Inégalités sociales et territoriales de santé : comprendre, mesurer, agir

Daniel Oberlé - Pratiques en Santé - 16 juillet 2026
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Les cas de terrain de Pratiques en Santé - Décider d'une campagne de prévention qui réduit les écarts, au lieu de les creuser - pour illustrer cette page : à consulter à cette adresse - https://www.pratiquesensante.com/blog/actualites-17/les-cas-de-terrain-de-pratiques-en-sante-6027
English version 🇬🇧: Health inequalities social and territorial: understand, measure, act - https://www.pratiquesensante.com/en/inegalites-sociales-territoriales
Ce Carnet ouvert est un travail de synthèse. Il croise les ressources progressivement référencées dans le blog de Pratiques en Santé et un socle de références institutionnelles et académiques (OMS, DREES, IRDES, HCSP, INSEE, Santé publique France…) qui en renforcent la portée. Deux bibliographies distinctes figurent en fin de dossier : le corpus du blog, puis les références complémentaires. Ces synthèses ne sont pas figées : elles ont vocation à être enrichies au fil de l'actualité et de vos retours. |

Les 10 idées essentielles
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Introduction
Nous ne naissons pas tous avec les mêmes chances de vivre longtemps et en bonne santé. En France, l'état de santé varie fortement selon le niveau de revenu, le niveau d'études, la profession, le lieu de résidence, les conditions de logement ou encore l'accès aux services publics. Ces écarts ne sont ni inéluctables ni le fruit du hasard : ils résultent de facteurs sociaux, économiques, environnementaux et territoriaux qui influencent notre santé tout au long de la vie.
Les inégalités sociales et territoriales de santé (ISTS) désignent ces différences systématiques, évitables et injustes entre les populations. Elles concernent aussi bien l'espérance de vie que la qualité de vie, le recours à la prévention, l'accès aux soins, la santé mentale, les maladies chroniques ou encore l'autonomie des personnes âgées.
Parce qu'elles trouvent leur origine bien au-delà du système de soins, les ISTS interpellent l'ensemble des acteurs : collectivités territoriales, professionnels de santé, établissements médico-sociaux, associations, services de l'État, établissements scolaires, entreprises, chercheurs, citoyens… Chacun peut contribuer, à son niveau, à créer des environnements plus favorables à la santé et à réduire les inégalités.
Quelques points pour comprendre l'ampleur du phénomène
- Des écarts importants d'espérance de vie persistent selon le niveau social et le territoire de résidence.
- Les personnes les plus défavorisées participent moins aux programmes de prévention et de dépistage, alors qu'elles sont souvent les plus exposées aux risques pour leur santé.
- Les maladies chroniques, les troubles de santé mentale et les limitations fonctionnelles touchent davantage les populations vivant dans des conditions sociales précaires.
- Les inégalités se construisent dès la petite enfance et s'accumulent tout au long du parcours de vie.
Ces constats rappellent que la santé ne dépend pas uniquement de la qualité des soins. Elle est aussi façonnée par les déterminants sociaux de la santé : éducation, emploi, revenus, logement, environnement, alimentation, mobilité, accès au numérique, qualité des liens sociaux ou encore participation à la vie citoyenne.
1. Comprendre : de quoi parle-t-on ?

Les écarts observés entre territoires ne peuvent pas être attribués au seul “effet territoire”. Ils reflètent aussi, et souvent d’abord, la composition sociale des populations qui y vivent : niveau de revenu, conditions de logement, accès à l’emploi, mobilité, exposition aux risques et recours aux soins. Autrement dit, ce que l’on observe à l’échelle d’un département ou d’une région résulte à la fois des caractéristiques sociales des habitants, de l’organisation de l’offre de santé et des effets propres du contexte local.
Une inégalité sociale de santé (ISS) est une différence d'état de santé systématique, évitable et injuste entre groupes sociaux. Trois mots qui comptent : systématique, car il ne s'agit pas d'écarts aléatoires mais d'un lien régulier entre position sociale et santé ; évitable, car ces écarts résultent de l'organisation sociale et non d'une fatalité biologique ; injuste, car ils frappent des personnes déjà désavantagées par ailleurs. Le travail fondateur de la Commission des déterminants sociaux de la santé de l'OMS l'a établi : ces inégalités sont socialement construites, et relèvent donc de la justice sociale autant que de la santé publique.76 Point capital, souvent mal compris : elles ne se réduisent pas à l'opposition entre les plus riches et les plus pauvres. Elles prennent la forme d'un gradient social — à chaque échelon de l'échelle sociale correspond un état de santé un peu meilleur qu'à l'échelon immédiatement inférieur.77 Autrement dit, un cadre est en moyenne en moins bonne santé qu'un cadre supérieur, tout en l'étant davantage qu'un employé : les inégalités concernent donc toute la population, ce qui a une conséquence directe pour l'action — cibler seulement les plus démunis ne suffit pas à corriger le gradient.
