Se rendre au contenu

Loi n° 2026-813 du 24 août 2026 visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux

✍️ Journal officiel de la République française n° 0197 du 25 août 2026, texte 1 sur 71 — NOR : ECOX2602236L.
27 août 2026 par
Loi n° 2026-813 du 24 août 2026 visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
| Aucun commentaire pour l'instant



🚨 Une loi pour protéger les jeunes des réseaux : beaucoup d’annonces, que reste-t-il ?
🔍💡 Loi réseaux sociaux & mineurs : la mesure phare (interdiction avant 15 ans) a été censurée. Ce qui entre en vigueur à la rentrée 2026 : volet numérique obligatoire dans le projet d’établissement + téléphone interdit au lycée. À intégrer dès maintenant dans vos actions.




📌Ce texte redéfinit une partie du cadre légal dans lequel s’inscrivent les actions de prévention auprès des jeunes : il rend obligatoire un volet numérique et de sensibilisation dans le projet de chaque école et établissement, et étend au lycée l’interdiction du téléphone portable, effective dès la rentrée 2026-2027. Comprendre ce que la loi impose réellement — et ce qu’elle ne contient plus, après la censure de sa mesure centrale — évite de surestimer sa portée et permet de situer précisément où l’accompagnement de terrain reste à porter. Utile pour ajuster un projet, préparer un règlement intérieur ou cadrer un atelier auprès des parents et des élèves.



Source :     
📒 Loi n° 2026-813 du 24 août 2026 visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux
✍️ Journal officiel de la République française n° 0197 du 25 août 2026, texte 1 sur 71 — NOR : ECOX2602236L.

📜🔗LIEN vers la source


Capsules Audio de Pratiques en Santé 🎙️🎥 https://www.youtube.com/watch?v=b6N8nnRMP0E

1️⃣ Résumé analytique

Une loi amputée de sa mesure centrale

Issue d’une proposition de loi parlementaire, cette loi entendait instaurer une « majorité numérique » : interdiction d’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans et encadrement horaire entre 15 et 18 ans. Le Conseil constitutionnel a censuré cet article 1er le 14 août 2026, jugeant l’atteinte à la liberté d’expression disproportionnée et les garanties de vie privée insuffisantes (vérification d’âge imposée à tous, y compris les majeurs), en l’absence de tout mécanisme permettant aux parents de lever l’interdiction. Le texte promulgué ne conserve donc que des dispositions périphériques, touchant le code pénal, la loi pour la confiance dans l’économie numérique et le code de l’éducation.

Ce que la loi apporte réellement au terrain

Pour les acteurs de l’école et de la prévention, deux effets concrets subsistent. D’une part, le projet d’école ou d’établissement doit désormais comporter un volet sur l’usage du numérique et des actions de sensibilisation — élèves, personnels, parents — aux effets d’une exposition non raisonnée aux écrans et au caractère addictif des réseaux, explicitement rattachés aux enjeux de santé publique. D’autre part, l’interdiction du téléphone portable est étendue aux lycées, ses modalités et exceptions étant renvoyées au règlement intérieur. Le tout entre en vigueur à la rentrée 2026-2027. La loi fixe un cadre ; elle ne fournit ni outil, ni méthode, ni financement.

2️⃣ Points clés du document

1️⃣ La mesure phare a été censurée. L’article 1er, qui instaurait l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans et une limitation horaire de 15 à 18 ans, a été déclaré non conforme à la Constitution (décision n° 2026-911 DC du 14 août 2026). Motifs : atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication, garanties insuffisantes en matière de vie privée, et absence de dérogation parentale. La loi promulguée est donc privée de son cœur (Article 1er, p. 1 ; travaux préparatoires, p. 2).

2️⃣ Volet pénal : lutte contre la propagande en faveur du suicide. L’article 2 ajoute l’infraction de l’article 223-14 du code pénal — propagande ou publicité en faveur de moyens de se donner la mort — à deux dispositifs : la peine complémentaire de suspension de comptes de plateformes en ligne (art. 131-35-1, dispositif issu de la loi SREN du 21 mai 2024) et les obligations des hébergeurs de lutte contre les contenus illicites (art. 6 de la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique). Application étendue à la Nouvelle-Calédonie, à la Polynésie française et à Wallis-et-Futuna (Article 2, p. 1).

3️⃣ Le numérique inscrit dans le projet d’établissement. L’article 3 complète l’article L. 401-1 du code de l’éducation : le projet d’école ou d’établissement doit comporter un volet sur l’usage des technologies numériques et des actions de sensibilisation des élèves, des personnels et des parents aux effets nocifs d’une exposition non raisonnée aux écrans et au caractère addictif des réseaux, « notamment au regard des enjeux de santé publique » (Article 3, I, 1°, p. 1).

