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Les Cahiers Ouverts de Pratiques en Santé

Le lien social, ça se soigne  Isolement et solitude : comprendre, repérer et agir sur son territoire

Le lien social, ça se soigne

Isolement et solitude : comprendre, repérer et agir sur son territoire


  Le lien social est une ressource pour la santé, et il se construit sur un territoire. Ce dossier aide les professionnels de la prévention, du social et du médico-social à passer du constat à l'action, sans réduire les personnes à leur fragilité.


Résumé : 

L'isolement (peu de contacts, ce qui se mesure) et la solitude (manque de liens ressenti) sont devenus un enjeu de santé publique : en 2025, l'OMS a reconnu les liens sociaux comme un déterminant de la santé [2]. En France, 11 % des personnes n'ont aucun réseau de sociabilité, et 14 % en zone rurale [5]. En 2026, 35 % des 18-24 ans se sentent souvent ou toujours seuls [4]. Pourtant, seules 3 % des personnes isolées demandent de l'aide [13]. La précarité, les ruptures de vie, la dématérialisation et l'après-Covid aggravent la situation [5, 17, 20, 22]. Les discriminations y contribuent aussi : genre, origine, handicap, troubles psychiques, âge [16, 17, 35]. Les effets sur la santé mentale, le déclin cognitif et la mortalité sont documentés [6, 9, 12]. Les publics concernés sont variés : aînés, jeunes, parents solos, personnes très précaires ou exilées [17, 20, 26, 31].

Pour agir, un territoire peut suivre sept étapes. Il faut d'abord observer, avec un diagnostic local [5, 7]. Il faut ensuite repérer avec les CCAS, les soignants, les commerçants et les voisins, dans le respect des personnes et de leurs données [7, 37]. On va vers les personnes au lieu d'attendre qu'elles demandent, y compris pour les aider à accéder à leurs droits [5, 22]. On crée des occasions de rencontre : tiers-lieux, repas, jardins, prescription sociale, mobilité [5, 9, 32]. Il s'agit aussi de donner une place aux personnes, par le bénévolat, la pair-aidance et la transmission entre générations [3, 35]. Il faut enfin coordonner santé, social, logement et urbanisme [7, 17], puis évaluer ce qui change réellement dans la vie des gens [8]. Le principe clé : ne pas « faire du lien » à la place des habitants, mais créer les conditions pour qu'ils le construisent eux-mêmes [7, 34].

 Capsules Audio/Vidéo de Pratiques en Santé pour présenter le dossier 🎙️🎥 https://www.youtube.com/watch?v=XTJnc9GVxBw

Le lien social, ça se soigne : comprendre et agir sur son territoire

Introduction : le lien social, un enjeu de santé reconnu

« Le lien social, ça se soigne » : la formule est volontairement provocatrice. Il ne s'agit pas de médicaliser la solitude ni de faire de l'isolement une maladie. Il s'agit de reconnaître que les relations sociales sont une ressource pour la santé, et que les territoires peuvent agir sur les conditions qui permettent de créer, de garder ou de retrouver des liens.

Cette lecture rejoint une évolution internationale. En novembre 2023, l'OMS a créé une Commission sur le lien social pour traiter la solitude comme une menace urgente pour la santé [1]. En mai 2025, une résolution de l'OMS a reconnu les liens sociaux comme un pilier de la santé publique et un déterminant social de la santé [2]. L'OMS a ensuite publié une feuille de route pour passer « de la solitude à la connexion sociale » [12]. Des acteurs de la gérontologie y voient un changement de regard : la santé relationnelle devient un pilier du bien-être, à côté de la santé physique et mentale [3].

Un chiffre circule pour dire la gravité de l'enjeu : l'isolement social pourrait être comparé à 15 cigarettes par jour. Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan reprend cette comparaison, attribuée au Surgeon General des États-Unis (2023), et rappelle que la qualité des relations compte parmi les meilleurs prédicteurs de la santé [4]. C'est une image, pas une mesure.

La question du dossier. Comment passer du constat à des actions locales qui durent, sans réduire les personnes à leur fragilité ?

Trois notions à bien distinguer

Notion

Ce que c'est

Exemple

Isolement

Un état qui se mesure : peu ou pas de contacts réguliers avec la famille, les amis, le voisinage, le travail ou les associations [5, 13]. La CNSA parle d'une souffrance liée à des relations insuffisantes en nombre ou en qualité [7].

Une personne qui n'a plus aucun réseau de sociabilité actif [5].

Solitude

Un ressenti : l'écart entre les liens que l'on souhaite et ceux que l'on a. On peut être peu entouré sans en souffrir, ou entouré et se sentir seul [6, 17].

Josiane, aidante rencontrée dans l'étude Solitudes 2025, est entourée mais se sent seule [5].

Cohésion sociale

Une qualité du territoire ou de la société : sa capacité à assurer durablement le bien-être de tous, avec un accès équitable aux ressources, la dignité, l'autonomie et la participation [8]. Elle repose sur la confiance, l'appartenance et l'envie d'aider [9].