Les inégalités territoriales de santé (ITS) désignent, elles, les écarts observés d'un territoire à l'autre : densité de professionnels, offre de prévention, qualité de l'environnement, accès effectif aux droits. Il faut toutefois distinguer deux mécanismes qui se superposent. Une grande partie de ces écarts reflète la composition sociale des territoires : là où se concentrent des populations modestes, la santé moyenne est logiquement moins bonne — le territoire ne fait alors que « donner à voir » une inégalité d'abord sociale. Une autre partie tient à des effets propres au lieu : un désert médical, une zone exposée à la pollution ou l'éloignement des services produisent des désavantages qui s'ajoutent, quelle que soit la composition sociale. Dans la réalité, les deux s'entremêlent — un quartier populaire cumule souvent défaveur sociale et sous-dotation en services —, si bien que l'on parle d'inégalités sociales et territoriales de santé (ISTS).81, 82 Cette distinction n'est pas qu'académique : elle commande le diagnostic, car agir sur la composition sociale et agir sur les effets de lieu n'appellent pas les mêmes leviers.
Ne pas sous-estimer la spécificité des trajectoires territoriales : Tout en réaffirmant la primauté du gradient social, il convient de ne pas réduire l'espace géographique à un simple réceptacle ou à un miroir des catégories socio-professionnelles. Dans les espaces ruraux isolés, la France périphérique ou certains territoires sous-dotés, l'éloignement physique, l'absence de transports publics, la perte de services publics de proximité et le sentiment d'abandon institutionnel génèrent des dynamiques propres.
Ces facteurs territoriaux spécifiques créent des formes d'auto-exclusion et un renoncement aux soins qui dépassent le strict niveau de revenu. Un diagnostic d'inégalité territoriale doit donc intégrer la dimension psychosociale et culturelle de l'enclavement, au-delà de la seule mesure des densités médicales ou des indicateurs de pauvreté.
Les indicateurs agrégés à l’échelle d’un territoire sont utiles pour repérer des tendances, mais ils doivent être interprétés avec prudence. Une moyenne départementale ou régionale peut masquer de fortes disparités internes, notamment entre quartiers, communes ou bassins de vie. Elle ne permet pas, à elle seule, de distinguer ce qui relève des inégalités sociales, de l’organisation de l’offre ou du contexte local.
Repères chiffrés (sources institutionnelles) 13 ans. Écart d'espérance de vie à la naissance entre les 5 % d'hommes les plus aisés (84,4 ans) et les 5 % les plus modestes (71,7 ans) ; 8 ans chez les femmes. INSEE Première n° 1687.89 ≈ 5 à 6 ans. Écart d'espérance de vie à 35 ans entre hommes cadres et hommes ouvriers ; ~3 ans chez les femmes. INSEE. ≈ 8 ans. Écart d'espérance de vie entre hommes diplômés du supérieur et non-diplômés. INSEE. La « double peine ». Les ouvriers vivent non seulement moins longtemps, mais passent une part plus grande de leur vie en mauvaise santé. HCSP / DREES / Ined.85 |
2. Hiérarchiser les causes : le social d'abord, le territoire comme révélateur

Un écueil fréquent des synthèses sur ce thème consiste à juxtaposer tous les facteurs — pauvreté, territoire, environnement, comportements — comme s'ils pesaient d'un poids équivalent. La recherche invite au contraire à les hiérarchiser. Les déterminants sociaux — revenu, diplôme, catégorie professionnelle, conditions de travail et de logement — constituent les « causes des causes » : c'est en amont qu'ils décident de l'exposition aux risques (pénibilité, habitat, alimentation), des marges de manœuvre comportementales et de l'accès aux ressources de prévention et de soin.26, 76 Les repères chiffrés ci-dessus le confirment de façon frappante : ce sont le niveau de vie, le diplôme et la catégorie sociale qui commandent les écarts les plus massifs et les plus réguliers, bien avant les caractéristiques du lieu de résidence. Le comportement individuel lui-même (tabac, alimentation) est en grande partie socialement déterminé, ce qui interdit d'en faire une cause « première » indépendante.
