🔦 🔍 Santé mentale à l'École et à l'Université : 28 450 saisines en 2025 (+20 %), et des dizaines de récits où la lourdeur administrative aggrave une souffrance déjà installée. 💡 Le rapport livre 15 recommandations concrètes — du repérage précoce à l'accueil humain aux moments critiques (affectation, examens, résultats). ⚠️ À lire pour comprendre pourquoi l'offre de soutien existe… mais n'atteint pas ceux qui en ont besoin. #SantéMentale #PromotionSanté
📌Ce rapport documente, cas par cas, le moment précis où une procédure administrative devient un facteur aggravant de la souffrance psychique : une inscription annulée pour un mail tombé dans les spams, une note incomprise, un trop-perçu réclamé pendant un arrêt maladie. C'est un matériau rare : des situations réelles, tracées, avec l'issue obtenue après médiation.Utilité concrète : il fournit des cas d'école directement mobilisables en analyse de pratiques, un état des lieux chiffré du mal-être des élèves, des étudiants et des agents, et 15 recommandations opérationnelles qui décrivent noir sur blanc ce qui manque dans les dispositifs actuels.Pour qui travaille sur le repérage précoce, la littératie administrative ou l'accès aux droits, c'est un révélateur de la barrière invisible entre l'offre existante et le recours effectif
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1. RÉSUMÉ ANALYTIQUE
Une institution qui produit elle-même une part du mal-être qu'elle constate
En 2025, le réseau de médiation (15 collaborateurs et près de 100 médiateurs académiques) a traité 28 450 saisines, soit +20 % en un an et près de +60 % en cinq ans (p. 8, p. 16). 76 % émanent des usagers, 24 % des personnels. Le rapport ne prétend pas dresser un bilan de la santé mentale : il documente les points de friction du fonctionnement institutionnel qui provoquent ou amplifient une souffrance psychique préexistante (p. 12, p. 47). Près de 450 saisines mentionnent explicitement un mal-être chez un élève ou un étudiant — chiffre reconnu comme sous-évalué, en hausse de +66 % dans le premier degré et +48 % dans le second en quatre ans (p. 48). Les saisines liées au harcèlement et aux violences sont passées de 275 en 2020 à 970 en 2025 (p. 9) ; les signalements de maltraitances subies par des élèves atteignent 1 000 dossiers en décembre 2025, contre 400 par an en 2023-2024 (p. 16).
Des recommandations centrées sur l'accueil humain et la lisibilité des procédures
Le document formule 15 recommandations (ReMedia 2025-1 à 2025-15, p. 122-131), structurées en trois volets : élèves, étudiants, personnels. Les leviers proposés sont opérationnels et peu coûteux à décrire : cellules d'accueil aux périodes critiques (affectations, inscriptions aux examens, résultats), « mallette des parents » en ligne intégrant une réglementation des examens simplifiée et compréhensible par tous, généralisation d'une consultation gratuite en santé mentale à l'entrée dans l'adolescence, doublement du nombre d'infirmières scolaires, protocole d'accompagnement des agents en souffrance avec référent institutionnel dédié, explication systématique des réponses négatives. Le fil conducteur : la qualité de la communication est un déterminant de santé, pas un supplément d'âme.