Les Français jugent le lien social plus abîmé à l'échelle nationale qu'à l'échelle locale, et voient l'attachement au territoire comme un facteur de cohésion [10].

Avoir peu de relations ne veut donc pas dire forcément être en souffrance. Et être entouré ne protège pas toujours [6].

1. Un phénomène qui s'étend et qui change de visage

Quatre chiffres à retenir

  • 11 % des Français n'ont aucun réseau de sociabilité en 2025, et 14 % en zone rurale [5, 11].

  • Une personne sur six dans le monde souffre de solitude [12].

  • 35 % des 18-24 ans se sentent souvent ou toujours seuls en 2026 [4].

  • 3 % seulement des personnes isolées font appel à une structure d'accompagnement [13].

En France

La Fondation de France suit l'isolement chaque année depuis 2010 [14]. En janvier 2020, plus de 7 millions de personnes étaient en isolement relationnel, et le phénomène gagnait des groupes jusque-là moins touchés, comme les classes moyennes supérieures et les jeunes [15]. Depuis, l'isolement ne recule pas [13, 16].

Il change surtout de visage. L'isolement est désormais plus fréquent à la campagne, tandis que le sentiment de solitude touche davantage les grandes villes. Cet écart entre villes et campagnes n'existait presque pas auparavant [5, 11].

À l'international

L'OMS observe plus de solitude chez les adolescents et les jeunes adultes, dans les pays à faible revenu et parmi les populations marginalisées [12]. L'OCDE place la France parmi les pays d'Europe où la solitude ressentie est la plus élevée [17]. Elle note que la solitude, l'inquiétude et la tristesse se sont dégradées ou stabilisées à un niveau élevé, surtout chez les jeunes [18]. En Suisse, une personne âgée sur trois souffre de solitude [19].

Repères chiffrés depuis 2020

Année

Indicateur

Réf.

2026

22 % se sentent souvent ou toujours seuls ; 35 % des 18-24 ans

[4]

2025

11 % sans aucun réseau : 14 % en zone rurale, 9 % en grande agglomération

[5, 11]

2025

Solitude ressentie : 28 % dans les villes de plus de 100 000 habitants, 21 % en zone rurale

[5]

2025

Isolement : 16 % des personnes à bas revenus, 5 % des hauts revenus

[5]

2025

750 000 personnes âgées en « mort sociale »

[20]

2024

12 % en isolement relationnel ; 24 % se sentent seuls

[13]

2024

39 % se sont sentis seuls ces dernières semaines

[10]

2023

Une personne sur dix en isolement total

[16]

2020

Plus de 7 millions de personnes en isolement relationnel

[15]

Attention. Ces chiffres viennent d'enquêtes différentes, avec des définitions et des méthodes différentes. Ils sont déclaratifs et ne sont pas des mesures épidémiologiques [5]. Ils montrent une tendance, pas une série continue.

Ce qui aggrave la situation

  • La précarité. Les personnes à faibles revenus sont trois fois plus souvent isolées que les plus aisées. Le chômage, la mauvaise santé et le déclassement social sont des marqueurs forts [5, 17]. Un budget serré limite les sorties, et un logement peu adapté rend difficile de recevoir chez soi [15].

  • Les ruptures de vie. Deuil, séparation, maladie, perte d'emploi [13, 20], mais aussi les transitions : entrée dans l'âge adulte, retraite, veuvage, migration [17].

  • Les moments difficiles. L'hiver, les fêtes et les week-ends renforcent l'isolement [13].

  • La dématérialisation. Le passage des démarches sur Internet isole davantage les aînés ; les personnes non connectées sont parmi les plus exposées [20].

  • Les effets durables du Covid. Les mesures sanitaires ont réduit les interactions au strict minimum [21]. La solitude des 15-25 ans progresse depuis la crise [22, 29], qui a aussi ouvert de nouveaux défis pour la cohésion sociale [15, 23, 24].

  • Des modes de vie qui changent. Liens qui s'effritent, place croissante du numérique et de l'intelligence artificielle, parcours de vie moins linéaires, logements inadaptés [4].

2. Des effets prouvés sur la santé

Santé physique et mortalité. La solitude et l'isolement ont des effets graves sur la mortalité, la santé physique et mentale, et sur la situation sociale et économique des personnes [12]. Chez les aînés, la solitude chronique augmente les risques de dépression, de maladies cardiovasculaires, de démences et de dénutrition [3]. Pour l'OCDE, les liens sociaux influencent aussi l'emploi, l'éducation et l'engagement civique : la solitude relève de la santé publique, pas seulement de la vie privée [17].

Mémoire et déclin cognitif : se sentir seul pèse plus lourd. Une étude portant sur 175 000 personnes dans 18 pays montre que c'est le sentiment de solitude, plus que le fait d'être isolé, qui prédit le déclin cognitif sévère et le décès. L'effet est modeste mais constant. Il est plus marqué au tout début du parcours, avant les premiers troubles. L'étude est observationnelle : elle ne prouve pas que la solitude cause le déclin [6].

