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Des partenariats efficaces entre collectivités locales et services de santé : enseignements d'une région défavorisée de Sydney, Australie

International Journal of Health Policy and Management (IJHPM), Kerman University of Medical Sciences - Mars 2026
12 août 2026 par
Des partenariats efficaces entre collectivités locales et services de santé : enseignements d'une région défavorisée de Sydney, Australie
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🚨 Une convention et un poste ne suffisent pas : la vérité sur les partenariats santé-collectivités
🔍💡 Partenariats santé-collectivités : quatre cas australiens révèlent que la convention et le poste dédié sont des points de départ, pas des garanties. Sans portage politique durable ni financement stable, le maillon se fragilise. 🧩 Des leçons directement transposables aux CLS et démarches intersectorielles.



📌 Ce document décortique, à partir de quatre partenariats réels, ce qui fait tenir — ou vaciller — une collaboration structurée entre une collectivité et un service de santé. Il ne s'arrête pas au « il faut travailler ensemble » : il montre qu'une convention formalisée et un poste dédié sont nécessaires mais insuffisants sans portage hiérarchique, plans de travail partagés et temps long. Pour quiconque anime un CLS, un ASV ou un projet « santé dans toutes les politiques », c'est un miroir précis des mécanismes concrets (financement croisé, statut du poste, turnover, cloisonnements sectoriels) et un argumentaire solide pour pérenniser les fonctions de coordination.



Source :     
📒 Des partenariats efficaces entre collectivités locales et services de santé : enseignements d'une région défavorisée de Sydney, Australie
✍️ Effective Partnerships Between Local Councils and Health Departments: Lessons From a Disadvantaged Region of Sydney, Australia -  International Journal of Health Policy and Management (IJHPM), Kerman University of Medical Sciences  -  Mars  2026
Auteur·es : Karla Jaques, Raquiba Jahan Khan, Christopher Browne, Maria Beer, Karen Wardle, Jennie Pry, Susan Gibbeson, Edith Barnes, Tim Hayes, Patrick Harris — équipe rattachée principalement au Centre for Health Equity Training, Research and Evaluation (UNSW) et au South Western Sydney Local Health District (SWSLHD).
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Capsules Audio de Pratiques en Santé pour illustrer cet article 🎙️🎥 https://www.youtube.com/watch?v=_NXpVcmuy5U


1️⃣ RÉSUMÉ ANALYTIQUE

Contexte et enjeux — Des territoires défavorisés, des compétences éclatées. L'étude porte sur le sud-ouest de Sydney (SWS), zone cumulant désavantages sociaux et sanitaires : diabète à 14,5 % contre 11,3 % en NSW, taux de sans-abrisme jusqu'à 75,1 pour 10 000 à Fairfield, températures estivales de 8 à 10,5 °C supérieures au centre de Sydney (p. 3). Dans ce contexte, les collectivités australiennes agissent sur les déterminants (urbanisme, cadre bâti, planification) tandis que les services de santé restent centrés sur le soin et la prévention. Quatre collectivités sur sept ont signé une convention (MoU) avec le service de santé territorial, chacune finançant conjointement un poste « joint position » (p. 2). L'étude, fondée sur 25 entretiens (16 collectivités, 6 santé, 3 externes), analyse les facteurs de réussite selon quatre niveaux : fonctionnel, organisationnel, individuel, externe (p. 3).

Apports opérationnels — Structures + acteurs + soutien organisationnel. Le document établit que la convention et le poste co-financé sont nécessaires mais insuffisants : l'efficacité vient de soutiens plus larges (gouvernance, management, plans de travail) fournis par chaque organisation (p. 10). Il documente finement les leviers (communication, confiance, avantage collaboratif, acculturation « bi-culturelle ») et les freins (financement non pérenne, renouvellement triennal de la convention en tension avec l'inscription durable de la santé, turnover, cloisonnements sectoriels institutionnels). La recommandation centrale est de pérenniser les postes pour ancrer la santé dans les politiques locales sur le temps long (p. 10-11).

