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L'aide sociale à l'enfance Édition 2026 – Bénéficiaires, mesures et dépenses départementales associées

✍️ Tedjani Tarayoun, avec Élisa Abassi, Moussa Keita, Klara Vinceneux — Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), ministère chargé des Solidarités et de la Santé — Collection Les Dossiers de la Drees n° 138, juin 2026
2 juillet 2026 par
L'aide sociale à l'enfance Édition 2026 – Bénéficiaires, mesures et dépenses départementales associées
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🔦 🔍💡 ASE 2026 : près de 400 000 jeunes accompagnés, des écarts territoriaux marqués et des coûts d’accueil qui pèsent sur les choix locaux
🧭📊 Un outil utile pour les équipes de terrain qui doivent arbitrer, orienter et ajuster les réponses de protection de l’enfance.



📌 
Ce dossier est l'outil de référence annuel pour tout professionnel de l'ASE (chef de service, inspecteur enfance-famille, travailleur social, cadre de PMI) qui doit situer son département par rapport à la moyenne nationale ou argumenter une demande de moyens. Les cartes départementales (p. 9, 15, 22, 28, 32) permettent un benchmarking immédiat, et les données sur le handicap (p. 29), les MNA (p. 20-21) et les sorties d'établissement (p. 39) éclairent des enjeux concrets de terrain. Un document à garder sous la main pour préparer un rapport d'activité ou une commission départementale.


Source :     📒 L'aide sociale à l'enfance Édition 2026 – Bénéficiaires, mesures et dépenses départementales associées
✍️ Tedjani Tarayoun, avec Élisa Abassi, Moussa Keita, Klara Vinceneux — Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), ministère chargé des Solidarités et de la Santé — Collection Les Dossiers de la Drees n° 138, juin 2026

📜🔗LIEN vers la source

VIDEO Pratiques en Santé 📒 L'aide sociale à l'enfance Édition 2026 – Bénéficiaires, mesures et dépenses départementales associées

🎥https://www.youtube.com/watch?v=S1CbUKwTQEQ


1. RÉSUMÉ ANALYTIQUE

Une hausse continue des prises en charge, tirée par les mesures d'accueil et les MNA

Fin 2024, 392 600 mineurs et jeunes majeurs bénéficient d'au moins une mesure d'ASE, soit 2,4 % des moins de 21 ans, en hausse de 1,5 % sur un an (p. 7). La progression est portée depuis 2015 par l'explosion des accueils de mineurs non accompagnés puis de jeunes majeurs anciennement MNA (p. 19-21), ainsi que par les effets de la loi du 7 février 2022 qui a rendu obligatoire l'accompagnement des 18-21 ans (p. 3-4). Les disparités territoriales restent considérables : la part de bénéficiaires varie de moins de 1,9 % à plus de 4 % selon les départements (p. 9).

Un panorama chiffré exploitable pour le pilotage local

Le dossier fournit des repères précis pour situer une politique départementale : coût moyen d'un accueil (42 400 €/an, p. 31), part d'enfants en situation de handicap selon le mode d'accueil (23 % en famille d'accueil, 15 % en établissement, p. 29), taux d'occupation des établissements (93 %, p. 36) et taux d'encadrement par catégorie de structure (p. 36). Ces données, croisées avec les cartes départementales, permettent d'objectiver des demandes de moyens ou d'identifier des marges de manœuvre organisationnelles.

2. POINTS CLÉS DU DOCUMENT

  1. Le nombre de mesures d'ASE atteint 405 500 fin 2024 (+1,6 % sur un an), pour une dépense départementale totale de 11,7 milliards d'euros, dont 80 % consacrés aux mesures d'accueil (p. 7, 12).
  2. La part des enfants confiés à l'ASE accueillis chez un assistant familial continue de chuter : 35 % fin 2024 contre 56 % en 2006, au profit des établissements (40 %) devenus le mode d'accueil principal pour la troisième année consécutive (p. 26).
  3. Le statut juridique du placement éducatif à domicile (PEAD) a été remis en cause par deux décisions de la Cour de cassation en 2024 (avis du 14 février, arrêt du 2 octobre), le requalifiant en mesure d'AEMO renforcée plutôt qu'en placement — un changement de doctrine qui impacte directement l'organisation des services (p. 5-6, 19-20).
  4. Près d'un quart des enfants accueillis en famille d'accueil (23 %) et 15 % de ceux hébergés en établissement disposent d'une reconnaissance administrative de handicap par la MDPH, contre seulement 4 % des enfants de 5 à 20 ans en population générale (p. 29).
  5. Les disparités départementales sont marquées sur tous les indicateurs : la part d'aides éducatives à domicile parmi les actions éducatives varie de 5 % (Lot-et-Garonne) à 55 % (Loiret, Deux-Sèvres, Rhône) [p. 16], et la dépense annuelle moyenne d'accueil par bénéficiaire va de 23 000 à 80 500 euros selon les départements (p. 32).