Les 15 recommandations
Élèves
- 1. Renforcer la formation des personnels pour mieux identifier les besoins des élèves vulnérables et les accompagner
- 2. Assurer une communication fiable et mieux partager l'information
- 3. Réduire la pression des évaluations et restaurer la confiance dans la notation
- 4. Soutenir la construction sereine du projet d'orientation des élèves, notamment les plus fragiles
- 5. Mieux accompagner les élèves, faciliter le repérage précoce des problèmes de santé mentale pour mieux y répondre
Étudiants
- 6. Poursuivre les efforts de transparence de Parcoursup pour réduire l'incertitude vécue par les futurs étudiants
- 7. Mieux faire connaître les règles d'évaluation et de diplomation, notamment pour le DN MADE
- 8. Vingt ans après la loi sur le handicap, clarifier et mieux informer sur les procédures administratives qui permettent de mettre en œuvre l'inclusion des étudiants
- 9. Assurer l'accompagnement humain et les conditions matérielles de vie des étudiants afin de sécuriser leurs parcours et d'améliorer leur bien-être
Personnels
- 10. Prévoir un protocole d'actions pour permettre l'accompagnement au plus près des agents en souffrance au travail
- 11. Mieux appliquer la réglementation du congé pour invalidité temporaire imputable au service (Citis) concernant les dommages psychiques
- 12. Améliorer les processus et les outils de gestion pour les adapter aux spécificités de situation des contractuels
- 13. Veiller à la cohérence entre les projets de carrière et leur mise en œuvre administrative
- 14. Mieux organiser les conditions de retour d'un détachement ou d'un congé long
- 15. Améliorer la qualité et la réactivité de réponse aux agents
2. POINTS CLÉS DU DOCUMENT
1. Le volume et la nature des saisines changent de régime. 28 450 saisines traitées, +20 % en un an contre +16 % en 2024 et +12 % en 2023 : l'accélération est nette (p. 8). 93 % ont été clôturées avant le 31 décembre, 92 % en moins de trois mois, 74 % en moins d'un mois ; dans 78 % des cas où le médiateur est intervenu, la situation ou la compréhension du réclamant s'est améliorée (p. 9). Le domaine « vie quotidienne et conflits en établissement » explose : +136 % sur cinq ans (p. 9).
2. Les données étudiantes convergent vers un tableau lourd. Le baromètre Ipsos-BVA de septembre 2025, cité en p. 74, indique que moins d'un étudiant sur deux (45 %) s'estime en bonne santé mentale, que 60 % présentent une suspicion de souffrance psychologique (contre 36 % en population générale), que 63 % lient leurs difficultés à leurs études et que 38 % envisagent d'interrompre leur cursus pour ce motif. Les étudiantes sont plus exposées : 37 % se disent en bonne santé mentale contre 53 % des hommes, et 30 % déclarent avoir subi plusieurs formes de violences (p. 75).
3. Le fossé entre l'offre de soutien et le recours effectif est chiffré. 64 % des étudiants savent que leur établissement propose des dispositifs, mais 54 % ne savent pas vers qui se tourner et 55 % n'y auraient pas recours (p. 75). Seulement 51 saisines en 2025 évoquent directement un trouble psychique — contre 3 en 2022 (p. 75). Le tabou, l'isolement (57 % en première année) et la méconnaissance des ressources sont identifiés comme les freins principaux.
4. L'évaluation et l'orientation sont décrites comme des foyers d'anxiété structurels. Le contrôle continu, dont les notes déterminent l'accès à l'enseignement supérieur, génère une pression continue de la 3e à la terminale (p. 56-58). Le rapport documente aussi un point aveugle : les élèves qui composent sur ordinateur en compensation d'un handicap font l'objet de suspicions de fraude qui les fragilisent davantage (p. 59-60). Environ 15 % des étudiants « s'évaporent » en L1 et 192 000 cherchent à se réorienter via Parcoursup en 2025 (p. 81).
5. Les personnels contractuels sont le point de rupture du système RH. 6 228 saisines de personnels en 2025 (+23 % en un an, +78 % en dix ans) ; celles des non-titulaires progressent de +42 % en un an et +170 % en cinq ans (p. 96-97). 43 % portent sur des questions financières (+200 % en cinq ans). Le mécanisme est identifié : en l'absence de subrogation, les contractuels en arrêt maladie perçoivent directement les indemnités journalières puis se voient réclamer des trop-perçus, avec des modalités de calcul incompréhensibles (p. 113-118). La subrogation n'est généralisée que pour 2027.
