🚨🚨 Baisse du niveau : le numérique, coupable idéal — mais pas seul
🔍💡 PISA 2025 : la baisse des résultats n'a pas qu'une cause. Écrans, sommeil, climat scolaire, inégalités sociales et lien parents-enfant se cumulent.
Pour le terrain : un déterminant environnemental de plus à travailler — sans en faire le bouc émissaire.
📌 Ce dossier n'est pas un guide santé, mais une photographie chiffrée récente de déterminants qui pèsent sur le développement des jeunes : usages numériques, sommeil, attention, climat scolaire, lien parents-enfant et poids de l'origine sociale. Il fournit des repères pour argumenter un atelier « écrans et sommeil », un travail sur la parentalité ou une action de bien-être en milieu scolaire — à condition de le lire comme un point de vue institutionnel, non comme une preuve causale. Son intérêt : outiller un plaidoyer local sans réduire le décrochage aux seuls écrans.
Source :📒 PISA 2025 : une baisse des résultats commune à l'OCDE
✍️ Ministère de l'Éducation nationale (France) — dossier porté par le ministre Édouard Geffray- Parution : septembre 2026 (mise en ligne le 8 sept. 2026, jour de la publication internationale des résultats PISA 2025 par l'OCDE)📜🔗LIEN vers la source - dossier de presse de la France
Etude complète de l'OCDE - https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2026/09/pisa-2025-results-volume-i_5265bfb1/73451bc5-en.pdf
Le dossier du ministère reprend correctement les principaux résultats français, mais il ne restitue pas toutes les dimensions du rapport international de l’OCDE. Pour compléter sa lecture, six éléments méritent d’être soulignés :
Intelligence artificielle : 37,4 % des élèves français utilisent l’IA chaque semaine pour apprendre, contre 45,5 % dans l’OCDE. Seuls 46,8 % déclarent avoir appris à évaluer une information produite par l’IA, contre 62,6 % en moyenne (OCDE, p. 38).
Inégalités sociales : en sciences, l’écart entre élèves favorisés et défavorisés atteint 100 points en France, contre 85 points dans l’OCDE (OCDE, p. 31).
Écarts entre filles et garçons : en France, les filles devancent les garçons de 32 points en lecture et de 6 points en sciences, tandis que les garçons ont 13 points d’avance en mathématiques (OCDE, p. 33)
.Bien-être scolaire : l’OCDE examine aussi le sentiment d’appartenance, le harcèlement, l’absentéisme et les retards. Le climat scolaire ne se réduit donc pas au bruit ou à la discipline en classe.Compétences numériques : la France obtient 497 points en résolution de problèmes computationnels, un résultat proche de la moyenne OCDE fixée à 500 points (OCDE, p. 28)
Prudence d’interprétation : PISA met en évidence des associations, notamment entre usages numériques, environnement scolaire et résultats. Ces données ne suffisent pas à établir une relation directe de cause à effet.À retenir : le rapport international propose un diagnostic plus large que le dossier français. Il articule performances scolaires, équité, bien-être, usages de l’intelligence artificielle et compétences nécessaires pour apprendre dans un environnement numérique.
1️⃣ RÉSUMÉ ANALYTIQUE
Un décrochage international avec une signature française
PISA 2025 (majeure : sciences) confirme un recul des acquis des jeunes de 15 ans dans la quasi-totalité de l'OCDE, accéléré depuis 2022 (p. 5). La France y participe : 483 en sciences (quasi stable, −4 depuis 2022), 458 en mathématiques (−16) et 456 en compréhension de l'écrit (−18) (p. 5). Sa baisse en maths dépasse la moyenne OCDE, tandis que sciences et écrit restent dans la moyenne (p. 5). Deux marqueurs français persistent : environ un élève sur trois sous le niveau 2 en écrit, et seulement 4 % d'élèves très performants (p. 6). La génération testée a traversé la crise sanitaire à l'entrée au collège et l'explosion des usages numériques (p. 4).