La dimension territoriale joue, dans cette hiérarchie, un rôle largement second et médiateur — ce qui ne veut pas dire négligeable. D'abord parce qu'un territoire « en mauvaise santé » l'est souvent parce qu'il concentre des populations défavorisées : c'est l'effet de composition, où le lieu révèle une inégalité d'abord sociale. Ensuite parce que le lieu ajoute des effets propres — accessibilité aux soins, exposition environnementale, mobilité, présence ou absence de services — qui amplifient les inégalités sociales sans s'y substituer. La géographie de la santé analyse finement cette combinaison, en montrant comment l'espace structure concrètement l'accès et l'exposition.78, 87, 88 La conséquence pratique est décisive : agir sur la seule offre de soins locale ne suffira pas si l'on ne s'attaque pas simultanément aux déterminants sociaux qui, en amont, produisent la vulnérabilité — au risque, sinon, de traiter le symptôme territorial en laissant intacte sa cause sociale.
Cette hiérarchie éclaire enfin un mécanisme contre-intuitif mais central, la « loi des soins inversés » : les populations qui auraient le plus besoin de prévention et de soins sont précisément celles qui y recourent le moins, faute d'information, de disponibilité, de confiance ou de proximité. Il s'ensuit qu'une politique universelle non ajustée — la même offre pour tous, sans effort particulier vers les plus éloignés — tend à bénéficier d'abord aux mieux dotés, qui savent la saisir, et peut ainsi creuser les écarts qu'elle prétendait réduire.67, 74 C'est tout l'argument en faveur d'un universalisme proportionné, développé plus loin.
Lever les verrous techniques et budgétaires de l'évaluation : L'application concrète de l'universalisme proportionné suppose de savoir doser l'intervention publique à l'échelle micro-locale. Or, les décideurs et acteurs de terrain se heurtent à deux obstacles majeurs :
La granularité des données : L'accès à des données médico-administratoires croisées (santé / précarité) à l'échelle infra-communale ou du quartier (IRIS) reste complexe, restreint par les procédures CNIL ou la disponibilité des bases de données.
La rigidité budgétaire : La majorité des financements publics restent fléchés par grands programmes étanches ou par appels à projets annuels, ce qui empêche une modulation souple et pérenne des ressources au prorata des besoins locaux réels.
Pour rendre l'universalisme proportionné réalisable, il est indispensable de développer des systèmes d'observation partagés (Espace Santé Territoire) et de doter les acteurs locaux d'enveloppes financières pluriannuelles fongibles.
3. Mécanismes et effets

Déterminants sociaux
Le poids de la pauvreté et de la précarité — professionnelle, alimentaire, résidentielle — demeure central, et il est cumulatif : perdre en stabilité d'emploi, en qualité de logement et en sécurité alimentaire, c'est voir se dégrader simultanément plusieurs leviers de santé.13, 14, 15, 17 Le renoncement aux soins pour raisons financières, bien documenté par l'enquête ESPS de l'IRDES, en est une manifestation directe : une part des personnes modestes reporte ou abandonne des soins, notamment en optique, dentaire ou en spécialités à dépassements.92 À cela s'ajoute le non-recours aux droits, entretenu par la complexité administrative, la dématérialisation et les préjugés qui pèsent sur les personnes en situation de pauvreté et découragent les démarches.18, 20 Enfin, la reproduction intergénérationnelle joue un rôle décisif : les inégalités s'observent dès l'enfance, le capital scolaire et culturel se transmet, et les écarts de santé s'enracinent avant même l'âge adulte — ce qui fait de la petite enfance et de l'école des points d'appui majeurs pour agir tôt.3, 5, 71, 90
Déterminants territoriaux
La répartition de l'offre de soins est très hétérogène, et il existe désormais des outils pour l'objectiver plutôt que de s'en tenir à l'impression de « désert ». L'accessibilité potentielle localisée (APL) de la DREES mesure finement la disponibilité de médecins par commune, en tenant compte de la demande et des temps de trajet ; l'Observatoire des territoires cartographie les temps d'accès aux services et aux urgences selon le caractère rural ou urbain.87, 88 Le corpus documente pour sa part l'accessibilité inégale à la médecine de ville — y compris pour certaines spécialités27 —, l'accroissement des inégalités d'accès sur dix ans29 et les écarts territoriaux dans l'attribution même des aides sociales, qui varient d'un département à l'autre.62 Les personnes sans domicile ou en situation migratoire cumulent enfin des obstacles spécifiques (domiciliation, ouverture de droits, barrière linguistique) qui aggravent l'effet du lieu.30
Déterminants environnementaux et commerciaux
Le cadre de vie pèse inégalement sur la santé : qualité de l'air, bruit, exposition aux perturbateurs endocriniens, précarité énergétique et habitat dégradé se concentrent davantage dans les territoires et les ménages défavorisés. Le PNSE 4 et les travaux du HCSP documentent cet impact cumulé : les populations les plus vulnérables sont souvent les plus exposées, alors même qu'elles disposent de moins de ressources pour s'en protéger — c'est la logique de la « double peine » environnementale.99, 100, 2 Un angle plus récent, longtemps négligé, mérite d'être posé explicitement : les déterminants commerciaux de la santé. Les stratégies des industries du tabac, de l'alcool et de l'alimentation ultra-transformée — marketing, disponibilité des produits, lobbying — façonnent des environnements de consommation qui pèsent, là encore, plus lourdement sur les groupes les moins protégés, et rappellent que les « comportements » individuels s'inscrivent dans des marchés organisés.79
Relever le défi de la gouvernance transversale
Si la nécessité d'agir sur les « causes des causes » fait consensus, sa mise en œuvre opérationnelle se heurte directement à la rigidité des gouvernances en silos. En France, la santé reste trop souvent sous le pilotage exclusif des Agences Régionales de Santé (ARS), tandis que les leviers du logement, des transports, de la politique de la ville ou de l'éducation relèvent d'autres ministères et des collectivités territoriales.