3. PISTES D'ACTION POUR LES ACTEURS LOCAUX
1. Reprendre le protocole santé mentale comme socle de coordination locale. Le protocole en cinq étapes (repérer, alerter, évaluer, adresser, suivre) est décrit p. 47 et adossé à la démarche École promotrice de santé et au label Édusanté. Point de vigilance à porter en réunion partenariale : le rapport signale que seuls 1,6 % des personnels des EPLE sont formés en santé mentale (note p. 69). La formation, pas le document, est le goulot d'étranglement.
2. S'inspirer du guide de retour en établissement du département du Tarn (p. 52). Ce guide, cosigné par l'élève, la famille, le chef d'établissement, le service médico-social de l'éducation nationale et le service de soins, formalise le mode de scolarisation, l'articulation soins/scolarité, les référents des deux côtés et le calendrier des bilans intermédiaires. C'est un modèle transposable de contractualisation école-santé.
3. Installer un point d'accueil humain aux périodes critiques (p. 123, ReMedia 2025-2). Affectations, inscription aux examens, publication des résultats : ce sont les moments où les saisines et les décompensations se concentrent. Une permanence physique, portée par des personnels volontaires formés, coûte peu et évite des ruptures de parcours.
4. Traiter la lisibilité de la réglementation comme un enjeu de littératie en santé (p. 123). Le rapport recommande explicitement une réglementation des examens « sous une forme simplifiée et compréhensible par tous ». Les cas des p. 51-54 montrent qu'une famille maîtrisant mal la langue ou le numérique peut perdre le bénéfice d'épreuves de remplacement. Une reformulation FALC des procédures d'examen et d'inscription est une action de prévention.
5. Cartographier et rendre visibles les ressources existantes auprès des étudiants (p. 87). Cnaé (0 800 737 800, gratuit et confidentiel), Santé Psy Étudiant (jusqu'à 12 consultations gratuites, réseau de 1 900 psychologues, 62 services de santé étudiante), Nightline, 24 BAPU. L'enjeu n'est pas de créer, mais de combler le déficit d'accès documenté (54 % ne savent pas vers qui se tourner). Prévoir des supports courts, visuels, diffusés par les pairs.
6. Ouvrir le sujet des trop-perçus et de la subrogation dans les instances de dialogue social (p. 113-118). Pour les AESH et contractuels non enseignants — public souvent précaire et féminisé — le rapport propose, dans l'attente de Gape et de la subrogation (2027), une cellule de rentrée académique dédiée aux attestations de retour à l'emploi et un courrier explicatif détaillé en cas de récupération (somme, date, motif). Besoin non couvert identifié : aucun dispositif d'avance de trésorerie n'est prévu.
4. RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES
🔍➕ Pour plus d'informations, voir les articles référencés par "Pratiques en Santé" sur le thème santé et travail ➡️🔗
1. CESE — La santé mentale et bien-être des enfants et des jeunes : un enjeu de société (avis adopté le 14 octobre 2025, rapporteur Helno Eyriey). Complémentaire méthodologiquement : l'avis a été co-construit avec un panel de 20 jeunes de 12 à 18 ans tirés au sort, dont le rapport est annexé. Il apporte la dimension participative absente du rapport de la médiatrice. 🔗 https://www.lecese.fr/travaux-publies/la-sante-mentale-et-bien-etre-des-enfants-et-des-jeunes-un-enjeu-de-societe (URL vérifiée)
2. Éduscol / DGESCO — Agir pour favoriser la santé mentale et le bien-être des élèves (page ressource actualisée ; notice du protocole santé mentale, juin 2025). Contient le protocole-cadre en cinq étapes, les fiches d'alerte, le cadre des personnels « repères en santé mentale » et les supports de formation. C'est l'outillage opérationnel de ce que le rapport recommande. 🔗 https://eduscol.education.gouv.fr/5958/agir-pour-favoriser-la-sante-mentale-et-le-bien-etre-des-eleves (URL vérifiée)
3. Santé publique France — Référentiel opérationnel compétences psychosociales, tome 1 (2025), et programme d'action CPS (kit de formation, fiches intervenants, grilles d'auto-évaluation de la qualité de l'intervention). Complémentaire sur le versant promotion de la santé : là où la médiatrice traite du réparateur, ce référentiel outille le préventif, dans le cadre de la stratégie interministérielle CPS 2022-2037. 🔗 https://www.santepubliquefrance.fr/competences-psychosociales/le-programme-daction-de-sante-publique-france-sur-les-competences-psychosociales (URL vérifiée)