Santé mentale. Les liens sociaux jouent un rôle de bouclier. Chez les jeunes, la cohésion sociale (confiance, appartenance, envie de participer et d'aider) protège contre la dépression et l'anxiété, et atténue les effets d'une offre de soins saturée [9, 22]. L'intégration sociale, l'équilibre entre donner et recevoir, la diversité des soutiens et la réciprocité réduisent les risques de troubles psychiques [25]. Une large majorité de Français estime que le lien social améliore la santé psychologique [10]. Le lien entre santé mentale et lien social a aussi été travaillé lors d'un colloque en Belgique [21].

Le renoncement à l'aide. Très peu de personnes isolées s'adressent à une structure. Elles comptent surtout sur des stratégies personnelles : routines, sport, médias [13]. Chez les plus précaires, la logique du « don et contre-don » freine la relation : par peur de ne pas pouvoir rendre, on évite de demander [5]. Les femmes exilées isolées adoptent des stratégies d'effacement pour se protéger [26]. Les tabous autour de la solitude, en particulier chez les jeunes, freinent aussi la demande d'aide [22].

3. Qui est concerné ? Des situations très différentes

Idée clé : « les personnes isolées » ne forment pas un groupe uniforme. C'est la combinaison de plusieurs facteurs qui augmente le risque : faibles revenus, manque de temps, emploi instable, monoparentalité, handicap [17]. La solitude peut aussi être choisie. Il faut éviter de réduire les personnes à leur précarité [5].

Les personnes âgées

Les Petits Frères des Pauvres estiment à 750 000 le nombre de personnes âgées en « mort sociale », c'est-à-dire en isolement extrême. Pour près d'un tiers des plus de 60 ans, la solitude est chronique. Les femmes, les ruraux, les personnes handicapées et les personnes non connectées sont les plus exposés [20], tout comme les femmes très âgées vivant seules [3]. La DREES a étudié la sociabilité des seniors vivant à domicile [27]. Le risque augmente avec l'âge, notamment parce que la mobilité réduite rend les contacts plus difficiles [19]. D'où l'intérêt des dispositifs d'inclusion numérique [28].

Les jeunes : un constat qui surprend

Dès janvier 2024, une enquête relayée par Psycom indiquait que les jeunes se sentiraient plus seuls que les personnes âgées, alors que cette période de la vie est vue comme celle où l'on noue le plus de liens [29]. Les études récentes le confirment : plus d'un tiers des 18-24 ans se sentent souvent ou toujours seuls [4], et les jeunes sont les plus touchés par le sentiment de solitude, en France comme dans le monde [5, 10, 12].

Les parents de jeunes enfants : un angle peu documenté

L'Institut national de santé publique du Québec a étudié l'isolement et la solitude des parents pendant la grossesse et la petite enfance, pour guider la planification en santé publique [30]. L'OCDE et Promotion Santé Suisse citent les parents solos et les familles monoparentales parmi les publics exposés [17, 25].

La grande précarité et l'exil

Vieillir dans la rue, c'est vieillir plus vite. Les personnes âgées précaires sont prises dans un paradoxe : trop jeunes pour les maisons de retraite, trop malades pour l'hébergement d'urgence, trop précaires pour un logement autonome. Les femmes âgées à la rue subissent une double invisibilité [31]. Les femmes exilées isolées à Paris cumulent hébergement instable, accès difficile aux droits et exposition aux violences de genre [26]. Le chômage, surtout de longue durée, pèse aussi lourdement [5, 13].

Quand les discriminations fabriquent l'isolement

L'isolement n'est pas seulement une affaire de parcours individuel. Les discriminations et la stigmatisation en sont aussi la cause.

  • Chez les jeunes, la stigmatisation et les discriminations liées au genre, à l'origine, au handicap ou aux troubles psychiques rendent plus difficile la création de nouvelles amitiés [16, 22].

  • Chez les aînés, les stéréotypes sur la vieillesse freinent les liens entre générations [35]. Les Petits Frères des Pauvres ont montré que l'idée d'une indifférence entre jeunes et vieux relève en partie du préjugé [36].

  • Selon l'origine et le statut migratoire, l'OCDE observe des écarts de solitude, au même titre que selon le genre, l'âge, le revenu et l'état de santé. Elle appelle à des réponses ciblées pour réduire ces inégalités [17].

  • Le handicap expose davantage à l'isolement, chez les aînés comme dans l'ensemble de la population [17, 20].

  • Le genre pèse aussi : les femmes très âgées vivant seules, les femmes âgées à la rue et les femmes exilées font partie des personnes les plus invisibles [3, 26, 31].

Agir contre l'isolement suppose donc aussi d'agir contre ces discriminations, et pas seulement d'aider les personnes une par une.

4. Où se fabrique le lien ?

Le lien social se construit d'abord dans les lieux de vie ordinaires : la rue, les commerces, les associations, les équipements publics. Ces lieux sont des leviers d'action à part entière.

La proximité

Pour les personnes seules, dont la famille et les amis sont souvent éloignés, ce sont les liens de proximité qui permettent de rester dans la vie sociale : voisinage, petits commerces, associations [5].

