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Grandir avec les écrans » (dossier), La Santé en action, n° 474

✍️ Santé publique France
9 octobre 2026 par
Grandir avec les écrans » (dossier), La Santé en action, n° 474
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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. Ce dossier donne des chiffres sur les usages des écrans chez les 0-11 ans, les collégiens et les lycéens. Ils viennent d'enquêtes nationales récentes, menées entre 2022 et 2025, et de la cohorte Elfe, dont les données ont été recueillies de 2013 à 2017 (p. 6-10, 18-19). Il aide à distinguer les effets sur la santé qui font consensus, comme le sommeil, la sédentarité et la vue, de ceux qui restent discutés, notamment sur la santé mentale et le développement cognitif des tout-petits (p. 4, 15-21). Il rappelle aussi que certains usages peuvent favoriser les apprentissages, la créativité et la socialisation (p. 4, 9-10, 20). Il présente des interventions françaises et européennes avec les éléments d'évaluation fournis par leurs porteurs. Ces éléments sont surtout déclaratifs, sauf pour le programme de soutien aux familles et à la parentalité (PSFP) et pour Protect, présentés comme ayant fait la preuve de leur efficacité (p. 5, 28-38). Enfin, il explique le cadre réglementaire européen et français, ainsi que les pistes juridiques et de santé publique débattues pour mieux encadrer les plateformes (p. 11, 24-27).



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1️⃣ RÉSUMÉ

Le dossier traite des usages des écrans par les enfants et les jeunes, à l'exception du recours à l'intelligence artificielle et aux objets connectés (p. 4). Il mobilise des enquêtes nationales ou européennes, des cohortes, des études qualitatives, des sondages, des expertises collectives et des revues de littérature (p. 4). Il comprend trois parties : les comportements numériques (p. 6-12), les risques pour la santé (p. 13-23) et les pistes pour favoriser un usage équilibré (p. 24-38), suivies d'une bibliographie sélective (p. 39). Les interventions présentées s'adressent aux enfants, aux parents et aux professionnels en contact avec les familles, dans différents milieux de vie, et incluent des actions réglementaires des pouvoirs publics (p. 4). Le dossier met aussi en valeur la parole des enfants et des jeunes (p. 4, 12, 23).

1️⃣ Ce qui fait consensus, ce qui reste débattu. Selon un co-président de la commission Enfants et Écrans, un consensus scientifique net s'est dégagé sur les effets néfastes sur le sommeil, la sédentarité et la vue, quel que soit l'âge (p. 15). Pour la santé mentale, les experts s'accordent sur une majoration des comorbidités psychiatriques : les écrans, surtout les réseaux sociaux, sont des facteurs supplémentaires de risque en cas de vulnérabilité préexistante. L'addiction aux écrans n'est pas reconnue en tant que telle (p. 16). L'expertise de l'Anses documente des effets de certains usages des réseaux sociaux chez les 11-17 ans (sommeil, image corporelle, troubles anxio-dépressifs, cyberharcèlement), plus marqués chez les filles (p. 20-21). L'introduction précise toutefois que les liens de causalité avec la santé mentale ne sont pas clairement établis (p. 4). Restent en débat : le rôle des écrans dans les troubles du neurodéveloppement (p. 16). Restent insuffisamment documentés : les effets des ondes et des perturbateurs endocriniens (p. 16)

2️⃣ Des effets cognitifs à relativiser chez les 0-6 ans. L'introduction et la contribution sur la technoférence évoquent un risque avéré pour les tout-petits (p. 4, 17). Les données de la cohorte Elfe nuancent ce constat : les associations entre temps d'écran et scores cognitifs sont largement expliquées par des facteurs familiaux. Elles ne persistent que rarement, essentiellement pour le langage, avec des tailles d'effet modestes. Une télévision allumée pendant les repas à 2 ans est associée à un moindre développement du langage (p. 19). L'auteur juge le danger modéré pour un enfant donné, mais le risque substantiel à l'échelle de la population. Il plaide pour une prévention collective « mesurée et proportionnée » (p. 19). (Résultat)

3️⃣ Des écarts sociaux marqués dans les données. Dans l'étude Enabee (2022), 35 % des 3-5 ans des ménages les plus diplômés dépassaient une heure d'écran par jour en moyenne, contre 72,1 % dans les ménages au diplôme inférieur au baccalauréat (p. 8). Elfe, la commission Enfants et Écrans et l'Unaf font le même constat (p. 16, 18, 30). À noter : la responsable du PSFP observe davantage de prise de conscience dans certains contextes éducatifs, mais « globalement » pas de distinction sociale marquée (p. 28). (Constat)


NB :Actualisation » : le portable au lycée (devenu inexact)

Le document indique (p. 4-5) que, depuis l'été 2026, un projet législatif visant l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans est en discussion, et que l'interdiction des téléphones portables au lycée devait entrer en vigueur à la rentrée.