5. FOIRE AUX QUESTIONS
1. Le médiateur peut-il être saisi directement pour un problème de santé mentale ?
Non, ce n'est pas sa porte d'entrée. Le rapport indique que les médiateurs sont « très rarement sollicités directement sur la santé mentale » (p. 46, p. 75) : la souffrance apparaît incidemment, à l'occasion d'un litige sur une note, une affectation, une bourse ou un contrat. C'est précisément ce qui fait la valeur du matériau : il révèle des situations qui n'auraient jamais été signalées comme telles.
2. Le harcèlement relève-t-il de la médiation ?
En principe non (p. 9). Le harcèlement relève de dispositifs spécifiques à l'éducation nationale (pHARe, 3018) ou de procédures pénales, parfois des deux. Le rapport précise toutefois que les médiateurs « peuvent être des vigies » et faire le lien entre niveaux de responsabilité. En pratique, les saisines mentionnant harcèlement ou violence sont passées de 275 (2020) à 970 (2025).
3. Que contient concrètement le protocole santé mentale des élèves ?
Cinq étapes : repérer, alerter, évaluer, adresser, assurer un suivi (p. 47). Il mobilise une équipe ressource, s'appuie sur les personnels sociaux et de santé, et prévoit des personnels « repères en santé mentale » dans chaque établissement du second degré et chaque circonscription du premier. Il précise le circuit de communication vers les familles et les règles de confidentialité.
4. Qu'est-ce qui bloque, pour les contractuels, en cas d'arrêt maladie ?
L'absence de subrogation (p. 113-118). L'agent perçoit directement les indemnités journalières de la CPAM tout en continuant à être payé par l'administration : il en résulte un trop-perçu réclamé ensuite, dont le calcul est « très difficile à comprendre » (p. 118). Généralisation de la subrogation prévue pour 2027. Le rapport recommande, d'ici là, un courrier d'accompagnement détaillé (somme, date, motif).
5. Pourquoi les élèves en situation de handicap sont-ils particulièrement exposés lors des examens ?
Deux mécanismes documentés. D'une part, l'usage d'un ordinateur en compensation du handicap déclenche des suspicions de fraude vécues comme une mise en cause de leur honnêteté (p. 59-60). D'autre part, les aménagements d'évaluation, mal explicités, créent des malentendus sur le niveau réel de l'élève, générant « de faux espoirs et des déceptions » au moment de l'orientation (p. 70-71, ReMedia 2025-4).
6. Le rapport dit-il que l'École rend les jeunes malades ?
Non, et il est prudent sur ce point. Il rappelle que l'origine du mal-être est « très controversée » et résulte largement de facteurs extérieurs (pandémie, contexte international, usages du numérique, p. 46). Sa thèse est plus précise : le fonctionnement du système peut provoquer, amplifier ou aggraver des troubles latents ou existants, et entretenir un sentiment d'isolement et d'insécurité (p. 12, p. 122).
7. Quels dispositifs de soutien existent pour les étudiants, et sont-ils utilisés ?
Santé Psy Étudiant (jusqu'à 12 consultations gratuites par an, 1 900 psychologues conventionnés, 62 services de santé étudiante), la Cnaé (plateforme d'écoute, 0 800 737 800), Nightline, 24 BAPU (p. 87). Le recours reste faible : 55 % des étudiants n'y auraient pas recours et 54 % ne savent pas vers qui se tourner (p. 75). Le rapport parle d'un « fossé » entre l'offre et le besoin.