Une lecture ministérielle : des déterminants « extérieurs » et des réponses déjà engagées
Le dossier attribue une part importante de la baisse à des facteurs « extérieurs » à l'école : écrans et réseaux sociaux, téléphone en loisir dans les établissements, recul du suivi parental (p. 7). Il documente des associations — pas des causalités — entre usage récréatif du numérique à l'école et moindres résultats (−24 points en sciences après contrôle du milieu social, p. 8), et entre implication parentale et résultats (+26 points, p. 9). Il présente ensuite les mesures gouvernementales (interdiction du téléphone au lycée, objectifs annuels, formation des enseignants, soutien à la parentalité) comme des réponses (p. 11-17). À lire avec vigilance : le récit ne doit pas réduire le problème aux écrans, au risque d'occulter les conditions d'enseignement et les inégalités sociales.
2️⃣ POINTS CLÉS DU DOCUMENT
1️⃣ Une baisse quasi universelle, plus marquée en maths pour la France. Entre 2022 et 2025, l'OCDE (24 pays, périmètre constant) recule de 11 pts en maths et 16 en écrit ; la France perd 16 pts en maths et 18 en écrit, tout en restant dans la moyenne OCDE en sciences et en écrit (p. 5). Repère avancé par le document : 20-30 points ≈ une année d'apprentissage (p. 8) — heuristique indicative, pas une loi.
2️⃣ Le numérique récréatif : une corrélation forte, pas une preuve de cause unique. Dans l'OCDE, 2-3 h/jour de loisirs numériques à l'école s'associent à −24 pts en sciences vs ≤1 h, après contrôle du milieu social (p. 8). En France, 26 % des élèves se disent distraits par les appareils en cours de sciences (p. 8) — donnée déclarative. Le document parle d'« association » : à ne pas transformer en cause unique.
3️⃣ Le climat scolaire, un angle mort de santé. 47 % des élèves français signalent bruit ou désordre fréquent en cours de sciences, contre 31 % dans l'OCDE (+16 pts d'écart, p. 10). Fatigue cognitive et attention fragilisée : un enjeu de conditions d'enseignement et de bien-être, pas seulement de discipline.
4️⃣ Le lien parents-enfant recule — et compte. 49 % des élèves français déclarent que leurs parents s'intéressent chaque semaine à ce qu'ils apprennent (58 % OCDE), contre 63 % en 2022 (p. 9). Un simple « qu'as-tu fait à l'école ? » s'associe à +26 pts en sciences dans l'OCDE, après contrôle du milieu social (p. 9).
5️⃣ L'origine sociale reste déterminante — et la « bonne nouvelle » est à nuancer. En France, l'origine sociale pèse fortement sur les résultats (p. 9). Le dossier y voit un point d'appui (effet réduit en maths, 2012-2022). Mais la source OCDE précise que l'écart favorisés / défavorisés s'est resserré surtout parce que les élèves favorisés ont baissé, pas parce que les défavorisés ont progressé — nuance absente du dossier.
3️⃣ PISTES D'ACTION POUR LES ACTEURS LOCAUX
1️⃣ Hygiène numérique et sommeil, sans diabolisation. Monter des ateliers familles-jeunes sur le temps d'écran, la déconnexion du soir et le sommeil, en s'appuyant sur les repères du document (usage récréatif à l'école, p. 7-8) et sur la suspension des ENT 20 h-7 h (p. 12). Positionner l'écran comme un déterminant parmi d'autres.
2️⃣ Renforcer la parentalité par le dialogue, pas la culpabilisation. Co-construire des espaces École-familles centrés sur les besoins fondamentaux (écoute, routines, sommeil), en écho au recul du suivi parental (p. 9) et à la charte Parents-École (p. 14). Cibler d'abord les familles les plus éloignées de l'école (enjeu d'inégalités sociales de santé).
3️⃣ Agir sur le climat scolaire comme facteur de santé mentale. Proposer aux équipes des actions de gestion du bruit, de régulation du stress et de communication bienveillante, à partir du constat des 47 % (p. 10). Travailler le « oser demander de l'aide », talon d'Achille repéré chez les élèves français (p. 10).
