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Rapport annuel 2025 du Conseil d'évaluation de l'École (CEE)

✍️ Conseil d'évaluation de l'École (CEE) - 2026
18 juillet 2026 par
Rapport annuel 2025 du Conseil d'évaluation de l'École (CEE)
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🔦 🔍💡 Évaluation des établissements : le bien-être des élèves (psychologique, relationnel, physique), le climat scolaire et l'équité territoriale entrent enfin au cœur du pilotage. 🏫 Une logique d'auto-évaluation collective dont le social et la prévention peuvent s'inspirer.



📌📍 Ce rapport donne à comprendre, de l'intérieur, comment une politique publique d'évaluation systémique s'installe sur cinq ans et bascule d'une logique de contrôle vers une démarche participative fondée sur la donnée. Pour un acteur de la prévention ou du social, l'intérêt est double : un modèle transposable d'auto-évaluation collective (12 points d'entrée, questionnaires à 360°, boucle de rétroaction) et une lecture directe des déterminants de santé traités à l'école — bien-être, climat scolaire, harcèlement, équité sociale et territoriale


Source :     📒 Rapport annuel 2025 du Conseil d'évaluation de l'École (CEE)
✍️ Conseil d'évaluation de l'École (CEE) - 2026

 

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📒 Rapport annuel 2025 du Conseil d'évaluation de l'École (CEE)

Capsules Audio de Pratiques en Santé 🎙️🎥 https://www.youtube.com/watch?v=plUaPRqV2pY


1. RÉSUMÉ ANALYTIQUE

Une politique d'évaluation qui quitte l'expérimentation pour le régime de croisière

Six ans après sa création, le CEE dresse le bilan d'un premier cycle quinquennal (2020-2025) au terme duquel la quasi-totalité des établissements du second degré et plus de 70 % du premier degré ont été évalués. La France, longtemps l'un des derniers pays de l'OCDE sans évaluation systémique de ses écoles, a fait le choix d'évaluer les établissements — et non de contrôler les personnes. Le rapport documente l'entrée dans une deuxième vague (2025-2030), centrée sur l'« après-évaluation » : transformation, formation au leadership des cadres de proximité, et refonte des projets d'établissement en « plans de réussite collectifs ». Les publics concernés sont l'ensemble des acteurs éducatifs (chefs d'établissement, directeurs d'école, enseignants, référents académiques, familles, élèves).

Une boîte à outils méthodologique désormais structurée

Le document présente les innovations instrumentales de la simplification : un référentiel de 12 points d'entrée adossés aux quatre domaines de l'évaluation, une plateforme nationale EOS de dépôt et d'exploitation des rapports (avec module d'IA à la rentrée 2026), quatre questionnaires d'évaluation à 360° (élèves, parents, enseignants, personnels hors enseignants) et un cadre réglementaire actualisé. Il rend compte aussi des travaux de deux comités techniques — formation des enseignants et équité scolaire — qui produisent des ressources directement utilisables : quinze fiches techniques d'auto-évaluation, revues de littérature, enquêtes de terrain sur la mixité sociale.

