Se rendre au contenu

Littératie en santé : de la compétence individuelle à la responsabilité des organisations

Prévention, promotion de la santé et accès à des soins de qualité : comprendre, agir, rendre accessible

Daniel Oberlé - Pratiques en Santé - 8 juin 2026

 

Reconnaître l’accès à une information compréhensible comme un droit fondamental, et non comme une option

Introduction — Pourquoi la littératie en santé concerne tout le monde

Lire une notice de médicament, choisir entre deux examens, comprendre une ordonnance, trier l’information de santé qui circule en ligne, naviguer entre un médecin traitant, un spécialiste et l’hôpital : ces gestes ordinaires supposent une compétence qui n’a rien d’évident. La littératie en santé désigne la capacité d’une personne à trouver, comprendre, évaluer et utiliser l’information pour décider, en connaissance de cause, de sa santé et de son bien-être ; elle recouvre donc à la fois des connaissances, une motivation et des compétences. La définition de référence reste celle proposée par Kristine Sørensen et ses collègues en 2012, qui articule quatre opérations — accéder, comprendre, évaluer, appliquer — sous l’influence de déterminants à la fois personnels et situationnels [1]. Loin de se réduire au fait de « savoir lire une ordonnance », elle constitue un déterminant de la santé et de la qualité de vie tout au long de l’existence.

La littératie traverse les trois registres de l’action en santé que cet article entend couvrir conjointement. La prévention d’abord : comprendre un dépistage, un calendrier vaccinal ou un message de réduction des risques, et passer de l’information à l’acte. La promotion de la santé ensuite : renforcer le pouvoir d’agir des personnes et rendre les environnements — école, travail, quartier — favorables aux choix de santé. L’accès à des soins de qualité enfin : s’orienter dans un système complexe, dialoguer avec les professionnels, comprendre un traitement et participer aux décisions partagées. Dans chacun de ces registres, la compréhension de l’information conditionne à la fois l’efficacité et l’équité de l’action.

Or les enquêtes de population montrent qu’une part très importante des adultes y est en difficulté : en France, 44 % présentent un niveau de littératie en santé insuffisant (30 % « problématique » et 14 % « inadéquat »), selon l’étude européenne Health Literacy Survey conduite en 2020-2021 et synthétisée par Santé publique France [2]. La question n’est donc pas marginale : elle conditionne l’équité d’accès aux soins et relève, de plus en plus explicitement, des droits humains.

Le fil conducteur de cet article est le suivant : faire passer le problème « des personnes » à un enjeu « des systèmes ». Tant qu’on attribue les difficultés au seul usager, on lui demande de s’adapter à un système complexe ; en déplaçant la focale vers les organisations, on rappelle que c’est aussi — et surtout — au système de se rendre compréhensible.

1. Comprendre la littératie en santé : un concept multidimensionnel

Comprendre la littératie en santé : un concept multidimensionnel

1.1 Les trois niveaux de compétences

Le modèle de Don Nutbeam, repris notamment par le Conseil de l’Europe, distingue trois niveaux progressifs, qui traduisent une autonomie et un pouvoir d’agir croissants [3]. La littératie fonctionnelle renvoie aux compétences de base — lire une posologie, remplir un formulaire, se repérer dans un service — qui permettent de comprendre une information et de circuler dans le système de soins. La littératie interactive mobilise des compétences cognitives et sociales plus avancées : poser des questions en consultation, appliquer une consigne dans une situation nouvelle, s’engager dans l’éducation thérapeutique et la décision partagée. La littératie critique, enfin, est le niveau le plus élevé : analyser une information, en apprécier la fiabilité, comprendre les déterminants sociaux de la santé et agir, individuellement ou collectivement, pour améliorer ses conditions de vie. Penser ces niveaux évite de réduire la littératie à un simple « savoir-lire ».

1.2 Le modèle intégré de Sørensen

Le modèle intégrateur de Sørensen (2012) croise les quatre étapes du traitement de l’information — accéder, comprendre, évaluer, appliquer — avec les trois domaines évoqués plus haut : les soins, la prévention et la promotion de la santé [1][4]. Il en résulte une grille fine, qui permet de situer précisément où une personne « décroche » : faute de trouver l’information, de la comprendre, d’en juger la pertinence ou de la mettre en pratique. Surtout, ce modèle souligne que la littératie n’est pas une propriété fixe de l’individu, mais le produit d’une interaction entre des capacités personnelles et des facteurs situationnels : qualité de l’éducation, complexité du système, lisibilité de l’information, compétence culturelle des professionnels, conditions socio-économiques [5]. Cette lecture interactionnelle est décisive : elle fonde l’idée que la littératie peut être renforcée en agissant sur l’environnement, et pas seulement sur la personne.

