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La parole des jeunes sur leurs usages des écrans

✍️ Maxime Résibois / GT UpTIC – Centre de Référence en Santé Mentale (CRéSaM) – décembre 2025
30 January 2026 by
La parole des jeunes sur leurs usages des écrans
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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📱💬 Usages des écrans par les jeunes : entre autonomie, défis relationnels et attentes envers les adultes. Décryptage des focus groups pour agir autrement sur le terrain. Ce document clarifie les attentes des jeunes (écoute, accompagnement, confiance) et les limites des approches punitives. Il offre des outils pour repenser l’éducation aux médias, mais gagnerait à intégrer une analyse des inégalités sociales et à formaliser des partenariats intersectoriels.
Co-construire des règles : Impliquer les jeunes dans l’élaboration des cadres d’usage des écrans, en privilégiant la discussion sur les contenus plutôt que le temps passé

Source :   📒 La parole des jeunes sur leurs usages des écrans    📜🔗LIEN 

Au coeur du sujet 

Résumé analytique 

Contexte et enjeux

Cette note de l’Observatoire "Vies numériques" restitue les résultats de trois focus groups menés avec des jeunes en situation de décrochage scolaire, révélant une grande hétérogénéité dans leurs usages des écrans, leurs motivations et leurs difficultés. Le smartphone y occupe une place centrale, mais les pratiques varient selon les besoins (communication, apprentissage, créativité, gestion du quotidien). Les jeunes expriment un sentiment d’injustice face aux discours adultes, souvent perçus comme déconnectés de leurs réalités, et soulignent l’importance d’être écoutés et accompagnés plutôt que contrôlés. Le rapport met en lumière les tensions entre autonomie et encadrement, ainsi que les risques relationnels en ligne (harcèlement, usurpation, publicités intrusives).

Apports opérationnels

Le document offre des pistes concrètes pour les professionnels : privilégier l’écoute et la co-construction de règles, adapter les interventions aux besoins spécifiques (ex : gestion du temps d’écran, soutien face aux conflits en ligne), et intégrer les jeunes dans la réflexion sur les usages numériques. Il invite à repenser les approches éducatives, en passant d’une logique de restriction à une logique d’empowerment et de littératie numérique, tout en tenant compte des inégalités d’accès aux ressources et aux compétences.

Points à retenir

  • Hétérogénéité des usages : Le smartphone domine, mais les motivations (communication, apprentissage, divertissement) et les impacts (positifs/négatifs) sont très variables (p. 8-12).
  • Décalage adultes/jeunes : Les jeunes critiquent les discours moralisateurs et demandent à être associés à la définition des règles (p. 13-15, 19).
  • Difficultés relationnelles en ligne : Harcèlement, haters, et sollicitations indésirables sont fréquents, mais les jeunes gèrent souvent seuls ces situations, avec des résultats mitigés (p. 16-17).
  • Ressources et leviers : L’accès à des activités sans écran, le soutien des pairs et des institutions, et la maturité aident à réduire un usage excessif (p. 13, 17).
  • Critique des approches punitives : La confiscation du téléphone est vécue comme injuste ; les jeunes privilégient la confiance et l’accompagnement (p. 15, 19).

Pistes d'action

  1. Co-construire des règles : Impliquer les jeunes dans l’élaboration des cadres d’usage des écrans, en privilégiant la discussion sur les contenus plutôt que le temps passé (p. 14-15).
  2. Former à la gestion des conflits en ligne : Outiller les jeunes pour signaler, bloquer, et demander de l’aide, en s’appuyant sur des retours d’expérience (p. 16-17).
  3. Lutter contre les stéréotypes : Éviter les généralisations (« les écrans rendent fous ») et valoriser les usages positifs (apprentissage, créativité) (p. 18-19).
  4. Sensibiliser les adultes : Former les parents et éducateurs à l’esprit critique face aux contenus en ligne et à l’IA, et les encourager à s’intéresser aux pratiques réelles des jeunes (p. 15, 19).