6. RÉÉCRITURE EN FALC
Ce document, c'est quoi ?
C'est un rapport sur l'école et l'université.
Il a été écrit par la médiatrice de l'Éducation nationale.
La médiatrice aide les gens qui ont un problème avec l'école.
Elle écoute. Elle explique. Elle cherche une solution.
Ce que le rapport a trouvé
Beaucoup de gens demandent de l'aide.
En 2025, la médiatrice a reçu 28 450 demandes.
C'est 20 % de plus qu'en 2024.
Ces demandes viennent des élèves, des familles, des étudiants.
Elles viennent aussi des adultes qui travaillent à l'école.
Beaucoup de jeunes vont mal.
Ils sont stressés par les notes.
Ils sont stressés par le choix de leur métier.
Certains ont peur d'aller à l'école.
Certains sont malades dans leur tête.
Les papiers sont trop compliqués.
Une famille peut se tromper dans un formulaire.
Un mail important peut se perdre.
Alors l'élève perd sa place à l'examen.
Cela rend l'élève encore plus triste.
Parfois, cela devient très grave.
Les étudiants sont souvent seuls.
Un étudiant sur deux dit qu'il ne va pas bien.
Beaucoup ne savent pas à qui parler.
Pourtant, il existe des psychologues gratuits.
Mais les étudiants ne les connaissent pas.
Les adultes qui travaillent à l'école vont mal aussi.
Surtout ceux qui ont un contrat court.
Quand ils sont malades, on leur demande de rendre de l'argent.
Ils ne comprennent pas pourquoi.
Cela leur fait beaucoup de souci.
Ce que la médiatrice demande
- Former les adultes de l'école.
Ils doivent savoir voir quand un jeune va mal. - Écrire les règles avec des mots simples.
Les familles doivent comprendre les règles des examens. - Accueillir les gens en vrai.
Il faut des personnes à qui parler.
Surtout aux moments difficiles : les résultats, les inscriptions. - Voir un psychologue gratuitement.
Chaque jeune doit pouvoir le faire. - Aider les adultes qui souffrent au travail.
Chaque personne doit avoir un adulte référent.
Il faut toujours expliquer un refus.
7. ANALYSE TRANSVERSALE — VALEURS DE PRATIQUES EN SANTÉ
Littératie : le rapport identifie la complexité réglementaire comme une cause directe de souffrance et recommande explicitement une réglementation des examens « simplifiée et compréhensible par tous » (p. 123) — c'est une demande de littératie administrative, même si le mot n'est pas employé ; il ne fournit toutefois aucun outil FALC ni support adapté.
Empowerment : faible. Les élèves, étudiants et agents sont présents comme réclamants et victimes, pas comme co-concepteurs ; le dispositif « Parcours pour la réussite » (p. 52-53), avec son contrat d'engagement mutuel signé par l'élève, est l'une des rares exceptions.
Participation : aucun mécanisme de co-construction n'est décrit dans l'élaboration du rapport lui-même ; le suivi des recommandations est un dialogue strictement interne entre la médiatrice et les directions d'administration centrale (p. 11, p. 132).
Santé communautaire : la dimension collective est absente. L'entrée est individuelle (le cas, la saisine, la solution personnalisée) ; la notion d'alliance éducative (p. 51) et la démarche École promotrice de santé (p. 47) sont les seuls points d'appui collectifs mentionnés.
Éthique : le rapport identifie explicitement un biais de traitement — l'« égalité de traitement » invoquée par l'administration produit une inégalité réelle pour les candidats en souffrance psychique (p. 51-52) — et un biais de correction envers les élèves composant sur ordinateur (p. 59-60).
Droits humains : l'approche est ancrée dans les droits de l'enfant (droit à l'éducation, droit d'être entendu, droit à la protection contre les violences, p. 9), avec un adossement institutionnel à la Défenseure des droits (p. 17).