2️⃣ POINTS CLÉS DU DOCUMENT

1️⃣ La convention formalisée est un socle, mais insuffisante seule. Chaque partenariat repose sur une convention (MoU) taillée sur mesure pour la collectivité concernée, offrant l'« imprimatur structurel » ; mais les structures requièrent des acteurs pour agir, et surtout un soutien organisationnel plus large (gouvernance, plans de travail, objectifs) (p. 10).

2️⃣ Le poste co-financé est le pivot — et le maillon fragile. Un poste partagé, généralement logé côté collectivité, est jugé critique dans chaque cas. Mais il repose sur une seule personne au périmètre trop vaste, avec un financement d'environ 100 000 $ jugé peu attractif face à la concurrence pour recruter urbanistes et concepteurs (p. 6, p. 8).

3️⃣ Le renouvellement triennal de la convention entre en tension avec le temps long. Les acteurs soulignent que renégocier la convention tous les trois ans contredit l'objectif d'inscrire durablement la santé dans les politiques ; d'où la recommandation de rendre les postes permanents (p. 7, p. 10-11).

4️⃣ La politique locale fragilise structurellement. Les élections municipales tous les quatre ans déplacent l'attention vers des préoccupations locales court-termistes ; aucune collectivité ne peut engager un financement au-delà de son mandat (p. 7).

5️⃣ Cibler le niveau « politique » plutôt que les changements de comportement. Contre-intuitivement, les acteurs jugent plus durable d'inscrire la santé comme enjeu stratégique dans les politiques de la collectivité que de viser des résultats de santé distaux ou des programmes de changement de comportement (p. 6). Trois des quatre partenariats portent d'ailleurs sur l'urbanisme favorable à la santé (p. 7-8).

3️⃣ PISTES D'ACTION POUR LES ACTEURS LOCAUX

1️⃣ Formaliser un cadre écrit adapté, pas standardisé. S'inspirer du principe de convention sur mesure : un participant met en garde contre le « modèle unique à dupliquer » — c'est le processus (définir priorités, vision, données locales) qui compte, pas le modèle importé (p. 5). Pour la France : décliner cette logique dans la construction d'un CLS ou d'une fiche-action co-signée.

2️⃣ Sécuriser le portage hiérarchique au-delà de la personne dédiée. Ne pas faire reposer la démarche sur le seul poste de coordination : organiser une visibilité auprès de la direction générale et des élus, même s'ils ne sont pas dans le « faire » (p. 7). Prévenir la « fragilité » liée au départ d'un individu (p. 8).

3️⃣ Prioriser explicitement le périmètre du poste. Le remit trop large disperse ; il faut orienter la fonction vers des initiatives ciblées à forte valeur ajoutée pour éviter que « une seule personne ne puisse résoudre tous les problèmes » (p. 6, p. 8).

4️⃣ Investir l'acculturation croisée (« bi-culturalité »). Prévoir du temps, en début de démarche, pour que chaque partenaire comprenne le fonctionnement de l'autre (langages, cultures organisationnelles) plutôt que de « passer son temps à s'expliquer » ensuite (p. 6).

5️⃣ Ancrer la santé dans les documents stratégiques locaux. Aligner l'activité partenariale sur les plans stratégiques communautaires : intégrer la santé en amont du cycle de planification réduit ensuite le travail de correction sur les dossiers d'urbanisme (p. 7, p. 9).

6️⃣ Rendre l'équité explicite dans la gouvernance. L'équité en santé, si elle n'est pas inscrite formellement dans les instances, n'est « tout simplement pas considérée » ; l'approche « Healthy Streets » (pondération selon le désavantage) est citée comme levier implicite à formaliser (p. 10). Besoin non couvert identifié : l'équité reste largement implicite dans les conventions étudiées — une adaptation nécessaire est de l'inscrire comme critère explicite d'évaluation.

