🚨 Avant même de parler, il vous dit tout — encore faut-il savoir écouter
🔍👶 Parole du jeune enfant : un guide HAS qui transforme l'observation en outil de recueil, du nourrisson pré-verbal à l'enfant de 6 ans — techniques concrètes, repères éthiques, vigilance sur les biais
📌Ce guide comble un angle mort récurrent : la parole des tout-petits, souvent jugée « impossible » à recueillir avant l'entrée dans le langage. Il donne des techniques concrètes et immédiatement transposables (observation structurée, jeu médiatisé, parcours commentés, photo-voix, cartes émotions) pour rendre lisible ce que l'enfant exprime par le corps, le regard ou le jeu. Il outille aussi bien un accueil du quotidien qu'une démarche institutionnelle, avec des repères sur le consentement, l'assentiment et les biais d'interprétation. Utile pour professionnaliser l'observation, sécuriser la prise en compte de l'expression non verbale et éviter que la participation ne se réduise à une consultation de façade.
Source :📒 Recueillir et prendre en compte le point de vue des enfants de la naissance à 6 ans
✍️ Haute Autorité de santé (HAS) — collection « Mesurer & améliorer la qualité », méthode « Groupe de travail » (autosaisine). Équipe projet : Cécile Lagarde, Filipina Salomon, Léa Jeandemange, Frédéric Mougeot, Sophie Nevière, Maud Lefèvre. Juillet 2026📜🔗LIEN vers la source
Capsules Audio de Pratiques en Santé 🎙️🎥 https://www.youtube.com/watch?v=cBmsdO8EPxg

1️⃣ RÉSUMÉ ANALYTIQUE
Un droit fondamental étendu aux tout-petits, longtemps resté théorique. Le guide part d'un constat : le droit de l'enfant à exprimer son point de vue (CIDE art. 12, Observations générales n° 7 et 12 ; CASF art. L311-3) concerne aussi les enfants pré-verbaux, mais reste peu effectif faute d'outils adaptés (pp. 5-6). Le « point de vue » y désigne à la fois ce que l'enfant vit et la manière dont il le vit, exprimé verbalement et non verbalement (p. 5). Le public visé est large : professionnels du quotidien, encadrants, décideurs, mais aussi parents, entourage et bénévoles, en contexte collectif comme en milieu ouvert (p. 4). La responsabilité posée est celle des adultes : rendre l'expression de l'enfant visible et intelligible, sans y projeter leur propre lecture (p. 6).
Des méthodes concrètes et une exigence de prudence interprétative. Le guide propose des techniques croisées et multimodales — observation structurée, entretiens, jeux médiatisés, arts, exploration de l'espace, photographie/vidéo, cartes, supports narratifs (pp. 10-13) — adaptables à chaque enfant, y compris en situation de handicap ou de plurilinguisme (p. 10). Il détaille les conditions propices (environnement sécurisant, « temps étiré », relation de confiance, respect du silence et de la non-participation ; pp. 8-9), la distinction consentement/assentiment (p. 9), l'organisation collective du recueil (pp. 14-16) et les thématiques explorables (pp. 17-18). Il insiste sur les vigilances : déséquilibres de pouvoir, biais d'acquiescement, risque d'instrumentalisation, et refus d'une prétendue « voix authentique » qui existerait hors contexte (pp. 19-20). Le modèle de Lundy (espace, voix, audience, influence) structure la mise en œuvre (pp. 24-25).
2️⃣ POINTS CLÉS DU DOCUMENT
1️⃣ Le point de vue de l'enfant est verbal ET non verbal. Dès la naissance, l'enfant exprime besoins, intentions et préférences par le langage corporel, oral et les interactions ; la responsabilité de l'adulte est de reconnaître ces formes d'expression sans y substituer sa propre projection (pp. 5-6).
2️⃣ Une palette de techniques multimodales, non hiérarchisées. Observation (narrative, ciblée, du retrait relationnel), entretiens, jeux médiatisés, arts, exploration de l'espace, médiatisation par cartes, photographie/vidéo, supports narratifs et systèmes de communication signés/pictographiques sont présentés avec avantages et exemples concrets (pp. 11-12), et détaillés en fiches (pp. 26-28).