1.3 La dimension souvent oubliée : la numératie

Gérer sa santé suppose aussi de traiter des nombres : doses et fréquences de prises, valeurs de glycémie ou de tension, dates de rappel, probabilités d’un dépistage ou risques relatifs. Cette numératie en santé reste un angle mort des politiques d’information. L’Évaluation des compétences des adultes de l’OCDE (PIAAC, 2023, 31 pays) dresse un tableau en demi-teinte : en moyenne, 18 % des adultes ne maîtrisent pas les compétences les plus élémentaires, en littératie comme en numératie, et ces compétences reculent ou stagnent dans la plupart des pays ; seuls quelques-uns se distinguent (Finlande, Japon, Norvège, Pays-Bas, Suède) [6]. Intégrer explicitement la numératie aux supports — chiffres mis en contexte, repères visuels, exemples concrets — est donc une exigence pratique, et non un raffinement théorique.

2. Un diagnostic préoccupant, socialement marqué

Un diagnostic préoccupant, socialement marqué

2.1 Les chiffres en France

L’étude Health Literacy Survey France (2020-2021) chiffre des difficultés massives. Au-delà des 44 % de niveau insuffisant, le score moyen de littératie en santé générale s’établit à 77,5 sur 100, mais cette moyenne masque des écueils précis : 73 % des adultes rencontrent des difficultés pour naviguer dans le système de santé, 72 % pour accéder, comprendre et utiliser l’information de santé en ligne, et 29 % pour communiquer avec les professionnels de santé [2]. Ces obstacles sont plus fréquents chez les personnes socialement défavorisées ou atteintes d’une maladie chronique. La perception subjective confirme l’enquête : une personne sur dix déclare éprouver des difficultés à comprendre l’information médicale, un signal d’alerte d’autant plus fort qu’il est probablement sous-déclaré [7].

2.2 La perspective européenne et mondiale

La France n’est pas une exception. À l’échelle européenne, entre un tiers et la moitié des adultes peinent à accéder, comprendre, évaluer et utiliser l’information de santé ; en Allemagne, par exemple, près de 59 % des adultes ont une littératie limitée [3]. Les données mondiales rassemblées par le Centre collaborateur de l’OMS pour la littératie en santé (Université technique de Munich) confirment l’ampleur du phénomène : environ 46 % de la population européenne, 70 % en Chine et 79 % au Libéria présentent une faible littératie en santé ; aux États-Unis, près de neuf adultes sur dix ne maîtrisent pas suffisamment l’information de santé [8]. La difficulté est donc la règle plutôt que l’exception.

2.3 Un gradient social transversal

Le constat le plus structurant est que la difficulté n’est pas répartie au hasard : elle se concentre chez les personnes en situation de précarité financière, peu diplômées, âgées, atteintes de maladie chronique, éloignées du numérique ou issues de l’immigration. En France, l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV / ANCT) documente des difficultés face à l’écrit — y compris administratif — nettement plus fréquentes dans les quartiers prioritaires (QPV) [9] ; à l’échelle départementale, des outils de repérage des risques d’illettrisme aident désormais à cibler l’action au plus près des territoires [10]. Ce gradient social fait de la littératie un amplificateur des inégalités de santé — et il irrigue l’ensemble des parties suivantes.

3. Un enjeu de santé publique… et un coût

Un enjeu de santé publique… et un coût

3.1 Conséquences sanitaires et sociales

Une faible littératie en santé se traduit par des effets tangibles, qui touchent les trois registres : moindre participation à la prévention et au dépistage, recours évitable aux urgences, hospitalisations qui auraient pu être prévenues, erreurs de médication, complications de maladies chroniques, renoncement aux soins. Elle pèse particulièrement sur l’auto-gestion des maladies au long cours, où la compréhension des consignes — posologie, signes d’alerte, hygiène de vie — conditionne directement l’évolution clinique. À l’inverse, une information bien comprise soutient l’observance et la prévention.

3.2 Le coût économique

Ces conséquences ont un prix. Le rapport du Centre collaborateur de l’OMS de Munich (« Low health literacy is costing health », 2025) rappelle que la faible littératie engendre des milliards de dépenses évitables pour les systèmes de santé [8]. Le Conseil de l’Europe avance un ordre de grandeur convergent : une littératie insuffisante est associée à une augmentation de 3 à 5 % des dépenses de santé, du fait des hospitalisations évitables, des erreurs médicamenteuses et du recours excessif aux urgences [3]. Il s’agit donc d’un coût largement invisible — rarement isolé dans les budgets — mais bien réel.

