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Un aidant à la vie quotidienne sur trois exprime un besoin de répit, non satisfait pour la moitié d’entre eux

✍️ Benjamin Marteau — Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), collection Études et Résultats, n° 1387. septembre 2026.
2 octobre 2026 par
Un aidant à la vie quotidienne sur trois exprime un besoin de répit, non satisfait pour la moitié d’entre eux
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🚨Relayage à domicile : connu par 3 aidants sur 10, utilisé par 3 sur 100 
🔍💡 Répit des aidants : 36 % en expriment le besoin, et près de la moitié d’entre eux n’en obtiennent pas assez, selon la Drees. 🧭 Le répit repose surtout sur l’entourage et les moments où le proche peut rester seul ; relayage et accueil temporaire restent marginaux. Un appui pour repenser l’information et le repérage sur le terrain.
📌   Ce document met des chiffres récents sur un constat souvent posé à l’intuition : le répit manque surtout à ceux qui aident le plus (soins personnels, mobilité, 5 h par jour et plus), aux femmes et aux parents d’enfants en situation de handicap. Il montre aussi que les dispositifs formels (relayage, accueil temporaire) restent très peu utilisés, y compris quand ils sont connus. Il peut servir à argumenter un projet d’action auprès d’un financeur, à cibler le repérage des aidants les plus exposés, et à revoir la manière dont l’offre de répit est présentée aux familles.
Source :     
📒 Un aidant à la vie quotidienne sur trois exprime un besoin de répit, non satisfait pour la moitié d’entre eux 
✍️ Benjamin Marteau — Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), collection Études et Résultats, n° 1387. septembre 2026.
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Proches aidants : comprendre et trouver du répit

1️⃣ Résumé analytique

Un besoin de répit qui croît avec l’intensité de l’aide et reste souvent insatisfait

L’étude porte sur les 5,9 millions de proches aidants qui apportent une aide à la vie quotidienne à une personne vivant à domicile en France métropolitaine (p. 2). En 2022, 36 % déclarent un besoin de répit, soit 2,1 millions de personnes. Ce besoin passe de 22 % chez ceux qui aident moins d’une heure par jour à 65 % au-delà de cinq heures, et atteint 53 % quand l’aide combine soins personnels et mobilité (p. 2). Il est plus souvent exprimé par les femmes (41 % contre 30 %) et par les parents aidants (51 %) (p. 3). Parmi les aidants qui expriment ce besoin, 35 % prennent un répit jugé insuffisant et 14 % n’en prennent aucun (p. 3). L’auteur rappelle les limites : sous-estimation possible du nombre d’aidants, champ limité au logement ordinaire (p. 3, encadré 1).

Des arrangements informels au centre, des dispositifs formels peu mobilisés

Le répit repose d’abord sur les moments où le proche peut rester seul (52 %) et sur l’entourage ou des professionnels à domicile (47 %) ; l’accueil hors du domicile reste minoritaire (21 %) (p. 4-5, tableau 1). Parmi les aidants en surveillance constante, seuls 2 % ont eu recours au relayage et 5 % à l’accueil temporaire (p. 6, encadré 3). Seuls 28 % des aidants en besoin de répit disent savoir où trouver l’information (p. 5). Les attentes dépassent le répit : remplacement en cas d’imprévu (34 %), conseils (25 %), repos au quotidien (21 %), contrepartie financière (19 %) (p. 6). Pour l’acteur de terrain, ces données servent à cibler et à argumenter, pas à choisir une intervention : le document ne propose pas d’outil.

2️⃣ Points clés du document

1️⃣ L’intensité de l’aide est le facteur le plus visible.

Le besoin de répit concerne environ un quart des aidants qui assurent au plus trois tâches, contre plus des deux tiers au-delà de huit tâches. Les soins personnels (toilette, repas, médicaments) y sont davantage associés que les tâches domestiques (p. 2, graphiques 1 et 2).

2️⃣ Un écart femmes-hommes qui persiste à caractéristiques comparables.