3️⃣ Consentement et assentiment sont distingués et opérationnalisés. Le consentement (accord libre et éclairé, recherché dès que l'enfant peut exprimer sa volonté, sinon auprès du représentant légal) est complété par l'assentiment — accord personnel évolutif, avec droit de retrait à tout moment et attention continue aux signes non verbaux de refus (p. 9).
4️⃣ Le silence et le retrait ne valent pas absence de point de vue. Le guide alerte sur les biais : acquiescement par désir de plaire, « oui » d'imitation non assimilable à un assentiment, sur-interprétation du retrait ; il recommande questions ouvertes, reformulations et diversification des supports (pp. 19-20).
5️⃣ Le modèle de Lundy comme cadre de mise en œuvre. Quatre dimensions structurent une participation effective des enfants pré-verbaux — Espace (environnement sûr, réduction des distractions), Voix (reconnaître mouvements, regards, vocalisations), Audience (verbaliser et valoriser les signaux auprès des décideurs), Influence (effets concrets sur les décisions, référent dédié) — pp. 24-25.

3️⃣ PISTES D'ACTION POUR LES ACTEURS LOCAUX
1️⃣ Installer un recueil régulier plutôt que ponctuel. Organiser un recueil répété, varié dans les moments, espaces et modalités, plutôt qu'un temps formel unique ; l'expression émerge souvent dans l'informel (repas, transitions), parfois auprès de personnes hors équipe éducative (pp. 8-9).
2️⃣ Outiller l'observation en équipe. S'appuyer sur des carnets et grilles d'observation partagés pour objectiver les situations, repérer récurrences et signaux préoccupants, et sécuriser l'interprétation par l'analyse collective (encadré p. 12 ; fiches Observation ciblée et narrative pp. 26-27).
3️⃣ Cadrer la démarche en amont avec les questions clés. Avant tout recueil, définir qui propose, qui recueille, qui en prend connaissance, ce qui sera transmis ou non, et comment un retour sera fait à l'enfant ; anticiper les conflits de loyauté et les biais (pp. 14-15).
4️⃣ Croiser les regards (triangulation / approche mosaïque). Combiner plusieurs méthodes et sources (dessin, photo, cartes, observation, entretiens) pour former un « puzzle d'expressions », en veillant à ce que le regard des adultes ne fasse ni écran ni miroir à celui de l'enfant (pp. 15-16).
5️⃣ Adapter aux enfants les moins « audibles ». Prévoir des modalités pour l'enfant en situation de handicap, à développement atypique ou communiquant peu en français (LSF, langage signé pour bébés, pictogrammes), en s'assurant que l'outil est maîtrisé par l'enfant et le professionnel (p. 10). Besoin non couvert à anticiper : la formation à ces outils spécifiques n'est pas fournie par le guide et reste à organiser localement.
6️⃣ Garantir la restitution et tracer les suites. Prévoir des retours clairs, rapides et adaptés (visuels, temps d'échange, affichages), y compris lorsqu'une proposition n'est pas retenue, et documenter les évolutions concrètes engagées à la suite du recueil (p. 21). Sans cette boucle de retour, la démarche bascule dans la consultation symbolique que le guide met en garde (pp. 19-20).
4️⃣ RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES
Référence interne (blog Pratiques en Santé)
- Le guide des bonnes pratiques du recueil de la parole de l'enfant (commission Violences faites aux Enfants et Adolescents du CNVIF), indexé sur le blog : pratiquesensante.odoo.com/blog/outils-6/le-guide-des-bonnes-pratiques-du-recueil-de-la-parole-de-lenfant-1095. Existence confirmée par indexation (titre, contenu concordant). Le domaine bloquant l'accès automatisé, le lien est à vérifier manuellement avant diffusion.