3.3 Un levier d’efficacité et de qualité des soins

Le raisonnement peut s’inverser : investir dans la prévention, l’éducation et l’adaptation des services présente un retour sur investissement. Rendre l’information compréhensible, c’est réduire les actes inutiles, améliorer l’observance et la qualité des décisions partagées, et donc renforcer à la fois la qualité des soins et l’efficience du système. La littératie cesse alors d’être perçue comme un coût pour devenir un levier de qualité et de sécurité.

4. Changer de paradigme : de l’individu aux organisations (Organizational Health Literacy)

Changer de paradigme : de l’individu aux organisations

4.1 Les limites d’une approche centrée sur l’individu

Tant que la littératie est pensée comme un « déficit » de l’usager, la charge de l’adaptation repose entièrement sur lui — et ce sont les personnes déjà vulnérables qui en paient le prix. Or la difficulté naît souvent de la complexité des organisations elles-mêmes : jargon médical, formulaires illisibles, signalétique opaque, parcours fragmentés, horaires et démarches dissuasifs. L’angle mort, ce sont les organisations, pas seulement les patients.

4.2 La littératie en santé organisationnelle

La littératie en santé organisationnelle (LSO) renverse la perspective : il s’agit de la capacité d’une institution à rendre son information et ses services faciles à trouver, à comprendre et à utiliser, de façon équitable. Une « organisation pro-littératie » travaille concrètement ses supports écrits, ses procédures d’accueil, sa signalétique, la formation de ses équipes et la participation des usagers à la conception des outils — c’est l’idée que résume la formule « quand les organisations veulent faire la différence » [11].

4.3 Une approche par les ressources, non par le déficit

Le changement de paradigme est aussi conceptuel : on passe d’une logique de déficit (ce qui manque à la personne) à une logique de ressources (ce que l’on peut mobiliser et renforcer). Cette approche, fondée sur les capabilités, l’empowerment et la justice sociale, considère l’usager comme un acteur compétent dont l’environnement doit soutenir le pouvoir d’agir — plutôt que comme un problème à corriger.

4.4 Former les professionnels : teach-back et vérification de la compréhension

Les professionnels surestiment fréquemment la compréhension de leurs patients — c’est « l’illusion de la transparence ». Des techniques simples corrigent ce biais : le teach-back (faire reformuler par la personne ce qu’elle a compris), l’usage d’un langage clair, la limitation à deux ou trois messages essentiels, la vérification systématique avant la fin de l’échange. L’articulation avec l’éducation thérapeutique du patient (ETP) prolonge cette logique dans les maladies chroniques. La formation aux pratiques pro-littératie, qui rejoint le cadre de compétences en communication en santé publique, gagnerait à figurer dans les cursus initiaux comme dans la formation continue, soignants et travailleurs sociaux compris [12].

4.5 Retours d’expérience de terrain

Des démarches concrètes existent. En Belgique, dix-huit organisations de première ligne, soutenues par le Fonds Dr Daniël De Coninck (Fondation Roi Baudouin), ont travaillé en communauté d’apprentissage pour développer leur littératie organisationnelle, à partir d’un appel à projets lancé en 2022 ; leurs enseignements et recommandations sont rendus publics pour être capitalisés par d’autres acteurs [13]. En France et en francophonie, la démarche « Cap Littératie en Santé Organisationnelle » (Cap LSO) outille pas à pas les structures qui veulent s’engager [14]. Enfin, la question du non-recours aux droits et aux soins rejoint directement ce chantier organisationnel : agir sur la complexité, c’est aussi réduire le non-recours [15].

5. Ne laisser personne de côté : accessibilité et publics vulnérables

Ne laisser personne de côté : accessibilité et publics vulnérables

5.1 L’accessibilité comme principe universel

Rendre l’information accessible relève de la conception universelle : ce qui est pensé pour les personnes les plus en difficulté bénéficie à toute la population. L’accès à une information de santé compréhensible n’est pas une option, mais un droit. Le guide de la Croix-Rouge suisse (migesplus / Office fédéral de la santé publique, 2025) propose une méthode en trois temps. Planifier : associer le public cible dès la conception (groupes de discussion, tests) et budgéter traductions et adaptations. Produire : recourir à un langage clair (une idée par phrase, des verbes d’action, l’abandon des abréviations et du jargon) et à des visuels inclusifs. Diffuser : s’appuyer sur des intermédiaires et des médias communautaires pour toucher les publics éloignés, avec une check-list de contrôle à chaque étape [16].

