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La santé mentale des jeunes à l’ère numérique — Rapport sur le coût de la non-Europe

European Parliamentary Research Service (EPRS) — European Added Value Unit, à la demande de la commission de la santé publique (SANT) du Parlement européen.Juillet 2026
3 septembre 2026 par
La santé mentale des jeunes à l’ère numérique — Rapport sur le coût de la non-Europe
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🚨 1,68 trillion d’euros : le vrai prix de l’inaction sur la santé mentale des jeunes 

🔍💡 Santé mentale des jeunes à l’ère numérique : un jeune sur cinq vit avec un trouble diagnostiquable, près d’un sur deux (15-24 ans) renonce aux soins. Le numérique amplifie les fragilités — il ne les crée pas seul. L’Europe chiffre l’inaction à 1,68 trillion € sur 2024-2033 et outille prévention et « lieux jeunesse



📌 Ce rapport fournit une base de preuves et un argumentaire chiffrés pour objectiver ce que le terrain observe déjà : montée de l’anxiété et de la dépression chez les jeunes, « chaînon manquant » entre l’école et la psychiatrie spécialisée, et rôle amplificateur — mais non exclusif — des environnements numériques. Il sert à étayer un plaidoyer, cadrer un projet de prévention en milieu scolaire ou de « lieu jeunesse », et situer une action locale dans le cadre juridique européen (DSA, AI Act). Sa valeur est d’abord stratégique et argumentative, plus qu’opérationnelle immédiate.



Source :     
📒 La santé mentale des jeunes à l’ère numérique — Rapport sur le coût de la non-Europe 
✍️ European Parliamentary Research Service (EPRS) — European Added Value Unit, à la demande de la commission de la santé publique (SANT) du Parlement européen. 
Mental health of Young people in a digital era : cost of non Europe report
Auteur·es : Y. Vuylsteke, Dr F. Herrera, M. Kuehnemund, E. Mastrogregori, P. Crotti, J. Dilger, E. Keeble, E. Cogley, W. Magdziarz (Ipsos) ; M. Moulac (Milieu) ; Dr A. Sigman (psychologue). Relecture par les pairs : Dr W. van den Bos (Univ. Amsterdam).

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Santé mentale des jeunes : le prix de l'inaction

1️⃣ RÉSUMÉ ANALYTIQUE

Une crise juvénile, amplifiée par le numérique et aggravée par les crises

Le rapport dresse l’état de la santé mentale des jeunes (2-24 ans ; modélisation économique à partir de 10 ans) dans l’UE-27. Environ un jeune sur cinq vit avec un trouble mental diagnostiquable (prévalence combinée ≈ 15,5 %), l’anxiété et la dépression dominant la charge ; près d’un 15-24 ans sur deux déclare des besoins non couverts. Les difficultés se concentrent chez les filles et jeunes femmes, et chez les jeunes en pauvreté, en migration, LGBTQIA+, ou exposés aux discriminations et traumatismes. Le numérique agit par trois voies (surexposition induite par le design, contenus nocifs, interactions médiées par l’IA) qui amplifient des vulnérabilités préexistantes — sans en être la cause première.

Six options d’action UE et un coût de l’inaction chiffré

Dans le cadre des compétences des traités, le document propose six options : promotion en milieu scolaire (Opt.1), services « lieux jeunesse » d’intervention précoce (Opt.2), prescription sociale (Opt.3), cadre qualité des outils numériques de santé mentale (Opt.4), mise en œuvre « centrée enfant » du droit numérique européen (Opt.5) et gouvernance/données (Opt.6). Le modèle économique estime le coût de l’inaction à ≈ 1,68 trillion € sur 2024-2033 (≈ 177 Md€/an). Les preuves les plus solides concernent la promotion scolaire et les lieux jeunesse : combinés, ces deux leviers pourraient soutenir une baisse de 5-10 % de la prévalence, soit 84-168 Md€ de coûts évités.

2️⃣ POINTS CLÉS DU DOCUMENT

1️⃣ Ampleur — un trouble diagnostiquable chez ≈ 1 jeune sur 5 (prévalence combinée ≈ 15,5 %) ; ≈ 13,6 millions de 10-24 ans concernés en Europe ; l’anxiété devance le TDAH puis la dépression. Détresse sub-clinique massive (PISA 2022 : près de la moitié des 15 ans évoquent des sentiments dépressifs ; plaintes psychosomatiques de 42 % à 52 % entre 2018 et 2022) (Section 2.1.1, p.13).

2️⃣ Inégalités — 60 % des filles de 15 ans rapportent des sentiments dépressifs contre 35 % des garçons ; les jeunes en pauvreté, migrants, LGBTQIA+ ou en protection cumulent adversités hors ligne et en ligne — un « double désavantage » (Sections 2.1.1 et 2.3.3, p.13 et 25).