Références externes (guides / méthodologies postérieurs à 2024, URL vérifiées et actives, non listées dans les ressources du guide HAS)
- Ansa — Concevoir et animer la participation collective des enfants et des jeunes protégé·es. Guide pratique à l'usage des professionnel·les et décideur·euses de la protection de l'enfance (2025). Guide opérationnel (partenariat DGCS) sur l'organisation, l'animation et la restitution de la participation. Complémentaire par son angle collectif, là où le guide HAS est centré sur l'individuel et le très jeune enfant. https://www.solidarites-actives.com/sites/default/files/2025-10/Guide-Pratique_La-participation-en-protection-de-lenfance.pdf
- Service public de la petite enfance / Ministère des Solidarités — Référentiel national de la qualité d'accueil du jeune enfant (avril 2025). Référentiel opposable couvrant l'observation professionnelle, les émotions, le langage et l'expression du 0-3 ans. Ancrage direct avec les pratiques quotidiennes d'accueil. https://solidarites.gouv.fr/sites/solidarite/files/2025-07/Referentiel-national-qualite-accueil-jeune-enfant-impression.pdf
- Centre national de ressources et de résilience (CN2R) — Accueillir et recueillir la parole de l'enfant (octobre 2024). Sélection de ressources (albums, podcasts, associations) et repères pour écouter la voix de l'enfant, dans une perspective de psychotraumatisme et de résilience. https://cn2r.fr/wp-content/uploads/2024/10/Accueil_recueil_parole_enfant_Cn2r.pdf
5️⃣ FOIRE AUX QUESTIONS (FAQ)
1️⃣ Peut-on vraiment recueillir le point de vue d'un enfant qui ne parle pas encore ? Oui. Le guide pose que les jeunes et très jeunes enfants sont capables d'exprimer leur point de vue à condition d'adapter outils et méthodes dans un environnement sécurisant. L'expression passe par le corps, le regard, les vocalisations, le jeu (pp. 5-6, 10).
2️⃣ Quelle différence entre consentement et assentiment ? Le consentement est l'accord libre et éclairé recherché auprès de toute personne apte à exprimer sa volonté (sinon auprès du représentant légal). L'assentiment est l'accord personnel de l'enfant, évolutif, appuyé sur une information adaptée à son âge et une attention continue à ses signes d'adhésion ou de refus, y compris non verbaux (p. 9).
3️⃣ Comment éviter d'interpréter à tort ce que l'enfant exprime ? En recontextualisant les propos, en limitant les projections, en croisant observations et sources (triangulation), et en discutant les éléments recueillis en équipe. Le guide rappelle qu'aucune méthode ne donne accès à une « voix authentique » hors contexte (pp. 8-9, 19-20).
4️⃣ Que faire si l'enfant refuse de participer ou se met en retrait ? Respecter ce choix : le silence, le retrait ou l'évitement ne doivent pas être lus comme une absence de point de vue ni comme une opposition. Ils peuvent signaler un besoin de sécurité, un décalage de modalité ou la nécessité d'un autre moment (pp. 8, 19-20).
5️⃣ Qui doit recueillir la parole de l'enfant ? Selon la situation, un professionnel proche (climat de confiance, connaissance fine des repères de l'enfant) ou un tiers formé (neutralité, si la relation existante risque d'influencer l'expression). Associer si possible pairs-aidants ou associations d'usagers (p. 15).
6️⃣ Que faire si, pendant le recueil, l'enfant révèle une situation de danger ? Cette expression (plaintes nominatives, faits relevant d'un danger ou risque de danger) doit être accueillie et prise en charge par les professionnels, avec une réponse proportionnée conforme au cadre juridique de la protection de l'enfance (p. 15).
7️⃣ Comment s'assurer que la parole recueillie sera réellement prise en compte ? En garantissant un retour clair, rapide et compréhensible sur les suites données (y compris les refus), en adaptant les restitutions à l'enfant, et en documentant les évolutions concrètes engagées, pour éviter une participation de façade (p. 21).
6️⃣ RÉÉCRITURE EN FALC
Le point de vue des jeunes enfants
- Tous les enfants ont le droit de donner leur avis.
- Ce droit existe même pour les bébés.
- Les tout-petits ne parlent pas encore.
- Mais ils montrent ce qu'ils vivent.
- Ils utilisent leur corps, leurs regards, leurs gestes.
- Ils utilisent aussi le jeu et les dessins.
- Les adultes doivent apprendre à voir ces signes.
- Les adultes ne doivent pas décider à la place de l'enfant.
Ce que le guide propose
- Le guide donne des méthodes simples.
- On peut observer l'enfant avec attention.
- On peut jouer avec lui.
- On peut regarder ses dessins.
- On peut utiliser des photos et des cartes.
- On choisit la méthode qui convient à chaque enfant.
- On adapte pour les enfants en situation de handicap.
- On adapte pour les enfants qui parlent une autre langue.