5.2 Outils : FALC, CAA, tests utilisateurs

Plusieurs outils outillent cette accessibilité. Le Facile à Lire et à Comprendre (FALC) repose sur des règles strictes de clarification du langage et de mise en page, validées avec les personnes concernées. La Communication Alternative et Améliorée (CAA), désormais soutenue par une instruction nationale de déploiement, s’adresse aux personnes dont la communication orale ou écrite est entravée : c’est « un droit, pas une option » [17][18]. Dans tous les cas, le test utilisateur — faire relire et éprouver les supports par des usagers représentatifs avant diffusion — demeure la garantie la plus fiable d’une accessibilité réelle, et non supposée.

5.3 Publics et contextes prioritaires

Certains publics cumulent les obstacles : personnes en situation d’illettrisme, habitants des quartiers prioritaires, personnes âgées, personnes handicapées, migrants. Le Conseil de l’Europe identifie huit groupes particulièrement exposés — Roms / Sinti / Gens du voyage, personnes sans abri, personnes handicapées, migrants, personnes LGBTI, personnes détenues, personnes âgées, jeunes — pour lesquels faible littératie et stigmatisation se renforcent mutuellement ; pour les Roms, par exemple, 41 % rapportent une discrimination dans les soins sur cinq ans, avec une espérance de vie inférieure de 5 à 15 ans et une couverture vaccinale de 30 à 50 % plus basse [3]. Des déclinaisons thématiques aident à passer à l’action : littératie en santé mentale [19], littératie en périnatalité, avec des guides pédagogiques dédiés [20], littératie alimentaire [21] et littératie physique [22][23].

5.4 La médiation : le rôle du travail social

Entre l’information et la personne, des relais comptent. Les travailleurs sociaux, les associations, les pharmaciens et les leaders communautaires jouent un rôle de médiation : adapter le message, accompagner l’accès aux droits, faire le lien avec le système de soins. Penser la diffusion, c’est donc aussi penser les intermédiaires de confiance et les canaux de proximité, au plus près des publics éloignés [16].

6. L’enjeu numérique : infodémie, désinformation et esprit critique

L’enjeu numérique : infodémie, désinformation et esprit critique

6.1 Infodémie et mésinformation

La fracture numérique, déjà signalée parmi les publics vulnérables, se double d’un défi informationnel. Dans un éditorial du European Journal of Public Health (del Rey Puech, Azzopardi Muscat, Marchandise, McKee, 2026), relayé par la Chaire UNESCO « Educations & Santé », les auteurs appellent à une mobilisation renouvelée face à l’« infodémie » : la diffusion massive d’informations fausses ou trompeuses qui fragilise la confiance et les comportements de santé [24]. La pandémie de COVID-19 a montré les effets délétères de la désinformation — hésitation vaccinale, atteintes à la santé mentale, renforcement des inégalités, érosion de la confiance envers les institutions scientifiques — que les algorithmes de recommandation et l’IA générative amplifient encore, en facilitant la production de contenus trompeurs à grande échelle. Pour les acteurs de terrain, Pratiques en Santé a conçu un outil pratique d’aide à l’action face à l’infobésité [25], et le bilan des forces et des faiblesses de l’information en santé éclaire les marges de progrès [26].

6.2 Les limites du « tout esprit critique »

Le réflexe consistant à opposer « l’esprit critique » à la désinformation a ses limites. Un rapport de recherche sur les conceptions de l’esprit critique dans le champ éducatif montre que le réduire à la seule traque des fake news — comme y ont incité certains rapports institutionnels et lois récentes — néglige les dimensions sociales et politiques de l’information et peut renforcer une vision élitiste des savoirs ; les auteurs plaident pour des démarches réflexives (débats, enquêtes collaboratives, cartographie des controverses) et l’apport des sciences humaines et sociales [27]. Les compétences étant inégalement réparties, la surcharge informationnelle pèse en outre d’abord sur les publics les plus fragiles : l’esprit critique n’est pas un remède universel.

6.3 Responsabilités des acteurs

La charge ne peut reposer sur les seuls individus. Professionnels, institutions, plateformes, médias et concepteurs d’information portent une responsabilité : la qualité et le design de l’information (clarté, hiérarchisation, sources visibles) déterminent largement ce que le public peut en faire. Au comptoir de la pharmacie comme à l’hôpital, lutter contre la désinformation reste une mission exigeante, qui suppose du temps, des repères et des outils adaptés [28].

