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Campagne de vaccination scolaire contre le papillomavirus : perceptions parentales et déterminants de l'adhésion

Mélanie Vignal — thèse pour le diplôme d'État de docteur en médecine (DES de médecine générale), Université Paris Cité, Faculté de Santé, UFR de Médecine
25 septembre 2026 par
Campagne de vaccination scolaire contre le papillomavirus : perceptions parentales et déterminants de l'adhésion
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🚨 L’école informe, le médecin convainc : ce que révèle une enquête auprès de 245 parents
🔍💡 Vaccination HPV au collège : 84 % des parents interrogés recommanderaient la campagne, mais le conseil d’un soignant reste le premier déclencheur de la décision. 🩺 La crainte pour la sécurité du vaccin reste le premier frein cité.
📌  Depuis 2023, la vaccination anti-HPV est proposée gratuitement au collège. Cette enquête donne la parole aux parents : ce qui les fait accepter, ce qui les freine, par qui ils ont été informés. Elle suggère que l’école informe bien sur la campagne, mais pèse peu dans la décision, qui passe surtout par le conseil d’un soignant. Pour qui anime des actions auprès de familles, d’élèves ou d’équipes éducatives, elle aide à cibler les messages (sécurité, efficacité, prévention des cancers) et à repérer les publics absents de l’enquête : familles peu diplômées, non francophones, éloignées du numérique.
Source :     

📒 Campagne de vaccination scolaire contre le papillomavirus : perceptions parentales et déterminants de l'adhésion
✍️ Mélanie Vignal — thèse pour le diplôme d'État de docteur en médecine (DES de médecine générale), Université Paris Cité, Faculté de Santé, UFR de Médecine. Co-direction : Dr Adriana Ababii et Pr Serge Gilberg.soutenue le 25 juin 2026 ; mise en ligne sur DUMAS (HAL) en septembre 2026 

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Vaccination HPV : l'école informe, le médecin convainc

1️⃣ Résumé analytique

Une campagne scolaire pour rattraper un retard de couverture

En 2024, 58,4 % des filles et 36,9 % des garçons de 15 ans avaient reçu au moins une dose de vaccin anti-HPV, loin de l’objectif de 80 % en 2030 (données Santé publique France citées p. 9 et 15). Après des expérimentations dans le Grand Est et en Guyane, une campagne gratuite et non obligatoire est proposée en classe de 5e depuis la rentrée 2023 (p. 17-19). La thèse interroge des parents de collégiens franciliens (6 collèges, Paris, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne) par questionnaire en ligne, de mai à décembre 2025. Elle décrit leurs connaissances, leur confiance vaccinale, leur décision et leur regard sur la campagne. L’étude est descriptive : aucun groupe de comparaison ni test statistique ne permet de mesurer un effet propre de la campagne (p. 21-26).

Ce que les réponses de 245 parents laissent entrevoir

Parmi les répondants, 82 % déclarent avoir fait vacciner leur enfant ; 24 % de ces vaccinations ont eu lieu dans le cadre de la campagne, 55 % chez le médecin généraliste (p. 32-33). Le conseil d’un professionnel de santé (57 %), le jugement personnel sur l’utilité du vaccin (55 %) et les recommandations sanitaires (50 %) sont les leviers les plus cités ; l’information de l’école ne l’est que par 11 % (p. 33). L’inquiétude sur la sécurité du vaccin est le premier frein déclaré (38 % des non-vaccinants, n = 17), la crainte d’une sexualité précoce restant marginale (9 %) (p. 34). La discussion rassemble aussi des retours d’expériences françaises et étrangères (La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Québec) utiles pour concevoir des actions d’accompagnement (p. 41-45).

2️⃣ Points clés du document

1️⃣ L’école informe sur la campagne, elle pèse peu dans la décision

83 % des parents disent avoir été informés de la campagne par l’établissement (p. 34), mais seuls 11 % citent l’information scolaire comme facteur de décision, contre 57 % pour le conseil d’un soignant (p. 33). L’école semble jouer un rôle de relais d’information plus que de persuasion.

2️⃣ Le médecin généraliste reste le lieu principal de vaccination

Parmi les parents ayant fait vacciner leur enfant, 55 % l’ont fait chez le médecin généraliste et 24 % au collège (p. 32-33). Le médecin généraliste est aussi la première source de connaissance sur le HPV citée par un professionnel (42 %), à égalité avec les médias (45 %) (p. 29).

3️⃣ Un effet de levier possible, mais limité, de la campagne

78 % des parents déclarent qu’ils auraient fait vacciner leur enfant même sans campagne, 13 % non, 9 % indécis (p. 35). L’autrice en déduit que la campagne a « probablement » levé certaines hésitations ; ce résultat déclaratif ne permet pas de chiffrer cet effet.

4️⃣ La sécurité du vaccin, premier frein déclaré

Chez les 44 parents n’ayant pas fait vacciner, la sécurité (38 %), les effets secondaires (22 %) et l’efficacité (20 %) dominent ; la crainte d’une sexualité précoce concerne 9 % (p. 34). Point de prudence : 21 de ces parents précisent en commentaire que l’enfant était déjà vacciné, signe d’une erreur de déclaration (p. 33).

