🔍 L’Anses publie un référentiel pour intégrer les déterminants de santé à ses expertises : modèles, arbre de décision, grille en 5 catégories, glossaire.
🧩 Un outil de méthode, non impératif, utile aussi pour structurer un diagnostic local.
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1️⃣ RÉSUMÉ
Le rapport sur l’action 1.5 du contrat d’objectifs et de performance 2018-2022 de l’Anses avait souligné la nécessité d’intégrer des déterminants socio-économiques dans l’expertise ; des expertises sur les punaises de lit, les retardateurs de flamme dans les meubles rembourrés et les moisissures dans le bâti en ont montré l’apport (Réf. p. 6). Le référentiel propose donc d’enrichir l’évaluation des risques sanitaires par une analyse des déterminants susceptibles d’expliquer pourquoi un risque apparaît (Réf. p. 5). Il retient la définition des déterminants de santé de l’INSPQ (Réf. p. 7) et présente plusieurs modèles : Dahlgren et Whitehead, la carte du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, le modèle explicatif des iniquités en santé de Weber (Réf. p. 9-12), puis, en annexe, les modèles Diderichsen et Hallqvist, Mackenbach et Stronks, et Life course (Réf. p. 34-36). Il s’inscrit dans le prolongement des travaux du Conseil scientifique sur l’exposome et évoque l’« exposome social » et le « socioexposome » (Réf. p. 6, 13). Il vise les coordinateurs d’expertise scientifique, les experts du CES ASE et les experts en charge des expertises à l’Anses (Réf. p. 8). Il fournit un arbre « quand mobiliser » (Réf. p. 15), des catégories de déterminants illustrées par des expertises de l’Anses (Réf. p. 16-24), des pistes de classification (Réf. p. 24-26) et un glossaire (Réf. p. 27-29). Le préambule le situe parmi neuf référentiels d’analyse socio-économique publiés au 1er octobre 2026 (Préambule p. 3-4).
2️⃣ CE QU’IL FAUT RETENIR
1️⃣ Un arbre de décision à trois entrées. Si l’expertise porte sur une population, l’analyse des déterminants est recommandée lorsqu’il faut identifier les mécanismes favorisant ou limitant une exposition, ou ce qui module les conséquences ou la distribution d’un effet. Si elle porte sur un agent ou une organisation : « pourquoi est-il utilisé ? » renvoie à une analyse des usages, « qui est exposé ? » à une analyse des déterminants, complétable par une étude de filière. Si elle porte sur une pathologie : « qui sont les malades ? » renvoie à une analyse des déterminants (Réf. p. 15).
2️⃣ Cinq catégories de déterminants, chacune illustrée par une expertise de l’Anses : état de santé (arboviroses), caractéristiques individuelles (égoutiers), milieux de vie (réseaux sociaux numériques et adolescents), systèmes (arboviroses), contexte global (livreurs des plateformes numériques) (Réf. p. 17-24). Plusieurs niveaux de détail sont possibles, à choisir selon l’expertise (Réf. p. 16). Le document juge illusoire une liste exhaustive et souligne l’interdépendance des déterminants (Réf. p. 24).
3️⃣ Prudence sur le « poids » des déterminants. La figure du CNFPT (45 % facteurs socio-économiques, 25 % environnementaux, 15 % système de soins, 10 % comportements individuels, 5 % patrimoine génétique) est reprise avec une forte incertitude inhérente : ces résultats doivent être a minima socialement, géographiquement et temporellement situés (Réf. p. 25). D’après Alla (2016), d’autres logiques de classement existent : capacité d’action des politiques, indicateurs de santé considérés, proximité avec l’état de santé (Réf. p. 25-26). Le choix de la méthode reste contraint par les données, les compétences et le calendrier (Réf. p. 26).
3️⃣ POUR AGIR
Le document ne demande pas d’action directe aux acteurs de prévention ; les pistes ci-dessous reposent sur des outils qu’il cite et sur une invitation qu’il formule.
1️⃣ [Outil existant cité] L’arbre « Quand mobiliser des déterminants de santé dans les expertises » (Figure 5) pose des questions préalables selon que l’on s’intéresse à une population, à un agent ou une organisation, ou à une pathologie (Réf. p. 15). Suggestion Pratiques en Santé : s’en inspirer pour cadrer les questions préalables d’un diagnostic local, en gardant à l’esprit qu’il a été conçu pour des expertises de l’Anses.
2️⃣ [Outil existant cité] La carte de la santé et de ses déterminants du Québec (Figure 3) (Réf. p. 10) et les tableaux d’éléments à documenter, de l’état de santé au contexte global (Réf. p. 17-24). Pour les renseigner, le document cite le portail de données de la DREES, une cartographie des bases santé-travail, le Portail des inégalités en santé et Géodes de Santé publique France (Réf. p. 16). Statut : un outil de centralisation des sources propre à l’Anses reste un objectif, dont l’architecture est seulement proposée (Réf. p. 16, 37).
3️⃣ [Action demandée par le document] Les lecteurs et utilisateurs extérieurs à l’Anses sont invités à transmettre leurs remarques ou retours, qui alimenteront les révisions : referentiels-ase@anses.fr (Préambule p. 5). L’Anses se dit aussi intéressée par les retours d’expérience d’autres organismes et institutions de champs connexes (Préambule p. 5).
4️⃣ 3 QUESTIONS PRATIQUES
1️⃣ Le document impose-t-il un modèle de déterminants ? Non. Les modèles du ministère de la Santé du Québec et de Weber (2020) « semblent être des bases solides » ; le choix d’un modèle doit être justifié et une combinaison peut s’envisager (Réf. p. 8). Le document note que le modèle de Dahlgren et Whitehead ne rend pas compte des interactions ni d’une hiérarchie entre déterminants (Réf. p. 9), alors que la carte du Québec fait apparaître interactions, temps et espace (Réf. p. 10).
2️⃣ Peut-on reprendre les pourcentages du « poids des déterminants » ? Le document les présente avec une forte incertitude inhérente et demande qu’ils soient a minima socialement, géographiquement et temporellement situés (Réf. p. 25). Il invite à ne pas fonder le classement uniquement sur l’impact causal et rappelle une proposition des CDC en trois classes : déterminant, facteur direct, facteur indirect (Réf. p. 25-26).
3️⃣ Population sensible ou population en situation de vulnérabilité ? Sensible : réponse à un agent à un niveau d’exposition plus bas, du fait de facteurs intrinsèques (par exemple enfants, femmes enceintes, personnes asthmatiques). En situation de vulnérabilité : sur-impact du fait de caractéristiques extrinsèques (sociales, économiques, milieux de vie). La « population à risque » regroupe les deux (Réf. p. 29).
5️⃣ POUR ALLER PLUS LOIN
1️⃣ Pratiques en Santé — « Inégalités sociales et territoriales de santé ». Page thématique regroupant des articles du blog (et non article unique), non datée. https://www.pratiquesensante.com/2-1-inegalies-sociales-territoriales — consultée le 19 octobre 2026.
2️⃣ OMS — Rapport mondial sur les déterminants sociaux de l’équité en santé : résumé d’orientation (6 mai 2025, source externe). https://www.who.int/fr/publications/i/item/B09387 — consultée le 19 octobre 2026.
6️⃣ #️⃣ HASHTAGS
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