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Une santé sous influence : la stratégie des industries derrière les atteintes évitables à la santé en Écosse

✍️ Health Under Influence: The Industry Playbook Behind Scotland’s Preventable Health Harms - NCD Alliance Scotland (coalition de 26 organisations de santé créée en 2020 ; rapport diffusé sur le site de la British Heart Foundation Scotland, membre de la coalition). Avant-propos de David McColgan, président. Études de cas rédigées par Punyja Singh (alcool) et Maura Francisco (HFSS), étudiantes de master à l'Université de Stirling.
24 septembre 2026 par
Une santé sous influence : la stratégie des industries derrière les atteintes évitables à la santé en Écosse
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🚨 8 techniques des industries pour freiner la prévention (et comment les repérer)
🔍💡 Déterminants commerciaux de la santé : un rapport écossais décrit 8 tactiques des industries de l'alcool, du tabac et de la malbouffe pour ralentir la prévention. 🧭 Une grille utile pour choisir ses partenaires et repérer les programmes « éducatifs » qui ne sont pas neutres.
📌   Un programme « éducatif » gratuit proposé à un collège, un sponsor pour le club de foot, un partenaire « responsable » pour une action locale : ce rapport aide à reconnaître quand une offre sert d'abord les intérêts d'une industrie de l'alcool, du tabac ou de la malbouffe. Il décrit 8 tactiques concrètes, avec des exemples vérifiables. Même s'il parle de l'Écosse, les mécanismes sont les mêmes en France. On peut s'en servir pour choisir ses partenaires, former une équipe ou argumenter face à un élu.
Source :     
📒 Une santé sous influence : la stratégie des industries derrière les atteintes évitables à la santé en Écosse  
✍️  Health Under Influence: The Industry Playbook Behind Scotland’s Preventable Health Harms -  NCD Alliance Scotland (coalition de 26 organisations de santé créée en 2020 ; rapport diffusé sur le site de la British Heart Foundation Scotland, membre de la coalition). Avant-propos de David McColgan, président. Études de cas rédigées par Punyja Singh (alcool) et Maura Francisco (HFSS), étudiantes de master à l'Université de Stirling.

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Capsules Audio/Vidéo de Pratiques en Santé 🎙️🎥 https://www.youtube.com/watch?v=aaXxT8QNp50


1️⃣ Résumé analytique

Écosse : des maladies évitables et des politiques qui avancent lentement

En Écosse, les maladies non transmissibles (cœur, cancer, diabète, poumons…) causent environ 55 000 décès par an, soit 88 % des décès (p. 6, 9). Le pays a l'espérance de vie la plus basse d'Europe de l'Ouest (p. 7). Environ 9 000 décès pourraient être évités chaque année par des actions de santé publique (p. 9). Les écarts sociaux sont forts : 25 ans de vie en bonne santé en moins dans les quartiers les plus pauvres (p. 9). Le rapport vise les grandes entreprises dont le chiffre d'affaires dépend de produits nocifs : alcool, tabac et vapotage, aliments gras, sucrés, salés (p. 7-8). Il ne vise pas les petits commerces. Selon un sondage commandé par la coalition, 70 % des Écossais jugent l'influence de ces industries négative, et 2 % leur font confiance sur les décisions de santé (p. 9).

Huit tactiques, deux études de cas, quatre recommandations

Le rapport classe les stratégies des industries en 8 tactiques, chacune illustrée par des exemples écossais (p. 10-18). Exemples : contester les preuves, financer la recherche, financer des programmes scolaires, passer par des associations ou des fédérations de commerçants, menacer de procès. Deux études de cas montrent comment la régulation du marketing de l'alcool a été repoussée pendant quatre ans (p. 21), et comment les règles sur les promotions alimentaires ont été affaiblies entre 2017 et 2024 (p. 22-23). Il se termine par 4 recommandations : reconnaître les conflits d'intérêts, encadrer les contacts avec ces industries sur le modèle de l'article 5.3 de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac, travailler avec des partenaires sans conflit d'intérêts, défendre les politiques de prévention (p. 24-25).

2️⃣ Points clés du document

1️⃣ Une grille de 8 tactiques

Contester les preuves, se présenter comme « partie de la solution », orienter la recherche, renvoyer la faute sur l'individu, retarder les lois, faire du mécénat (RSE), passer par des tiers, offrir invitations et cadeaux aux élus. La grille reprend le rapport anglais « Killer Tactics » (2024) (p. 4, 10-18).