Les règles importantes
- On demande à l'enfant s'il est d'accord.
- L'enfant peut dire non à tout moment.
- On respecte l'enfant qui ne veut pas parler.
- Le silence de l'enfant ne veut pas dire « rien ».
- On ne force jamais l'enfant.
- On fait un endroit calme et sûr.
- On laisse à l'enfant le temps qu'il faut.
Après le recueil
- On explique à l'enfant ce qu'on a compris.
- On lui dit ce qui va changer.
- On lui dit aussi si une chose ne peut pas changer.
- On écrit ce qui a été fait grâce à sa parole.
7️⃣ ANALYSE TRANSVERSALE — VALEURS DE PRATIQUES EN SANTÉ
- Littératie : le guide propose une information adaptée à l'âge (supports visuels, livres illustrés, mises en situation) et des restitutions accessibles, mais ne fournit pas d'outils FALC clés en main (pp. 9, 21).
- Empowerment : l'enfant est reconnu comme sujet de droit et acteur de son expression ; le recueil vise à renforcer son sentiment de dignité, de compétence et son estime de soi (pp. 5-6).
- Participation : la co-construction est décrite via la triangulation et l'approche mosaïque (Alison Clark), associant enfants, professionnels et, quand c'est pertinent, parents et entourage (pp. 15-16).
- Santé communautaire : la dimension collective est présente à l'échelle institutionnelle et territoriale (recueil à grande échelle départemental, exemple de Pistoia), au-delà de la relation individuelle (pp. 7, 13).
- Éthique : les biais culturels, sociaux, de genre et d'âge dans l'interaction adulte-enfant sont explicitement identifiés et renvoyés à une annexe dédiée du socle scientifique (pp. 8, 19-20).
- Droits humains : l'approche est ancrée dans la CIDE (art. 12) et pose la non-exclusion de tout enfant en raison de son handicap, de son origine, de sa langue ou de son milieu social (pp. 5, 19).
- Intersectorialité : le guide recommande d'articuler les cultures professionnelles (médecins, travailleurs sociaux, psychologues) et la coordination entre structures, ASE et magistrats (pp. 6-7, 14).
- Partenariat : des modèles de collaboration formalisés sont décrits (modèle de Lundy, approche mosaïque, temps de réflexion pluriprofessionnelle) — pp. 15-16, 24-25.
- Lutte contre les discriminations : le guide traite explicitement du risque d'exclusion des plus jeunes et des plus vulnérables, du non-jugement et de la diversité des modes d'expression, et alerte sur l'instrumentalisation de la parole (pp. 19-20).
8️⃣ ÉVALUATION DE LA FIABILITÉ DE LA RESSOURCE
Pertinence scientifique — élevée. Production HAS par groupe de travail, appuyée sur 67 références (revues systématiques, études qualitatives, littérature francophone et internationale, pp. 29-31). Conflits d'intérêts déclarés, analysés selon la grille HAS et la base Transparence-Santé, jugés compatibles (p. 2). Limite à signaler au titre du Cadre V4 : il s'agit d'un guide d'experts, non d'une revue systématique ; les affirmations empiriques (ex. apport de la photo-voix chez les 2-4 ans, p. 28) relèvent de la littérature citée et non de données produites par la HAS. Date de parution (juillet 2026) postérieure à ma connaissance fiable : contenu analysé à partir du PDF fourni, existence vérifiée sur le site HAS.
Pertinence opérationnelle — élevée. Techniques immédiatement transposables, fiches descriptives détaillées (pp. 26-28), questions structurantes pour cadrer une démarche (pp. 14-15), modèle de Lundy prêt à l'emploi (pp. 24-25) et liste de ressources pratiques (outils UNICEF, grilles d'observation, kits d'animation, pp. 22-23). Réserve : le guide ne fournit pas de protocoles de formation aux outils spécialisés (LSF, pictogrammes), à organiser localement.
9️⃣ HASHTAGS STRATÉGIQUES
#PetiteEnfance #ParoleDuJeuneEnfant #DroitsDeLenfant #ModèleDeLundy #ProtectionDeLenfance #ÉcouteActive #Assentiment #pratiquesensante
Cet article a été élaboré dans le respect de la Charte
d’utilisation de l’intelligence artificielle de Pratiques en Santé.
Cliquez sur l'image 