6.4 Leviers d’action

Les auteurs plaident pour un changement de paradigme : stratégies proactives de pré-bunking (anticiper et « vacciner » contre les manipulations) et de debunking, systèmes de veille, identification de messagers de confiance ancrés dans les communautés, et alliances larges associant chercheurs, éducateurs, journalistes, société civile et jeunes générations [24]. L’intelligence artificielle peut elle-même être mobilisée, avec prudence, pour détecter et corriger la désinformation [29]. Enfin, la littératie numérique se construit dès l’adolescence : le discernement de la véracité de l’information étant lié au développement du raisonnement [30], mieux vaut une éducation progressive — par l’apprentissage et l’accompagnement [32] — que de seules interdictions d’âge [31], a fortiori lorsque l’usage des écrans interroge déjà le développement socio-émotionnel des plus jeunes [33].

7. Les leviers politiques : vers des systèmes favorables à la littératie

Les leviers politiques : vers des systèmes favorables à la littératie

7.1 Ce que révèlent les plans nationaux

La revue intégrative publiée par l’OMS en 2025 (sous la direction de Kristine Sørensen) compare neuf plans, stratégies ou cadres nationaux — Australie, Chine, Allemagne, Nouvelle-Zélande, Norvège, Portugal, Écosse, États-Unis, plus un nouveau cadre australien en consultation [34]. Elle décrit pour chaque pays l’origine politique, les acteurs mobilisés, la structuration des objectifs, les dispositifs de suivi et la place faite à l’équité, et montre que, malgré des engagements internationaux nombreux, la littératie reste souvent absente du dialogue politique concret.

7.2 Les six exigences structurelles

L’analyse transversale dégage six conditions de réussite communes aux plans les plus solides : un leadership politique clair ; une approche bilatérale agissant à la fois sur les populations et sur les organisations ; une approche par les ressources plutôt que par le déficit ; une perspective « parcours de vie » ; une intégration intersectorielle (santé, éducation, social, médias) ; et un financement dédié à la formation, aux outils et à l’évaluation [34]. Ce sont autant de points concrets à défendre dans le dialogue avec les décideurs et les agences.

7.3 La désinformation comme priorité publique

La lutte contre la désinformation en santé est désormais affichée comme une priorité par le ministère en charge de la Santé [35]. À l’échelle internationale, le rôle des réseaux de centres collaborateurs de l’OMS — programmes durables, formation à grande échelle, confiance dans la science — illustre la dimension structurante de ces politiques et leur ancrage dans la durée [36].

7.4 Intégrer la littératie dans toutes les politiques

Le Conseil de l’Europe (2026) franchit un pas supplémentaire en repositionnant la littératie comme un impératif de droits humains : lorsque les conditions équitables d’accès à l’information font défaut, c’est le droit à la protection de la santé (Charte sociale européenne révisée, article 11 ; Convention européenne des droits de l’homme ; Convention d’Oviedo) qui est menacé [3]. Le rapport propose une feuille de route pour les 46 États membres, articulée autour de sept leviers — dont la transformation des institutions en « organisations compétentes en littératie », la gouvernance intersectorielle, des mécanismes de redevabilité et la réduction de la fracture numérique. La littératie a ainsi vocation à s’inscrire dans toutes les politiques de santé : prévention, promotion de la santé, accès et qualité des soins.

8. Passer à l’action : repères concrets pour les acteurs de terrain

Passer à l’action : repères concrets pour les acteurs de terrain

8.1 Mesurer et comprendre les besoins

Premier réflexe : objectiver. Des outils courts (par exemple l’item HLS19-Q47) et des diagnostics locaux permettent de mesurer les besoins d’un territoire et de cibler les publics les plus éloignés — personnes peu diplômées, en précarité, en mauvaise santé perçue ou à distance du numérique — plutôt que d’agir « à l’aveugle » [34].

8.2 Rédiger un document clé en collaboration avec le public destinataire

Des gains rapides sont à portée de main : simplifier un document clé et le tester avec des usagers, revoir l’accueil et la signalétique, produire une version FALC d’une information essentielle, clarifier un courrier de convocation ou de résultats. Ces actions modestes améliorent immédiatement l’expérience des personnes, dans la prévention comme dans le soin.

8.3 Structurer au niveau des organisations

Faire en sorte que la littératie en santé soit un critère incontournable pour la certification de la qualité des services offerts par une organisation. : former les équipes au langage clair et au teach-back, intégrer la littératie aux démarches qualité et aux projets d’établissement, désigner des référents, en s’appuyant sur des pratiques pédagogiques validées par la recherche [37].