Les associations jouent un rôle de « tiers relationnels » en trois temps. Elles répondent d'abord aux besoins matériels, puis offrent de la sociabilité et de la reconnaissance, et permettent enfin de devenir bénévole. Leur accès reste inégal : plus de la moitié des ruraux les fréquentent rarement ou jamais. Les commerçants sont des points de contact quotidiens, mais la disparition des commerces freine le lien en zone périurbaine et rurale [5]. Les Français voient les cafés, les associations, les commerces et les événements festifs comme des piliers de la cohésion [10].

Aménager les lieux de vie

Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan demande de reconnaître les commerces de proximité, les bibliothèques, les équipements culturels et sportifs et les associations comme des biens essentiels pour la cohésion. Il propose de faire de l'« habitabilité » un principe juridique : un toit, mais aussi de l'eau propre, un air respirable, des liens sociaux, des espaces naturels et des lieux de rencontre [4]. Promotion Santé Suisse recommande d'aménager des quartiers qui favorisent les rencontres [25]. La CNSA invite à adapter les espaces publics, à faciliter la mobilité et à développer l'habitat inclusif [7].

Les tiers-lieux, les « care-lieux » et les centres sociaux

Les tiers-lieux et les « care-lieux » se développent pour préserver le lien social, à l'image de Kawaa, ouvert en 2020. Ce sont des espaces polyvalents, accessibles, aux horaires souples, gérés avec les habitants [32]. En milieu rural, ils favorisent la mixité sociale, la capacité d'agir et la coopération territoriale, mais leur équilibre économique reste fragile [33].

L'OCDE classe ces lieux parmi les « infrastructures sociales », avec les centres sociaux, les maisons de quartier et les espaces intergénérationnels. Elle leur reconnaît un rôle de prévention primaire de la solitude [17]. Les centres sociaux, nés à la fin du XIXe siècle, revendiquent depuis plus d'un siècle leur capacité à agir avec les habitants [34]. En Wallonie, une recherche-action menée avec le CPAS de Charleroi a co-construit des ateliers collectifs pour retisser le lien après la crise sanitaire [23].

Les liens entre générations

Les aînés transmettent des savoir-faire, la mémoire des territoires et des valeurs. Maisons des générations, résidences partagées entre jeunes et seniors, interventions de retraités dans les écoles : ces formes structurent les échanges. Les obstacles restent les stéréotypes sur la vieillesse, le manque de reconnaissance institutionnelle et la fragilité des financements [35]. Les liens entre générations se construisent tout au long de la vie [36]. L'enjeu est de faire des aînés des acteurs, et pas seulement des bénéficiaires [28], par exemple à travers l'engagement des 60-75 ans dans le mentorat et le bénévolat [4].

5. Agir sur son territoire, en sept étapes

Un territoire peut agir en sept étapes : observer, repérer, aller vers, créer des occasions de rencontre, donner une place, coordonner, évaluer.

Étape

En une phrase

1. Observer

Mesurer l'isolement, la solitude, la sociabilité et les ressources existantes.

2. Repérer

Mobiliser professionnels, CCAS, associations, voisins et commerçants, dans le respect des personnes.

3. Aller vers

Ne pas attendre que la personne demande de l'aide.

4. Créer des occasions de rencontre

Lieux, repas, culture, sport, mobilité, espaces publics.

5. Donner une place

Bénévolat, participation, transmission, pair-aidance.

6. Coordonner

Santé, social, logement, mobilité, culture, urbanisme, éducation.

7. Évaluer

Pas seulement compter les participants, mais regarder ce que cela change dans leur vie.

5.1. Observer

Un diagnostic territorial est indispensable, car les besoins ne sont pas les mêmes en zone rurale enclavée et en grande agglomération [5]. La CNSA propose des fiches pour cartographier les acteurs et les ressources, et pour repérer les « zones blanches » où il n'existe aucune offre [7]. L'OCDE invite à utiliser les profils de risque (âge, revenus, chômage, monoparentalité, handicap, migration) pour cibler les priorités [17].

Le Conseil de l'Europe propose une grille simple : les conditions du bien-être sont-elles réunies ? Produisent-elles des effets ? Quelle est la situation des plus vulnérables ? Quels sont les risques de dégradation [8] ? Les enquêtes locales peuvent intégrer des questions sur la fréquence des contacts, le soutien perçu et la solitude ressentie [17], en s'inspirant des tableaux de bord de bien-être de l'OCDE [18] et des baromètres nationaux [10, 14, 20].

5.2. Repérer

Depuis 2009, les communes doivent tenir un registre des personnes vulnérables. Il peut servir à repérer tôt les aînés isolés, avec l'appui des CCAS [3]. La CNSA propose de l'élargir aux bénéficiaires de l'APA [7]. Son kit de repérage s'adresse à un public très large : professionnels de santé et du grand âge, facteurs, gardiens, voisins, commerçants, services d'urgence, tout citoyen [7, 37].