CHIFFRES clés pour les élus locaux

3. PISTES D'ACTION POUR LES ACTEURS LOCAUX

  1. Utiliser les cartes 1, 4 et 6 (p. 9, 22, 32) pour positionner son département par rapport à la médiane nationale et objectiver, dans les instances de gouvernance locale, une demande d'ajustement de moyens ou d'effectifs.
  2. Anticiper la transformation des dispositifs de placement éducatif à domicile en AEMO renforcée ou avec hébergement, certains services ayant déjà engagé cette bascule dès janvier 2026 (p. 20, note 30) ; vérifier l'impact sur les files actives et les organigrammes de service.
  3. Mobiliser les données sur le handicap (p. 29) pour interpeller les MDPH et les ARS sur l'adéquation de l'offre médico-sociale aux besoins des enfants confiés, notamment en établissement où le taux de reconnaissance de handicap a progressé de 28 % à 35 % en quatre ans dans les lieux de vie.
  4. S'appuyer sur les données de durée de séjour par type d'établissement (tableau 3, p. 37) pour affiner les projets d'établissement et mieux orienter les jeunes selon la temporalité attendue de leur prise en charge (foyer de l'enfance pour l'urgence, MECS ou lieux de vie pour un accompagnement plus long).
  5. Utiliser les données sur le devenir des jeunes sortant d'établissement (p. 39-40) — 38 % retournent chez un proche, 27 % poursuivent en établissement ASE — pour renforcer l'anticipation des sorties et la préparation à l'autonomie, en lien avec les travaux de la HAS sur ce sujet (voir références complémentaires).

Besoin non couvert identifié : le document signale lui-même la fragilité des données sur les aides à domicile, les aides financières et l'accueil de jour (encadré 3, p. 7-8), qui restent estimées par fourchettes faute de remontées homogènes — un axe de vigilance pour les services qui alimentent ces enquêtes.

4. RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES

🔍➕ Pour plus d'informations, voir les articles référencés par "Pratiques en Santé" sur le thème de la protection de l'enfance  ➡️🔗https://www.pratiquesensante.com/protection-enfance

  1. ONPE, Protection de l'enfance et maltraitances : état des lieux 2025 (Gaëlle Guibert, Milan Momić, novembre 2025) — Premier rapport croisant systématiquement données Drees, Justice et enquêtes de victimation ; complète utilement le dossier Drees par un éclairage sur les maltraitances intrafamiliales.
    https://onpe.france-enfance-protegee.fr/document/protection-de-lenfance-et-maltraitances-etat-des-lieux-2025/
  2. HAS, Coordination entre protection de l'enfance et psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (recommandations, avril 2025) — Outils pratiques et repères juridiques pour sécuriser le parcours de soins psychiques des enfants protégés, sujet non traité par le dossier statistique de la Drees.
    https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-05/coordination_entre_protection_de_lenfance_et_psychiatrie_de_lenfant_et_de_ladolescent_recommandations.pdf
  3. Cour des comptes, Rapport public annuel 2025 — chapitre sur la prise en charge des jeunes majeurs sortant de l'ASE (mars 2025) — Analyse qualitative et recommandations sur les sorties « sèches », en complément direct des données chiffrées sur les APJM présentées dans le dossier (p. 19-20).
    https://www.lagazettedescommunes.com/976095/des-sorties-de-la-protection-de-lenfance-encore-trop-seches-selon-la-cour-des-comptes/

5. FOIRE AUX QUESTIONS (FAQ)

  1. Combien de jeunes bénéficient d'une mesure d'ASE en France aujourd'hui ?
    392 600 mineurs et jeunes majeurs au 31 décembre 2024, soit 2,4 % des moins de 21 ans (p. 7).
  2. Quelle est la différence entre une AED et une AEMO ?
    L'AED (aide éducative à domicile) est une mesure administrative, décidée avec l'accord des parents. L'AEMO (action éducative en milieu ouvert) est ordonnée par le juge des enfants et contraignante pour la famille (p. 4, 15).
  3. Le placement éducatif à domicile existe-t-il encore ?
    Son statut a été requalifié par la Cour de cassation en 2024 : il n'est plus considéré comme un placement mais comme une AEMO renforcée avec hébergement possible. L'offre de PEAD est progressivement transformée en dispositifs d'action éducative (p. 5-6, 19-20).
  4. Quel est le coût moyen d'un accueil à l'ASE selon le mode de prise en charge ?
    En 2024, la dépense annuelle moyenne est de 36 900 € en famille d'accueil contre 45 000 € pour les autres modes d'accueil (établissement notamment) [p. 30].
  5. Quelle part des enfants confiés à l'ASE présente une reconnaissance de handicap ?
    23 % en famille d'accueil et 15 % en établissement, contre 4 % des enfants du même âge en population générale (p. 29).
  6. Comment évolue la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA) ?
    Après une forte hausse jusqu'en 2023 (+32 %), le nombre de MNA diminue en 2024 (-2,6 %), tandis que celui des jeunes majeurs anciennement MNA augmente (+8,9 %), traduisant une baisse des flux migratoires récents (p. 20-21).
  7. Quelles disparités territoriales faut-il connaître pour situer son département ?
    La part de bénéficiaires d'une mesure ASE varie de moins de 1,9 % à plus de 4 % des moins de 21 ans selon les départements, avec des taux particulièrement élevés dans le Cantal, la Meuse, la Creuse et la Nièvre (carte 1, p. 9).