2. POINTS CLÉS DU DOCUMENT

  1. Les 12 points d'entrée de l'évaluation (p. 16-17) structurent désormais toute la démarche : 3 points pour chacun des 4 domaines. Le deuxième domaine intègre explicitement le bien-être selon quatre dimensions — psychologique, cognitive, relationnelle et physique —, le climat scolaire et la lutte contre le harcèlement, reconnus comme « déterminants majeurs de la réussite éducative ». C'est le point de contact le plus direct avec la santé.
  2. La plateforme EOS (p. 17-18) centralise dépôt, suivi et exploitation des rapports sur une antériorité de trois cycles (15 ans), avec un module d'intelligence artificielle prévu pour la rentrée 2026. La dématérialisation vise à préserver la mémoire institutionnelle au-delà des changements d'équipe — un enjeu transposable à tout dispositif de suivi longitudinal.
  3. La boîte à outils d'auto-évaluation des constellations (p. 9-10) : quinze fiches techniques (juin 2024) organisées en trois volets — Action, Exemples, Approfondissement — expérimentées dans six circonscriptions du Nord (2024-2025). Le principe fondateur : l'évaluation comme objet de formation à part entière, non comme jugement externe.
  4. Le constat sur la ségrégation sociale (p. 10-12) : les revues de littérature et auditions montrent des effets bénéfiques de la mixité sur le climat scolaire et la cohésion, mais un creusement des écarts entre collèges publics et privés (20 points d'écart de familles très favorisées à la rentrée 2022 contre 11 points en 1989). L'enquête de terrain relève une « mixité de fait » rarement accompagnée d'une stratégie pédagogique explicite.
  5. Les chiffres clés 2025 (p. 50-51) : 10 000 écoles et 2 200 établissements évalués, 8 000 évaluateurs dans le 1er degré et 6 000 dans le 2d degré, plus de 900 000 élèves interrogés lors de l'évaluation de leur établissement, 70 référents académiques, 7 coopérations internationales.

3. PISTES D'ACTION POUR LES ACTEURS LOCAUX

  1. Transposer la logique des 12 points d'entrée (p. 16-17) à un diagnostic partagé en structure sociale ou médico-sociale : éviter la dispersion en choisissant un point d'entrée principal par domaine, plutôt qu'un « catalogue d'actions » (écueil identifié p. 37).
  2. S'inspirer de l'architecture des questionnaires à 360° (p. 18) pour objectiver des dimensions difficiles à mesurer — sentiment d'appartenance, qualité des relations, perception de l'environnement — au-delà des seules données administratives immédiatement disponibles (voir l'entretien p. 20).
  3. Mobiliser le triptyque bien-être / climat / harcèlement (p. 16) comme grille d'entrée pour toute action de prévention en milieu scolaire : la reconnaissance institutionnelle des quatre dimensions du bien-être offre un langage commun avec l'Éducation nationale.
  4. Utiliser les trois volets de la boîte à outils (fiches Action, Exemples, Approfondissement — p. 10) comme modèle de conception de ressources : coupler l'opérationnel, l'illustration par transfert d'autres contextes, et l'ancrage théorique/éthique.
  5. Exploiter l'accessibilité élargie des rapports (p. 19) : la note de bas de page précise que l'accessibilité inclut la compréhension — résumé, synthèse, voire traduction par outils d'IA souverains dès septembre 2026. Levier concret pour la littératie et l'inclusion des familles allophones.
  6. Anticiper les indicateurs « santé physique et sport » (p. 49) et le projet « Alumni » de suivi des anciens élèves : ces travaux 2026 ouvrent des points d'articulation entre suivi de cohortes scolaires et déterminants de santé à long terme (à surveiller pour d'éventuels partenariats intersectoriels).

Besoin non couvert identifié : le rapport reconnaît lui-même (édito, p. 2 ; entretien Auverlot p. 25) que la mesure des effets réels sur les résultats et les acquis des élèves reste peu aboutie — « que se passe-t-il après la remise du rapport ? ». L'articulation santé/social/éducatif reste, elle, entièrement à construire côté terrain.

4. RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES

  1. Santé publique France — Les compétences psychosociales : un référentiel opérationnel à destination des professionnels experts et formateurs CPS. Tome 1 (mars 2025, 231 p.). Complémentaire méthodologique direct : les CPS figurent au programme 2028 du CEE (« compétences du XXIe ») et fondent le climat scolaire protecteur. 👉 https://www.santepubliquefrance.fr/competences-psychosociales/le-programme-daction-de-sante-publique-france-sur-les-competences-psychosociales
  2. Santé publique France — La santé mentale et le bien-être des collégiens et lycéens en France (résultats de l'enquête EnCLASS 2024, publiés le 2 juin 2026). Apporte les données épidémiologiques que le rapport CEE ne fournit pas sur le bien-être des élèves. 👉 https://www.santepubliquefrance.fr/presse/sante-mentale-des-enfants-et-des-adolescents-sante-publique-france-publie-de-nouveaux
  3. CESE — Santé mentale et bien-être des enfants et des jeunes : un enjeu de société (avis, octobre 2025, NOR : CESL1100018X). Cadre le bien-être scolaire dans une perspective intersectorielle et de plaidoyer, complément politique du regard technique du CEE. 👉 https://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Avis/2025/2025_18_sante_mentale.pdf

5. FOIRE AUX QUESTIONS (FAQ)

  1. Le CEE évalue-t-il les enseignants individuellement ?
    Non. La démarche évalue l'établissement dans son ensemble, pas les personnes. C'est une distinction fondatrice qui a levé les craintes syndicales du lancement (entretien Gille, p. 23).
  2. Que sont les « 12 points d'entrée » ?
    Un référentiel de 3 points par domaine (4 domaines), couvrant acquis et parcours des élèves, bien-être et climat, stratégie de l'établissement, et environnement partenarial (p. 16-17).
  3. La plateforme EOS est-elle opérationnelle ?
    Pas encore pleinement. Sa finalisation est actée pour 2025, mais l'opérationnalité complète est prévue rentrée 2026, avec quelques mois de retard assumés (p. 2-3, p. 17-18).
  4. Comment sont traités le bien-être et le harcèlement dans l'évaluation ?
    Le bien-être est décliné en quatre dimensions (psychologique, cognitive, relationnelle, physique) ; le climat scolaire est mesuré via incidents/punitions/sanctions ; la lutte contre le harcèlement constitue un point d'entrée dédié (p. 16).
  5. Qui accède aux rapports d'évaluation ?
    Recteur, collectivités territoriales de rattachement, IEN et mairie pour le 1er degré, et l'ensemble de la communauté éducative de l'établissement (avec rappel de confidentialité), p. 19.
  6. Quel outil pour l'auto-évaluation de la formation des enseignants ?
    La boîte à outils d'auto-évaluation des constellations : quinze fiches en trois volets (Action, Exemples, Approfondissement), expérimentée dans le Nord (p. 9-10).
  7. Qu'est-ce qui change dans la deuxième vague (2025-2030) ?
    L'accent passe de l'évaluation elle-même à l'« après » : plans de réussite collectifs, formation au leadership, établissement apprenant, et généralisation des « pépites » de transformation post-évaluation (p. 28-30).

6. RÉÉCRITURE EN FALC

Ce que fait le Conseil d'évaluation de l'École

Le Conseil d'évaluation de l'École s'appelle le CEE.

Le CEE regarde comment travaillent les écoles et les collèges.

Il ne juge pas les enseignants un par un.

Il regarde tout l'établissement ensemble.

Cinq ans de travail

Le CEE a commencé son travail en 2020.

En cinq ans, presque tous les collèges et lycées ont été évalués.

Beaucoup d'écoles ont été évaluées aussi.

Maintenant, une deuxième période commence.

Les points importants

Le CEE utilise 12 points pour évaluer.

Ces points parlent des résultats des élèves.

Ils parlent aussi du bien-être des élèves.

Le bien-être, c'est se sentir bien dans son corps et dans sa tête.

Le CEE regarde aussi le harcèlement à l'école.

Un outil sur ordinateur

Le CEE a créé une plateforme sur ordinateur.

Elle s'appelle EOS.

EOS garde tous les rapports au même endroit.

Comme ça, on ne perd pas la mémoire du travail fait.

Poser des questions à tout le monde

Le CEE pose des questions aux élèves.

Il pose aussi des questions aux parents et aux enseignants.

Ces questions aident à mieux comprendre la vie à l'école.