Les femmes déclarent plus souvent un besoin de répit et un répit insuffisant (39 % contre 29 %). L’auteur avance, sous forme d’hypothèse, un effet possible des normes de genre sur la perception et la déclaration de la charge (p. 3).

3️⃣ Les parents d’enfants en situation de handicap, groupe le plus exposé.

Ils sont 51 % à exprimer un besoin de répit, et 55 % d’entre eux n’en obtiennent pas assez ou pas du tout (40 % + 15 %). 80 % vivent avec l’enfant aidé. Ils s’appuient davantage sur les structures d’accueil, scolaires ou médico-sociales (50 %) (p. 3-5, graphique 3, tableau 1).

4️⃣ Connaître un dispositif ne suffit pas à y recourir.

Chez les aidants en surveillance constante qui expriment un besoin de répit, 29 % connaissent le relayage mais 3 % l’utilisent ; 55 % connaissent l’accueil temporaire, 8 % l’utilisent. L’enquête ne permet pas de dire si l’offre locale est en cause (p. 4, p. 6, encadré 3).

5️⃣ Le remplacement en cas d’imprévu, première attente quand le répit manque.

Il est cité par 52 % des aidants au répit insuffisant et 46 % de ceux qui n’en prennent pas. Sans répit, le maintien des liens amicaux (23 %) et familiaux (20 %) gagne en importance, ce que l’auteur lit comme un risque de perte de lien social (p. 7, graphique 4).

3️⃣ Pistes d’action pour les acteurs locaux

Pistes proposées par la fiche à partir des constats ; le document Drees n’émet pas de recommandations.

1️⃣ Cibler le repérage sur les situations à forte intensité d’aide.

Intégrer dans les entretiens d’accueil deux questions simples : nombre d’heures d’aide par jour et aide aux soins personnels ou à la mobilité. Ce sont les marqueurs les plus liés au besoin de répit dans l’étude (p. 2, graphiques 1-2).

2️⃣ Travailler l’accès réel au relayage et à l’accueil temporaire, pas seulement leur notoriété.

L’écart entre connaissance et recours (encadré 3, p. 6) invite à recueillir auprès des aidants les freins concrets : coût, démarches, confiance, disponibilité locale. L’étude ne les mesure pas ; un diagnostic local reste nécessaire (besoin non couvert).

3️⃣ Organiser des solutions de remplacement pour les imprévus.

Le remplacement ponctuel est l’attente la plus citée (34 %, et 52 % quand le répit est insuffisant). Recenser sur le territoire qui peut intervenir rapidement et rendre cette information visible pour les familles (p. 6-7).

4️⃣ Adapter l’information aux publics qui en reçoivent le moins.

Seuls 28 % des aidants en besoin de répit savent où s’informer ; les catégories sociales moins favorisées et les aidants d’un frère ou d’une sœur sont moins bien informés. Diffuser l’information par des canaux de proximité, via les professionnels déjà présents au domicile (p. 5).

5️⃣ Prévoir un soutien spécifique pour les parents d’enfants en situation de handicap.

Ils cumulent besoin élevé et répit insuffisant. Les établissements scolaires et médico-sociaux, qu’ils mobilisent déjà (50 %), peuvent servir de point d’entrée pour l’information sur le répit (p. 3-5).

6️⃣ Intégrer la conciliation avec l’emploi.

Les aidants en emploi expriment plus souvent un besoin de répit, et seuls 5 % ont utilisé un congé dédié alors qu’ils les connaissent mieux. Une action auprès des employeurs ou des services RH peut être envisagée (p. 4-5).

4️⃣ Références complémentaires

Références Pratiques en Santé - Les aidants -  https://www.pratiquesensante.com/blog/tag/aidants-pair-aidance-165

1️⃣ CNSA, Conseil scientifique — Avis « Aider ceux qui aident : contribuer au renforcement du soutien aux proches aidants » (juin 2025).