Pour dépasser ce cloisonnement, il est crucial de promouvoir et de renforcer les outils de coordination locale existants — comme les Contrats Locaux de Santé (CLS), les Ateliers Santé Ville (ASV) et les Projets Territoriaux de Santé Mentale (PTSM). L'enjeu est de doter ces instances d'une véritable ingénierie d'animation territoriale et de budgets d'intervention partagés pour faire de l'approche « La santé dans toutes les politiques » une réalité de terrain et non une simple intention déclarative.
Effets observables
Les conséquences de ces mécanismes sont multiples et convergentes. Les populations précaires cumulent surmortalité prématurée, entrée plus précoce dans la dépendance et prévalence plus forte de maladies chroniques souvent dépistées trop tard ; le panorama de la DREES sur l'état de santé de la population et le Baromètre 2024 de Santé publique France en donnent la mesure d'ensemble.83, 85 Ces effets ne sont pas seulement quantitatifs (vivre moins longtemps) mais aussi qualitatifs (vivre plus longtemps en mauvaise santé), comme le rappelle l'écart d'espérance de vie sans incapacité. La crise de la Covid-19 a agi comme un puissant révélateur, en concentrant surexpositions et surmortalité sur les territoires et les métiers les plus exposés, et en rappelant que les chocs sanitaires frappent d'abord les plus fragiles.73
4. Les publics les plus exposés

Jeunes, étudiants, familles monoparentales. La précarité étudiante s'est installée durablement : recul du recours à la prévention et précarité alimentaire structurelle, que documentent les travaux sur les épiceries sociales (dispositif RAYON) et la restauration collective étudiante.21, 38 La santé mentale des jeunes constitue un enjeu majeur, où les déterminants sociaux pèsent fortement sur l'apparition des troubles comme sur l'accès à l'aide ; le rapport 2025 de la médiatrice de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur en fait un axe prioritaire, en pointant les fonctionnements institutionnels qui négligent les vulnérabilités des élèves, des étudiants et des personnels, tandis que d'autres interventions, y compris en ligne, cherchent à améliorer la littératie en santé mentale et à réduire la stigmatisation.44, 65, 75, 84 Les familles monoparentales, très majoritairement portées par des femmes, concentrent précarité et non-recours, dans une précarité souvent invisibilisée.22
Femmes, genre, personnes LGBTI+. Les retards de dépistage et de prise en charge des femmes tiennent en partie à un sexisme institutionnel et à un âgisme persistants — jusque dans la moindre écoute des symptômes.39, 46 Les écarts socio-sanitaires entre femmes et hommes et l'état du sexisme documentent des inégalités durables, de l'école au marché du travail, aux effets sanitaires directs.48, 51 Les personnes LGBTI+ font face à des discriminations spécifiques dans les parcours de soins ; glossaires, dispositifs de repérage et travaux sur la diversité, ainsi qu'une lecture féministe de la démocratie en santé, aident à les nommer et à les combattre.52, 55, 57
Personnes sans domicile et précarité extrême. L'accès aux soins des personnes sans domicile est réaffirmé comme un droit fondamental, encore imparfaitement garanti malgré la multiplication des relais associatifs et municipaux.30 Les réponses les plus efficaces reposent sur l'« aller-vers » et sur des offres d'accompagnement adaptées, qui vont à la rencontre des personnes plutôt que d'attendre leur venue.31, 32
Personnes âgées, dépendance, handicap. L'isolement et la perte d'autonomie des personnes âgées appellent des réponses coordonnées entre professionnels et bénévoles, articulées au domicile ; l'aide sociale aux personnes âgées ou handicapées en dessine le cadre.70 Pour les personnes en situation de handicap, l'accès aux soins primaires reste entravé par le manque de formation des professionnels et l'insuffisance des structures adaptées ; intégrer explicitement la vulnérabilité dans la conception des services est un levier d'équité.24
5. Controverses et points de débat

Un état des lieux honnête ne peut se contenter d'empiler des constats consensuels : plusieurs tensions traversent le champ et méritent d'être posées explicitement, car elles orientent les choix d'action.
