire

En zone rurale enclavée, prioriser les points de contact physiques et les solutions de mobilité ; en grande agglomération, travailler la cohésion locale et le sentiment d'appartenance. Le diagnostic territorial préalable est indispensable (recommandations, p. 53-54).

2️⃣ Outiller le repérage des fragilités relationnelles

Sensibiliser familles, proches et surtout professionnels de santé — premiers interlocuteurs des personnes isolées — aux signaux précoces : baisse des visites, retrait des activités, découragement. Prévoir une orientation vers un accompagnement (p. 54).

3️⃣ Faire du voisinage un vecteur actif de lien

Installer des dispositifs de proximité : cafés-rencontres mensuels, jardins partagés, groupes d'entraide (courses, bricolage), ateliers d'écoute, actions de parrainage pour impliquer les plus isolés. Lever le frein du « don / contre-don » en valorisant l'entraide sans contrepartie (p. 54).

4️⃣ Renforcer l'aller-vers dans les zones enclavées

Compléter l'offre de guichet par des dispositifs itinérants et du porte-à-porte, sur le modèle des habitants-messagers de VoisinMalin en QPV (contrats courts, 12 à 19 h/mois) ou des lieux-ressources ruraux type café associatif. Aller au-devant des personnes qui ne sollicitent pas d'elles-mêmes (p. 39, 42, 48, 54).

5️⃣ Accompagner la bascule usager → bénévole

Proposer, au sein des structures, un passage progressif vers un rôle actif (bénévolat, transmission, entraide) : c'est un point de bascule qui restaure la reconnaissance sociale et l'estime de soi (« se sentir utile, c'est inestimable », p. 36-38).

6️⃣ Mobiliser les commerçants de proximité comme relais

Intégrer les commerçants (et la désertification commerciale, frein majeur en périurbain et rural) dans les stratégies locales : points de contact quotidiens, ils peuvent repérer et orienter les personnes isolées (p. 47-49).


Besoins non couverts / adaptations. L'étude établit un constat riche mais reste peu prescriptive sur le « comment faire » opérationnel : les dispositifs cités sont des exemples, non des protocoles évalués. Pour passer à l'action, la croiser avec un guide méthodologique dédié (voir références ci-dessous) est nécessaire.

4. Références complémentaires

En interne (Pratiques en Santé)

En externe 

  • CNSA — Construire une politique publique de lutte contre l'isolement des personnes âgées. Guide thématique et méthodologique (septembre 2025). Guide opérationnel complet : structuration d'un plan territorial, état des lieux partagé, repérage, aller-vers, orientation, leviers d'action. Accéder au guide

  • Les Petits Frères des Pauvres — Baromètre Solitude et Isolement. Quand on a plus de 60 ans en France en 2025 (n° 10, septembre 2025). Complément thématique ciblé sur les personnes âgées (estimation de 2 millions de personnes isolées de leurs cercles familiaux et amicaux). Accéder au baromètre

  • OMS — De la solitude aux liens sociaux : ouvrir la voie vers des sociétés plus saines. Rapport de la Commission de l'OMS sur le lien social (juin 2025). Cadre international et données probantes : la solitude touche une personne sur six dans le monde ; feuille de route en cinq domaines. Accéder au résumé (français)

5. Foire aux questions (FAQ)

1️⃣ Quelle différence entre « isolement » et « sentiment de solitude » ?

L'isolement est objectif : peu ou pas de contacts physiques réguliers avec les réseaux de sociabilité. La solitude est subjective : le fait de se sentir seul, indépendamment du nombre de contacts. On peut être entouré et se sentir seul (ex. l'aidante Josiane). 29 % des personnes isolées se sentent seules, contre 24 % en population générale (p. 13-15).

2️⃣ Quels territoires sont les plus touchés ?

L'isolement relationnel est plus fort en milieu rural (14 % contre 9 % en grandes agglomérations), du fait du manque d'équipements, de services et de mobilité. À l'inverse, le sentiment de solitude est plus intense en ville (28 % contre 21 %). Les zones enclavées et les quartiers prioritaires cumulent les contraintes (p. 10-15).

3️⃣ Quels sont les publics prioritaires à repérer ?

Les personnes précaires (16 % des bas revenus isolés), en mauvaise santé (30 % isolés), au chômage (45 % se sentent seuls), et les jeunes pour le ressenti de solitude (37 % des moins de 25 ans). Les personnes en mobilité sociale descendante sont particulièrement fragiles (p. 14-15).

4️⃣ Pourquoi les plus précaires ont-ils moins de relations de voisinage ?

La logique du « don / contre-don » : par crainte de ne pas pouvoir rendre un service reçu, les personnes en grande précarité limitent les invitations et les demandes d'aide. La faiblesse des ressources redouble les freins à la relation (« quand on est au RSA, on n'a pas beaucoup les moyens », p. 32).

5️⃣ Concrètement, comment les associations aident-elles ?

En trois temps : elles sécurisent d'abord les besoins matériels (alimentation, aides), puis offrent une sociabilité régulière et une reconnaissance, enfin permettent une bascule vers le bénévolat qui restaure l'estime de soi. Ce sont des « tiers relationnels » (p. 33-38, 52).

