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Plan pour la santé des professionnels de santé

✍️ Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées ; en lien avec le ministère du Travail et des Solidarités, et le ministère de l’Enseignement supérieur
24 mai 2026 par
Plan pour la santé des professionnels de santé
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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 📌   Ce dossier donne une vision synthétique mais opérationnelle d’un plan interministériel récent sur la santé des soignants, avec des mesures activables dès maintenant dans les établissements et structures de soins.

 Un cadre de santé, un responsable qualité/risques, un médecin du travail ou un coordinateur en médico-social peut s’en servir pour intégrer la santé des soignants dans les DUERP, projets sociaux/médico-sociaux, plans de prévention et démarches HAS. Les données chiffrées et les chiffres-clés permettent d’argumenter localement auprès des directions, élus, ARS ou employeurs pour prioriser des actions de prévention ciblant particulièrement la santé mentale, les troubles du sommeil et les risques professionnels

Source :     📒 Plan pour la santé des professionnels de santé
✍️ Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées ; en lien avec le ministère du Travail et des Solidarités, et le ministère de l’Enseignement supérieu


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Nombre de pages : 16

1. Résumé analytique

Contexte, constats et enjeux

Le dossier part d’un constat préoccupant : près de 46% des soignants déclarent être tombés malades au cours des trois derniers mois (contre 27% des autres salariés) et 61% ont des difficultés à dormir, avec une proportion élevée de comportements nocifs pour la santé (alcool, tabac, anxiolytiques) et une santé mentale plus dégradée que la population générale. Il rappelle les jalons antérieurs (stratégie nationale 2016, observatoire qualité de vie au travail) et le rapport ministériel de 2023 sur la santé des professionnels de santé, jugés insuffisants au regard de la persistance de l’épuisement, des douleurs chroniques et des troubles de concentration. Le document souligne que « prendre soin de ceux qui prennent soin » est une exigence éthique, organisationnelle et de cohérence, et ancre le plan dans une méthode de co-construction avec les acteurs de terrain, les organisations syndicales, les ordres, les fédérations employeurs et les associations étudiantes. Il fixe quatre priorités : outiller et accompagner les professionnels et étudiants, renforcer la prévention (notamment en santé mentale), réduire les risques professionnels par un dialogue social structuré, et inscrire la santé des soignants comme priorité institutionnelle durable, au-delà du cycle de ce plan.

Apports opérationnels pour les acteurs de terrain

Le plan se décline en 13 mesures regroupées en quatre axes : outillage et accompagnement, prévention, santé au travail et sensibilisation/suivi, complétées par une gouvernance nationale via un comité de suivi et des groupes de travail thématiques (étudiants, addictions, parentalité, dispositifs médicaux, médico-social). Les apports concrets incluent la création d’un portail unique d’information et d’un numéro national d’appui, l’intégration d’un module « être acteur de sa propre santé » dans les formations initiales et continues, un appel à projets de recherche, des « minutes prévention » dans les structures, un label « 3S », la sécurisation de l’anonymisation des soins pour les soignants, le renforcement du DUERP/PAPRIPACT comme leviers de certification et la montée en compétences des infirmiers santé au travail de la FPH. Le plan prévoit aussi une mobilisation nationale, une désignation de la santé mentale des jeunes comme grande cause nationale 2026, un bilan périodique DREES sur la santé des soignants, et un focus spécifique sur les professionnels de nuit (temps de pause, accès aux services administratifs aux horaires atypiques).

2. Points clés du document

  1. Le plan repose sur un diagnostic chiffré alarmant : 46% des soignants déclarent une maladie récente, 64% se disent fatigués, 79% ont des troubles de la concentration, 60% souffrent de douleurs chroniques et 1 sur 2 a déjà vécu un épisode d’épuisement professionnel. Ces chiffres, présentés dans les encadrés « chiffres clés » (p. 5, 8, 10, 12, 14), servent de base pour légitimer une approche systémique et prioriser les actions.

  2. L’axe 1 met en avant un portail commun d’information et un numéro unique d’appel, visant à centraliser les dispositifs existants (écoute, soutien, accompagnement, formations) et à faciliter l’accès à une ligne territoriale d’écoute et d’appui pour les soignants et les étudiants. Cette mesure, détaillée p. 7, répond au morcellement actuel des offres de soutien et vise à rendre plus lisibles les ressources pour les professionnels de terrain.

  3. La prévention, en particulier en santé mentale, devient un objet d’organisation du travail avec l’instauration de « minutes prévention » dans toutes les structures, des temps courts collectifs pour diffuser des réflexes de prévention dans le quotidien des équipes. Cette mesure (p. 9) est complétée par un soutien au déploiement d’actions de prévention à destination des soignants, via une meilleure cartographie des ressources et un soutien financier aux acteurs de prévention.