2️⃣ Les programmes « éducatifs » financés par l'industrie posent problème

Le programme scolaire Smashed, financé par Diageo, tourne dans les collèges et lycées écossais sans être commandé par les autorités de santé. Des études montrent que ce type de programme minimise les liens avec le cancer et met en avant la « consommation responsable » (p. 14).

3️⃣ Des partenariats locaux peu évalués

Les Community Alcohol Partnerships, financés par l'industrie de l'alcool, réunissent police, écoles, collectivités et commerçants. Sur 88 partenariats étudiés, seuls 3 avaient une évaluation de bon niveau (p. 16).

4️⃣ Le retard comme stratégie

Le prix minimum de l'alcool, voté en 2012, n'est appliqué qu'en 2018 après des recours en justice. Évalué depuis, il a réduit la consommation et les décès, surtout chez les plus défavorisés (p. 15). Même mécanisme pour le marketing de l'alcool, toujours pas régulé en 2026 (p. 21).

5️⃣ Des mesures affaiblies au fil des consultations

Sur les promotions d'aliments gras, sucrés, salés, les restrictions sur les « meal deals », les prix promotionnels temporaires et la restauration hors domicile ont été retirées entre 2017 et 2024 (p. 22-23). Les autrices précisent que leur analyse ne prouve pas un lien de cause à effet direct (p. 22).

3️⃣ Pistes d'action pour les acteurs locaux

1️⃣ Vérifier qui finance un programme avant de l'accueillir

Avant d'accepter une intervention « clé en main » (école, club sportif, soirée étudiante), demander qui la finance et qui l'a conçue. S'appuyer sur l'exemple Smashed (p. 14) et sur les critères de contenu décrits : place du cancer, message « consommation responsable », rôle de la publicité.

2️⃣ Se doter d'une règle écrite sur les partenariats

Rédiger une courte charte interne : pas de financement ni de co-construction avec les industries de l'alcool, du tabac ou des produits gras-sucrés-salés, ni avec les structures qu'elles financent. S'inspirer de l'article 5.3 de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac cité p. 24. Besoin non couvert : le rapport ne fournit pas de modèle de charte.

3️⃣ Former les équipes à repérer les 8 tactiques

Utiliser les pages 11 à 18 comme support de formation : une tactique = un exemple = une question à se poser. Adapter les exemples au contexte français (loi Evin, prévention du tabac, marketing alimentaire vers les enfants). Adaptation nécessaire : le rapport ne contient aucun exemple français.

4️⃣ Repérer les « messagers » intermédiaires

Quand une fédération de commerçants, une association « indépendante » ou un site d'information prend position contre une mesure de santé, chercher ses sources de financement (p. 17). L'exemple de Drinkaware (plus de 130 financeurs de la filière) montre qu'« indépendant » ne veut pas dire sans conflit d'intérêts.

5️⃣ Préparer des arguments économiques pour les élus

Face à l'argument « cette mesure va tuer l'emploi », utiliser les pages 8 et 25 : l'argent non dépensé en alcool ou en malbouffe se reporte sur d'autres achats, et une population en bonne santé travaille plus longtemps. Utile pour les rencontres avec les élus locaux ou les conseils locaux de santé.

6️⃣ Agir sur l'urbanisme autour des écoles

Le rapport montre que les chaînes de restauration rapide contestent les refus d'implantation près des écoles (p. 15). Au niveau local, on peut porter ce sujet dans les instances de santé et d'urbanisme, en préparant un argumentaire solide. Besoin non couvert : le rapport ne décrit pas de méthode pour le faire.