6️⃣ Qu'est-ce que la démarche d'« aller-vers » ?

Aller au-devant des personnes qui ne sollicitent pas elles-mêmes un soutien (porte-à-porte, dispositifs itinérants, habitants-relais). Elle est cruciale dans les zones enclavées, où elle se heurte encore à la difficulté de toucher les plus isolés (p. 42, 54).

7️⃣ Sur quelles données repose l'étude ?

Un volet quantitatif (CRÉDOC, enquête de juillet 2025 auprès d'un échantillon représentatif de 3 000 personnes de 15 ans et plus, méthode des quotas) et un volet qualitatif (enquête ethnographique dans trois régions : Île-de-France, Normandie, Grand-Est), incluant zones urbaines, périurbaines, rurales et QPV (p. 6).

6. Réécriture en FALC

FALC = Facile À Lire et à Comprendre. Version simplifiée du résumé et des points clés.

De quoi parle cette étude ?

  • Chaque année, la Fondation de France étudie la solitude en France.

  • Cette année, l'étude regarde les liens de proximité.

  • Les liens de proximité sont : les voisins, les commerçants, les associations.

Deux problèmes différents

  • L'isolement, c'est ne presque pas voir d'autres personnes.

  • La solitude, c'est se sentir seul dans son cœur.

  • On peut être entouré et se sentir seul quand même.

Qui est le plus touché ?

  • À la campagne, les gens sont plus isolés. Il y a moins de transports et de services.

  • En ville, les gens se sentent plus seuls.

  • Les personnes pauvres et les personnes malades sont plus touchées.

  • Les jeunes se sentent souvent seuls.

Ce qui aide les personnes seules

  • Souvent, la famille et les amis ne sont plus là.

  • Alors les voisins et les commerçants deviennent importants.

  • Les associations aident beaucoup.

  • Dans une association, on reçoit de l'aide. On rencontre des gens. On peut devenir bénévole. On se sent utile.

Ce qu'on peut faire

  • Aller voir les personnes seules chez elles.

  • Aider les voisins à se parler.

  • Soutenir les associations.

  • Aider les gens à se déplacer, surtout à la campagne.

7. Analyse transversale — valeurs de Pratiques en Santé

• Littératie : L'étude n'est pas un outil pédagogique ; elle vise les décideurs et acteurs, sans adaptation aux niveaux de compréhension variés (d'où l'intérêt de la version FALC ci-dessus).

• Empowerment : La bascule usager → bénévole est au cœur de l'analyse : reprise d'un pouvoir d'agir et d'une reconnaissance sociale par les personnes accompagnées.

• Participation : Le volet qualitatif donne largement la parole aux personnes concernées (portraits, verbatims) ; VoisinMalin illustre une co-construction par les habitants eux-mêmes.

• Santé communautaire : La dimension collective est centrale : le lien social est traité comme ressource de proximité et de cohésion territoriale, pas seulement individuelle.

• Éthique : Le texte reste attentif à ne pas réduire les personnes à leur précarité ; il rappelle qu'une solitude peut être choisie et met en garde contre la stigmatisation.

• Droits humains : L'approche par l'équité territoriale et sociale est explicite : elle vise à réduire les inégalités d'accès au lien social selon le revenu et le lieu de vie.

• Intersectorialité : Familles, professionnels de santé, commerçants, associations, collectivités : les recommandations mobilisent plusieurs secteurs autour du repérage et de l'aller-vers.

• Partenariat : Les études de cas (Entourage, VoisinMalin, Caracol…) formalisent des modèles de collaboration entre associations, habitants et acteurs locaux.

• Lutte contre les discriminations : L'étude documente les inégalités sociales et territoriales et intègre des parcours migratoires et de handicap ; le non-jugement et le respect des modes de vie sont posés en principe.

8. Évaluation de la fiabilité de la ressource

Pertinence scientifique. Élevée. Adossement institutionnel solide (Fondation de France, CERLIS, CRÉDOC), 15ᵉ édition d'une série longitudinale, méthode mixte (quantitatif représentatif + ethnographie), données récentes (juillet 2025). Réserve d'usage : les chiffres sont déclaratifs (ressentis, fréquences auto-rapportées), non des mesures épidémiologiques ; certains indicateurs « communiqué » (32 % d'isolement relationnel) relèvent de la synthèse grand public et doivent être distingués des indicateurs détaillés du rapport.

Pertinence opérationnelle. Bonne pour le diagnostic et le cadrage, plus limitée pour la mise en œuvre. Le document donne des orientations claires et des exemples inspirants, mais peu de protocoles évalués. Il gagne à être couplé à un guide méthodologique (ex. CNSA 2025) pour l'opérationnalisation.

9. Hashtags stratégiques

#pratiquesensante #LienSocial #LutteContreIsolement #Solitude #SantéCommunautaire #AllerVers #Ruralité #Associations

 


Cet article a été élaboré dans le respect de la Charte d’utilisation de l’intelligence artificielle de Pratiques en Santé. Cliquez sur l'image  CHARTE utilisation de IA de Pratiques en Santé


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