  4. L’axe 3 renforce la santé au travail via le DUERP et le PAPRIPACT, qui doivent être élaborés, mis en œuvre et discutés dans un cadre de dialogue social formalisé, et devenir des critères de certification HAS. La formalisation spécifique des risques pour les aides-soignants (AS) et accompagnants éducatifs et sociaux (AES) permet de structurer des actions ciblées pour réduire les risques liés au portage de charges, aux violences et aux conditions de travail physiques et psychosociales (p. 11–12).

  5. L’axe 4 inscrit la santé des soignants dans le temps long : mobilisation nationale, grande cause santé mentale des jeunes en 2026, bilans périodiques DREES, et mesures spécifiques pour les professionnels de nuit (pauses effectives, siestes possibles, adaptation des services administratifs). L’annexe (p. 15) décrit une gouvernance pluri-acteurs (administrations centrales, agences, CNAM, CNSA, fédérations, ordres, syndicats, associations étudiantes) et de nouveaux groupes de travail thématiques, gages d’un suivi intersectoriel et d’une adaptation progressive des mesures.

3. Pistes d’action pour les acteurs locaux

  1. Intégrer la santé des soignants dans la gouvernance d’établissement et les projets de service : utiliser les données du dossier (fatigue, troubles du sommeil, santé mentale) pour inscrire explicitement la santé des professionnels dans le projet d’établissement, les CPOM, les contrats d’objectifs internes et les démarches de certification HAS. Les pistes sont présentes dans l’éditorial, l’axe 2 et l’axe 3 (p. 5–6, 9–12).

  2. Mettre en place des « minutes prévention » dans les réunions d’équipe, transmissions, staffs ou temps de relève : prévoir 5–10 minutes dédiées à un message prévention (sommeil, santé mentale, TMS, conduites addictives, équilibre vie pro/vie perso) et à un échange rapide sur les difficultés du moment. Le cadre général est décrit p. 9 et peut être adapté dans les CH, cliniques, MSP, EHPAD et structures médico-sociales.

  3. Renforcer la qualité du DUERP et du PAPRIPACT avec un focus sur les soignants de nuit, les AS et AES : utiliser les constats du dossier pour actualiser la cartographie des risques et associer systématiquement les équipes de soins, les représentants du personnel et les infirmiers santé au travail à l’analyse des risques et à la priorisation des actions. Les recommandations figurent p. 11–12 et p. 14.

  4. Mobiliser les dispositifs nationaux pour les étudiants et jeunes professionnels : diffuser l’information sur la CNAE, identifier ou désigner des référents locaux bien visibles par les étudiants, et organiser des relais entre la CNAE, les services de santé universitaires, les directions de formation et les futurs dispositifs type ONVS 2.0. Les éléments pratiques figurent p. 8 (focus étudiants).

  5. Préparer localement la candidature au futur label « 3S » (Santé et soins des soignants) : cartographier les actions existantes (QVT, prévention, santé au travail, soutien psychologique), identifier les gaps au regard des exigences probables du label, et articuler ces actions avec le DUERP, le PAPRIPACT, les CPOM et les démarches d’amélioration continue. Les orientations sont décrites p. 9 (axe 2) et p. 11 (ancrage dans la certification HAS).

4. Références complémentaires 

🔍➕ Pour plus d'informations, voir les articles référencés par "Pratiques en Santé" sur le thème santé et travail ➡️🔗 https://pratiquesensante.odoo.com/4-3-sante-et-travail

  1. Observatoire Odoxa–MNH – « État de santé des soignants et des personnels hospitaliers – Vague 3 » (2023) et vagues ultérieures (vagues 4–5, 2024–2025) : baromètres réguliers sur la santé physique, mentale, le sommeil, la satisfaction au travail et les comportements de santé des soignants, utiles pour compléter et actualiser les chiffres du dossier. https://www.odoxa.fr/wp-content/uploads/2025/05/Observatoire-ODOXA-MNH-Mai-2025.pdf


  2. Ministère de la Santé – « Rapport sur la santé des professionnels de santé » (version PDF mise en ligne le 9 octobre 2023, actualisée dans les références en 2024–2025) : analyse détaillée des déterminants, des dispositifs existants et des recommandations qui structurent le plan présenté dans le dossier de presse. - https://sante.gouv.fr/ministere/documentation-et-publications-officielles/rapports/sante/article/rapport-sur-la-sante-des-professionnels-de-sante


  3. Article de synthèse – WEKA, « Portail, numéro d’appel, label : des mesures pour améliorer la santé des soignants » (21 mai 2026) : décryptage des mesures du plan, utile pour croiser les informations, situer ce dossier de presse dans le paysage des réformes et identifier les implications pour les employeurs. https://www.weka.fr/actualite/professionnels-de-sante/article/portail-numero-d-appel-label-des-mesures-pour-ameliorer-la-sante-des-soignants-130552/

5. Foire aux questions (FAQ)

  1. À qui s’adresse ce plan sur la santé des professionnels de santé ?