3️⃣ Trois voies numériques de risque — surexposition induite par le design (scroll infini, autoplay, récompenses variables) ; contenus nocifs remontés par les algorithmes (auto-mutilation, pro-troubles alimentaires) ; interactions IA (« compagnons ») simulant l’empathie sans jugement moral. L’effet global de l’usage numérique reste toutefois modéré, inférieur à celui du sommeil ou du harcèlement (Section 2.2.1, p.17).

4️⃣ Le « chaînon manquant » — près d’un 15-24 ans sur deux déclare des besoins non couverts ; systèmes biaisés vers le soin aigu hospitalier, délais d’attente en mois/années, prévention et intervention précoce sous-dotées (Sections 2.1.3 et 2.3.4, p.15 et 28).

5️⃣ Coût de l’inaction — ≈ 1,68 trillion € sur 2024-2033 (fourchette 1,28-2,02 trillion €), soit ≈ 177 Md€/an, répartis entre santé, protection sociale, éducation et marché du travail ; une baisse durable de 5 % éviterait ≈ 84 Md€ (Section 6.4 et chap. 7-8, p.107 et 116-120).

3️⃣ PISTES D’ACTION POUR LES ACTEURS LOCAUX

Désalignement de gabarit. Ce rapport est un document de cadrage politique/économique UE, non un guide opérationnel. Les pistes ci-dessous relèvent de l’usage argumentatif, du plaidoyer et de l’alignement de projet, plus que d’outils clés en main. Les modèles probants détaillés se trouvent dans les études de cas (Annexe III, p.156-267).

1️⃣ Objectiver un plaidoyer — mobiliser les chiffres de charge et de coût (1 sur 5 ; 177 Md€/an ; besoins non couverts pour ≈ 1 jeune sur 2) pour appuyer une demande de financement ou une note d’opportunité (Sections 2.1 et 6.4, p.13 et 107).

2️⃣ Cadrer une promotion en milieu scolaire — s’inspirer des programmes universels de compétences psychosociales et de littératie en santé mentale, identifiés comme les mieux étayés (ex. YAM, MindOut) (Sections 4.2.1 et 5.4.2, p.66 et 85).

3️⃣ Concevoir un « lieu jeunesse » — intervention précoce à bas seuil inspirée des modèles Jigsaw (Irlande) et PMHC (Norvège), documentés comme cliniquement et économiquement probants (Sections 4.2.2 et 5.4.3, p.69 et 88).

4️⃣ Développer la prescription sociale jeunesse — sport, arts, bénévolat pour rejoindre NEET, jeunes migrants, LGBTQIA+ et jeunes en protection — en notant que les preuves d’efficacité à grande échelle restent limitées (Sections 4.2.4 et 5.4.4, p.72 et 91).

5️⃣ Adopter une lecture « centrée enfant » du numérique — littératie numérique, réglages de sécurité, vigilance sur les « compagnons » IA ; s’appuyer sur le cadre européen (DSA, AVMSD, AI Act) sans surestimer l’effet des seuls outils numériques (Sections 3.2 et 5.4.6, p.45 et 95).

6️⃣ Associer les familles — intégrer le « système-famille » comme partenaire des interventions, dimension explicitement recommandée comme condition d’amélioration durable (Section 5.4 et recommandations, p.84 et 121).

Besoins non couverts / adaptations. Le rapport ne fournit ni protocole opérationnel transposable ni données françaises. Une adaptation au cadre national (Assises de la santé mentale, Maisons des adolescents, dispositif « Mon soutien psy », etc.) est nécessaire — à valider localement.

4️⃣ RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES

Externes — post-2024, dates et URL vérifiées

  • OCDE (avril 2025), Promoting good mental health in children and young adults: Best practices in public health — 11 bonnes pratiques évaluées. oecd.org

  • OCDE (nov. 2025), Children and young people’s mental health in the digital age (244 p.) — pendant thématique direct sur le volet numérique. oecd.org

  • Tarasenko A. et al. (oct. 2025), Mental health of children and young people in the WHO Europe region, The Lancet Regional Health – Europe, 57:101459 (accès ouvert). doi.org/10.1016/j.lanepe.2025.101459

Internes PES —

• Commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes (janv. 2026)

• Rubrique thématique « Intelligence artificielle & numérique »

5️⃣ FOIRE AUX QUESTIONS (FAQ)

1️⃣ Le numérique est-il la cause de la crise ?

Non. L’étude conclut que le lien entre usage numérique général et bien-être est modéré et plus faible que celui du sommeil, du harcèlement ou des adversités familiales. Le numérique amplifie des fragilités préexistantes chez une minorité vulnérable (Section 2.2.1 ; réponses aux questions de recherche, p.17 et 119-120).

2️⃣ Quelles tranches d’âge sont couvertes ?

Enfants, adolescents et jeunes adultes de ≈ 2 à 24 ans ; la modélisation économique démarre à 10 ans, faute de données comparables UE pour les plus jeunes (Section 1.2.1, p.2).

3️⃣ Quelles sont les trois voies de risque numérique ?