Social contre territorial. Faut-il prioriser l'action sur les déterminants sociaux ou sur l'aménagement sanitaire des territoires ? La recherche penche pour le premier, le territoire étant surtout médiateur ; mais l'action publique, plus visible et politiquement plus consensuelle sur les « déserts médicaux », investit souvent d'abord le second. Le risque est de laisser la question territoriale masquer la question sociale — et de multiplier les maisons de santé sans réduire les écarts qui tiennent au revenu et à l'éducation.26, 29, 77
Responsabilité individuelle contre responsabilité structurelle. Faut-il agir sur les comportements (tabac, alimentation, activité physique) ou sur les structures (revenu, logement, travail) ? Centrer l'action sur la seule « responsabilisation » ou sur la littératie individuelle, sans transformer les contextes, revient à faire porter la charge du changement aux plus fragiles — et peut aggraver les écarts. La sociologie critique rappelle que la santé est aussi un enjeu politique et social, et non la simple somme de choix personnels.67, 80
Universalisme contre ciblage. Les dispositifs universels diluent l'effort et profitent d'abord aux mieux informés ; les dispositifs strictement ciblés stigmatisent et manquent une partie des publics. L'universalisme proportionné — une offre pour tous, d'intensité croissante avec le besoin — cherche à dépasser cette opposition ; il est théoriquement robuste mais exigeant à mettre en œuvre, car il suppose de calibrer finement l'effort sans créer de guichets séparés.67, 74, 76
L'allocation des ressources, un choix politique. Répartir les moyens entre soin et prévention, entre métropoles bien dotées et zones sous-denses, entre publics « visibles » et « invisibles », ne relève pas de la seule technique : ce sont des choix politiques, avec des gagnants et des perdants. Les divergences territoriales dans l'attribution des aides sociales en sont un rappel concret.62, 64
Mesurer pour agir. Sans indicateurs de position sociale intégrés aux données de santé, les inégalités restent invisibles « en moyenne » — et ce qui ne se mesure pas se pilote mal. Des méthodes existent pourtant, du Handbook on Health Inequality Monitoring de l'OMS aux travaux de la DREES sur la mesure des déterminants sociaux et territoriaux ; les mobiliser est un préalable politique autant que technique.86, 94
6. Agir : cadre, outils et retours de terrain

Réduire les inégalités territoriales de santé suppose d’agir simultanément sur plusieurs leviers : prévention et promotion de la santé, lutte contre les inégalités sociales, organisation de l’offre de soins, aménagement du territoire, environnement de vie et accès effectif aux droits. Une approche purement sanitaire serait insuffisante si elle ne s’accompagne pas d’actions sur les déterminants sociaux et territoriaux.
Cadre et politiques publiques
La lutte contre les ISTS est un objectif de politique publique inscrit de longue date. La Stratégie nationale de santé en a fait un axe prioritaire95, tandis que l'IGAS en a posé, dès 2011, les déterminants et les modèles d'action de référence, encore largement cités.93 Le HCSP relie diagnostic et leviers, du rapport « sortir de la fatalité » — qui récuse l'idée d'une inégalité inéluctable — aux analyses de la revue ADSP sur vingt ans d'évolution.96, 97 À l'échelle européenne, des priorités pour l'équité en santé 2024-2029 ont été formulées60, et le croisement entre santé et droits humains est éclairé par l'avis de la CNCDH.98 Ce cadre est riche ; l'enjeu reste sa traduction effective dans les moyens et les pratiques.