5️⃣ Des interventions multicomposantes documentées ailleurs

La discussion rapporte des programmes combinant information des parents, entretien avec l’infirmière scolaire, aide à la décision et relances (Québec : +7,4 points de couverture ; La Réunion, PROM-SSCOL : initiation 19,2 % contre 2,7 %) (p. 43-45). Ce sont des résultats d’études citées, non de la thèse.

3️⃣ Pistes d’action pour les acteurs locaux

1️⃣ Associer un soignant à l’information des familles

Le conseil d’un professionnel de santé est le premier levier cité (p. 33). Prévoir, lors des réunions de parents ou des temps d’information au collège, la présence d’une infirmière scolaire, d’un médecin ou d’un pharmacien pour répondre aux questions, plutôt qu’une information uniquement écrite.

2️⃣ Centrer les messages sur la sécurité et l’efficacité

Les freins déclarés portent d’abord sur la sécurité, les effets secondaires et l’efficacité (p. 34, p. 40). Préparer des réponses courtes et sourcées sur ces trois points, par exemple à partir des « arguments clés » de l’INCa (voir références), et présenter le vaccin comme une prévention des cancers (p. 40-41).

3️⃣ Utiliser des outils d’aide à la décision

La thèse cite des outils comme soshpv.fr ou vaccin-hpv-info.fr, associés à une hausse de l’intention vaccinale dans une étude (p. 39). Les signaler aux parents, avec un temps d’échange, plutôt que de s’en tenir au kit papier distribué en 5e (p. 18).

4️⃣ Aller vers les familles absentes de l’enquête

L’autrice reconnaît que les parents peu à l’aise avec le numérique, non francophones ou socialement défavorisés sont sous-représentés (p. 36). Prévoir des supports traduits ou en FALC, des relais associatifs ou de médiation santé, et des temps d’échange en présentiel pour ces familles.

5️⃣ Relancer et accompagner le retour de l’autorisation parentale

L’obtention du consentement parental est décrite comme une difficulté pouvant peser sur la couverture (p. 43). S’inspirer du modèle québécois : entretien court, courriel d’aide à la décision, puis appel de l’infirmière scolaire pour les formulaires non rendus (p. 44-45).

6️⃣ Former les relais éducatifs

Infirmières scolaires et enseignants sont présentés comme des relais potentiels, dont les connaissances sur le HPV restent parfois limitées (p. 41, p. 43). Proposer des temps de formation courts aux équipes éducatives. Besoin non couvert : l’étude n’explore pas le point de vue des élèves ni celui des équipes scolaires.

4️⃣ Références complémentaires

Ressources internes Pratiques en Santé

Ressources externes 

  • Santé publique France (L. Fonteneau), décembre 2025. Bilan de la deuxième campagne de vaccination contre les infections à papillomavirus humain (HPV) menée au collège dans les classes de 5e au cours de l’année scolaire 2024-2025 en France. « Le point sur », 9 p. — les données nationales qui complètent l’enquête locale. santepubliquefrance.fr

  • Institut national du cancer, mise à jour mars 2026. Les arguments clés sur la vaccination contre les cancers liés aux papillomavirus humains (HPV). Outil pour les professionnels, utile pour répondre aux freins sur la sécurité et l’efficacité. cancer.fr

  • Haute Autorité de santé, 2025. Papillomavirus (HPV) : le rattrapage vaccinal recommandé chez les femmes et les hommes jusqu’à 26 ans révolus. Recommandation qui élargit les occasions de vacciner au-delà du collège. has-sante.fr

5️⃣ Foire aux questions

1️⃣ Qui a été interrogé, et comment ?

245 parents de collégiens de 5e, 4e ou 3e dans six collèges d’Île-de-France (quatre à Paris, un dans le 92, un dans le 94), via un questionnaire en ligne anonyme de 23 questions fermées, du 20 mai au 12 décembre 2025. Sur 135 collèges sollicités, 6 ont diffusé le questionnaire (p. 21-25).

2️⃣ Les résultats valent-ils pour tous les parents ?

Non. Le taux de réponse est estimé à 19 %, 84,5 % des répondants sont des mères et 58 % ont un diplôme de niveau bac+5 ou plus. L’autrice signale une sous-représentation des parents peu à l’aise avec le numérique, non francophones ou défavorisés (p. 27-28, p. 36).

3️⃣ Combien de parents ont fait vacciner leur enfant au collège ?

49 parents, soit 24 % de ceux qui ont fait vacciner leur enfant (environ 20 % de l’ensemble des répondants). La majorité (55 %) est passée par le médecin généraliste (p. 32-33).

4️⃣ Qu’est-ce qui décide les parents ?

Le conseil d’un professionnel de santé (57 %), leur propre jugement sur l’utilité du vaccin (55 %) et les recommandations des autorités sanitaires (50 %). L’information fournie par l’école n’est citée que par 11 % (p. 33).

5️⃣ Pourquoi certains parents refusent-ils ?