Les professionnels de santé, souvent premiers interlocuteurs des personnes isolées, peuvent repérer les signaux précoces : moins de visites, retrait des activités, découragement [5], sentiment d'inutilité ou d'abandon [13]. Le questionnaire Icope de l'OMS aide à repérer les fragilités des seniors [7]. Une question simple sur le ressenti de solitude peut être posée à l'accueil ou en visite à domicile, car une personne entourée n'est pas forcément protégée [6].

Encadré – Repérer sans surveiller

Le repérage mobilise des données personnelles et de nombreux acteurs. Il doit donc être encadré.

  • La CNSA recommande une charte partagée entre partenaires pour encadrer le partage des données [7].

  • Elle demande une approche participative qui évite la stigmatisation et respecte les modes de vie [7].

  • Les acteurs du repérage doivent être formés, en particulier au non-jugement [6, 10].

  • Une solitude peut être choisie : repérer, c'est proposer, pas imposer [5].

5.3. Aller vers

Comme très peu de personnes isolées sollicitent une structure [13], il faut aller au-devant d'elles : porte-à-porte, dispositifs itinérants, habitants-relais, à l'image des habitants-messagers de VoisinMalin dans les quartiers prioritaires [5]. Les maraudes et la veille locale complètent ce maillage [22]. L'offre peut aussi s'adapter aux moments critiques : hiver, week-ends, fêtes, transitions de vie [13, 17]. L'aller-vers vise aussi à redonner du pouvoir d'agir aux personnes âgées [20].

Aller vers, c'est aussi soutenir l'accès aux droits : accompagnement administratif, accès aux services sociaux et médico-sociaux [22, 38]. Des aides existent, comme les heures de lien social financées par l'APA [7].

5.4. Créer des occasions de rencontre

Cafés-rencontres, jardins partagés, groupes d'entraide pour les courses ou le bricolage [5], repas partagés qui font du repas un temps de soin relationnel [3] : les formes sont multiples. En zone rurale, la mobilité est une condition préalable [5, 7].

Renforcer les aptitudes de chacun. Les compétences relationnelles et émotionnelles se travaillent. L'apprentissage socio-émotionnel à l'école, le soutien par les pairs et le mentorat entre jeunes en sont des leviers [9, 22, 38]. Les premiers secours en santé mentale apprennent à repérer, écouter et orienter une personne en difficulté [22]. L'inclusion numérique aide les aînés à garder le contact [28].

Le rôle des services de santé. La « prescription sociale » oriente une personne vers des activités sociales, artistiques ou sportives, en complément du soin [9, 22]. L'OCDE relève toutefois le manque d'évaluations solides [17]. Plus largement, il s'agit de ne pas séparer l'action communautaire et l'accès aux soins de santé mentale [22].

Encadré – 10 initiatives locales qui marchent

Le Lab'AU de l'ODAS, avec la CNSA, a mis en avant dix projets qui ont aidé des personnes âgées isolées à renouer des liens et à retrouver une utilité sociale. Parmi eux : un restaurant éphémère, un documentaire sur la vie intime des seniors, une lecture à voix haute lors des Journées du patrimoine, une application de sorties accompagnées [39].

Autres exemples du corpus :

  • Monalisa et Ogénie, cités par la CNSA [7] ;

  • VoisinMalin, Entourage et Caracol, étudiés par la Fondation de France [5] ;

  • les « Hypervoisins » et les « Sunshine Calls » [38] ;

  • une maison d'accueil spécialisée pour les personnes vieillissantes précaires en Bourgogne-Franche-Comté [31].

Le portail national « Rompre l'isolement des personnes âgées » recense d'autres actions et invite chacun à y faire remonter les siennes [40].

5.5. Donner une place

Passer d'usager à bénévole redonne de la reconnaissance sociale et de l'estime de soi : se sentir utile n'a pas de prix [5]. Le bénévolat des retraités est une stratégie de santé publique à part entière [3]. Les aînés peuvent aussi interpeller leurs élus : en février 2026, plus de cent personnes âgées réunies par l'association OLD'UP ont adressé une lettre ouverte à tous les maires de France [3].

Exprimer son vécu de la solitude passe aussi par la culture [22]. Le concours de poésie Stop Isolement 2024 accueillait des poèmes écrits seul, à plusieurs ou entre générations, par des personnes accompagnées à domicile ou en établissement [41]. La pair-aidance, la transmission entre générations [22, 35], les budgets participatifs ou les instances d'usagers [18] prolongent cette logique.

Encadré – Ne pas « faire du lien » à la place des personnes

Proposer une activité aux personnes isolées n'est pas la même chose que créer les conditions qui permettent aux habitants de produire eux-mêmes du lien. La première logique va des personnes isolées vers un dispositif, puis une activité. La seconde part des habitants : leur pouvoir d'agir, des espaces communs, des relations, puis la santé.

Le corpus soutient cette seconde logique :

  • les centres sociaux revendiquent leur capacité à agir avec les habitants [34] ;

  • les tiers-lieux sont co-construits et animés avec les usagers [32] ;

  • chez VoisinMalin, ce sont les habitants eux-mêmes qui vont vers leurs voisins [5] ;

  • les aînés sont à considérer comme co-acteurs, pas seulement comme bénéficiaires [35] ;

  • la CNSA demande une approche participative qui évite la stigmatisation [7].