Outils mobilisables
Passer de l'intention à l'action suppose des repères concrets. Pour réduire les ISS par projet : un guide de leviers fondés sur la littérature scientifique aide à concevoir des interventions qui réduisent effectivement les écarts67, et l'approche territoriale « Marmot places » propose de porter l'équité à l'échelle d'un territoire ; les synthèses pédagogiques de l'IRDES sont précieuses en formation.59, 91 Justice alimentaire : des guides de bonnes pratiques et des outils rendent les interventions en alimentation plus équitables.37, 61 Lutte contre les discriminations : glossaire LGBTQI, dispositif Discrimin'Action, vademecum contre le racisme à l'école outillent les professionnels.43, 55, 57 Accès aux droits : le service DORA facilite l'orientation dans le champ de l'insertion, et des kits pédagogiques aident à comprendre la pauvreté pour mieux la combattre.19, 28
Retours de terrain
Les retours d'expérience référencés convergent vers un même enseignement : l'efficacité tient à la coordination locale et à l'accompagnement global. Coordination d'abord, entre collectivités, associations, agences et habitants, comme le montrent l'approche « Marmot places » et les initiatives sanitaires et sociales des communes.59, 63 Accompagnement global ensuite, articulant insertion, prise en charge des addictions et protection de l'enfance, plutôt que des réponses cloisonnées.35, 58, 72 Un fil rouge s'en dégage, riche d'enseignement pour l'action : ce qui est pensé pour les plus vulnérables finit souvent par bénéficier à tous — argument concret en faveur de l'universalisme proportionné.74

Conclusion
Les inégalités sociales et territoriales de santé ne sont pas résiduelles : elles sont structurelles et persistantes. Elles ne se réduisent pas aux « déserts médicaux » mais résultent d'un enchaînement hiérarchisé — le social d'abord, le territoire comme révélateur et amplificateur, l'environnement et les déterminants commerciaux comme dimensions à ne pas négliger.26, 76 Elles rappellent aussi que l'accès formel aux soins n'efface ni les inégalités d'usage ni les écarts de qualité de prise en charge : la France a un système performant dont l'universalité reste inachevée.
Réduire ces inégalités suppose d'agir sur les causes des causes, d'adopter un universalisme proportionné, de mesurer pour rendre visibles les écarts, et d'ancrer l'action dans une gouvernance territoriale intégrée associant collectivités, associations, professionnels et citoyens autour de diagnostics partagés — en assumant que l'allocation des moyens est un choix politique, non un simple réglage technique. C'est à cette condition que la santé pourra redevenir un vecteur d'équité et de cohésion, et non le reflet des fractures sociales du pays. |
Bibliographie I — corpus du blog Pratiques en Santé
Références classées selon les rubriques de la page thématique. Les liens en rouge sont à corriger sur la page d'origine.
1. Inégalités sociales, pauvreté et précarité
1. La moitié des personnes ayant habité en quartier prioritaire entre 2011 et 2020 y restent tout au long de la période
2. Synthèse des résultats clés de l'enquête « Inégalités socioécologiques », Baromètre des transitions
3. Les inégalités à l'école : ce que révèlent les statistiques
4. Inégalités sociales, scolaires et de santé : repenser le chemin vers l'égalité des chances — Un état de connaissances
5. La pauvreté en héritage : comment, et à quel point, la pauvreté persiste-t-elle d'une génération à l'autre en France ?
6. Baromètre santé-social 2025 : la santé face au défi des inégalités
7. Les vulnérabilités sociales territoriales
https://www.pratiquesensante.com/blog/politiques-10/les-vulnerabilites-sociales-territoriales-5602
8. Atlas de la pauvreté et des inégalités
https://pratiquesensante.odoo.com/blog/chiffres-16/atlas-de-la-pauvrete-et-des-inegalites-5271
9. Pauvreté en milieu rural : regards croisés et pratiques inspirantes
[lien à corriger sur la page thématique]
10. François Dubet : « Une école juste est celle qui traite le mieux possible les plus faibles des élèves »
[lien à corriger sur la page thématique]
11. Avis adopté « Égalité des chances : mythe ou réalité ? » — Rapport annuel sur l'état de la France 2025
[lien à corriger sur la page thématique]
12. Décryptage : inégalités sociales de santé dans l'Union européenne
13. Les multiples facettes de la précarité alimentaire
14. Baromètre de suivi qualitatif de la pauvreté et de l'exclusion sociale du CNLE
15. Taux de pauvreté et inégalités s'accroissent fortement
16. Nouvelles formes de pauvreté et redistribution
https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/nouvelles-formes-de-pauvrete-et-redistribution-4825
17. Analyse de l'évolution de la pauvreté et de l'exclusion sociale entre 2015 et 2022
18. Les préjugés : un obstacle majeur à la lutte contre la pauvreté
19. Kit pédagogique — Comprendre la pauvreté pour mieux la combattre
20. Minima sociaux : plus d'un bénéficiaire en cours de carrière sur trois l'est encore après son départ à la retraite
21. Étude : la précarité des jeunes au sein des épiceries sociales, le RAYON
22. Être femme, précaire & parent solo en Wallonie
https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/etre-femme-precaire-parent-solo-en-wallonie-4789
2. Équité
23. Guide pratique pour intégrer des domaines d'équité en santé dans les cadres déterminants d'implémentation