4️⃣ Références complémentaires

Interne — Pratiques en Santé
  1. Inverser le rapport de force face aux discours de l'industrie : un manuel de communication en santé pour promouvoir la santé - https://www.pratiquesensante.com/blog/pratiques-15/inverser-le-rapport-de-force-face-aux-discours-de-l-industrie-un-manuel-de-communication-en-sante-pour-promouvoir-la-sante-6182
  2. Marketing de l’alcool : régulation et exposition des jeunes en France (Étude CIPPAL-ADAM) - https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/marketing-de-l-alcool-regulation-et-exposition-des-jeunes-en-france-etude-cippal-adam-5876
  3. Réglementation du marketing audiovisuel et numérique de l'alcool dans six pays européens - https://www.pratiquesensante.com/blog/politiques-10/reglementation-du-marketing-audiovisuel-et-numerique-de-l-alcool-dans-six-pays-europeens-5501


Externe — publications 2025

1️⃣ CESE (Comité économique et social européen) — Avis « Les déterminants commerciaux de la santé », INT/1080, adopté le 18 septembre 2025

Rapporteur : Alain Coheur. Appelle à une approche préventive fondée sur les droits humains, à un observatoire européen des déterminants commerciaux et à la transparence des industries. Donne le cadre européen, en français. eesc.europa.eu

2️⃣ Gallopel-Morvan K., Aurouet P. — « Tabac, alcool et santé publique : quand les intérêts commerciaux bloquent la prévention », Le Courrier des addictions, vol. XXVII, n° 1, mars 2025

Équivalent français du rapport écossais : comment les industries du tabac et de l'alcool freinent la prévention en France. edimark.fr

3️⃣ Promotion Santé Auvergne-Rhône-Alpes — Webinaire Mois sans tabac « Marketing et lobbying de l'industrie du tabac : comment lutter ? », novembre 2025

Support de présentation téléchargeable, orienté pratique, pour les acteurs de prévention. promotion-sante-ara.org

⚠️ URL à vérifier — la page Promotion Santé ARA est indexée par les moteurs de recherche mais refuse l'accès automatisé. Vérifier le lien à la main.

Pour aller plus loin (fin 2024) : OMS Europe, Alcohol Policy Playbook, 8 novembre 2024 — réponses fondées sur les preuves aux arguments de l'industrie de l'alcool (en anglais, résumé multilingue). who.int/europe

5️⃣ Foire aux questions

1️⃣ Qu'appelle-t-on « déterminants commerciaux de la santé » ?

Ce sont les façons dont les entreprises influencent la santé : produits, prix, publicité, lobbying. Le rapport reprend la définition de la revue The Lancet et de l'OMS (p. 7).

2️⃣ Le rapport s'en prend-il à toutes les entreprises ?

Non. Il reconnaît que la plupart des entreprises contribuent positivement à l'économie. Il vise les grands groupes dont les profits dépendent de produits nocifs, et propose d'aider les petits commerces à s'en détourner (p. 7).

3️⃣ Un programme de prévention financé par un industriel peut-il être utile ?

Le rapport répond de façon critique. Les programmes scolaires liés à l'industrie de l'alcool présentent les risques de façon sélective, notamment sur le cancer (p. 14). Les partenariats locaux financés par la filière sont peu évalués (p. 16).

4️⃣ Pourquoi le prix minimum de l'alcool est-il un exemple important ?

Voté en 2012, il a été bloqué six ans par des recours de l'industrie. Appliqué depuis 2018, il a réduit la consommation et les décès, surtout dans les quartiers défavorisés (p. 15).

5️⃣ Les mesures de santé publique détruisent-elles des emplois ?

Le rapport soutient que non, à l'échelle de l'économie : l'argent se reporte sur d'autres dépenses, et une population en meilleure santé est plus productive (p. 8, 25).

6️⃣ Que recommande le rapport aux décideurs ?

Quatre choses : reconnaître les conflits d'intérêts, encadrer les contacts avec ces industries comme pour le tabac (article 5.3 de la Convention-cadre de l'OMS), travailler avec des partenaires sans conflit d'intérêts, soutenir des politiques de prévention (p. 24-25).

7️⃣ Les études de cas prouvent-elles que l'industrie a fait changer la loi ?

Non. Les autrices disent clairement que leur analyse ne démontre pas de lien de cause à effet direct. Elles montrent des arguments qui reviennent et qui se retrouvent ensuite dans le texte final (p. 22).

6️⃣ Réécriture en FALC

De quoi parle ce document ?

  • Ce document vient d'Écosse.

  • Il est écrit par un groupe de 26 associations de santé.

  • Il parle de l'alcool, du tabac et de la malbouffe.

  • La malbouffe, ce sont les aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés.

  • Ces produits rendent malades beaucoup de personnes.

  • En Écosse, ces maladies causent presque 9 décès sur 10.

  • Les personnes pauvres sont plus souvent malades.

Que font les grandes entreprises ?

  • Certaines grandes entreprises vendent ces produits.