Intersectorialité : effective et concrète — l'articulation école / soins / social est le levier central des bonnes pratiques citées (guide du Tarn cosigné par le service de soins, p. 52 ; tiers-lieux orientant vers Mon suivi psy et les Maisons des adolescents, p. 125 ; Psytruck du CHU de Nîmes, p. 76).
Partenariat : oui, formalisé par des supports contractuels : le guide du Tarn engage cinq signataires, le « Parcours pour la réussite » repose sur un contrat d'engagement mutuel avec une équipe pluridisciplinaire (p. 52-53).
Lutte contre les discriminations : le sujet est présent mais périphérique. Le rapport mentionne les discriminations subies (p. 63 : une famille vit un refus d'orientation « comme une discrimination »), le stigmate du handicap aux examens, et la contribution de la médiation aux travaux de la Défenseure des droits sur les discriminations fondées sur l'origine chez les 15-26 ans (p. 17). La dimension de genre est constatée (surexposition des filles et des étudiantes) mais n'est pas suivie d'une recommandation dédiée — c'est une lacune notable.
8. ÉVALUATION DE LA FIABILITÉ DE LA RESSOURCE
Pertinence scientifique — moyenne à correcte, avec réserves méthodologiques fortes
Le rapport ne prétend pas être une étude et le dit (p. 46, p. 47). Il mobilise correctement des sources externes récentes et identifiables (DREES / Santé publique France, OVE juillet 2025, Cour des comptes 2025, CESE octobre 2025, baromètre Ipsos-BVA septembre 2025) et les cite avec des URL. Mais ses données propres présentent trois limites structurelles :
- Biais d'auto-sélection majeur. Les saisines émanent de personnes qui savent que la médiation existe, savent l'utiliser et osent réclamer. Le rapport reconnaît d'ailleurs que la hausse est « sans doute pour partie liée au renforcement de la visibilité des médiateurs » (p. 8). Aucune conclusion de prévalence ne peut en être tirée.
- Comptage déclaratif et non standardisé. Les « 450 saisines mentionnant un mal-être » dépendent de ce que le médiateur a saisi dans une case « analyse » ; le rapport indique lui-même que le nombre réel est « beaucoup plus important » (p. 48). L'indicateur est donc non reproductible.
- Source auto-intéressée. Le document est produit par la médiation, sur son propre travail, et conclut à la nécessité d'étendre la médiation. Le taux de réussite affiché (78 %, p. 9) est auto-évalué, sans définition explicite du succès ni contrôle externe.
Incohérences internes relevées : le dispositif Santé Psy Étudiant est crédité de « plus de 860 000 consultations » p. 76 et de « 880 000 consultations » p. 87. La hausse des saisines des non-titulaires est donnée à « +173 % depuis cinq ans » p. 8 et « +170 % sur les cinq dernières années » p. 96 et p. 127. Le volume total oscille entre « 28 450 » (p. 8) et « près de 28 500 » (p. 16). La Grande cause nationale est présentée tantôt comme portant sur 2026 (note p. 12), tantôt comme désignée en 2025 et prolongée en 2026 (p. 74, p. 125) — la seconde formulation est la bonne.
Point non vérifiable : les cas de saisine sont anonymisés et non sourçables ; ils ont valeur d'illustration, pas de preuve.
Pertinence opérationnelle — élevée
Les recommandations sont précises, adressées, et souvent immédiatement transposables : guide de retour en établissement, cellule d'accueil aux périodes critiques, courrier explicatif en cas de trop-perçu, explication systématique des refus. Les deux « bonnes pratiques » documentées (Tarn, Pays de la Loire) sont décrites avec assez de détail pour être répliquées. Le chapitre de suivi des recommandations antérieures (p. 132-171) permet de voir ce qui a effectivement bougé — c'est un exercice de redevabilité rare et utile.
Limite d'usage : les recommandations sont non contraignantes. Elles s'adressent à l'administration centrale, pas aux acteurs de terrain. Un professionnel local y trouvera un argumentaire et des modèles, pas un mandat.
10. HASHTAGS STRATÉGIQUES
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