4️⃣ Interdiction du téléphone étendue aux lycées. L’article 3 modifie l’article L. 511-5 : l’interdiction d’usage du téléphone mobile et des équipements de communication, jusque-là limitée aux écoles et collèges, est étendue aux lycées ; la clause d’exception antérieure est supprimée. Modalités et exceptions relèvent désormais du règlement intérieur, en cohérence avec le projet d’établissement ; des dispositions particulières restent possibles pour les étudiants suivant en lycée une formation de l’enseignement supérieur (Article 3, I, 2°, p. 1).

5️⃣ Entrée en vigueur rentrée 2026-2027 ; déclinaisons locales à produire. Les dispositions du code de l’éducation s’appliquent à la rentrée scolaire 2026-2027 (Article 3, II, p. 1). La loi renvoie largement aux règlements intérieurs pour les modalités concrètes : à la date du texte, ces déclinaisons restent à écrire par les établissements.

3️⃣ Pistes d’action pour les acteurs locaux

1️⃣ Contribuer au volet numérique du projet d’établissement. Avec l’équipe éducative, recenser les actions de sensibilisation existantes (élèves, parents, personnels) et repérer les manques, pour alimenter le volet désormais obligatoire (Article 3, L. 401-1, p. 1).

2️⃣ Anticiper la déclinaison de l’interdiction téléphone en lycée. Appuyer les lycées dans la révision du règlement intérieur : définir modalités et exceptions (usages pédagogiques, situations particulières) de façon lisible et concertée avant la rentrée 2026-2027 (Article 3, L. 511-5, p. 1).

3️⃣ Ne pas confondre la loi avec une politique de prévention complète. La censure de l’article 1er laisse hors du texte tout le champ de l’accompagnement — littératie numérique, compétences psychosociales, co-construction avec les jeunes. Ces leviers restent à porter par le terrain, en s’appuyant sur les ressources externes récentes (voir section 4).

4️⃣ Dépasser la seule logique du « temps d’écran ». Relier les actions scolaires aux ressources de repérage et d’orientation en santé mentale des jeunes, en tenant compte des limites de l’indicateur « temps d’écran » désormais bien documentées (rapport OFDT 2026) : le contexte et le contenu des usages comptent autant que la durée.

5️⃣ Associer parents et jeunes plutôt qu’informer d’en haut. Le volet sensibilisation vise aussi les parents : privilégier des formats participatifs (ateliers, co-construction de règles d’usage) — approche recommandée par l’Anses, qui insiste sur la co-construction des dispositifs avec les adolescents eux-mêmes.

6️⃣ Outiller le repérage autour des contenus à risque. La référence pénale à la propagande en faveur du suicide rappelle la présence de contenus dangereux (pro-suicide, atteintes à l’image corporelle). Prévoir des repères de repérage et d’orientation, et connaître les ressources d’aide (dont le 3114, numéro national de prévention du suicide).

Besoins non couverts. Le texte ne prévoit ni financement dédié, ni outils, ni formation des personnels à ces sujets : ces conditions de mise en œuvre sont à mobiliser par d’autres canaux.

4️⃣ Références complémentaires

Interne Pratiques en Santé 

Externes 

  • Anses (décembre 2025), Usages des réseaux sociaux numériques et santé des adolescents — Connaître, évaluer, protéger (avis + rapport d’expertise collective). Établit un risque sanitaire avéré et recommande une prévention co-construite avec les adolescents. anses.fr/system/files/AP2019-SA-0152-RA.pdf

  • OFDT (2026), Usages numériques et santé de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte : enjeux métrologiques, mécanismes physiopathologiques et stratégies de prévention (revue de littérature 2015-2025). Critique de l’indicateur « temps d’écran » et pistes de prévention. ofdt.fr/publication/2026/usages-numeriques-et-sante-de-l-enfant-de-l-adolescent-et-du-jeune-adulte-enjeux

  • Ministère chargé de la Santé (page actualisée novembre 2025), Enfants et écrans : des risques sanitaires réels, un accompagnement nécessaire. Synthèse des mesures publiques (repères d’âge, école, compétences psychosociales, appui aux familles). sante.gouv.fr — exposition-aux-ecrans

 

5️⃣ Foire aux questions (FAQ)

1️⃣ La loi interdit-elle les réseaux sociaux aux moins de 15 ans ?

Non. Cette mesure (« majorité numérique », article 1er) a été censurée par le Conseil constitutionnel le 14 août 2026 et ne figure pas dans la loi promulguée (Article 1er, p. 1).

2️⃣ Pourquoi la mesure phare a-t-elle été censurée ?

Pour atteinte disproportionnée à la liberté d’expression, garanties insuffisantes en matière de vie privée (vérification d’âge de tous les utilisateurs, y compris majeurs) et absence de dérogation parentale (décision et travaux préparatoires, p. 2).

3️⃣ Qu’est-ce qui change concrètement à l’école ?

Deux choses : le projet d’école ou d’établissement doit comporter un volet numérique et de sensibilisation (Article 3, L. 401-1) ; l’interdiction du téléphone est étendue aux lycées (Article 3, L. 511-5).