Autres références

RESSOURCES ADDITIONNELLES

Analyse transversale

Les points de repères -  📜🔗LIEN 

Analyse transversale selon les valeurs de Pratiques en Santé

  • Littératie : Le document propose des outils adaptés (ex : activités brise-glace, p. 6), mais manque de supports pour les jeunes en difficulté de lecture.
  • Empowerment : Les jeunes sont consultés et leurs propositions sont valorisées (p. 19).
  • Participation : Méthodologie co-construite avec les jeunes, mais peu de mécanismes formels de co-décision.
  • Santé communautaire : L’approche collective (focus groups) renforce la dimension communautaire.
  • Éthique : Les biais culturels et sociaux sont peu abordés, hormis la critique des inégalités d’accès.
  • Droits humains : Respect de la confidentialité et de la non-stigmatisation, mais les discriminations systémiques ne sont pas analysées.
  • Intersectorialité : Partenariats entre santé, éducation et social, mais peu formalisés.
  • Lutte contre les discriminations : Le document mentionne les moqueries liées à la possession d’un téléphone (p. 21), mais sans analyse approfondie.

Synthèse : Ressource pertinente pour les professionnels, mais à compléter par des outils inclusifs et une analyse des inégalités sociales.

Évaluation de la fiabilité de la ressource

  • Pertinence scientifique : Méthodologie qualitative rigoureuse (focus groups, analyse thématique), sources citées (p. 26).
  • Pertinence opérationnelle : Pistes d’action claires, mais manque de données quantitatives pour généraliser.
  • Actualité : Données récentes (2025), en phase avec les enjeux actuels (IA, harcèlement en ligne).

Questions à choix multiples

Partie 1 : Questions

Question 1 : Selon les jeunes, quelle est la principale motivation d’usage des réseaux sociaux ? a) Passer le temps b) Communiquer avec la famille et les amis c) Devenir influenceur d) Éviter les conflits

Question 2 : Que reprochent surtout les jeunes aux adultes concernant les écrans ? a) Le manque d’interdits b) Le décalage entre leurs discours et leurs propres usages c) L’absence de contrôle parental d) Le coût des abonnements

Question 3 : Quelle stratégie est la plus citée par les jeunes pour réduire le temps d’écran ? a) Utiliser un bloqueur de publicités b) Recevoir le soutien d’une institution structurante c) Supprimer tous les réseaux sociaux d) Acheter un téléphone basique

Question 4 : Comment les jeunes gèrent-ils majoritairement les conflits en ligne ? a) En portant plainte b) En bloquant/signifiant les auteurs c) En demandant de l’aide aux parents d) En arrêtant définitivement de poster

Question 5 : Quel message les jeunes veulent-ils transmettre aux adultes ? a) « Interdisez-nous les écrans » b) « Intéressez-vous à ce qu’on fait sur le téléphone ! » c) « Achetez-nous des téléphones plus chers » d) « Laissez-nous tranquilles »

Partie 2 : Correction commentée

Question 1 : ✅ b) Communiquer avec la famille et les amis (p. 9-10) Question 2 : ✅ b) Le décalage entre leurs discours et leurs propres usages (p. 15) Question 3 : ✅ b) Recevoir le soutien d’une institution structurante (p. 13) Question 4 : ✅ b) En bloquant/signifiant les auteurs (p. 17) Question 5 : ✅ b) « Intéressez-vous à ce qu’on fait sur le téléphone ! » (p. 19)

Foire aux questions

  1. Comment impliquer les jeunes dans la définition des règles d’usage des écrans ? Organiser des ateliers participatifs pour co-construire des chartes, en s’appuyant sur leurs retours (p. 14-15).

  2. Quels outils pour aider les jeunes victimes de harcèlement en ligne ? Leur apprendre à bloquer/signaler, et leur proposer un référent adulte formé (p. 16-17).

  3. Comment aborder la question du temps d’écran sans être moralisateur ? Privilégier la discussion sur les contenus et les besoins, plutôt que sur la durée (p. 14).