4️⃣ RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES

1️⃣ [Interne — Pratiques en Santé]

Systèmes de transition pour l'équité en santé: un examen de la portée des partenariats municipal-santé publique - Bridging systems for health equity: a scoping review of municipal–public health partnerships (août 2026). Revue de portée sur 105 études — le pendant « littérature » de l'étude de cas de Sydney. Complément méthodologique et conceptuel direct. 🔗 https://www.pratiquesensante.com/blog/pratiques-15/systemes-de-transition-pour-l-equite-en-sante-un-examen-de-la-portee-des-partenariats-municipal-sante-publique-6108

2️⃣ [Externe] Fabrique Territoires Santé — Les coordinations des démarches territoriales de santé (septembre 2024). Transposition française directe : statut, portage et fragilité des postes de coordination (CLS, ASV, CLSM). 🔗 https://www.fabrique-territoires-sante.org/wp-content/uploads/2024/10/DR_les-coordinations-des-DTS-_2024_VF-1.pdf 

3️⃣ [Externe] Réseau 7Est & ARS Grand Est — Urbanisme favorable à la santé (février 2025). Leviers pour les collectivités, en écho aux 3 cas australiens centrés urbanisme. 🔗 https://www.aguram.org/wp-content/uploads/2025/02/20250207_UFS_VF_web.pdf 

5️⃣ FOIRE AUX QUESTIONS (FAQ)

1️⃣ Sur quels territoires et quelle méthode l'étude repose-t-elle ?

Quatre collectivités du sud-ouest de Sydney (Campbelltown, Fairfield, Liverpool, Wollondilly), via 25 entretiens semi-directifs analysés sous NVivo selon une approche réaliste abductive (p. 3, tableau 2 p. 4).

2️⃣ Depuis quand ces partenariats existent-ils ?

Trois ont été établis récemment (Campbelltown 2018, Liverpool 2020, Wollondilly 2018) ; celui de Fairfield remonte à 1994, soit une antériorité de trois décennies (p. 2, tableau 2 p. 4).

3️⃣ Comment le poste partagé est-il financé et pourquoi pose-t-il problème ?

Il est co-financé collectivité/santé, avec une enveloppe d'environ 100 000 $ jugée peu compétitive pour recruter des profils rares (urbanisme + santé), dans des contrats non permanents (p. 8).

4️⃣ Pourquoi le renouvellement de la convention est-il critiqué ?

Le cycle triennal entre en contradiction avec l'ambition d'inscrire durablement la santé dans les politiques : cet impact est un travail de long terme, d'où la demande de postes permanents (p. 7, p. 10-11).

5️⃣ Faut-il viser le changement de comportement ou le changement de politique ?

Les acteurs jugent plus efficace et durable d'intégrer la santé au niveau stratégique des politiques de la collectivité que de cibler des résultats de santé distaux ou des programmes comportementaux (p. 6).

6️⃣ L'équité en santé est-elle prise en compte ?

Rarement de façon explicite : elle est généralement considérée mais non inscrite formellement dans les conventions ou instances, sauf approches implicites comme « Healthy Streets » (p. 10).

7️⃣ Qu'est-ce qui menace le plus la continuité des partenariats ?

La dépendance à des individus (départ = perte de savoir), le turnover élevé dans deux des quatre collectivités, les périodes de vacance non prévues dans la convention, et les cloisonnements sectoriels institutionnels (p. 8).

6️⃣ RÉÉCRITURE EN FALC

De quoi parle ce document ?

Des chercheurs ont étudié 4 villes près de Sydney, en Australie.

Dans ces villes, la mairie et les services de santé travaillent ensemble.

Ils veulent améliorer la santé des habitants.

Comment travaillent-ils ensemble ?

Ils signent un accord écrit. Cet accord s'appelle une convention.

Ils paient ensemble une personne. Cette personne fait le lien entre la mairie et la santé.

Qu'ont trouvé les chercheurs ?

  • La convention est utile. Mais elle ne suffit pas.
  • Une seule personne ne peut pas tout faire. Son travail est trop grand.
  • Les chefs doivent aussi soutenir le projet.
  • Il faut du temps. La santé change lentement.

Quels sont les problèmes ?

