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Rapport : Beaucoup de soin, mais peu de santé : l’impératif de la prévention

✍️ Rapport d’information n° 789 (2025‑2026), Commission des affaires sociales du Sénat, rapporteurs : Marie‑Do Aeschlimann, Marion Canalès, Nadia Sollogoub ; président : Philippe Mouiller - Juin 2026
1 juillet 2026 par
Rapport : Beaucoup de soin, mais peu de santé : l’impératif de la prévention
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🔦 🔍💡 Prévention en santé : ce rapport du Sénat montre comment sortir d’un système « tout curatif » pour bâtir des parcours de prévention tout au long de la vie. #Prévention #pratiquesensante

🏥📊 Gouvernance, financements, médiation, numérique : des recommandations concrètes pour ARS, collectivités, associations et soignants afin de réduire les inégalités de santé. #SantéPublique #Inégalités



📌Ce rapport donne une vision structurée des failles de la prévention en France : gouvernance, financement, inégalités, outils et dispositifs. Il est particulièrement utile aux responsables de collectivités, coordonnateurs de projets associatifs, ARS et structures médico‑sociales pour orienter leurs stratégies locales. Les professionnels de santé de premier recours peuvent s’en servir pour comprendre les leviers de rémunération, les parcours de prévention et les programmes nationaux. Les responsables d’ONG, de PMI, de santé scolaire et de médiation en santé y trouvent des arguments et recommandations pour sécuriser leurs financements et faire reconnaître leurs pratiques

VIDEO Pratiques en Santé 📒 Rapport : Beaucoup de soin, mais peu de santé : l’impératif de la prévention

🎥 https://www.youtube.com/watch?v=Q4jL1xfrOCo


Source :     📒 Beaucoup de soin, mais peu de santé : l’impératif de la prévention
✍️ rapport d’information n° 789 (2025‑2026), Commission des affaires sociales du Sénat, rapporteurs : Marie‑Do Aeschlimann, Marion Canalès, Nadia Sollogoub ; président : Philippe Mouiller - Juin 2026

 

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1. RÉSUMÉ ANALYTIQUE

Un système de santé bloqué sur le curatif, faute de priorisation politique

Le rapport dresse un constat sévère : la Stratégie nationale de santé 2023-2033, censée structurer la politique de prévention, n'est toujours pas publiée mi-2026, cinq ans après l'échéance de la précédente. Les pathologies chroniques évitables explosent (36,9 % de la population concernée en 2023, 43 % projetés en 2035), tandis que les inégalités sociales de santé se creusent : le tabagisme quotidien touche 25,1 % des ouvriers contre 11,8 % des cadres, et les taux de dépistage organisé des cancers stagnent très en-deçà des objectifs européens depuis quinze ans. La gouvernance, éclatée entre État, Assurance maladie, complémentaires santé, collectivités et associations, fonctionne en silos sans coordination, ce qui dilue l'impact des moyens engagés (8,7 milliards d'euros en 2024).

Des leviers opérationnels pour l'aller-vers et la médiation communautaire

Le rapport valorise explicitement les dispositifs de proximité : médiation sanitaire, tiers-lieux de prévention, médicobus, centres de santé sexuelle communautaires (CSMSS), et pointe l'intérêt de la dimension culturelle dans l'adhésion des publics (cas des Antilles, où la défiance vaccinale post-chlordécone atteint 20 points d'écart avec l'Hexagone). Il formule 29 recommandations concrètes, dont la reconnaissance statutaire des médiateurs en santé, la création d'un carnet de prévention numérique et le déploiement de campagnes ciblées avec influenceurs pour les jeunes publics — autant de pistes directement mobilisables par les structures de terrain pour argumenter auprès de leurs financeurs.

Ce rapport pose un diagnostic lucide sur les failles de la prévention, mais reste très centré sur les leviers institutionnels et macro sans outiller finement les acteurs de terrain au quotidien. Il consacre une place importante au rôle des complémentaires et aux données de santé, ce qui peut inquiéter sur les risques de sélection des risques et de surveillance accrue des assurés. Les publics les plus vulnérables sont bien identifiés, mais les propositions concrètes pour réduire réellement les inégalités de santé restent souvent à un niveau de principe ou de pilotage. Enfin, la mise en œuvre dépend d’une « grande loi » et d’une coalition nationale, ce qui peut retarder des changements rapides dans les pratiques locales.