À l'inverse, le Conseil de l'Europe pointait déjà l'absence des personnes concernées dans la construction des indicateurs comme une limite majeure [8].

5.6. Coordonner

Une feuille de route nationale contre l'isolement des personnes âgées a été lancée début 2021 [37], avec un portail des initiatives [40]. Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan propose aujourd'hui une stratégie nationale interministérielle de prévention de la solitude. C'est une proposition, pas un dispositif existant [4].

Localement, le guide de la CNSA aide à construire une stratégie territoriale : identifier les partenaires (ARS, CCAS, associations, bailleurs sociaux, CPTS, mutuelles), formaliser leur rôle par des chartes ou conventions, mobiliser la mobilité, l'habitat inclusif et les heures de lien social financées par l'APA [7]. Le terrain appelle à décloisonner le social, le médical et le judiciaire [31]. L'OCDE demande d'associer santé, social, urbanisme, logement, emploi, éducation et numérique, et invite à un plaidoyer auprès des élus et des institutions [17].

Coordonner, c'est enfin reconnaître ceux qui font le lien : le CESE a adopté en juillet 2022 un avis sur les métiers de la cohésion sociale [42], et la Fabrique Spinoza plaide pour développer les « métiers du lien » [38].

5.7. Évaluer

Compter les participants ne suffit pas. Le Conseil de l'Europe invite à vérifier si les actions produisent vraiment du bien-être, et propose une démarche en cinq étapes jusqu'à un plan d'action partagé, avec des responsabilités clairement réparties [8]. L'indicateur de capacité relationnelle (RCI) cherche à mesurer ce que les tiers-lieux changent à la qualité des liens [33]. Les chercheurs recommandent de suivre la solitude comme indicateur [6], et l'OMS de renforcer la surveillance [2]. La CNSA conseille de croiser des indicateurs chiffrés et des retours qualitatifs, en demandant aux personnes si elles se sentent moins seules [7].

La marge de progrès est réelle : les dispositifs cités dans les études sont souvent des exemples, rarement des programmes évalués [5, 17].

Conclusion : faire société

Trois idées à retenir

  1. L'isolement prend des formes multiples. Il touche les aînés comme les jeunes, la campagne comme la ville. Il se nourrit de la précarité, des ruptures de vie et des discriminations [5, 16, 17].

  2. Le lien social est une ressource pour la santé. Il protège la santé mentale, et le sentiment de solitude pèse sur la mémoire et la mortalité [6, 9].

  3. Ce lien se construit collectivement, sur un territoire. Repérage respectueux, lieux de proximité, participation des habitants, coordination des acteurs [7, 22].

La solitude n'est pas seulement une affaire individuelle. Elle dit aussi quelque chose de nos territoires, de nos modes de vie et de notre capacité collective à faire société. Agir contre l'isolement ne consiste donc pas seulement à proposer des activités aux personnes seules. Il s'agit de rendre les territoires plus habitables, plus accessibles, plus accueillants et plus participatifs [4, 17]. Le lien social devient alors non pas un supplément de bien-être, mais une vraie ressource de santé [2, 12].

Lecture promotion de la santé : les cinq axes de la Charte d'Ottawa

Axe

Ce que propose le dossier

Réf.

Élaborer des politiques publiques saines

Résolution de l'OMS, feuille de route nationale, stratégie interministérielle proposée, principe d'« habitabilité », reconnaissance des métiers du lien, plaidoyer auprès des élus

[2, 4, 17, 37, 42]

Créer des milieux favorables

Commerces et services de proximité, aménagement des quartiers, mobilité, habitat inclusif, tiers-lieux et infrastructures sociales

[4, 5, 7, 17, 25, 32, 33]

Renforcer l'action communautaire

Centres sociaux, habitants-relais, co-construction, aînés co-acteurs, interpellation des élus, indicateurs construits avec les personnes

[3, 5, 8, 23, 34, 35]

Développer les aptitudes personnelles

Apprentissage socio-émotionnel, soutien par les pairs, mentorat, premiers secours en santé mentale, inclusion numérique, expression par la culture

[9, 22, 28, 38, 41]

Réorienter les services de santé

Repérage par les soignants, questionnaire Icope, prescription sociale, partenariats avec les CPTS, lien entre action communautaire et soins de santé mentale

[5, 7, 9, 17, 22]

Limites du dossier

Ce dossier s'appuie uniquement sur le corpus de Pratiques en Santé. Certains sujets y sont encore peu présents et mériteraient des dossiers à part entière :

  • l'isolement des parents pendant la grossesse et la petite enfance, documenté surtout au Québec [30] ;

  • l'isolement lié à d'autres discriminations (orientation sexuelle, identité de genre, racisme) : l'OCDE signale des écarts selon le statut migratoire et l'appartenance à une minorité [17], mais le corpus ne les détaille pas ;

  • la place des soins primaires et des outils locaux de santé publique (contrats locaux de santé, projets territoriaux de santé mentale) dans la lutte contre l'isolement ;

  • les évaluations d'impact : la plupart des actions citées sont des exemples, pas des programmes évalués [5, 17].