4️⃣ À partir de quand ces règles s’appliquent-elles ?

À la rentrée scolaire 2026-2027 (Article 3, II, p. 1).

5️⃣ Le téléphone est-il totalement interdit au lycée ?

L’interdiction devient le principe, mais les modalités et exceptions sont fixées par le règlement intérieur de chaque établissement, en cohérence avec son projet (Article 3, L. 511-5, p. 1).

6️⃣ Que prévoit le volet pénal ?

L’ajout de l’infraction de propagande ou publicité en faveur du suicide (article 223-14 du code pénal) aux dispositifs de suspension de comptes de plateformes et aux obligations des hébergeurs (Article 2, p. 1).

7️⃣ Le texte fournit-il des outils de prévention directement utilisables ?

Non. C’est un texte juridique : il fixe un cadre, sans méthode ni outil opérationnel. Les ressources de terrain sont à chercher ailleurs (voir section 4).

6️⃣ Réécriture en FALC (Facile À Lire et à Comprendre)

Une nouvelle loi sur les réseaux sociaux et les jeunes

  • C’est une loi française. Elle date du 24 août 2026.

  • Elle veut protéger les jeunes des dangers des réseaux sociaux.

Ce qui a été refusé

  • La loi voulait interdire les réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans.

  • Des juges ont dit non. Cette règle est supprimée.

  • Les juges ont dit : cela limite trop la liberté. Cela protège mal la vie privée.

Ce que la loi change vraiment

  • À l’école, on doit parler des écrans et des réseaux sociaux.

  • On explique les dangers aux élèves, aux parents et aux adultes de l’école.

  • Au lycée, le téléphone portable est interdit. Chaque lycée écrit ses règles.

  • La loi punit les contenus qui poussent au suicide sur internet.

Quand ?

  • Ces règles commencent à la rentrée de septembre 2026.

Attention

  • Cette loi donne des règles. Elle ne donne pas d’outils pour agir.

  • Pour agir, il faut d’autres guides (voir la liste plus haut).

7️⃣ Analyse transversale — valeurs de Pratiques en Santé

Littératie — Le texte impose des actions de sensibilisation mais ne fournit aucun outil adapté aux différents niveaux de compréhension ; la littératie numérique reste à construire par les acteurs.

Empowerment — Aucun mécanisme d’implication des jeunes n’est prévu ; l’approche est réglementaire et descendante — l’absence de dérogation parentale a d’ailleurs contribué à la censure de l’article 1er.

Participation — Le texte ne décrit aucun dispositif de co-construction avec les publics ; le renvoi au règlement intérieur ouvre toutefois un espace de concertation locale.

Santé communautaire — La dimension collective apparaît via l’école (élèves, parents, personnels) mais reste institutionnelle, sans ancrage communautaire explicite.

Éthique — Les biais culturels ou sociaux ne sont pas traités ; le débat éthique (protection contre liberté, vie privée) est porté par la décision du Conseil constitutionnel, non par la loi elle-même.

Droits humains — L’équilibre entre protection de l’enfance et libertés fondamentales est au cœur du contrôle constitutionnel ; la loi promulguée, amputée, ne développe pas de garanties d’inclusion.

Intersectorialité — Une articulation éducation / justice / numérique / santé publique est implicite (codes modifiés), mais aucun partenariat opérationnel n’est formalisé.

Partenariat — Aucun modèle de collaboration n’est décrit ; la mise en œuvre est renvoyée aux établissements.

Lutte contre les discriminations — Le texte n’aborde pas explicitement les discriminations ; le non-jugement et la diversité ne sont pas thématisés, alors que les atteintes à l’image corporelle en ligne touchent particulièrement les adolescentes (données externes).

8️⃣ Évaluation de la fiabilité de la ressource

Pertinence scientifique. Nulle en tant que ressource scientifique : le texte ne cite ni données, ni méthodologie, ni sources. En revanche, autorité juridique maximale — source primaire officielle (loi promulguée, Journal officiel), vérifiable sur Légifrance. Actualité : à jour au 25 août 2026, mais les textes d’application (règlements intérieurs des établissements) restent à produire.

Pertinence opérationnelle. Indirecte. Le texte informe du nouveau cadre légal que les acteurs doivent intégrer (interdiction du téléphone en lycée, obligations du projet d’établissement) mais ne fournit ni outil, ni méthode, ni financement. Sa valeur d’usage est de « connaître le cadre », non de disposer d’un outil directement mobilisable.

9️⃣ Hashtags stratégiques

#pratiquesensante #PréventionJeunesse #SantéMentaleDesJeunes #ÉducationAuNumérique #LittératieNumérique #ÉcransEtSanté #ProtectionDeLenfance #PolitiqueDeSanté




Cet article a été élaboré dans le respect de la Charte d’utilisation de l’intelligence artificielle de Pratiques en Santé. Cliquez sur l'image  CHARTE utilisation de IA de Pratiques en Santé


Se connecter pour laisser un commentaire.