Avis adopté le 13 mars 2025. Il aborde l’offre de répit (accueil de jour, accueil temporaire, relais à domicile, séjours vacances-répit) et recommande de clarifier la terminologie et de diversifier l’offre à domicile. Complément institutionnel aux constats de non-recours. cnsa.fr — avis du Conseil scientifique (PDF)

2️⃣ Ministères des Solidarités / Maison de l’autisme — Fiche pratique « Où trouver du soutien et du répit en tant que proche aidant ? » (mise en ligne sept. 2025 d’après l’URL ; date non indiquée dans le document).

Support grand public : types de répit, plateformes d’accompagnement et de répit, congé de proche aidant, allocations (AJPA, APA, PCH, AEEH). Utilisable directement pour l’orientation des familles. maisondelautisme.gouv.fr — fiche pratique (PDF)

3️⃣ Santé.fr — Fiche pratique « Épuisement de l’aidant, à qui s’adresser ? » (publiée le 2 juin 2025, mise à jour le 6 juillet 2026).

Orientation par type de besoin (fatigue, répit, pairs, formation, vacances, conciliation avec le travail), source CNSA. Répond à l’enjeu d’information soulevé p. 5. sante.fr — fiche pratique

 

5️⃣ Foire aux questions (FAQ)

1️⃣ Que recouvre le mot « répit » dans cette étude ?

Un sens large : tout temps de pause dans l’aide, qu’il passe par un dispositif formel, par l’entourage ou par les moments où le proche peut rester seul. Le besoin est celui que l’aidant déclare, qu’il recoure ou non à un dispositif (p. 2, encadré 2 p. 3).

2️⃣ Combien d’aidants sont concernés ?

36 % des 5,9 millions d’aidants à la vie quotidienne, soit 2,1 millions de personnes en 2022. Le chiffre peut être sous-estimé, car les aidants sont identifiés par la personne aidée (p. 2-3).

3️⃣ Quels aidants repérer en priorité ?

Ceux qui aident aux soins personnels et à la mobilité (53 %), ceux qui aident 5 h par jour ou plus (65 %), les parents d’enfants en situation de handicap (51 %) et les femmes (41 %) (p. 2-3).

4️⃣ Pourquoi relayage et accueil temporaire sont-ils si peu utilisés ?

L’étude constate l’écart entre connaissance et recours sans en mesurer la cause. Elle cite d’autres travaux qui évoquent des contraintes administratives, financières ou d’accessibilité (p. 4, p. 6).

5️⃣ Les aides APA, PCH ou AEEH changent-elles quelque chose ?

Les aidants de bénéficiaires recourent plus souvent à des structures extérieures (32 % contre 19 %) et à des tiers (66 % contre 43 %). Ces prestations peuvent financer une partie du répit (p. 5, tableau 1).

6️⃣ Le travail à temps partiel réduit-il le besoin de répit ?

Non selon ces données : les aidants à temps partiel déclarent plus souvent un besoin de répit (42 %) que ceux à temps complet (35 %), mais le jugent un peu plus souvent suffisant (51 % contre 46 %) (p. 4).

7️⃣ Qu’attendent les aidants, au-delà du répit ?

D’abord un remplacement en cas d’imprévu (34 %), puis des conseils (25 %), du repos au quotidien (21 %), un remplacement pour les vacances (20 %), une contrepartie financière (19 %), un soutien psychologique (17 %) (p. 6, graphique 4).

6️⃣ Réécriture en FALC (Facile À Lire et à Comprendre)

De quoi parle ce document ?

  • Un aidant aide un proche tous les jours.

  • Ce proche est âgé, malade ou en situation de handicap.

  • Le répit, c’est un moment de pause pour l’aidant.

  • La Drees a posé des questions à des aidants en 2022.

  • La Drees est un service de statistiques de l’État.

Ce que montre l’étude

  • Un aidant sur trois dit qu’il a besoin de pauses.

  • Un aidant sur deux parmi eux n’a pas assez de pauses.