    Le plan vise l’ensemble des professionnels de santé (hospitaliers, libéraux, médico-sociaux), les étudiants et internes, ainsi que les personnels d’appui (aides-soignants, AES, infirmiers santé au travail), en mobilisant une gouvernance qui associe ministères, agences, ordres, syndicats et associations étudiantes. Cette cible large est détaillée dans l’éditorial, les axes, et l’annexe sur la comitologie (p. 5–7, 11–13, 15).

  2. Quels sont les principaux problèmes de santé identifiés chez les soignants ?

    Le dossier met en avant une fréquence élevée de maladie récente (46%), de fatigue (64%), de douleurs chroniques (60%), de difficultés de concentration (79%), de troubles du sommeil (6 sur 10) et de mauvaise santé mentale (29%), avec aussi une forte prévalence de comportements nocifs (54%). Ces constats figurent dans les encadrés de chiffres clés et s’appuient sur le rapport 2023 et l’observatoire Odoxa–MNH (p. 5, 8, 10, 12, 14).

  3. En quoi consiste le portail commun d’informations et à quoi servira le numéro unique ?

    Le portail regroupera, sur un site unique, l’ensemble des dispositifs de soutien existants (écoute, accompagnement, ressources, formations) et les mettra à disposition des professionnels de santé et des étudiants, avec un référencement des formations disponibles et des outils opérationnels. Le numéro d’appel associé orientera les professionnels vers les dispositifs territoriaux adéquats et facilitera l’accès à une ligne d’écoute et d’appui (p. 7).

  4. Qu’est-ce que les « minutes prévention » et comment les mettre en œuvre ?

    Les « minutes prévention » sont des temps très courts, collectifs et participatifs, à intégrer dans le fonctionnement courant des structures (staffs, réunions, transmissions) pour diffuser la culture de prévention, rappeler des réflexes simples et valoriser la prévention du quotidien. Le dossier insiste sur la nécessité de déployer, promouvoir et inscrire ces minutes dans l’ensemble des organisations de soins pour favoriser un changement culturel (p. 9).

  5. Que recouvre le label national « 3S – Santé et soins des soignants » ?

    Le label « 3S » vise à encourager et valoriser les établissements qui s’engagent fortement en matière de santé des soignants, en reconnaissant leurs initiatives autour de la prévention, de la santé au travail et du soutien aux équipes. Il pourrait être intégré aux CPOM et éventuellement à la certification HAS, renforçant ainsi le pilotage régional et l’inscription durable de la santé des soignants dans les engagements institutionnels (p. 9–11).

  6. Comment le plan prend-il en compte les spécificités des professionnels de nuit ?

    La mesure 13 reconnaît les contraintes particulières des professionnels de nuit (horaires décalés, désynchronisation des rythmes biologiques, isolement) et préconise de favoriser des pauses effectives pendant le service, des temps de récupération après le travail, voire de courtes siestes, ainsi qu’une adaptation des services administratifs à leurs horaires atypiques. Ces orientations, détaillées p. 14, visent à limiter la fatigue et à faciliter l’accès aux droits et démarches.

  7. Comment sera assuré le suivi du plan et l’évolution des actions ?

    Le suivi est confié à un comité piloté par Philippe Denormandie et Nicolas Delmas, réunissant un comité plénier (fédérations employeurs, ordres, syndicats, associations étudiantes, acteurs du sujet) et un comité stratégique avec les directions d’administration centrale, opérateurs, agences et organismes (ANAP, ANACT, EHESP, SPF, HAS, CNAM, CNSA). De nouveaux groupes de travail (étudiants/internes, addictions, parentalité/maternité, dispositifs médicaux/innovations préventives, médico-social) permettront d’enrichir et d’ajuster les actions au fil du temps (p. 15).

6. Réécriture en FALC 

Titre

Santé des soignants : un plan pour mieux les protéger.

Contexte et enjeux (FALC)

  • Beaucoup de soignants sont fatigués et souvent malades.