7. ANALYSE TRANSVERSALE — VALEURS DE PRATIQUES EN SANTÉ

  • Littératie : le rapport prévoit que l'accessibilité des rapports inclue résumés, synthèses et traductions par IA (p. 19), et une version FALC n'est pas fournie mais l'esprit d'accessibilité est présent.
  • Empowerment : les élèves et parents sont sollicités via les questionnaires à 360° (p. 18), mais surtout comme sources de données, peu comme co-concepteurs du dispositif.
  • Participation : la co-construction est affirmée (auto-évaluation collective, mise à disposition des rapports à la communauté éducative, p. 19), mais les élus locaux réclament davantage de place dans l'auto-évaluation (entretien Auverlot, p. 25).
  • Santé communautaire : la dimension collective est centrale — l'évaluation est pensée comme un moment fédérateur de la « communauté éducative » (p. 30).
  • Éthique : un cadre déontologique d'utilisation d'EOS et une charte sont annoncés (p. 3, p. 46) ; les biais culturels/sociaux ne sont pas explicitement problématisés.
  • Droits humains : l'équité (scolaire, sociale, de genre, territoriale) est un prisme transversal des 12 points d'entrée (p. 16), adossé à l'article L. 111-1 du Code de l'éducation.
  • Intersectorialité : partenariats avec la santé (HAS citée comme modèle, p. 30), l'enseignement supérieur (HCERES), l'international (Portugal, Wallonie-Bruxelles, Maroc) sont documentés (p. 40-41).
  • Partenariat : des modèles formalisés existent — accord de coopération signé à Rabat (oct. 2024), réseau EUNEC, comités consultatif et territorial (p. 35, 40-41).
  • Lutte contre les discriminations : la ségrégation sociale entre établissements est traitée frontalement (p. 10-12) ; le non-jugement est évoqué comme condition d'une auto-évaluation sincère (entretien Charbonnier, p. 32).

8. ÉVALUATION DE LA FIABILITÉ DE LA RESSOURCE

Pertinence scientifique : solide. Les comités techniques sont présidés et composés d'universitaires reconnus (Ria, Mathiot, Ben Ayed, Monso, Van Zanten, Demeuse). Les instruments s'ancrent dans un corpus international de référence (PISA, TALIS, TIMSS, PIRLS) et dans des revues de littérature datées (nov. 2023). L'honnêteté est réelle sur un point sensible : le rapport reconnaît lui-même ne pas mesurer les effets sur les résultats des élèves.

Pertinence opérationnelle pour le terrain santé/social : indirecte. C'est un document de gouvernance du secteur éducatif ; les outils directement mobilisables par un acteur de prévention ou du social sont limités. La valeur réside dans la logique d'évaluation transférable et dans les points d'entrée « bien-être » et « équité ».

⚠️ Caveats et incohérences internes à signaler :

  • Chiffres d'évaluateurs divergents : l'édito parle de « plus de 13 000 évaluateurs externes » (p. 2), les chiffres clés totalisent 8 000 + 6 000 = 14 000 (p. 50), et le programme 2026 évoque « plus de 10 000 personnels » ayant réalisé au moins une évaluation (p. 49). Trois ordres de grandeur différents — imprécision à relativiser.
  • Coquille de pied de page : certaines pages d'annexes affichent « RAPPORT ANNUEL 2024 » (p. 44-45) au lieu de 2025.
  • Décalage temporel : intitulé « 2025 » mais nourri d'événements 2026 (nominations, séances plénières de mai 2026). Cohérent pour un rapport rédigé en 2026, mais à garder en tête.
  • Posture pro domo : genre auto-évaluatif, ton globalement valorisant ; peu de voix critiques ou contradictoires (syndicats, chercheurs dissonants). L'indicateur « 75 000 impressions LinkedIn » (p. 51) relève de la communication, non de l'évaluation.

9. HASHTAGS STRATÉGIQUES

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