24. Intégrer la vulnérabilité en santé, un enjeu clé pour l'équité
25. IM4Equity : un méta-cadre en science de l'implémentation pour des partenariats communautaires engagés en faveur de l'équité en santé
26. Rapport mondial sur les déterminants sociaux de l'équité en santé (OMS)
3. Accès aux soins, santé et prévention
27. Inégalités spatiales et financières d'accessibilité à la médecine de ville en France (cardiologues, dermatologues, ophtalmologistes)
28. DORA — service public numérique d'aide à la prescription dans le domaine de l'insertion sociale et professionnelle
29. En 10 ans, un accroissement intolérable des inégalités d'accès aux soins
30. L'accès aux soins des personnes sans domicile : un droit fondamental
31. Au-devant de la vulnérabilité : vers une approche sociale de la prévention orale et des soins primaires
32. Santé et précarité : offres de soins et d'accompagnement
33. Rapport d'information relatif aux inégalités territoriales d'accès aux soins
34. Rapport — Prévenir les discriminations dans les parcours de soins : un enjeu d'égalité
35. De la prévention à l'intervention : agir sur la précarité pour protéger l'enfant
36. Protéger l'enfant sur le long terme quand la perspective du retour en famille s'éloigne
37. Des outils pour rendre les interventions en alimentation plus équitables
38. Restauration collective et alimentation durant la vie étudiante
4. Inégalités de genre, discriminations et diversité
39. « Santé pour toustes » — rapport sur la misogynoire médicale en France
40. Guide du référent ou de la référente égalité filles-garçons en établissement
41. Filles et garçons sur le chemin de l'égalité, de l'école à l'enseignement supérieur
42. Promouvoir les droits des femmes : un chemin vers l'égalité
43. Vademecum — Agir contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations liées à l'origine à l'école
44. L'effet des interventions éducatives en ligne sur la littératie en santé mentale, la stigmatisation et le recours à l'aide chez les jeunes
45. Femmes, paix et sécurité — Assumer une nouvelle ambition politique et concrétiser les engagements
46. Sexisme et âgisme : la timide émergence du « rien sur moi, sans moi »
47. Lutter contre les stéréotypes filles-garçons : quel bilan de la décennie, quelles priorités d'ici à 2030 ?
48. Femmes, hommes : quelles spécificités socio-sanitaires ?
49. Vers l'égalité réelle entre les femmes et les hommes — Chiffres-clés, édition 2024
50. Les inégalités entre les femmes et les hommes, de l'école au marché du travail
51. L'état du sexisme en France en 2024
https://pratiquesensante.odoo.com/blog/etudes-5/l-etat-du-sexisme-en-france-en-2024-4421
52. La démocratie en santé : adopter une approche féministe pour lutter contre les oppressions sociales
53. Résultats du questionnaire portant sur les actions de lutte contre les LGBTIphobies dans l'ESR
54. Rapport annuel de la Chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres (DSPG)
55. Le glossaire LGBTQI
https://pratiquesensante.odoo.com/blog/outils-6/le-glossaire-lgbtqi-4526
56. Lutter contre les stéréotypes de genre à l'école
https://pratiquesensante.odoo.com/blog/outils-6/lutter-contre-les-stereotypes-de-genre-a-lecole-4475
57. Discrimin'Action — Repérer les discriminations pour les combattre
5. Politiques publiques, initiatives et outils d'action
58. Les fondamentaux de l'accompagnement vers l'insertion sociale et professionnelle en Mission locale
59. Marmot places : l'équité en santé à l'échelle du territoire
60. Améliorer l'équité en matière de santé en Europe — Priorités pour le paysage politique de l'UE 2024-2029
61. Guide des bonnes pratiques : justice alimentaire
https://pratiquesensante.odoo.com/blog/outils-6/guide-des-bonnes-pratiques-justice-alimentaire-5060
62. Divergences territoriales dans les modalités d'attribution des aides sociales légales
63. Action sanitaire et sociale : les initiatives des communes
64. Projet annuel de performances 2025 : solidarité, insertion et égalité des chances
65. Prévention spécialisée : accompagner les jeunes sur leurs territoires et dans leurs milieux de vie
66. L'éducation prioritaire — DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance)
67. Mettre en place un projet qui contribue à la réduction des inégalités sociales de santé (ISS) — Leviers fondés sur la littérature scientifique
68. 170 actions quotidiennes que chacun peut entreprendre pour réduire les inégalités
69. Les politiques de prévention et de lutte contre la pauvreté
[lien à corriger sur la page thématique]
6. Vulnérabilités spécifiques, population et parcours de vie
70. L'aide sociale aux personnes âgées ou handicapées — Perte d'autonomie et handicap, édition 2025
[lien à corriger sur la page thématique]
71. Transmissions culturelles familiales et inégalités scolaires
72. Précarité et addiction : accompagner les conduites addictives pour l'insertion globale des personnes
73. Inégalités sociales de santé : les leçons de la crise Covid
74. « Très souvent, ce qui a été pensé pour les plus vulnérables finit par être utilisé de manière universelle »
75. Porter attention aux vulnérabilités, agir en faveur de la santé mentale — Rapport 2025 de la médiatrice de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur
Bibliographie II — références institutionnelles et académiques complémentaires
Sources primaires ajoutées pour renforcer le cadre théorique, les données et la mesure. Elles ne font pas partie du corpus du blog.