  • Elles veulent continuer à vendre beaucoup.

  • Alors elles essaient de freiner les lois qui protègent la santé.

  • Le document décrit 8 façons de faire.

  • Par exemple, elles disent que les études sont fausses.

  • Elles paient des programmes dans les écoles.

  • Elles paient des associations qui parlent à leur place.

  • Elles vont au tribunal pour retarder les lois.

  • Elles invitent les élus à des fêtes.

Deux exemples

  • Une loi fixe un prix minimum pour l'alcool.

  • Cette loi a attendu 6 ans à cause des procès.

  • Aujourd'hui, les gens boivent moins et meurent moins.

  • Une autre loi limite les promotions sur la malbouffe.

  • Les entreprises ont obtenu une loi moins forte.

Ce que le document demande

  • Les élus doivent voir ces méthodes.

  • Ils doivent limiter leurs rencontres avec ces entreprises.

  • Ils doivent travailler avec des experts indépendants.

  • Ils doivent voter des lois pour protéger la santé.

7️⃣ Analyse transversale — valeurs de Pratiques en Santé

Littératie : Le rapport, rédigé pour des élus, n'offre pas d'outil adapté à des niveaux de lecture variés ; il dénonce en revanche les outils d'information de l'industrie qui omettent des informations de santé (p. 17).

Empowerment : Les personnes concernées ne sont pas impliquées dans la conception ; leur voix passe uniquement par un sondage d'opinion (p. 9).

Participation : Aucun mécanisme de co-construction n'est décrit ; le rapport montre au contraire comment des réponses types coordonnées (585) ont faussé une consultation publique (p. 21).

Santé communautaire : La dimension collective est présente : les dommages touchent familles et communautés, pas seulement la personne qui consomme (p. 7, 9).

Éthique : Le conflit d'intérêts est au cœur du document (p. 24) ; les biais de sa propre position militante ne sont pas discutés.

Droits humains : L'équité est mise en avant : écart de 25 ans de vie en bonne santé et bénéfices du prix minimum plus forts pour les plus défavorisés (p. 9, 15).

Intersectorialité : Le rapport appelle à associer experts de santé publique, universitaires, cliniciens et associations sans conflit d'intérêts (p. 25) ; l'urbanisme et l'éducation apparaissent via les exemples (p. 14-15).

Partenariat : Pas de modèle de collaboration formalisé ; le seul cadre cité est l'article 5.3 de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac (p. 24).

Lutte contre les discriminations : Les inégalités sociales sont traitées ; le document critique le discours de « responsabilité individuelle », qui peut stigmatiser les personnes (p. 10, 14). Genre, handicap ou origine ne sont pas abordés.

8️⃣ Évaluation de la fiabilité de la ressource

Pertinence scientifique

Points forts : 120 références, dont de nombreuses publications à comité de lecture (Addiction, PLOS ONE, Health Promotion International, BMJ) et des sources institutionnelles récentes (Public Health Scotland 2025, National Records of Scotland 2025, OMS Europe 2024) (p. 27-38).

Limites : document de plaidoyer, sans méthode de sélection des exemples. Certains exemples sont anciens (tabac 2005, AG Barr 2016) ou tirés de la presse et de sites d'entreprise. Le chiffre « près de 50 % des décès prématurés évitables » (p. 19) n'a pas de référence sur la page. Le sondage est une donnée déclarative ; sa méthode n'est pas décrite dans le rapport (réf. 27 sans lien). Les études de cas reposent sur des travaux d’étudiantes de master (rapport de stage cité réf. 106), sans publication à comité de lecture mentionnée. Quelques coquilles dans les références (réf. 97 « Herland »).

⚠️ Donnée externe au rapport — la taille de l'échantillon du sondage (2 194 adultes) figure dans le communiqué de lancement (ASH Scotland, 15/09/2026), pas dans le rapport.

Pertinence opérationnelle

Moyenne pour le terrain français. La grille des 8 tactiques est directement réutilisable en formation et pour choisir ses partenaires. En revanche, le contexte (Parlement écossais, lois écossaises) doit être transposé, et le document ne propose ni outil, ni check-list, ni méthode d'animation.

Niveau global : fiable comme synthèse argumentée et sourcée ; à lire comme un plaidoyer, pas comme une évaluation neutre.

9️⃣ Hashtags stratégiques

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