2. POINTS CLÉS DU DOCUMENT

  1. 44 % de la population française présente un niveau de littératie en santé insuffisant (14,3 % « inadéquat », 29,8 % « problématique »), un facteur directement corrélé à l'adhésion aux dépistages et à la vaccination (p. 128-129).
  2. Le statut de médiateur en santé n'existe toujours pas au niveau législatif, malgré 30 ans de pratique reconnue par l'État ; le financement des postes (750 à 1 000 médiateurs en 2023) repose sur des dispositifs non pérennes (appels à projets, article 51, FIR) — recommandation n° 18 pour une reconnaissance statutaire (p. 171-173).
  3. La dimension culturelle et communautaire de la santé est jugée « largement sous-évaluée, pour ne pas dire globalement ignorée » par les autorités sanitaires, alors qu'elle conditionne l'acceptabilité des campagnes, en particulier en outre-mer et dans les QPV (p. 120-123).
  4. Un quart des maisons sport-santé et des structures d'exercice coordonné participatives (SECPa) sont implantées en QPV, mais leur modèle économique reste fragile, adossé à des appels à projets annuels sans garantie de pérennité (p. 157, p. 228).
  5. La désinformation en santé s'accompagne d'une hausse des dérives sectaires : 37 % des signalements reçus par la Miviludes entre 2022 et 2024 concernent la santé et le bien-être, avec des conséquences documentées sur les refus de vaccination et de traitement (p. 141-143).

Et l'éducation et la promotion de la santé dans ce rapport 

Définitions et place dans le rapport

Le texte reprend la définition de l’OMS : la prévention comme ensemble de mesures pour éviter ou réduire maladies, accidents, handicaps, et la promotion de la santé comme démarche pour rendre individus et groupes acteurs de leur santé. Ces deux concepts sont au cœur du rapport, qui les considère comme complémentaires mais insuffisamment intégrés dans les politiques françaises actuelles. L’éducation à la santé est vue comme un levier central pour construire une « génération prévention » à horizon 2040, dès le plus jeune âge.

Éducation et promotion de la santé à l’école

Le rapport pointe un déficit majeur : les enseignements censés favoriser l’éducation à la santé et la promotion de la santé sont « très imparfaitement assurés ». Il mentionne explicitement l’insuffisance des cours d’éducation à la vie affective et sexuelle, des visites médicales, et le délabrement de la santé scolaire comme signaux de la faiblesse de la culture de prévention dans le système éducatif. Les rapporteurs proposent de sanctuariser des « temps de la prévention » dans l’année scolaire et de développer la démarche des écoles promotrices de santé, en lien avec la stratégie OMS/UNICEF sur les écoles santé. Ils suggèrent de renforcer la littératie en santé en l’intégrant aux enseignements d’éducation aux médias et à l’information, pour que les élèves apprennent tôt à décoder les messages de santé et les infox.

Promotion de la santé dans les autres lieux de vie

La promotion de la santé est élargie à d’autres espaces : entreprises, tiers‑lieux, établissements de santé, médecine de ville, services de PMI et de santé scolaire. L’entreprise est identifiée comme un terrain central, avec une double logique : diffusion des campagnes de prévention via l’Assurance maladie et programmes personnalisés des complémentaires santé, articulés aux caractéristiques des salariés. Les rapporteurs veulent faire des services de PMI et de santé scolaire des « piliers » de la prévention, en renforçant leur capacité à assurer des actions éducatives précoces, des dépistages, des accompagnements parentaux. Cette vision s’inscrit dans une approche One Health / santé communautaire, où les déterminants de santé sont travaillés dans la cité et pas seulement dans les structures de soins.