Fondamentaux internationaux
76. OMS — Combler le fossé en une génération : instaurer l'équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux (Commission des déterminants sociaux de la santé, 2008)
https://www.who.int/publications/i/item/WHO-IER-CSDH-08.1
77. M. Marmot — Social Determinants of Health (Oxford University Press)
https://global.oup.com/academic/product/social-determinants-of-health-9780192630693
78. A. Gatrell — Geographies of Health: An Introduction (Wiley-Blackwell)
https://www.wiley.com/en-us/Geographies+of+Health-p-9781405132768
79. The Lancet — Commission on the Commercial Determinants of Health
https://www.thelancet.com/commissions/commercial-determinants-of-health
80. D. Fassin — La santé, une affaire de riches ? (La Découverte)
https://www.editionsladecouverte.fr/la_sante_une_affaire_de_riches_-9782707146637
Cadre et données — France
81. Santé publique France — Inégalités sociales et territoriales de santé (portail thématique)
https://www.santepubliquefrance.fr/inegalites-sociales-et-territoriales-de-sante
82. Santé publique France — Les enjeux de santé (ISS / ISTS)
https://www.santepubliquefrance.fr/inegalites-sociales-et-territoriales-de-sante/les-enjeux-de-sante
83. Santé publique France — Inégalités de santé : le poids des déterminants sociaux (Baromètre 2024)
84. Santé publique France — Santé mentale (déterminants sociaux et vulnérabilités)
https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/sante-mentale
85. DREES — L'état de santé de la population en France (rapport)
86. DREES — Mesure des inégalités sociales, des déterminants sociaux et territoriaux de santé
87. DREES — Accessibilité potentielle localisée (APL) : mesurer les déserts médicaux
88. Observatoire des territoires (ANCT) — Santé et accès aux soins
https://www.observatoire-des-territoires.gouv.fr/sante-et-acces-aux-soins
89. INSEE — L'espérance de vie par niveau de vie : 13 ans d'écart chez les hommes (Insee Première n° 1687)
https://www.insee.fr/fr/statistiques/3319895
90. INSEE — Des inégalités sociales de santé dès l'enfance (France, portrait social)
https://www.insee.fr/fr/statistiques/4797660
91. IRDES — Les inégalités sociales de santé (Questions d'économie de la santé)
https://www.irdes.fr/documentation/syntheses/les-inegalites-sociales-de-sante.pdf
92. IRDES — Enquête Santé, soins et protection sociale (ESPS) : renoncement aux soins
93. IGAS — Les inégalités sociales de santé : déterminants sociaux et modèles d'action (2011)
Mesure et méthodes
94. OMS — Handbook on Health Inequality Monitoring
https://www.who.int/publications/i/item/9789241548632
Politiques publiques et avis
95. Stratégie nationale de santé — Dossier stratégique, axe « Lutter contre les inégalités sociales et territoriales de santé »
https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/dossier_sns_2017_axe2bis.pdf
96. HCSP — Les inégalités sociales de santé (revue ADSP n° 113)
https://www.hcsp.fr/explore.cgi/adsp?clef=1174
97. HCSP — Les inégalités sociales de santé : sortir de la fatalité
https://www.hcsp.fr/explore.cgi/hcspr20091112_inegalites.pdf
98. CNCDH — Avis sur les inégalités sociales de santé (2022)
Santé environnementale
99. PNSE 4 — Plan national santé-environnement (Mon environnement, ma santé)
https://www.ecologie.gouv.fr/plan-national-sante-environnement-pnse
100. HCSP — Inégalités sociales et territoriales de santé et environnement
https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=933
Pour aller plus loin — tous les articles du blog par mot-clé
#pauvreté · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/tag/pauvrete-370
#équité · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/tag/equite-229
#précarité · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/tag/precarite-195
#inégalités · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/tag/inegalites-42
#LGBTI+ · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/tag/lgbtqi-210
#genre · https://pratiquesensante.odoo.com/blog/tag/genre-36
N.B. — Ce Carnet ouvert combine les décryptages du blog Pratiques en Santé et un socle de références institutionnelles et académiques, clairement distingués. Le travail sur le corpus n'opère qu'à partir des sources du blog ; les références complémentaires sont ajoutées et sourcées séparément. Ce dossier a vocation à être enrichi : vos remarques et propositions d'articles sont les bienvenues via le formulaire de la page thématique.
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