Surexposition induite par le design ; contenus nocifs remontés par les algorithmes ; interactions IA (« compagnons ») (Section 2.2.1, p.17).

4️⃣ Quels dispositifs sont les mieux étayés ?

La promotion en milieu scolaire (Opt.1) et les « lieux jeunesse » d’intervention précoce (Opt.2), avec les preuves cliniques et économiques les plus robustes (Table 9, p.116 ; Sections 4.2.1-4.2.2).

5️⃣ Que peut faire l’UE, juridiquement ?

Réguler le marché intérieur et les services numériques (art. 114 TFUE, contraignant) ; en santé/éducation/jeunesse, seulement des mesures incitatives et du soft law (art. 168, 165, 153 TFUE), sans harmoniser l’organisation des services (Sections 3.1 et 3.6.1, p.44-55).

6️⃣ Combien coûte l’inaction ?

≈ 1,68 trillion € sur 2024-2033 (≈ 177 Md€/an) ; une baisse de 5 % de la prévalence éviterait ≈ 84 Md€ (Section 6.4 et chap. 7, p.107 et 116).

7️⃣ La France est-elle étudiée ?

Non. Les sept études de cas portent sur Pays-Bas, Australie, Italie, Norvège, Pologne, Irlande et Angleterre. La transposition au contexte français est à construire (Annexe III, p.156-267).

6️⃣ RÉÉCRITURE EN FALC (Facile À Lire et à Comprendre)

La santé mentale des jeunes et le numérique

De quoi parle ce document ?

  • Ce document parle de la santé mentale des jeunes en Europe.

  • Il regarde le rôle d’internet et des écrans.

  • Il a été écrit pour le Parlement européen.

Ce que dit le document

  • Beaucoup de jeunes vont mal dans leur tête.

  • Un jeune sur cinq a un trouble de santé mentale.

  • Les filles sont souvent plus touchées.

  • Les jeunes pauvres ou discriminés souffrent plus.

  • Presque un jeune sur deux ne reçoit pas d’aide.

Le rôle du numérique

  • Internet et les écrans ne sont pas la cause principale.

  • Mais ils peuvent aggraver les problèmes.

  • Certaines applications poussent à rester trop longtemps.

  • Certains contenus sont dangereux.

  • Des robots qui parlent (IA) peuvent donner de mauvais conseils.

Les solutions proposées

  • Aider les jeunes à l’école.

  • Créer des lieux d’accueil simples pour les jeunes.

  • Proposer des activités (sport, art) pour sortir de l’isolement.

  • Mieux protéger les jeunes sur internet.

  • Ne rien faire coûte très cher : 1 680 milliards d’euros sur dix ans.

7️⃣ ANALYSE TRANSVERSALE — VALEURS DE PRATIQUES EN SANTÉ

Littératie : le rapport valorise la littératie en santé mentale à l’école, mais ne fournit pas d’outils clés en main adaptés aux différents niveaux de compréhension.

Empowerment : l’implication des jeunes et des familles est recommandée (co-design des interventions, « système-famille »), sans protocole détaillé.

Participation : la co-construction avec jeunes et usagers est citée comme condition de réussite, notamment pour les outils numériques (Opt.4-6).

Santé communautaire : la dimension collective est centrale via les « lieux jeunesse » et la prescription sociale communautaire (Opt.2-3).

Éthique : les biais sociaux et culturels (genre, pauvreté, migration) sont explicitement identifiés comme déterminants ; l’usage responsable de l’IA est mentionné.

Droits humains : l’approche s’ancre dans la Charte des droits fondamentaux (art. 24 droits de l’enfant, 35 santé, 7-8 vie privée) et une logique d’équité.

Intersectorialité : le rapport recommande de relier santé, éducation, numérique et social (gouvernance intégrée, Opt.6).

Partenariat : des modèles de collaboration sont décrits (école ↔ soins primaires ↔ lieux jeunesse ; financements UE co-construits avec les États).

Lutte contre les discriminations : les discriminations (origine, statut migratoire, handicap, identité de genre, orientation sexuelle) sont nommées comme facteurs de risque ; l’équité est un critère transversal.

8️⃣ ÉVALUATION DE LA FIABILITÉ DE LA RESSOURCE

Pertinence scientifique — élevée. Source institutionnelle (EPRS / Parlement européen), relue par les pairs, appuyée sur méta-analyses, Global Burden of Disease, PISA 2022, Eurobaromètre et sept études de cas ; données récentes (2022-2026). Réserve : la modélisation économique repose sur des hypothèses (fourchette large 1,28-2,02 trillion €) que les auteurs déclarent explicitement illustratives et « option-agnostiques ».

Pertinence opérationnelle — indirecte. Document de cadrage politique/économique UE, non transposable tel quel ; pas de données françaises ni de protocole d’action. Valeur réelle : socle probant pour plaidoyer, cadrage de projet et alignement stratégique. Les éléments les plus opérationnels se trouvent dans les études de cas (Annexe III).

9️⃣ HASHTAGS STRATÉGIQUES

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