4️⃣ Promouvoir le recours à l'aide et le repérage précoce. S'appuyer sur le soutien perçu des adultes (indice de soutien enseignant, +7 pts, p. 10) pour outiller le repérage et l'orientation vers les ressources locales de santé mentale (à confirmer localement — CLS, CPTS, maisons des adolescents, PMI selon l'âge).
5️⃣ Miser sur les alternatives d'épanouissement. Mobiliser l'activité physique (sport scolaire, « 2 h de sport en plus », p. 12) et les pratiques culturelles / la lecture (p. 12, 17) comme leviers de santé globale et de régulation attentionnelle — et non seulement comme substituts aux écrans.
6️⃣ Porter un plaidoyer local multifactoriel. Utiliser ces chiffres, auprès des collectivités, CLS et CPTS, pour défendre une lecture qui articule numérique, inégalités sociales de santé et conditions d'enseignement. Besoin non couvert par le document : les causes structurelles internes à l'école (recrutement, conditions d'enseignement) — à ne pas laisser dans l'angle mort.
4️⃣ RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES
OCDE, PISA 2025 Results (Volume I) : Future-Ready Students, 8 sept. 2026 — la source primaire (données, équité, « learning in the digital world ») — https://www.oecd.org/en/publications/pisa-2025-results-volume-i_73451bc5-en/full-report.html
CESE, Avis « Santé mentale et bien-être des enfants et des jeunes : un enjeu de société », 14 oct. 2025 — place déterminants sociaux, familiaux, environnementaux ET numériques sur le même plan — https://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Avis/2025/2025_18_sante_mentale.pdf
HCSP, « Trente ans d'évolution de la santé des adolescents », 23 sept. 2025 — rappelle que le lien réseaux sociaux / santé mentale est « complexe et bidirectionnel » — https://anmda.fr/sites/default/files/2025-10/hcspr20250923_santdesadolescdepuisans.pdf
5️⃣ FOIRE AUX QUESTIONS (FAQ)
1️⃣ Que mesure PISA, et qu'est-ce qui change en 2025 ? PISA teste, tous les 3 ans, la capacité des jeunes de 15 ans à mobiliser lecture, maths et sciences dans des situations réelles. En 2025, la majeure est la science ; pour la première fois s'ajoute une épreuve « apprendre dans un monde numérique » (p. 3).
2️⃣ La France baisse-t-elle partout ? Non. Sciences quasi stables (483, −4), mais net recul en maths (458, −16) et en écrit (456, −18) depuis 2022. La France reste dans la moyenne OCDE en sciences et écrit, mais baisse plus que l'OCDE en maths (p. 5).
3️⃣ Les écrans sont-ils LA cause du décrochage ? Le document montre une corrélation (−24 pts en sciences pour 2-3 h/j de loisirs numériques à l'école, après contrôle du milieu social) mais ne démontre pas une causalité unique (p. 8). D'autres déterminants pèsent : inégalités sociales, climat scolaire, suivi parental (p. 9-10).
4️⃣ Que dit le rapport sur les inégalités sociales ? En France, l'origine sociale reste fortement liée aux résultats (p. 9). Un léger resserrement observé en maths (2012-2022) est présenté comme point d'appui — mais la source OCDE indique qu'il tient surtout à la baisse des élèves favorisés.
5️⃣ Quel rôle pour les parents ? Le suivi parental a reculé (49 % vs 63 % en 2022). Des gestes simples et réguliers s'associent à de meilleurs résultats (+26 pts en sciences dans l'OCDE), même à milieu social comparable (p. 9).
6️⃣ Le climat de classe est-il un enjeu de santé ? Oui. 47 % des élèves français signalent bruit / désordre fréquent (vs 31 % OCDE), ce qui fragilise attention et bien-être (p. 10). Les élèves français demandent aussi peu d'aide (p. 10), ce qui freine le repérage.
7️⃣ Quelles réponses sont annoncées, et avec quel statut ? Interdiction du téléphone étendue au lycée (rentrée 2026), déconnexion des ENT le soir, objectifs annuels, soutien à la parentalité, formation des enseignants (p. 11-17). Ce sont des mesures politiques annoncées, pas des interventions déjà évaluées.