8.4 Agir à l’échelle territoriale

Enfin, la littératie gagne à être portée par les contrats et coalitions locales : contrats locaux de santé (CLS), communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) des ESSMS, partenariats avec l’école, le secteur social et les associations. Bâtir des coalitions territoriales, sur le modèle des processus multi-acteurs décrits dans plusieurs plans nationaux, ancre durablement la démarche [34].

Conclusion — Littératie, équité et droits humains

La littératie en santé est un déterminant social modifiable : on peut agir dessus, à condition de cesser d’en faire une affaire purement individuelle. Qu’il s’agisse de prévention, de promotion de la santé ou d’accès à des soins de qualité, elle relève d’une responsabilité partagée entre gouvernements, systèmes de santé, institutions éducatives et société civile [3][34]. À mesure que les organisations internationales — OMS, Conseil de l’Europe — la rattachent aux droits humains [8], elle rejoint la lutte contre la stigmatisation et les discriminations, en cohérence avec les valeurs portées par Pratiques en Santé : littératie, empowerment, santé communautaire, éthique, droits humains et intersectorialité.

À compétence des usagers égale, l’écart de santé entre deux populations tient à la responsabilité des organisations. C’est donc à elles de s’adapter, non aux patients de s’en sortir seuls.



Bibliographie

Les numéros correspondent aux appels de référence entre crochets dans le texte. Pour chaque entrée sont indiqués, le cas échéant, le document source d’origine puis l’article de décryptage publié par Pratiques en Santé.

[1] Sørensen K. et al. (2012), définition intégrée de la littératie en santé ; OMS, fiche d’information « Health literacy » — https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/health-literacy

[2] Santé publique France — Littératie en santé : les chiffres clés de l’étude Health Literacy Survey France (2020-2021) ; Pratiques en Santé, « Les chiffres clés de l’étude HLS en France » — https://www.santepubliquefrance.fr/docs/litteratie-en-sante.-les-chiffres-cles-de-l-etude-health-literacy-survey-hls-en-france · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/litteratie-en-sante-les-chiffres-cles-de-l-etude-health-literacy-survey-hls-en-france-rapport-et-inforgraphie-3687

[3] Conseil de l’Europe (2026), K. Sørensen — « Promoting health literacy and human rights to reduce stigma and discrimination » ; Pratiques en Santé, « Promouvoir la littératie en santé et les droits humains… » — https://rm.coe.int/promoting-health-literacy-and-human-rights-to-reduce-stigma-and-discri/48802aeace · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/promouvoir-la-litteratie-en-sante-et-les-droits-humains-pour-reduire-la-stigmatisation-et-la-discrimination-5762

[4] Pratiques en Santé — « Document conceptuel sur la littératie en santé » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/document-conceptuel-sur-la-litteratie-en-sante-3193

[5] Pratiques en Santé — « Qu’est-ce que la littératie en santé ? » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/quest-ce-que-la-litteratie-en-sante-1608

[6] OCDE — Évaluation des compétences des adultes (PIAAC 2023) ; Pratiques en Santé, « Les compétences des adultes en littératie et en numératie reculent ou stagnent dans la plupart des pays de l’OCDE » — https://www.oecd.org/fr/publications/les-adultes-possedent-ils-les-competences-necessaires-pour-s-epanouir-dans-un-monde-en-mutation_e8d52c02-fr.html · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/les-competences-des-adultes-en-litteratie-et-en-numeratie-reculent-ou-stagnent-dans-la-plupart-des-pays-de-locde-4310

[7] Pratiques en Santé — « Une personne sur dix éprouve des difficultés de compréhension de l’information médicale » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/une-personne-sur-dix-eprouve-des-difficultes-de-comprehension-de-linformation-medicale-2484

[8] OMS, Centre collaborateur pour la littératie en santé (Université technique de Munich, 2025) — « Low health literacy is costing health » ; Pratiques en Santé, « Le faible niveau de littératie en santé a un coût » — https://www.who.int/publications/i/item/B09619 · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/le-faible-niveau-de-litteratie-en-sante-a-un-cout-5495

[9] Observatoire national de la politique de la ville / ANCT (F. Simonnet, 2024) ; Pratiques en Santé, « Comprendre des difficultés face à l’écrit plus fréquentes dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/comprendre-des-difficultes-face-a-lecrit-plus-frequentes-dans-les-quartiers-prioritaires-de-la-politique-de-la-ville-5672

[10] Pratiques en Santé — « 100 fiches départementales pour localiser les risques d’illettrisme et cibler l’action » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/100-fiches-departementales-pour-localiser-les-risques-dillettrisme-et-cibler-laction-5838