6. RÉÉCRITURE EN FALC

L'aide sociale à l'enfance en France : ce qu'il faut savoir

Qu'est-ce que l'aide sociale à l'enfance ?

L'aide sociale à l'enfance s'appelle aussi l'ASE.

C'est un service du département.

Elle aide les enfants qui sont en danger.

Elle aide aussi leurs familles.

Combien d'enfants sont aidés ?

À la fin de l'année 2024, 392 600 jeunes sont aidés par l'ASE.

C'est un peu plus qu'en 2023.

Cela fait 2,4 enfants sur 100 parmi les jeunes de moins de 21 ans.

Quelles sont les deux formes d'aide ?

Il y a deux grandes formes d'aide.

  • L'aide à la maison : un éducateur vient aider la famille chez elle.
  • L'accueil ailleurs : l'enfant va vivre dans une autre famille ou dans un établissement.

Combien d'argent est dépensé ?

En 2024, les départements ont dépensé 11,7 milliards d'euros.

La plus grande partie de cet argent sert à payer l'accueil des enfants.

Où vivent les enfants accueillis ?

Avant, beaucoup d'enfants vivaient chez une famille d'accueil.

Aujourd'hui, la majorité vit dans un établissement.

Cela concerne 40 enfants sur 100.

35 enfants sur 100 vivent en famille d'accueil.

Y a-t-il les mêmes règles partout en France ?

Non. Les départements ne font pas tous pareil.

Le nombre d'enfants aidés change beaucoup d'un département à l'autre.

L'argent dépensé change aussi beaucoup.

7. ANALYSE TRANSVERSALE — VALEURS DE PRATIQUES EN SANTÉ

  • Littératie : Le document est un rapport statistique technique, sans dispositif de vulgarisation intégré ; il ne propose pas d'outils adaptés à des publics non experts, y compris pour les jeunes concernés eux-mêmes.
  • Empowerment : Le dossier ne documente pas de dispositif de participation directe des enfants ou jeunes majeurs à la production ou à l'usage des données présentées.
  • Participation : Aucun mécanisme de co-construction avec les bénéficiaires n'est mentionné ; le rapport repose exclusivement sur des données administratives déclarées par les conseils départementaux.
  • Santé communautaire : La dimension collective apparaît via l'analyse territoriale (cartes départementales) mais reste centrée sur le pilotage institutionnel plutôt que sur une approche communautaire de la prévention.
  • Éthique : Le document identifie explicitement des biais méthodologiques (doubles comptes, hétérogénéité des remontées départementales, encadré 4 p. 10) et les traite avec rigueur et transparence.
  • Droits humains : L'attention portée aux MNA, aux enfants en situation de handicap et aux sorties « sèches » de l'ASE traduit une préoccupation d'équité, sans toutefois développer une analyse dédiée aux droits de l'enfant.
  • Intersectorialité : Le dossier articule les données ASE avec celles de la Justice (DPJJ), de l'Éducation nationale (DEPP) et du secteur médico-social (MDPH, ES-Handicap), illustrant une approche intersectorielle des données.
  • Partenariat : Aucun modèle de collaboration entre départements, associations habilitées et institutions judiciaires n'est formalisé dans ce dossier statistique ; le sujet est traité dans d'autres publications citées (Cour des comptes notamment).
  • Lutte contre les discriminations : Le document objective des disparités de traitement territorial et de genre (surreprésentation des garçons en mesure d'accueil, p. 24) mais ne les analyse pas sous l'angle de la non-discrimination ou de l'équité de traitement.

8. ÉVALUATION DE LA FIABILITÉ DE LA RESSOURCE

Pertinence scientifique : Source institutionnelle de référence (Drees), méthodologie explicitée en annexe (enquête Aide sociale, enquête ES-PE, dispositif Olinpe), données actuelles (31 décembre 2024). Les limites méthodologiques sont explicitement assumées (encadré 3 sur le dénombrement difficile de certaines aides à domicile, encadré 4 sur le redressement des doubles comptes). Point de vigilance : certaines données structurelles (ES-PE, ES-Handicap, enquête assistants familiaux) datent de 2021-2022, la prochaine collecte étant prévue en 2027.

Pertinence opérationnelle : Directement utilisable par les cadres et responsables de service pour du benchmarking départemental grâce aux cartes et tableaux comparatifs. Moins directement mobilisable pour les professionnels de terrain au contact direct des enfants, le document restant de nature statistique et non pratique (pas de protocole, pas d'outil d'évaluation individuelle).


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