Pour aller plus loin

  • De la solitude à la connexion sociale : le cadre international et la feuille de route de l'OMS [12].

  • Liens sociaux et solitude dans les pays de l'OCDE : les données comparées, dont la France, et les profils de risque [17].

  • Étude Solitudes 2025 : la fracture territoriale et le rôle des liens de proximité [5].

  • « Ma solitude me tue-t-elle ? » : l'étude internationale sur solitude, mémoire et mortalité [6].

  • Baromètre Solitude et Isolement des plus de 60 ans des Petits Frères des Pauvres [20].

  • Construire une politique publique de lutte contre l'isolement des personnes âgées : le guide méthodologique de la CNSA, avec une version FALC [7].

  • Mobiliser les acteurs et briser l'isolement : des pistes d'action pour la SISM, utiles toute l'année [22].

  • Élaboration concertée des indicateurs de la cohésion sociale : le guide du Conseil de l'Europe pour co-construire des indicateurs [8].

Bibliographie

Références numérotées dans l'ordre d'appel. Chaque référence indique le titre de l'article, l'auteur ou l'organisme du document analysé, la date de publication sur Pratiques en Santé et le lien.

  1. L'OMS crée une Commission pour favoriser le lien social. OMS, communiqué du 15 novembre 2023. Pratiques en Santé, 29 novembre 2023.

  2. Une avancée historique à l'OMS : les liens sociaux reconnus comme un pilier de la santé publique. Nos Liens. Pratiques en Santé, 3 juin 2025.

  3. « Solitude au pluriel » : quand les aînés interpellent leurs élus. D. Dupré-Lévêque et J.-D. Remond, Gérontologie GeroScopie / OLD'UP, février 2026. Pratiques en Santé, 22 février 2026.

  4. Focus – Modes et lieux de vie. Protéger les liens, aménager les lieux. Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan (F. Aubert, C. Rivière). Pratiques en Santé, 7 octobre 2026.

  5. Étude Solitudes 2025 — Les liens de proximité : pivots de la sociabilité. Fondation de France – H. Riffaut, S. Dessajan (CERLIS), avec S. Berhuet et S. Hoibian (CRÉDOC). Pratiques en Santé, 12 septembre 2026.

  6. « Ma solitude me tue-t-elle ? » — Solitude, isolement social et déclin cognitif chez les personnes âgées. Journal of Personality and Social Psychology (APA). Pratiques en Santé, 29 août 2026.

  7. Construire une politique publique de lutte contre l'isolement des personnes âgées. CNSA, avec l'ODAS, septembre 2025. Pratiques en Santé, 9 novembre 2025.

  8. Élaboration concertée des indicateurs de la cohésion sociale - Guide méthodologique. Conseil de l'Europe (dir. G. Farrell). Pratiques en Santé, 9 avril 2026.

  9. Comment les liens sociaux peuvent protéger et transformer la santé mentale des jeunes ? Fédération des liens sociaux – Nos Liens, juillet 2025. Pratiques en Santé, 7 juillet 2025.

  10. Baromètre du lien social - Vague 2. Ipsos – Sopra Steria pour Ebra, avril 2024. Pratiques en Santé, 16 août 2025.

  11. Étude SOLITUDES 2025 - Les liens de proximité : pivots de la sociabilité (rapport). Fondation de France – H. Riffaut, S. Dessajan (CERLIS), avec le CRÉDOC, janvier 2026. Pratiques en Santé, 23 janvier 2026.

  12. De la solitude à la connexion sociale : tracer la voie vers des sociétés plus saines. OMS, juin 2025. Pratiques en Santé, 5 août 2025.

  13. SOLITUDES 2024 – Les fragilités relationnelles à l'épreuve des temporalités. Fondation de France – H. Riffaut, S. Dessajan (CERLIS), D. Saurier (Audencia), avec le CRÉDOC, janvier 2025. Pratiques en Santé, 2 octobre 2025.

  14. Solitudes 2022 - Regards sur les fragilités relationnelles - Rapport. Fondation de France / CRÉDOC. Pratiques en Santé, 26 avril 2023.

  15. 10 ans d'observation de l'isolement relationnel : un phénomène en forte progression - Baromètre « Les solitudes en France - édition 2020 ». CRÉDOC – S. Berhuet, L. Brice Mansencal, L. Etienne, N. Guisse, S. Hoibian, rapport R346, décembre 2020. Pratiques en Santé, 4 octobre 2021.

  16. Étude Solitudes : en 2023 en France, une personne sur 10 est en situation d'isolement total. Fondation de France, avec le CERLIS, Audencia et le CRÉDOC. Pratiques en Santé, 29 janvier 2024.

  17. Liens sociaux et solitude dans les pays de l'OCDE. OCDE, Direction de l'emploi, du travail et des affaires sociales, octobre 2025. Pratiques en Santé, 9 avril 2026.