  4. Quels sont les risques liés à l’usage nocturne des écrans ? Les jeunes l’utilisent souvent pour gérer l’anxiété ou l’insomnie, mais cela peut aggraver la fatigue (p. 18).

  5. Comment répondre aux parents qui confisquent le téléphone comme punition ? Leur expliquer que cette pratique est contre-productive et leur proposer des alternatives (ex : activités sans écran) (p. 15).

  6. Quels sont les usages positifs des écrans selon les jeunes ? Apprentissage (YouTube éducatif), créativité (montage vidéo), et maintien des liens sociaux (p. 10-11).

  7. Comment adapter les interventions aux jeunes en décrochage scolaire ? Prendre en compte leurs spécificités (ex : accès limité à des activités alternatives) et leurs compétences (ex : autonomie numérique) (p. 7, 13).

Facile à lire et à comprendre

Version FALC : La parole des jeunes sur leurs usages des écrans

1. C’est quoi ce document ?

Ce document parle des écrans et des jeunes. Des adultes ont discuté avec des jeunes. Ils ont posé des questions :

  • Comment les jeunes utilisent les écrans ?
  • Qu’est-ce qu’ils aiment ou n’aiment pas ?
  • Qu’est-ce qui les aide ou les embête ?

Les jeunes ont donné leur avis. Ils veulent que les adultes les écoutent mieux.

2. Résumé en FALC

Les écrans dans la vie des jeunes
  • Tous les jeunes n’utilisent pas les écrans de la même façon. Certains passent beaucoup de temps sur leur téléphone. D’autres moins. Certains l’utilisent pour parler à leurs amis ou à leur famille. D’autres pour apprendre, dessiner ou jouer.

  • Le téléphone est très important pour beaucoup de jeunes. Mais ce n’est pas pareil pour tout le monde. Certains jeunes disent que le téléphone les aide à se sentir moins seuls. D’autres disent que ça peut causer des problèmes.

  • Les jeunes n’aiment pas quand les adultes leur disent tout le temps : « Tu passes trop de temps sur ton téléphone ! » Ils veulent que les adultes comprennent mieux ce qu’ils font sur les écrans.

Ce qui pose problème
  • Des conflits en ligne Certains jeunes se font embêter sur les réseaux sociaux. Ils reçoivent des messages méchants ou des demandes bizarres. La plupart du temps, ils bloquent ou ignorent ces personnes. Mais parfois, c’est difficile à gérer seul.

  • Les règles des adultes Les jeunes trouvent que les adultes :

    • Disent une chose et font l’inverse.
    • Punissent trop vite en prenant le téléphone. Ils préfèrent qu’on leur explique comment bien utiliser les écrans.
  • La nuit et les écrans Certains jeunes utilisent leur téléphone la nuit. Pas toujours parce qu’ils veulent, mais parfois parce qu’ils n’arrivent pas à dormir.

3. Points clés en FALC

Points clés

Ce que disent les jeunes Ce qu’ils veulent
On utilise les écrans pour parler, apprendre, s’amuser. Ne pas nous juger trop vite.
On n’aime pas les moqueries ou les messages méchants en ligne. Aidez-nous à gérer ces problèmes.
On n’aime pas quand on nous prend notre téléphone sans explication. Parlez avec nous avant de punir.
On veut que les adultes nous écoutent. Intéressez-vous à ce qu’on fait sur les écrans.

4. Conseils pour les adultes

  • Écoutez les jeunes. Demandez-leur :

    • « Qu’est-ce que tu aimes faire sur ton téléphone ? »
    • « Est-ce qu’il t’arrive d’avoir des problèmes en ligne ? »
  • Ne punissez pas tout de suite. Si un jeune passe beaucoup de temps sur son téléphone, discutez avec lui. Cherchez ensemble des solutions.

  • Aidez-les à gérer les conflits en ligne. Montrez-leur comment :

    • Bloquer une personne méchante.
    • Signaler un message qui les met mal à l’aise.
  • Proposez d’autres activités. Certains jeunes aimeraient faire autre chose, mais ils ne savent pas quoi. Aidez-les à trouver des loisirs sans écran.

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