6️⃣ RÉÉCRITURE EN FALC (Facile À Lire et à Comprendre)
Qu'est-ce que PISA ?
PISA est un test international.
Il mesure les savoirs des jeunes de 15 ans.
Il regarde les sciences, les maths et la lecture.
Ce test a lieu tous les 3 ans.
Ce que montre le test
Les résultats des jeunes baissent dans presque tous les pays.
En France, les maths et la lecture baissent beaucoup.
Les sciences restent presque au même niveau.
Beaucoup d'élèves ont de grandes difficultés en lecture.
Pourquoi les résultats baissent ?
Il y a plusieurs causes, pas une seule.
Les écrans et les réseaux sociaux prennent beaucoup de temps.
Trop d'écrans en classe gênent l'attention.
Mais les écrans ne sont pas la seule cause.
Le bruit en classe gêne aussi les élèves.
Les parents suivent moins l'école qu'avant.
Les familles pauvres ont souvent plus de difficultés.
Ce qui peut aider
Mieux gérer le temps d'écran et le sommeil.
Parler chaque jour avec son enfant de l'école.
Rendre la classe plus calme.
Oser demander de l'aide quand on ne comprend pas.
Faire du sport et des activités culturelles.
7️⃣ ANALYSE TRANSVERSALE — VALEURS DE PRATIQUES EN SANTÉ
Littératie : le document ne propose pas d'outils de littératie grand public ; il vise un lectorat institutionnel, mais prévoit un « langage simple » pour les objectifs remis aux familles (p. 15).
Empowerment : peu présent ; les élèves et familles sont surtout destinataires de mesures, non associés à leur conception.
Participation : aucun mécanisme de co-construction avec les jeunes ou les familles n'est décrit ; démarche descendante (objectifs fixés au niveau national, p. 16).
Santé communautaire : dimension collective peu traitée ; l'entrée reste scolaire et individuelle, sans articulation avec les acteurs de santé du territoire.
Éthique : les biais ne sont pas discutés ; le glissement corrélation → causalité (écrans) et le poids des données déclaratives ne sont pas questionnés par le document.
Droits humains / équité : l'équité est nommée via la difficulté scolaire et l'origine sociale (p. 9-10), sans approche explicite en termes de droits.
Intersectorialité : faible ; partenariats surtout intra-Éducation nationale (Inspé, académies) et recherche/ingénierie (Chams, p. 13). Peu de lien santé/social.
Partenariat : modèles formalisés côté école (charte Parents-École, p. 14 ; Collèges en progrès, p. 13), non côté santé.
Lutte contre les discriminations : le document mentionne les inégalités sociales et la parité (Chams, concours, p. 13), mais pas explicitement les discriminations ; non-jugement et diversité peu abordés.
8️⃣ ÉVALUATION DE LA FIABILITÉ DE LA RESSOURCE
Pertinence scientifique
Données solides à la source (OCDE, DEPP) et récentes (2025). Mais le dossier est une lecture ministérielle sélective : il met en avant les déterminants « extérieurs » (écrans, parents) et minore les facteurs internes (conditions d'enseignement, recrutement). Certaines corrélations sont présentées avec un glissement causal implicite ; plusieurs chiffres sont déclaratifs. À noter : les écarts OCDE varient selon le périmètre (24 pays constants dans le dossier ; l'OCDE mentionne, à périmètre complet, −28 pts en lecture 2015-2025). Fiabilité des données : élevée. Fiabilité de l'interprétation : à contextualiser.
Pertinence opérationnelle
Indirecte pour la prévention, le social et le médico-social (désalignement de gabarit). Utile comme base chiffrée et comme objet de plaidoyer, pas comme guide d'action. Les « réponses » présentées sont des mesures politiques annoncées, non des interventions évaluées.
9️⃣ HASHTAGS STRATÉGIQUES
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Cet article a été élaboré dans le respect de la Charte
d’utilisation de l’intelligence artificielle de Pratiques en Santé.
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