  18. Comment va la vie ? 2024 – Bien-être et résilience en temps de crise. OCDE, Centre WISE (dir. R. Boarini, L. Fleischer). Pratiques en Santé, 9 avril 2026.

  19. La solitude chez les personnes âgées. Prévention Suisse. Pratiques en Santé, 25 février 2025.

  20. Baromètre Solitude et Isolement, quand on a plus de 60 ans en France. Les Petits Frères des Pauvres, rapport n° 10, septembre 2025. Pratiques en Santé, 2 octobre 2025.

  21. Santé mentale et lien social. Éducation Santé (Belgique), à partir d'un colloque du CRéSaM. Pratiques en Santé, 15 décembre 2022.

  22. Mobiliser les acteurs et briser l'isolement : préparer la SISM 2025 au service de la santé mentale pour tous. Daniel Oberlé – Pratiques en Santé. Pratiques en Santé, 3 octobre 2025.

  23. (Re)tisser le lien social et promouvoir le bien-être psychosocial - Stratégies concertées Covid en Wallonie. RESO – UCLouvain, avec le CPAS de Charleroi, février 2023. Pratiques en Santé, 13 avril 2023.

  24. Document conceptuel sur les nouvelles tendances et nouveaux défis en matière de cohésion sociale, en particulier à la lumière de la pandémie de la covid-19. Marc Maudinet – Plateforme européenne de cohésion sociale, Conseil de l'Europe. Pratiques en Santé, 7 janvier 2022.

  25. La promotion des ressources sociales, une contribution importante à la santé psychique et à une qualité de vie élevée. Promotion Santé Suisse, décembre 2024. Pratiques en Santé, 8 août 2025.

  26. « La nuit, si tu es seule, tu te caches mieux » : invisibilisation et ruptures au cœur des parcours des femmes exilées isolées à Paris. France terre d'asile. Pratiques en Santé, 11 mars 2025.

  27. La sociabilité et l'isolement social des seniors. DREES – M. Brunel et J.-S. Eideliman, Les Dossiers de la DREES n° 98, juillet 2022. Pratiques en Santé, 11 juillet 2022.

  28. Vieillir en santé : préserver l'autonomie et le lien social des personnes âgées. Daniel Oberlé – Pratiques en Santé. Pratiques en Santé, 25 octobre 2025.

  29. Solitude : oui, les jeunes aussi - Psycom. Psycom. Pratiques en Santé, 30 janvier 2024.

  30. Indicateurs associés à l'isolement social et à la solitude chez les parents québécois pendant la période de la périnatalité et de la petite enfance. INSPQ. Pratiques en Santé, 22 décembre 2021.

  31. Vieillir en marge, Regards croisés sur le vieillissement en situation de précarité. Fédération des acteurs de la solidarité Bourgogne-Franche-Comté, novembre 2025. Pratiques en Santé, 2 février 2026.

  32. Tiers-lieux et « care-lieux » face à l'épidémie de solitude. The Conversation – Jean-Pierre Bouchez (Université Paris-Saclay). Pratiques en Santé, 23 juin 2025.

  33. Vers une mesure de la contribution sociale des tiers-lieux : l'indicateur de capacité relationnelle (RCI). Campus de la Transition, avec l'ANCT et l'ADEME, juin 2025. Pratiques en Santé, 15 août 2025.

  34. Les centres sociaux : foyers de transformation sociale depuis plus d'un siècle ! Fédération des centres sociaux – Mémoires Vives-Centres Sociaux. Pratiques en Santé, 30 juin 2023.

  35. Les aînés, passeurs de mémoire et bâtisseurs de lien entre les générations. Daniel Oberlé – Pratiques en Santé (Décryptage & Discussion). Pratiques en Santé, 9 octobre 2025.

  36. Isolement des personnes âgées et liens entre générations. Indifférence ou désintérêt entre jeunes et vieux : réalités ou préjugés ? Les Petits Frères des Pauvres, 2023. Pratiques en Santé, 11 octobre 2023.

  37. Isolement social des aînés : des repères pour agir - CNSA. CNSA, octobre 2021. Pratiques en Santé, 9 décembre 2021.

  38. La société des liens – Les liens sociaux pour répondre aux grands enjeux de société. Fabrique Spinoza, avec Kawaa et d'autres partenaires, janvier 2025. Pratiques en Santé, 16 août 2025.

  39. Lutte contre l'isolement des personnes âgées : dix initiatives locales à fort impact - ODAS. ODAS – Lab'AU, avec la CNSA. Pratiques en Santé, 24 octobre 2023.

  40. Rompre l'isolement des personnes âgées : portail des initiatives. Ministère des Solidarités et de la Santé. Pratiques en Santé, 20 octobre 2021.

  41. Concours de poésie 2024 - Thème : « Petites et grandes victoires » Stop Isolement. Stop à l'isolement. Pratiques en Santé, 30 janvier 2024.

  42. Avis du CESE - Les métiers de la cohésion sociale. Conseil économique, social et environnemental, juillet 2022 (relais ANAS). Pratiques en Santé, 13 juillet 2022.

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