  • Ils dorment mal et ont parfois des douleurs qui durent.

  • Leur santé mentale est plus mauvaise que celle des autres personnes.

  • L’État veut mieux les protéger au travail et dans leur vie.

  • Ce plan concerne tous les soignants et les étudiants en santé.

Ce que le plan propose (FALC)

  • Créer un site internet unique avec un numéro de téléphone pour aider les soignants.

  • Ajouter un module dans les formations pour apprendre à prendre soin de soi.

  • Soutenir des recherches sur la santé des soignants.

  • Mettre de petits temps « minutes prévention » dans les équipes pour parler santé.

  • Donner un label « 3S » aux établissements qui protègent bien leurs soignants.

  • Rendre les soins aux soignants plus confidentiels, pour qu’ils n’aient pas peur d’être vus comme patients.

  • Mieux utiliser les outils de prévention au travail (DUERP, PAPRIPACT).

  • Mieux reconnaître les risques pour les aides-soignants et AES.

  • Prendre en compte les besoins des soignants de nuit : pauses, repos, démarches plus simples.

Points clés en FALC

  • Beaucoup de soignants se sentent très fatigués et stressés.

  • Les soignants sont parfois moins bien suivis en santé que leurs patients.

  • Le plan veut changer l’organisation du travail pour protéger la santé des équipes.

  • Les directions d’établissements doivent utiliser les outils de prévention avec les équipes.

  • Un comité national suit le plan et crée des groupes de travail (étudiants, addictions, parentalité, médico-social).

7. Analyse transversale — Valeurs de Pratiques en Santé

  • Littératie : le document reste institutionnel et assez technique ; il ne propose pas d’outils directement adaptés à des niveaux de littératie variés, mais encourage des pratiques de prévention qui pourront être déclinées localement.

  • Empowerment : le plan insiste sur la capacité des soignants à être « acteurs de leur propre santé » via un module de formation, mais la participation directe des bénéficiaires à la conception des mesures reste peu explicite.

  • Participation : les mesures sont présentées comme issues d’une concertation avec les acteurs du système de santé, mais les modalités concrètes de co-construction (ateliers, consultations, co-design) ne sont pas détaillées.

  • Santé communautaire : la dimension collective est présente via les « minutes prévention » en équipe et la mobilisation nationale, mais l’ancrage dans des communautés locales de soignants (territoires, réseaux, pair-aidance) n’est que suggéré.

  • Éthique : l’éditorial pose clairement une exigence éthique de « prendre soin de ceux qui prennent soin » et le plan inclut la confidentialité des soins pour les soignants et la lutte contre les violences, mais n’aborde pas en détail les biais culturels ou sociaux.

  • Droits humains : les mesures vont dans le sens d’une meilleure protection de la santé et de la vie privée des professionnels, avec une attention à l’équité entre métiers, mais sans référence explicite aux cadres droits humains ou à l’intersectionnalité.

  • Intersectorialité : la gouvernance associe santé, travail, enseignement supérieur, agences nationales, assurances et médico-social, ce qui renforce l’intersectorialité dans la mise en œuvre.

  • Partenariat : des modèles de collaboration sont esquissés via le comité de suivi et les groupes de travail multi-acteurs, mais les modalités pratiques de partenariat local (ex. ARS–établissements–collectivités) restent à préciser.

  • Lutte contre les discriminations : les discriminations ne sont pas traitées comme thématique centrale ; le document évoque surtout les violences et la confidentialité, sans aborder explicitement le non-jugement, la diversité ou les discriminations internes à la profession.

8. Évaluation de la fiabilité de la ressource

  • Pertinence scientifique : le dossier s’appuie sur un rapport officiel de 2023 sur la santé des professionnels de santé, sur les données de la DREES et sur les résultats de l’observatoire Odoxa–MNH, sources reconnues et actualisées. Il ne détaille pas la méthodologie des enquêtes, ce qui est normal pour un dossier de presse, mais renvoie implicitement à des travaux rigoureux et publiés ; pour une analyse scientifique approfondie, il faut compléter par le rapport complet et les rapports Odoxa–MNH.

  • Pertinence opérationnelle : la ressource est très adaptée aux décideurs institutionnels et cadres de santé, car elle explicite des axes, des mesures et une gouvernance claire, avec des leviers réglementaires (DUERP, PAPRIPACT, certification, CPOM) directement actionnables. En revanche, elle reste peu outillée pour une appropriation directe par les soignants eux-mêmes (peu de fiches pratiques, outils concrets ou exemples d’actions locales), ce qui demandera un travail de traduction et d’adaptation pour les équipes de terrain.


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