Depuis, le Conseil constitutionnel (décision n° 2026-911 DC du 14 août 2026) a censuré l'article 1er, qui interdisait l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Il le juge disproportionné au regard de la liberté d'expression et de communication. La loi n° 2026-813 du 24 août 2026 (JO du 25 août) a été promulguée sans cette mesure. Elle étend en revanche aux lycées l'interdiction du portable pendant le temps scolaire, dès la rentrée 2026-2027. Sources : communiqué du Conseil constitutionnel ; Vie publique 

3️⃣ POUR AGIR

1️⃣ Proposer Faminum aux familles. Plateforme gratuite d'Internet Sans Crainte pour construire une charte numérique familiale en six étapes ; le document la présente comme une ressource que les professionnels peuvent proposer ou relayer (p. 30). Outil existant cité par le document. faminum.com

2️⃣ Utiliser l'accromètre comme support de dialogue avec des adolescents. Échelle de couleurs du bleu (usage équilibré) au rouge (usage problématique), co-construite avec 30 jeunes, en versions papier et numérique ; son autrice précise qu'il ne s'agit pas d'une solution miracle (p. 37). Outil existant cité par le document. internetsanscrainte.fr/accrometre

3️⃣ Orienter vers le 3018 en cas de violence numérique. Plateforme nationale d'écoute et de signalement, confidentielle et gratuite, 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h, pour les moins de 25 ans, leur entourage, les témoins et les auteurs ; elle constitue un point d'appui pour les familles et les professionnels (p. 22). Dispositif existant cité par le document.

4️⃣ 3 QUESTIONS PRATIQUES

1️⃣ Le temps d'écran suffit-il pour évaluer un risque ? Pas à lui seul. Il reste un indicateur précieux en surveillance (p. 13), mais sa pertinence « s'érode » (p. 4). Plusieurs contributions invitent à regarder aussi […] (suite inchangée) .

2️⃣ Les écrans provoquent-ils l'autisme ? Le co-président de la commission indique qu'elle a été « injustement accusée » d'incriminer les écrans dans la genèse de l'autisme. Selon certains experts auditionnés, une consommation à très jeune âge peut retarder l'acquisition de fonctions cognitives, sans caractère irrémédiable selon les orthophonistes entendus (p. 16).

3️⃣ Que proposer à des adolescents qui montrent des signes précoces de mésusage ? Le programme Protect, adapté par le Csapa Kairn 71 : quatre séances en petits groupes sur quatre semaines, pour des volontaires de 12 à 18 ans repérés par un questionnaire validé. En Bourgogne-Franche-Comté, 77 professionnels formés et environ 600 jeunes accompagnés ; l'adaptation française a été soumise au registre ReperPrev (p. 38).

5️⃣ POUR ALLER PLUS LOIN

6️⃣ #️⃣ HASHTAGS

#pratiquesensante #Prévention #Écrans #ParentalitéNumérique #ÉducationAuxMédias #SantéDesJeunes #LittératieNumérique #RéseauxSociaux

7️⃣ REGARD PRATIQUES EN SANTÉ

Analyse Pratiques en Santé, non attribuable aux auteurs du dossier.



⚠️ Équité (éthique, droits humains, lutte contre les discriminations) : : inégalités sociales bien documentées (p. 4, 6-8, 16, 18-19, 30) ; adolescents LGBTQIA+ ou avec troubles développementaux (TDAH, TSA, TDI) plus cyberharcelés (p. 21). Quelques interventions ciblent des publics éloignés : Bordeaux (quartiers prioritaires, outils traduits, p. 35), ateliers de l'Afpa (familles monoparentales, p. 29), label de l'Unaf (diversité des familles, p. 31), Protect en missions locales et en écoles de la deuxième chance (p. 38). Mais aucune ne mesure son effet sur la réduction des écarts.

✅ Travail en réseau (intersectorialité, partenariat) : Ateliers Santé-Ville de Bordeaux associant PMI, Éducation nationale, services municipaux et associations (p. 35) ; partenariat ARS, Csapa, Éducation nationale et structures jeunesse pour Protect (p. 38) ; label P@rents, parlons numérique (p. 31).

Bilan : point fort, la parole des jeunes et la diversité des acteurs mobilisés ; principal manque, des interventions dont les effets sont le plus souvent mesurés de façon déclarative. Deux exceptions sont signalées par le dossier : le PSFP et Protect (p. 5, 28, 38). La réduction des inégalités est rarement évaluée.


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