Littératie et outils numériques au service de la promotion

Le rapport insiste sur la littératie en santé, jugée insuffisante pour environ 44% de la population, et la considère comme un obstacle majeur à la participation aux programmes de prévention. Il propose de faire du numérique un outil de promotion : « Mon espace santé » devrait évoluer vers un carnet de prévention numérique, avec des informations ciblées selon les étapes de vie et le territoire de résidence. L’idée est de combiner messages accessibles, notifications ciblées (vaccination, dépistage, campagnes), et parcours de prévention personnalisés, pour rendre les usagers plus autonomes et acteurs de leur santé.2

Approche communautaire, médiation et co‑construction

Sur le plan de la promotion de la santé communautaire, le rapport met en avant les médiateurs en santé, les associations et les acteurs communautaires, en particulier pour les campagnes dans les territoires ultramarins ou pour les IST/VIH. Il recommande des campagnes d’information « accessibles, multilingues, visuelles, simples », portées par des personnes issues des communautés concernées, ce qui correspond à une logique de promotion de la santé fondée sur la confiance et la proximité. La reconnaissance législative du métier de médiateur en santé est proposée comme condition pour stabiliser ces pratiques de promotion et d’« aller vers ».

Les associations 

Le rapport décrit les associations comme des relais essentiels, particulièrement pour les publics les plus éloignés du soin, en santé mentale, addictions, VIH/IST et précarité. Elles apportent proximité, confiance et capacité à travailler dans les communautés, ce qui est présenté comme indispensable pour que la prévention devienne « l’affaire de tous ». Les associations sont intégrées dans le « millefeuille » des acteurs aux côtés de l’État, de l’Assurance maladie, des collectivités, des complémentaires santé et des établissements, mais sans réelle place dans le pilotage stratégique.

Voici les 29 recommandations du rapport : 

Mais attention - Risque de rapport « washing » institutionnel — 29 recommandations couvrant l'école, l'entreprise, le numérique, les territoires et la donnée de santé donnent une impression d'exhaustivité, mais dispersent aussi l'attention ; sans hiérarchisation claire des priorités, le rapport reproduit paradoxalement le défaut qu'il dénonce (« millefeuille » d'actions non priorisées).

  1. Nouvelle Stratégie nationale de santé structurée autour de la prévention
  2. Grande loi de santé publique dédiée à la prévention
  3. Coalition des opérateurs de prévention rattachée au Premier ministre
  4. Génération « prévention » citoyenne à l'horizon 2040 (éducation à la santé à l'école)
  5. Promouvoir l'approche « Une seule santé » au niveau territorial
  6. Campagnes de prévention ciblées sur les réseaux sociaux pour les jeunes
  7. S'appuyer sur l'observatoire de la désinformation en santé et sanctionner les auteurs
  8. Investir davantage dans la recherche en prévention
  9. Développer une culture de l'évaluation de la prévention
  10. Privilégier l'investissement durable plutôt que les appels à projets
  11. Financements forfaitaires au parcours pour des filières de prévention personnalisées
  12. Mieux valoriser les actes de prévention dans la nomenclature des actes
  13. Part minimale de 2 % des primes de complémentaire santé pour la prévention
  14. Généraliser la prise en charge sans reste à charge ni avance de frais
  15. Exonérer de franchise/participation forfaitaire les actes de prévention
  16. Faire de tous les professionnels de santé des acteurs de prévention
  17. Faire des services de PMI et de santé scolaire des piliers de la prévention
  18. Reconnaître la profession de médiateur en santé (statut législatif)
  19. Reconnaître les Ocam comme acteurs de prévention à part entière
  20. Faire évoluer l'accès des complémentaires santé aux données de santé
  21. Démultiplier les espaces de prévention (école, entreprise, tiers-lieux, établissements de santé)
  22. Soutenir l'action des associations comme relais de prévention
  23. Créer un parcours de prévention personnalisé tout au long de la vie
  24. Créer un carnet de prévention numérique dans « Mon espace santé »
  25. Favoriser le développement de l'éducation thérapeutique du patient (ETP)
  26. Faire de la lutte contre la consommation nocive d'alcool une priorité de santé publique
  27. Étendre l'emballage neutre à tous les produits contenant de la nicotine
  28. Nutri-Score obligatoire à l'échelle européenne ou nationale d'ici 2028
  29. Intégrer l'activité physique adaptée dans les garanties du contrat responsable et solidaire