  • Certains aidants n’ont aucune pause.

  • Plus l’aide dure longtemps, plus le besoin de pause est grand.

  • Aider à se laver ou à manger fatigue beaucoup.

  • Les femmes demandent plus souvent des pauses.

  • Les parents d’un enfant handicapé ont souvent besoin de pauses.

Comment les aidants prennent des pauses

  • Souvent, le proche reste seul un moment.

  • Souvent, la famille ou un professionnel vient aider à la maison.

  • Il existe des services pour remplacer l’aidant.

  • Exemple : une personne vient garder le proche à la maison.

  • Exemple : le proche va quelques jours dans un lieu d’accueil.

  • Peu d’aidants utilisent ces services.

  • Beaucoup d’aidants ne savent pas où trouver l’information.

Ce que les aidants demandent

  • Être remplacés quand il y a un problème imprévu.

  • Recevoir des conseils.

  • Se reposer chaque jour.

  • Être remplacés pour partir en vacances.

  • Parler avec d’autres aidants ou avec un psychologue.

  • Garder du temps pour leurs amis et leur famille.

7️⃣ Analyse transversale — Valeurs de Pratiques en Santé

  • Littératie : le document ne propose pas d’outil adapté ; il signale que seuls 28 % des aidants en besoin de répit savent où s’informer, avec des écarts selon la catégorie sociale (p. 5).

  • Empowerment : les aidants sont interrogés sur leurs besoins et leurs attentes (graphique 4, p. 6), mais ne participent ni à la conception ni à l’évaluation de l’étude.

  • Participation : aucun mécanisme de co-construction n’est décrit ; la participation à des groupes de parole (6 %) et à des formations (4 %) est mesurée comme un constat (p. 5-6).

  • Santé communautaire : la dimension collective apparaît indirectement, par le rôle central de l’entourage dans le répit et par le risque de perte de lien social (p. 4-7).

  • Éthique : des biais sont identifiés : sous-déclaration des aidants par les aidés, et possible effet des normes de genre sur la déclaration de la charge (p. 3).

  • Droits humains : l’étude s’appuie sur le « droit au répit » inscrit dans la loi ASV de 2015 et documente des inégalités d’accès selon le sexe, le lien familial et la catégorie sociale (p. 1, p. 5).

  • Intersectorialité : sont mentionnés le médico-social, l’école, l’emploi (congés aidants) et les organismes d’information (MDPH, CAF, plateformes de répit), sans recommandation de partenariat (p. 4-5).

  • Partenariat : aucun modèle de collaboration n’est formalisé ; l’étude est descriptive.

  • Lutte contre les discriminations : les inégalités de genre et sociales sont explicitement analysées (p. 3, p. 5) ; le non-jugement n’est pas abordé, ce qui est cohérent avec la nature statistique du document.

8️⃣ Évaluation de la fiabilité de la ressource

Pertinence scientifique : élevée pour une source statistique publique. Enquête nationale de la Drees, champ et questions détaillés (encadré 1), modèles de régression pour contrôler les effets de structure (note 6, p. 3), bibliographie de 11 références (p. 7). Limites signalées par l’auteur ou relevées ici : données déclaratives de 2022 publiées en 2026 ; champ limité à la France métropolitaine et au logement ordinaire ; besoin de répit mesuré pour un seul proche aidé ; tableaux complémentaires non inclus dans le PDF ; associations statistiques, sans lien de causalité établi. Une coquille rend une phrase p. 5 difficile à lire (« que leur fréquence augmente avec l’âge de l’enfant »).

Pertinence opérationnelle : indirecte. Le document fournit des repères chiffrés utiles pour cibler le repérage, argumenter un projet ou un appel à projets, et objectiver le non-recours. Il ne propose ni outil, ni méthode d’intervention ; il gagne à être utilisé avec un document de recommandations (HAS 2024) ou un guide d’orientation.

9️⃣ Hashtags stratégiques

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