[11] Pratiques en Santé — « Littératie en santé : quand les organisations veulent faire la différence » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/litteratie-en-sante-quand-les-organisations-veulent-faire-la-difference-4077

[12] Pratiques en Santé — « Le Cadre de compétences en communication en santé publique : résultats d’un processus de recherche multiméthode et de consensus » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/le-cadre-de-competences-en-communication-en-sante-publique-resultats-dun-processus-de-recherche-multimethode-et-de-consensus-5443

[13] Fondation Roi Baudouin / Fonds Dr Daniël De Coninck (2024) ; Pratiques en Santé, « Littératie en santé organisationnelle dans la 1ère ligne : les enseignements de 18 organisations pionnières (Belgique) » — https://kbs-frb.be/fr/litteratie-en-sante-organisationnelle-dans-la-1ere-ligne-les-enseignements-de-18-organisations · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/litteratie-en-sante-organisationnelle-dans-la-1ere-ligne-les-enseignements-de-18-organisations-pionnieres-belgique-3908

[14] Pratiques en Santé — « Cap Littératie en Santé Organisationnelle (Cap LSO) » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/outils-6/cap-litteratie-en-sante-organisationnelle-cap-lso-4683

[15] Pratiques en Santé — « Sélection de ressources : Non-recours & littératie organisationnelle » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/outils-6/selection-de-ressources-non-recours-litteratie-organisationnelle-5109

[16] Croix-Rouge suisse / migesplus / Office fédéral de la santé publique (2025) — Guide « Pour des informations sur la santé accessibles et faciles à comprendre » ; Pratiques en Santé — https://www.prevention.ch/files/publicimages/Documentation/SRK_BAG_Leitfaden_FR_online.pdf · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/pour-des-informations-sur-la-sante-accessibles-et-faciles-a-comprendre-5485

[17] Pratiques en Santé — « La Communication Alternative et Améliorée (CAA) : un droit, pas une option ! » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/outils-6/la-communication-alternative-et-amelioree-caa-un-droit-pas-une-option-5646

[18] Pratiques en Santé — « Publication d’une instruction pour le déploiement de la CAA (Communication alternative et améliorée) » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/loi-11/publication-dune-instruction-pour-le-deploiement-de-la-caa-communication-alternative-et-amelioree-5050

[19] Pratiques en Santé — « Littératie en santé mentale » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/litteratie-en-sante-mentale-4291

[20] Pratiques en Santé — « Guide pédagogique sur la littératie en santé en périnatalité pour passer à l’action » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/outils-6/guide-pedagogique-sur-la-litteratie-en-sante-en-perinatalite-pour-passer-a-laction-4673

[21] Pratiques en Santé — « Littératie alimentaire : 4 compétences essentielles à développer chez les élèves du primaire » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/litteratie-alimentaire-4-competences-essentielles-a-developper-chez-les-eleves-du-primaire-5119

[22] Pratiques en Santé — « La littératie physique en Éducation Physique (EP), la prose de Monsieur Jourdain » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/outils-6/la-litteratie-physique-en-education-physique-ep-la-prose-de-monsieur-jourdain-5510

[23] Pratiques en Santé — « Développer la littératie physique, vers une nouvelle norme pour tous les Canadiens » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/developper-la-litteratie-physique-vers-une-nouvelle-norme-pour-tous-les-canadiens-669

[24] Éditorial du European Journal of Public Health (2026 ; del Rey Puech, Azzopardi Muscat, Marchandise, McKee), via la Chaire UNESCO « Educations & Santé » ; Pratiques en Santé, « Repenser la communication en santé publique face à l’infodémie » — https://chaireunesco-es.org/2026/01/21/repenser-la-communication-en-sante-publique-face-a-linfodemie/ · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/repenser-la-communication-en-sante-publique-face-a-linfodemie-5576

[25] Pratiques en Santé — « Face à l’infobésité — @Pratiques en Santé — Un outil concret pour agir en santé-social » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/annonces-28/face-a-linfobesite-pratiques-en-sante-un-outil-concret-pour-agir-en-sante-social-5457

[26] Pratiques en Santé — « Information en santé — Bilan des forces et des faiblesses » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/information-en-sante-bilan-des-forces-et-des-faiblesses-5526

[27] Pratiques en Santé — « Conceptions de l’esprit critique dans le domaine éducatif : les limites d’un “remède à la désinformation” » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/conceptions-de-lesprit-critique-dans-le-domaine-educatif-les-limites-dun-remede-a-la-desinformation-5343

[28] Pratiques en Santé — « Lutter contre la désinformation au comptoir, mission impossible ? » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/lutter-contre-la-desinformation-au-comptoir-mission-impossible-5330