3. PISTES D'ACTION POUR LES ACTEURS LOCAUX

  1. Mobiliser l'argumentaire du rapport sur l'absence de statut des médiateurs en santé (p. 171-173) pour interpeller les ARS sur la sécurisation pluriannuelle des postes financés par appels à projets.
  2. S'appuyer sur les données du CESE citées p. 121-122 (co-construction des campagnes avec associations, collectivités et médias locaux) pour formaliser une méthodologie de conception participative des supports de prévention destinés aux publics des QPV et territoires ultramarins.
  3. Utiliser le repère chiffré de 44 % de littératie en santé insuffisante (p. 128) pour justifier auprès des financeurs un investissement dans l'adaptation des supports (FALC, multilingue, visuel) plutôt que dans la seule diffusion d'informations.
  4. Intégrer le repérage des mécanismes de désinformation et de dérives sectaires en santé (p. 141-143) dans les formations des intervenants de terrain, notamment sur les thématiques sensibles (vaccination, IVG, cancer).
  5. Documenter et faire remonter les initiatives locales d'« aller vers » (médicobus, équipes mobiles, centres de santé communautaires) auprès de la future « coalition des opérateurs de prévention » proposée en recommandation n° 3, dont la vocation affichée est de valoriser les retours de terrain.


4. RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES

  1. 🔍➕ Pour plus d'informations, voir les articles référencés par "Pratiques en Santé" sur le thème  : https://www.pratiquesensante.com/blog/tag/prevention-76



  1. Stratégie nationale de prévention en santé 2025‑2035 (Québec) – orientation stratégique et plan d’action 2026‑2031, utile pour comparer les approches et outils de gouvernance.
  2. URL : Stratégie nationale de prévention en santé 2025‑2035
  3. Plan national de santé publique (France) – promotion de la santé et prévention comme premier axe de la Stratégie nationale de santé 2018‑2022, complément méthodologique pour l’intégration de la prévention dans les politiques publiques.
  4. URL : Plan national de santé publique 2018‑2021
  5. Caisse nationale de l’assurance maladie, « Les déterminants de la croissance des dépenses de santé de 2015 à 2023 : une analyse médicalisée », Point de repère n° 56, juillet 2025 – données récentes sur pathologies chroniques et ALD.
  6. URL : (référence citée dans le rapport ; accessible via le site de la Cnam ou la base des rapports Charges et produits). https://www.assurance-maladie.ameli.fr/etudes-et-donnees/2025-cartographie-depenses-pathologies-2015-2023

5. FOIRE AUX QUESTIONS (FAQ)

  1. Pourquoi la Stratégie nationale de santé 2023-2033 n'est-elle toujours pas publiée ? Un projet a été soumis à consultation publique en 2023, mais n'a jamais été formellement adopté par les gouvernements successifs, entretenant une instabilité dans le pilotage de la prévention (p. 187).
  2. Combien de médiateurs en santé exercent aujourd'hui en France ? Entre 750 et 1 000 professionnels étaient recensés en 2023, un chiffre jugé nettement insuffisant au regard des besoins (p. 172).
  3. Qu'est-ce qu'un centre de santé et de médiation en santé sexuelle (CSMSS) ? Un dispositif expérimental d'approche communautaire associant prise en charge infectiologique, gynécologique et addictologique, avec quatre structures ouvertes à Paris, Lyon, Montpellier et Marseille, deux de plus prévues en 2026 (p. 121).
  4. Quel est le niveau de littératie en santé de la population française ? 44,1 % des adultes présentent un niveau jugé insuffisant, selon l'enquête Health Literacy Survey France 2020-2021 (p. 128).
  5. Les maisons sport-santé sont-elles implantées dans les quartiers prioritaires ? Oui, un quart des 581 structures labellisées se situent en QPV et 20 % en zones de revitalisation rurale (p. 157).
  6. Que recommande le rapport face à la désinformation en santé ? Créer un observatoire de la désinformation, former les citoyens à la littératie en santé et renforcer la présence des institutions sur les réseaux sociaux et en milieu scolaire (p. 143).
  7. Quel est l'objectif du « parcours de prévention personnalisé » proposé ? Remplacer les rendez-vous de prévention ponctuels et dispersés par un accompagnement continu organisé autour des grandes étapes de vie, appuyé sur le numérique (recommandation n° 23, p. 120).

6. RÉÉCRITURE EN FALC

La prévention en santé : ce que dit le rapport du Sénat

La France ne fait pas assez de prévention en santé.