Surtout par inquiétude sur la sécurité du vaccin (38 %), les effets secondaires (22 %) ou l’efficacité (20 %). La crainte que le vaccin incite à une sexualité précoce est rare (9 %). Ces chiffres portent sur 44 parents et une partie des réponses semble erronée (p. 33-34).

6️⃣ Les parents recommanderaient-ils la campagne ?

84 % la recommanderaient « tout à fait » et 4 % « en partie » à leur entourage ; 7 % y sont réticents et 5 % indécis. C’est le critère de jugement principal de l’étude (p. 24, p. 35).

7️⃣ Quelles actions ont fait leurs preuves ailleurs ?

La discussion cite des programmes associant information des parents, entretien avec l’infirmière scolaire, aide à la décision et relances téléphoniques (Québec), ou information et vaccination mobile au collège (La Réunion). Ce sont des résultats d’autres études (p. 43-45).

6️⃣ Réécriture en FALC (Facile à lire et à comprendre)

De quoi parle ce document ?

  • Le HPV est un virus très courant.

  • Il se transmet surtout pendant les relations sexuelles.

  • Il peut causer des cancers, chez les filles et chez les garçons.

  • Un vaccin protège contre ce virus.

  • Depuis 2023, ce vaccin est proposé au collège, en classe de 5e.

  • Il est gratuit. Il n’est pas obligatoire.

  • Une étudiante en médecine a posé des questions à des parents.

  • 245 parents d’Île-de-France ont répondu.

Ce que disent les parents

  • Beaucoup de parents ont fait vacciner leur enfant.

  • La plupart sont allés chez leur médecin.

  • Environ un sur quatre a choisi le collège.

  • Les parents écoutent surtout les conseils des soignants.

  • Les parents qui refusent ont surtout peur pour la sécurité du vaccin.

  • Presque tous les parents conseilleraient la vaccination au collège à leurs proches.

À savoir

  • Les parents qui ont répondu ont souvent fait de longues études.

  • Les résultats ne parlent donc pas de toutes les familles.

  • Il faut mieux informer les familles qui ont été moins entendues.

7️⃣ Analyse transversale — valeurs de Pratiques en Santé

  • Littératie : Le document ne propose pas d’outil adapté aux niveaux de lecture ; il signale l’absence des parents à faible littératie numérique et cite des outils d’aide à la décision en ligne (p. 36, p. 39).

  • Empowerment : Les parents sont consultés sur leurs perceptions, sans être associés à la conception ni à l’évaluation de la campagne ; les élèves ne sont pas interrogés.

  • Participation : Aucun mécanisme de co-construction n’est décrit ; le questionnaire a été relu par des personnes du champ de la santé et hors santé (p. 24).

  • Santé communautaire : La dimension collective apparaît via l’immunité de groupe et la recommandation entre parents (p. 15, p. 35, p. 43), sans démarche communautaire décrite.

  • Éthique : Le biais de sélection social et numérique est identifié par l’autrice (p. 36) ; il n’est pas corrigé dans l’analyse. Déclaration CNIL effectuée (p. 25).

  • Droits humains : La gratuité et la vaccination à l’école sont présentées comme des moyens de réduire les inégalités territoriales et sociales d’accès (p. 9, p. 18).

  • Intersectorialité : La conclusion appelle à une collaboration entre professionnels de santé et acteurs éducatifs (p. 47).

  • Partenariat : Pas de modèle formalisé ; des exemples de partenariats (IReSP, infirmières scolaires au Québec) sont cités dans la discussion (p. 42-45).

  • Lutte contre les discriminations : Les discriminations ne sont pas abordées ; la sous-représentation des familles défavorisées et non francophones est reconnue comme une limite (p. 36).

8️⃣ Évaluation de la fiabilité de la ressource

Pertinence scientifique — modérée

Points d’appui : bibliographie étoffée (84 références, dont des données 2025-2026), méthode et limites exposées avec transparence, questionnaire publié en annexe, déclaration CNIL. Points de vigilance : étude descriptive sans groupe témoin ni test statistique, questionnaire non validé construit par l’autrice (p. 23), échantillon auto-sélectionné et très diplômé, taux de réponse de 19 %, 52 questionnaires incomplets exclus (p. 37). L’objectif affiché d’« évaluer l’impact » de la campagne dépasse ce que le devis permet ; les résultats décrivent des perceptions déclarées. Quelques incohérences internes sont relevées : réponses contradictoires sur le statut vaccinal (p. 30, p. 33), renvoi au « Tableau 4 » au lieu du Tableau 5 (p. 34), et lecture de 50,2 % de « totale confiance » comme une majorité favorable (p. 39).

Pertinence opérationnelle — indirecte

Le document n’est pas un guide d’action. Son intérêt pratique tient aux leviers et freins décrits et à la synthèse d’expériences d’interventions scolaires (p. 41-45), qui peuvent orienter la préparation de temps d’information auprès des familles. Les résultats concernent un public urbain et favorisé : leur transposition à d’autres territoires reste à vérifier, comme le suggère l’autrice (p. 45).

9️⃣ Hashtags stratégiques

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