[29] Pratiques en Santé — « Intelligence artificielle et technologies numériques contre la désinformation sur la santé » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/intelligence-artificielle-et-technologies-numeriques-contre-la-desinformation-sur-la-sante-5323

[30] Pratiques en Santé — « Le développement du discernement de la véracité des informations et de la détection des fake news est lié au développement du raisonnement à l’adolescence » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/le-developpement-du-discernement-de-la-veracite-des-informations-et-de-la-detection-des-fake-news-est-lie-au-developpement-du-raisonnement-a-ladolescence-5810

[31] Pratiques en Santé — « Décryptage : Interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, que nous disent les études scientifiques » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/decryptage-interdire-les-reseaux-sociaux-aux-moins-de-16-ans-que-nous-disent-les-etudes-scientifiques-5446

[32] Pratiques en Santé — « Enseigner la littératie numérique. Pourquoi ? Comment ? » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/enseigner-la-litteratie-numerique-pourquoi-comment-4059

[33] Pratiques en Santé — « Usage des écrans électroniques et problèmes socioémotionnels chez les enfants : revue systématique et méta-analyse d’études longitudinales » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/usage-des-ecrans-electroniques-et-problemes-socioemotionnels-chez-les-enfants-revue-systematique-et-metaanalyse-detudes-longitudinales-5673

[34] OMS (2025) — « Integrative Review of National Health Literacy Policy Blueprints as a Tool for Change toward Health Literate Systems » (K. Sørensen) ; Pratiques en Santé, « Revue intégrative des plans nationaux de littératie en santé… » — https://www.who.int/publications/i/item/9789240113138 · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/politiques-10/revue-integrative-des-plans-nationaux-de-litteratie-en-sante-comme-leviers-de-transformation-vers-des-systemes-favorables-a-la-litteratie-en-sante-5763

[35] Pratiques en Santé — « Lutte contre la désinformation en santé : une priorité du ministère en charge de la Santé » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/outils-6/lutte-contre-la-desinformation-en-sante-une-priorite-du-ministere-en-charge-de-la-sante-5058

[36] Pratiques en Santé — « Un réseau de centres collaborateurs pour un avenir en meilleure santé : programmes durables, formation à grande échelle et confiance dans la science » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/actualites-17/un-reseau-de-centres-collaborateurs-pour-un-avenir-en-meilleure-sante-programmes-durables-formation-a-grande-echelle-et-confiance-dans-la-science-5814

[37] Pratiques en Santé — « Coup de pouce à la réussite ! Adopter des pratiques pédagogiques en littératie appuyées par la recherche » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/coup-de-pouce-a-la-reussite-adopter-des-pratiques-pedagogiques-en-litteratie-appuyees-par-la-recherche-4476

Autres ressources de la sélection (non citées dans le texte)

[38] Pratiques en Santé — « Replay — Conférence — La littératie en santé et les droits humains » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/replay-conference-la-litteratie-en-sante-et-les-droits-humains-4335

[39] Pratiques en Santé — « La littératie en santé — Dossier dans la revue Le Chaînon » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/la-litteratie-en-sante-dossier-dans-la-revue-le-chainon-1959

[40] Pratiques en Santé — « Communiquer pour tous : les enjeux de la littératie en santé — La Santé en action, juin 2017, n°440 » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/communiquer-pour-tous-les-enjeux-de-la-litteratie-en-sante-la-sante-en-action-juin-2017-ndeg440-1626

[41] Pratiques en Santé — « La littératie en santé : destinée à l’amélioration de la santé ? » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/pratiques-15/la-litteratie-en-sante-destinee-a-lamelioration-de-la-sante-4078

[42] Pratiques en Santé — « Littératie en santé : conduites et gestion de soins chez les personnes ayant des compétences réduites en littératie » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/litteratie-en-sante-conduites-et-gestion-de-soins-chez-les-personnes-ayant-des-competences-reduites-en-litteratie-313

[43] Pratiques en Santé — « Publication — La promotion de la santé aujourd’hui. Pratiques sociales et partages de savoirs » — https://pratiquesensante.odoo.com/blog/annonces-28/publication-la-promotion-de-la-sante-aujourdhui-pratiques-sociales-et-partages-de-savoirs-5553


Et vous ? Comment, dans vos structures, travaillez‑vous (ou aimeriez‑vous travailler) la littératie en santé, en particulier du côté organisationnel ? Partagez vos expériences en commentaire ! 


Soutenir Pratiques en Santé - https://pratiquesensante.odoo.com/blog/annonce-28/pour-soutenir-pratiques-en-sante-3253