  • L'argent n'est pas sûr sur la durée.
  • On refait la convention tous les 3 ans. C'est trop court.
  • Tous les 4 ans, il y a des élections. Cela change les priorités.
  • Si la personne clé s'en va, le projet devient fragile.

Que faut-il faire ?

  • Garder cette personne longtemps. Il faut un poste stable.
  • Mettre la santé dans les grandes décisions de la mairie.
  • Bien penser à l'égalité entre les habitants.

7️⃣ ANALYSE TRANSVERSALE — VALEURS DE PRATIQUES EN SANTÉ

Littératie : peu abordée directement ; le document traite d'acculturation entre organisations (« bi-culturalité ») plutôt que de niveaux de compréhension des publics (p. 6).

Empowerment : partiellement traité ; les acteurs regrettent que le manque de ressources empêche de travailler « avec » la communauté plutôt que « pour » elle, la co-conception étant jugée coûteuse (p. 7).

Participation : la co-construction communautaire est reconnue comme idéale mais insuffisamment financée dans le modèle actuel (p. 7).

Santé communautaire : dimension collective centrale, via l'ancrage de la santé dans l'urbanisme et le cadre bâti au bénéfice des populations défavorisées (p. 3, p. 7-8).

Éthique : les biais ne sont pas analysés comme tels ; le document reconnaît honnêtement les limites de son échantillon et la subjectivité inhérente à la recherche qualitative (p. 11).

Droits humains / équité : l'équité est identifiée comme insuffisamment explicite dans les conventions, ce qui est présenté comme une lacune à corriger dans la gouvernance (p. 10).

Intersectorialité : cœur du document — tout le propos porte sur le franchissement des frontières sectorielles santé/collectivité et le « pontage » des silos (p. 8, p. 10-11).

Partenariat : modèles de collaboration formalisés (convention + poste partagé + comités de pilotage) documentés en détail comme mécanismes centraux (p. 2, p. 10).

Lutte contre les discriminations : non traitée en tant que telle ; le document aborde l'équité territoriale et sociale (populations défavorisées, désavantage relatif) sans thématique de discrimination directe (p. 3, p. 10).

8️⃣ ÉVALUATION DE LA FIABILITÉ DE LA RESSOURCE

Pertinence scientifique — élevée. Étude publiée dans une revue à comité de lecture, en Open Access ; méthodologie explicite (réalisme critique, design de Yin, double-codage sur 50 % de l'échantillon pour l'assurance qualité, p. 3). 54 références. Les auteurs déclarent l'absence de conflits d'intérêts et signalent l'usage d'un outil d'IA (Microsoft Copilot) uniquement pour le formatage des références. Limites assumées : échantillon restreint, approche descriptive (non explicative), perceptions auto-rapportées, généralisation restreinte (p. 11).

Cohérence interne — à signaler. Le tableau 3 (p. 5) indique explicitement, via un astérisque, que certains constats d'entretien étaient l'inverse de la littérature (ex. « de-siloing » et « contexte organisationnel du cycle de 4 ans »). Il s'agit d'un choix méthodologique transparent, non d'une incohérence — mais le lecteur doit lire la note de bas de tableau pour l'interpréter correctement.

Pertinence opérationnelle — forte mais à transposer. Contexte australien (collectivités « councils », LHD, SEIFA) éloigné du cadre français ; les mécanismes (poste co-financé, portage politique, cycle électoral, cloisonnements) sont néanmoins directement transposables aux CLS, ASV, CLSM et démarches « santé dans toutes les politiques ». La transposition passe par les leviers ARS, contrats locaux de santé, collectivités et intercommunalités.

9️⃣ HASHTAGS STRATÉGIQUES

#Intersectorialité #SantéDansToutesLesPolitiques #ContratLocalDeSanté #DéterminantsDeSanté #UrbanismeFavorableSanté #GouvernanceTerritoriale #ÉquitéEnSanté #pratiquesensante


Cet article a été élaboré dans le respect de la Charte d’utilisation de l’intelligence artificielle de Pratiques en Santé. Cliquez sur l'image  CHARTE utilisation de IA de Pratiques en Santé


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