Beaucoup de maladies pourraient être évitées.

Mais l'argent et l'organisation sont mal utilisés.

Les problèmes identifiés

Il y a de plus en plus de maladies chroniques.

En 2023, 1 personne sur 3 avait une maladie chronique.

Les personnes les plus pauvres sont les plus touchées.

Elles fument plus. Elles vont moins souvent se faire dépister.

L'État, l'Assurance maladie et les autres acteurs ne travaillent pas bien ensemble.

Chacun agit de son côté.

Cela crée de la confusion et gaspille des moyens.

Les médiateurs en santé : un métier mal reconnu

Les médiateurs en santé aident les personnes éloignées des soins.

Ils créent un lien de confiance avec les habitants.

Mais ce métier n'a pas de statut officiel.

Le Sénat demande de créer ce statut par une loi.

Comprendre l'information sur la santé

44 personnes sur 100 en France ont du mal à comprendre les informations de santé.

C'est un problème important.

Il faut créer des messages plus simples et plus clairs.

Il faut aussi tenir compte de la culture de chaque personne.

Ce que propose le Sénat

Le rapport propose 29 solutions.

Parmi elles :

  • Créer un vrai plan national pour la prévention
  • Reconnaître le métier de médiateur en santé
  • Créer plus de lieux de prévention proches des habitants
  • Rembourser mieux les actes de prévention

7. ANALYSE TRANSVERSALE — VALEURS DE PRATIQUES EN SANTÉ

  • Littératie : Le rapport identifie l'insuffisance de littératie en santé (44 % de la population) comme un frein majeur et recommande l'adaptation des messages selon le niveau des publics, sans toutefois proposer d'outils opérationnels détaillés.
  • Empowerment : L'approche communautaire est valorisée à travers les CSMSS et l'exemple de Nightline France, où la co-construction des outils avec les jeunes est présentée comme condition de pertinence.
  • Participation : Le rapport prône une gouvernance « ascendante » valorisant les retours de terrain, mais reconnaît que les modalités actuelles de concertation restent largement absentes.
  • Santé communautaire : La dimension collective est explicitement reconnue via le concept de « déhiérarchisation » entre professionnels et usagers et l'exemple des centres de santé communautaires.
  • Éthique : Le rapport pointe les biais liés à la défiance institutionnelle (cas des Antilles post-chlordécone) sans développer de cadre éthique formalisé pour les campagnes de prévention.
  • Droits humains : L'accès aux droits est central dans la définition légale de la médiation sanitaire, mais l'équité territoriale reste identifiée comme un chantier inachevé (gouvernance trop centralisée).
  • Intersectorialité : Le rapport recommande une approche « Une seule santé » et une coalition d'opérateurs associant État, Assurance maladie, complémentaires santé et collectivités.
  • Partenariat : Un modèle de collaboration est formalisé via la proposition de « coalition des opérateurs de prévention » rattachée au Premier ministre.
  • Lutte contre les discriminations : Le rapport documente les inégalités socioéconomiques de santé et la stigmatisation véhiculée par certaines désinformations (exemple de l'IVG), sans toutefois consacrer de développement spécifique à la non-discrimination dans l'accès aux soins.

8. ÉVALUATION DE LA FIABILITÉ DE LA RESSOURCE

Pertinence scientifique : Le rapport s'appuie sur un socle de sources solides et récentes (Cnam, Santé publique France, INCa, Cour des comptes, Igas, CESE), avec auditions documentées. Une limite factuelle est toutefois relevée par les rapporteurs eux-mêmes : les dépenses de prévention non institutionnelle n'ont pas été réévaluées depuis 2018, ce qui fragilise les comparaisons temporelles sur le financement global de la prévention. Cette lacune est explicitement signalée dans le texte plutôt que dissimulée.

Pertinence opérationnelle : Les 29 recommandations sont concrètes et hiérarchisées, mais leur mise en œuvre dépend de décisions législatives et budgétaires à venir (loi de santé publique, PLFSS) dont le calendrier n'est pas garanti. Pour un acteur de terrain, l'utilité immédiate réside surtout dans l'argumentaire chiffré mobilisable auprès des financeurs, plus que dans des outils directement applicables.

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